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Botswana(Republic of Botswana) |
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Le Botswana (appelé officiellement république du
Botswana; en tsawna: Lefatshe la Botswana) est un pays d'Afrique australe, limité au nord et à l'ouest
par la Namibie, au nord par la Zambie, à l'est par le Zimbabwe, et au
sud-est et au sud par l'Afrique du Sud. La superficie totale du Botswana
est de 600 372 km², soit plus que l'équivalent de la France (547 030 km²); sa
capitale est Gaborone, située au sud-est près de la frontière
sud-africaine.
Au point de vue administratif, le pays est divisé en neuf districts et quatre conseils de ville*: Centre (Central), Francistown*, Gaborone*, Ghanzi, Kgalagadi, Kgatleng, Kweneng, Lobatse*, Nord-Ouest (Northwest), Nord-Est (Northeast), Selebi-Pikwe*, Sud-Est (Southeast) et Oriental (Southern). |
| La population du Botswana était estimée en 2003 à
1,6 million d'habitants, soit une densité de population ne dépassant pas
2,7 habitants au kilomètre carré. L'essentiel des Botswanéens
est concentré dans la
partie orientale du pays, où l'on trouve les principales villes:
Gaborone, la capitale, Francistown (65 000 habitants), Selebi-Phikwe (39
700 habitants), Molepolole (37 000 habitants) et Kanye (31 300 habitants).
Le pays doit son nom au peuple tswana (Botswana signifie «pays des Tswana», lui-même composé de huit groupes principaux, et qui constitue la très grande majorité de la population (71,1 %): les Bakgatla, les Bakwena, les Bamelete, les Bamangwato, les Bangwaketse, les Barolong, les Batawana et les Batlokwa. À l'exception des Afrikaners et des Britanniques, toutes les ethnies du Botswana sont des Bantous ou des Khoïsans. 2.1 La langue nationale: le tswana La majorité de la population (71,1 %) parle le tswana (appelé également setswana), une langue bantoue étroitement apparentée au sotho. En fait, du point de vue linguistique (l'intercompréhension étant aisée), le tswana (Botswana), le sotho du Sud (Lesotho) et le sotho du Nord ou pedi (Afrique du Sud) constituent une seule et même langue, bien que, juridiquement, il s'agisse de trois langues distinctes. Pour les linguistes, il convient plutôt de parler de trois variantes d'une même langue. |
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Il semble que ces distinctions de dénomination tirent leur origine des décisions de la part des autorités sud-africaines à l'époque de l’apartheid: il paraissait utile de fragmenter le plus possible, que ce soit au plan politique et culturel, la population noire du pays. Peu importe le nom qu'on leur donne, ces variétés de sotho-tswana sont parlées aujourd'hui en Afrique du Sud, au Lesotho, au Botswana, en Namibie et au Zimbabwe. L’ensemble des Sotho-Tswana représenterait quelque 12 millions de locuteurs, ce qui est plutôt considérable.
| Variété | Pays |
Ethnologue (1996) |
Ethnologue (total) |
| Sotho du Nord (pedi) | Afrique du Sud | 3 840 000 | 3 851 000 |
| Sotho du Sud |
Lesotho Afrique du Sud |
1 493 000 2 704 000 |
4 197 000 |
| Tswana |
Botswana Namibie Zimbabwe |
1 070 000 6 050 29 350 |
4 000 000 |
| Total | 9 142 400 | 12 048 000 |
De plus, le sotho du Nord (Afrique du Sud), appelé pedi ou sotho du Transvaal, est fragmenté en de multiples dialectes: masemola, kgaga, koni, tswene, gananwa, pulana, phalaborwa, khutswe, lobedu, tlokwa, pai, dzwabo, kopa et matlala-moletshi. Pour sa part, le sotho du Sud (Lesotho) est souvent considéré comme le «sotho correct». Quant au tswana (Botswana), il présente plusieurs variétés dialectales: le tlahaping (tlapi), le rolong, le kwena, le kgatla, le ngwatu (ngwato), le tawana, le lete, le ngwaketse et le tlokwa. C'est la variété kgatla qui sert de norme sociale pour le tswana officiel. Si le tswana du Botswana est d'abord la langue maternelle des Tswana, elle constitue aussi une langue seconde ou une troisième langue pour la plupart des autres ethnies; elle sert de langue véhiculaire entre les peuples du pays, de préférence à l'anglais. Ajoutons aussi que, malgré leurs ressemblances évidentes, le sotho du Sud, le sotho du Nord et le tswana ont leur propre orthographe, car ils n'ont jamais été normalisés.
2.2 Les langues minoritaires
Les langues minoritaires (au nombre d'une trentaine) se répartissent en trois groupes distincts: les langues bantoues (la majorité), les langues khoïsanes et les langues germaniques (afrikaans et anglais).
| Ethnie | Langue maternelle | Affiliation linguistique | Population | |
| Tswana | tswana | langue bantoue | 1 200 000 | |
| Kalanga | kalanga (lilima) | langue bantoue | 160 000 | |
| Kgalagadi | kgalagadi | langue bantoue | 35 000 | |
| Herero | herero | langue bantoue | 31 000 | |
| Bochimans | bochiman | langue khoïsane | 30 000 | |
| Khoisans | haiom | langue khoïsane | 30 000 | |
| Afrikaners | afrikaans | langue germanique | 20 000 | |
| Yeye | yeyi | langue bantoue | 20 000 | |
| Shua | shua | langue khoïsane | 19 000 | |
| Ndébélé | ndébélé | langue bantoue | 17 000 | |
| Lozi | lozi | langue bantoue | 14 000 | |
| Shona (Karanga) | shona | langue bantoue | 13 000 | |
| Mbukushu | mbukushu | langue bantoue | 12 000 | |
| Pedi | sotho du Nord | langue bantoue | 11 000 | |
| Birwa | birwa | langue bantoue | 10 000 | |
| Sothos | sotho du Sud | langue bantoue | 9 300 | |
| Xhosa | xhosa | langue bantoue | 9 300 | |
| Naro | naro | langue khoïsane | 8 000 | |
| Luyana | luyana | langue bantoue | 7 500 | |
| Ju'oasi | ju'oasi | langue khoïsane | 5 000 | |
| Zoulous | zoulou | langue bantoue | 4 600 | |
| Britanniques | anglais | langue germanique | 4 000 | |
| Subiya | subiya | langue bantoue | 3 000 | |
| Auen | auen | langue khoïsane | 3 000 | |
| Hietshware | hietshware | langue khoïsane | 3 000 | |
| !xóõ | !xóõ | langue khoïsane | 3 000 | |
| Kxoe | kxoe | langue khoïsane | 1 800 | |
| Anda | anda | langue khoïsane | 1 000 | |
| Gxana | gxana | langue khoïsane | 1 000 | |
| =/hua | =/hua | langue khoïsane | 1 000 | |
| Nama | nama | langue khoïsane | 200 | |
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La plus importante
minorité bantoue est le kalanga (9,4 %); elle est suivie du
kgalagadi (2 %), du herero (1,8 %), du yeyi (1,1 %) et du ndébélé (1 %).
Parmi les langues khoïsanes, citons
d'abord le bochiman (1,7 %) et le haiom (1,7 %), puis plusieurs petites
langues: le shua (1,1 %), le naro (0,4 %), le ju'oasi (0,3 %), l'auen (0,1
%), le hietshware (0,1 %), le !xóõ (0,1 %), le kxoe (0,1 %), l'anda (0,0
%), le gxana (0,0 %), le =/hua (0,0 %) et le nama (0,0 %). Ces langues
sont parlée par de petites communautés dans tout le pays, sauf au sud-est.
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Enfin, résultat du colonialisme européen, l'afrikaans (20 000 locuteurs) et l'anglais (4000 locuteurs) sont des langues germaniques. L'anglais a un avantage: il bénéficie du statut de langue officielle et sert aussi de langue véhiculaire pour une minorité de Botswanais. L'afrikaans est parlé comme langue maternelle par les Afrikaners et par certains Métis dans les districts de Kweneng et de Kgalagadi. Les Afrikaners parlent le tswana comme langue seconde dans une proportion de 75 %; l'anglais, 50 %. Cela signifie qu'un bon nombre est trilingue.
Du point de vue religieux, environ la moitié des Botswanais sont de confession chrétienne, les autres restant fidèles aux cultes traditionnels.
L'histoire du Botswana remonte à l'âge de pierre. Plus de 2000 sites archéologiques y ont déjà été identifiés, et pourtant seule une centaine d'entre eux a fait l'objet de fouilles. Le territoire de l'actuel Botswana est habité par les Bochimans depuis la préhistoire, c'est-à-dire au début de notre ère. Puis ces derniers ont été en grande partie déplacés par les Bantous tswana qui ont émigré dans la région au début du XIXe siècle. Les Twana se divisèrent en trois groupes: les Pedi au Transvaal, les Basotho dans l'actuel Lesotho et les Basutho de l'Ouest (ou Tswana) au Bechuanaland — qui deviendra plus tard le Botswana.
Entre le Moyen Âge européen et le XVIIIe siècle, de nombreux autres peuples s'installèrent dans la région. Soulignons aussi que des Herero fuyant la domination allemande (en Namibie) s'ajoutèrent au contingent. Puis des missionnaires, dont David Livingstone et Robert Moffat, pénétrèrent le territoire au cours de la première moitié du XIXe siècle. Ils réussirent à convertir peu à peu les Tswana à l'anglicanisme, mais les initièrent très peu à l'anglais. Néanmoins, ces missionnaires développèrent l'instruction et aidèrent les Tswana à obtenir la protection britannique contre l'avancée des Boers dans la région.
| 3.1 Le protectorat britannique
Le territoire fut placé sous protectorat britannique — alors le Bechuanaland — en 1885, «à la demande» des chefs tswana inquiets de la pénétration des Boers de la république du Transvaal. Mais la capitale fut placée hors du Bechuanaland, plus précisément à Mafeking en Afrique du Sud. La Grande-Bretagne voulut confier l'administration du Bechuanaland à la British South Africa Company, dirigée par le riche financier Cecil de Rhodes. Des chefs tswana se rendirent à Londres plaider pour le statu quo. La Grande-Bretagne accepta les exigences des autochtones, mais accorda à Rhodes une bande de terre pour y construire sa ligne de chemin de fer «Le Cap-Le Caire». Évidemment, l'Administration britannique introduisit l'usage de l'anglais, mais la population locale n'en subit pas l'influence, car l'administration coloniale avait, par nécessité, fait du tswana la langue véhiculaire parce qu'elle rejoignait jusqu'à 90 % de la population. L'anglais était une langue de travail pour le gouvernement, les tribunaux et les rares écoles. La colonisation britannique fut plutôt paisible et se déroula sans histoire. Après la victoire des Britanniques dans la guerre des Boers, la Grande-Bretagne créa l'Union sud-africaine en 1910. La nouvelle colonie proposa d'absorber le Bechuanaland, mais les chefs tswana s'y opposèrent. Les Britanniques créèrent le Conseil consultatif africain en 1920, ce qui donnait aux Tswana une voix au gouvernement du protectorat. |
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Durant les deux guerres mondiales, des contingents du Bechuanaland — qui deviendra le Botswana — servirent outre-mer et, à leur retour, exercèrent une grande influence sur les changements économiques et politiques à venir. Ce sont eux qui introduisirent l'anglais dans les affaires du pays. Les premières élections législatives ont eu lieu en 1961.
3.2 Le Botswana indépendant
En 1966, la Grande-Bretagne accorda l'indépendance à la colonie sous le nom de Botswana, malgré l'opposition de l'Afrique du Sud. Sir Seretse Khama prit la présidence de la nouvelle république du Botswana. Le gouvernement reconduisit l'anglais dans son statut de langue officielle, bien que l'ensemble de la population puisse parler d'autres langues; il paraissait plus simple de reconduire le statut de l'anglais pour faire fonctionner l'État. Par la suite, les dirigeants ont tout fait pour promouvoir le langue nationale le tswana. On fonda même le Conseil de la langue tswana afin d'en assurer le développement technique de la langue, particulièrement en ce qui concerne la construction des corpus. Trois ans après l'indépendance, en 1969, le problème de la discrimination linguistique fut évoqué par les membres du Parlement: c'est que la promotion du tsawna se faisait aux dépens des autres langues nationales, dont le kalanga, la plus importante langue minoritaire du pays. Le problème sera soulevé à nouveau en 1988, puis en 1995. Entre-temps, beaucoup de locuteurs botswanais auront perdu leur langue ou ne la parleront plus à leurs enfants.
À la suite de la découverte de diamants à Orapa, le pays devint l'un des principaux producteurs de cette matière précieuse. Non seulement l’extraction minière donna au pays une certaine aisance financière, mais le gouvernement, sous l’impulsion des organisations financières internationales, mit en place des politiques économiques judicieuses qui ont assaini durablement les finances publiques. Autrement dit, le pays eut la chance d'être bien géré. Sir Seretse Khama fut réélu trois fois. Bien qu'opposé à l'ancienne politique d'apartheid de son voisin sud-africain, le Botswana maintint, pour des raisons de dépendance économique, des relations étroites avec celui-ci.
Depuis l'émergence de la nouvelle Afrique du Sud, le président Quette Masire, en poste depuis 1980, milita pour une «interdépendance équilibrée» envers son puissant voisin au sein de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC). En 1999, Festus Mogae fut élu président qui s'est engagé à améliorer l'économie du pays et a tenté d'enrayer l'épidémie de sida. Selon l'Organisation mondiale de la santé, près de 25 % de la population adulte du Botswana serait contaminée par le virus. Bien que dépendant totalement de l'Afrique du Sud pour l'exportation de ses richesses, le Botswana a réussi à préserver son indépendance durant les années de lutte contre l'apartheid.
Du point de vue juridique, le Botswana n'a pas de langue officielle. En tout cas, ni la Constitution ni les lois ne reconnaissent formellement de statut à l'une ou l'autre des langues parlées dans le pays. En fait, l'anglais a acquis son statut de langue officielle par le colonialisme et la tradition s'est simplement perpétuée après l'indépendance.
4.1 Les langues de l'État
En tant que langue officielle, l'anglais est employée au Parlement, au gouvernement, dans les tribunaux et l'Administration. Les documents écrits sont généralement diffusés en anglais, mais dans les communications orales c'est le tswana, la langue nationale, qui domine.
Ainsi, au Parlement, la plupart des délibérations se tiennent en tswana, alors que les lois et règlements sont en anglais. L'article 62 de la Constitution du 30 septembre 1966 (encore en vigueur) précise d'ailleurs que la connaissance de l'anglais est obligatoire pour être élu à l'Assemblée nationale afin de prendre part aux débats de l'Assemblée:
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Article 62
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Article 62 Sous réserve des dispositions de l'article 63 de cette Constitution, quiconque sera éligible à l'Assemblée nationale, et ne le sera qu'à ces conditions si: [...]
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Rappelons que la Constitution a été adoptée en 1966 au lendemain de l'indépendance et que l'anglais était alors la langue officielle depuis de nombreuses décennies. Aujourd'hui, la situation a bien changé, car le tswana est maintenant employé avec l'anglais, mais la langue nationale du Botswana est davantage utilisée dans les débats.
L'article 80 de la Constitution prévoit des mesures similaires pour la Chambre des chefs:
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Article 80
[...] [...]
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Article 80
[...] [...]
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La Chambre des chefs est composée de 15 membres (dont les chefs des huit principaux groupes tswana); elle doit être consultée par le gouvernement à propos de toutes les questions d'ordre institutionnel.
Dans les services gouvernementaux, l'anglais est la langue écrite de l'Administration depuis toujours, mais de nombreux textes destinés à toute la population sont aujourd'hui diffusés en tswana. La traduction n'est pas systématisée et de nombreux documents et règlements officiels n'existent qu'en anglais. Normalement, la signalisation routière est en anglais et en tswana, mais il arrive que des entrepreneurs sud-africains utilisent des panneaux bilingues en anglais et en afrikaans, ce qui soulève alors la controverse jusqu'au Parlement. Les billets de banque sont bilingues, mais présentés en anglais côté recto (Bank of Botswana) et en tswana côté verso (Banka ya Botswana).
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Dans les communications orales avec le public, les employés répondent dans la langue du citoyen à la condition que ce soit le tswana ou l'anglais. Toutefois, dans les administrations locales éloignées, on peut utiliser le yeyi dans le Nord-Ouest, le subiya dans l'extrême Nord, le kalanga dans le Nord-Est, le birwa (ou tswapong) dans l'Est. Il ne s'agit pas d'une pratique étendue et systématisée. En général, le tswana tend à s'imposer, et ce, d'autant plus que beaucoup de non-Tswana ont appris la langue nationale.
Les tribunaux recourent en principe à des pratiques similaires. La plupart des textes écrits sont en anglais, mais les communications orales se déroulent généralement en tswana, parfois en anglais ou en kalanga, mais rarement en une autre langue; dans les cas de force majeure, on fait appel à des interprètes. Les articles 5 et 10 de la Constitution énoncent ce qui suit:
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Article 5
[...] Article 10 [...] 2) Every person who is charged with a criminal offence: [...]
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Article 5
[...] [...]
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4.2 Les langues de l'éducation
En 2001, le taux d'alphabétisation des adultes était de 88,6 %, ce qui est très élevé pour un pays africain. Les études sont gratuites au Botswana. Le système scolaire a été développé selon le modèle britannique. Quelques établissements privés existent à côté des écoles publiques. La politique du gouvernement est de promouvoir le tswana dans les premières années du système scolaire (au primaire), puis de passer à l'anglais (secondaire et post-secondaire). Au secondaire, le tswana devient une matière d'enseignement (histoire, littérature, rédaction). L'Université du Botswana (environ 20 000 étudiants) est le seul établissement d'enseignement supérieur du pays; l'enseignement est dispensé uniquement en anglais, sauf pour les matières reliées au tswana enseigné comme discipline. Le Botswana accorde aussi beaucoup de bourses financées par l'État pour permettre aux étudiants d'étudier à l'étranger, principalement en Afrique du Sud. Cependant, le pays dépend fortement des spécialistes étrangers (anglophones) dans beaucoup de secteurs, particulièrement dans le domaine des technologies modernes, dans la gestion de grandes entreprises publiques et dans le secteur tertiaire.
Évidemment, seuls les groupes appartenant à l'ethnie twana sont avantagées dans ce système bilinguistique. À part un programme d'éducation dispensé en naro, il n'y a aucune autre langue maternelle utilisées dans les activités éducatives; certaines langues khoïsanes peuvent être enseignées comme matière d'enseignement, non pas comme une langue d'enseignement. Pour les nombreuses ethnies qui ne parlent pas le tswana, l'accessibilité à l'éducation devient plus limitée en raison des deux seules langues permises dans les écoles publiques: le tswana et l'anglais. Dans les écoles privées, on peut enseigner l'anglais ou l'afrikaans comme langue d'enseignement durant tout le cursus scolaire.
C'est pourquoi il existe un mouvement parmi les minorités botswanaises (surtout parmi les Kalanda et les peuples khoïsans), pour promouvoir d'autres langues. Certains croient qu'il est nécessaire de conserver toutes les langues parlées au Botswana et n'acceptent plus le modèle assimilationniste actuellement en vigueur. Récemment, le Conseil des langues du Botswana (Botswana Languages Council) a publié un rapport dans lequel il recommandait au Ministère de l'Éducation nationale que certaines langues maternelles soient apprises dans les écoles primaires. Mais cette recommandation n'a pas été considérée sérieusement par le gouvernement. On accuse certains membres du gouvernement de népotisme et d'abus de pouvoir, mais il faut aussi comprendre que, pour le moment, les écoles ne pourraient offrir de cours dans les langues locales: les enseignants n'ont jamais été formés à cet effet et il faudrait au préalable leur assurer une formation adéquate.
4.3 Les langues des médias
La situation linguistique dans les médias ressemblent à ce qui se passe dans l'Administration: l'anglais est privilégié à l'écrit, le tswana à l'oral. de fait, les journaux sont généralement publiés en anglais. À Gaborone, The Bostswana Gazette, The Daily News et l'hebdomadaire Mmegi sont tous diffués en anglais. Certains journaux étrangers publiés en français, en portugais ou en arabe sont vendus dans la capitale, mais ils sont destinés à une très petite minorités. Une enquête récente a révélé que 94 % des Botswanais liraient des journaux en tswana s'ils étaient disponibles.
La radio nationale (Radio Botswana National) diffuse ses émissions en tswana et en anglais; certains bulletins de nouvelles sont diffusées en kalanda. Pour la télévision, les émissions produites au Botswana sont en tswana, mais les productions extérieures sont présentées intégralement en anglais, parfois avec des sous-titres en tswana.
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Le Botswana a développé une certaine politique de bilinguisme qui consiste à promouvoir la langue nationale (le tswana) sans pour autant abandonner la langue coloniale (l'anglais). Cet aspect de la politique linguistique semble avoir relativement réussi, mais le tswana n'a pas encore trouvé la place qui lui revient, l'anglais ayant encore préséance.
Pour ce qui est des minorités nationales, la politique linguistique en est à ses balbutiements. Il est vrai que le tswana est parlé par 71 % de la population comme langue maternelle, sans compter ceux qui le connaissent comme langue seconde, mais les autres minorités bantoues et khoïsanes sont néanmoins laissées à elles-mêmes. En réalité, le Botswana a toujours pratiqué une politique d'assimilation à l'égard de toutes les minorités linguistiques. Pourtant, il s'agit d'un pays qui, en Afrique, jouit d'une bonne réputation démocratique. Il n'en demeure pas moins que l'État aurait intérêt à réviser ses politiques à ce sujet. En somme, le Botswana pratique une politique mixte: la non-intervention pour l'anglais, la valorisation pour le tswana et l'assimilation pour les autres langues.
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Bibliographie
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