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Frontière du Nord-Ouest
(Pakistan) |
Province
de la Frontière du Nord-Ouest
|
Capitale: Peshawar
Population: 20,2
millions (2008)
Langue officielle: ourdou
Groupe majoritaire: pachtou (60
%)
Groupes minoritaires:
hindko, seraiki, balti, kohistani, shina, bourouchaski,
pahari-potwari, bateri, gawri, kashmiri, khowar, torwali, dameli, etc.
Système politique:
l’une des quatre provinces de la République islamique du Pakistan
Articles constitutionnels (langue): art. 28, 251 et 255 de la
Constitution fédérale de 1985
Lois linguistiques: Ordonnance sur l'administration locale de
la Frontière-du-Nord-Ouest (2001).
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1
Situation géopolitique
 |
La province de la Frontière-du-Nord-Ouest (en
anglais: North-West Frontier Province ou
NWFP ou PFNO en
français)
fait partie de l’une des quatre
provinces de la République islamique du Pakistan. Cette province
de 74 521 km²,
la plus petite du pays
(Pakistan: 803 940
km²),
est située au nord-ouest du pays. La province de la
Frontière-du-Nord
est bornée au sud par la province du Baloutchistan, à l'est par la
province du Panjab et le territoire de l'Azad-Cachemire, au nord par l'Afghanistan
et les territoires du Nord (voir
la carte).
Sa capitale est Peshawar (1,3 million d'habitants). La NWFP est
souvent appelé Sarhad par les Pachtounes. Même dans les textes de
loi, on trouve comme appellation «North-West Frontier Province
Sarhad». |
Le Pakistan forme une république fédérale islamique
divisée en quatre provinces avec chacune son Chief Minister («ministre en
chef») et son
assemblée législative: le Baloutchistan (frontière sud-ouest avec l’Iran
et l’Afghanistan), la province de la Frontière du Nord-Ouest
(«North-West Frontier»: à la frontière nord-ouest avec l’Afghanistan), le
Panjab (frontière
nord-est avec l’Inde) et le Sind (frontière sud-est avec la mer d’Oman
et l’Inde). Le nom de Pakistan a été formé en 1940 à partir des initiales (en ourdou)
des provinces de l'époque dont on souhaitait la séparation d'avec l'Inde: Penjab,
Afghania, Kashemire,
Sind,
Balouchistan.
Quatre de ces cinq régions sont aujourd'hui des provinces
pakistanaises, le Cachemire restant un territoire disputé entre l'Inde et le
Pakistan, alors que l'Afghania correspond à la province de la
Frontière du Nord-Ouest.
Le gouvernement provincial, présentement dirigé par une coalition de partis
islamistes fondamentalistes, réclame depuis 2007 auprès du gouvernement
pakistanais un nouveau nom pour la province afin d'affirmer davantage
l'identité pachtoune et signaler ainsi la volonté du gouvernement local à
une plus grande autonomie. Ce sont les colonisateurs britanniques qui ont
désigné cette région après l'avoir annexée au XIXe
siècle à la suite de violents combats avec les tribus pachtounes de
l'Afghanistan. Le gouvernement de la province de la Frontière du Nord-Ouest
a créé une commission pour choisir un nouveau nom: Afghania l'a
emporté sur Pukhtoonistan («Pachtounistan»), Pukhtoonkhwa,
Khyber et Sarhad. Cependant, pour modifier le nom d'une province,
il faut modifier la Constitution nationale en requérant aussi une majorité
des deux tiers des membres du Parlement national.
2 Données démolinguistiques
 |
Dans cette province de
quelque 20 millions d'habitants, la principale ethnie est
constituée des Pachtounes, qui se répartissent d'ailleurs entre le Pakistan
(Baloutchistan Frontière-du-Nord-Ouest) et l’Afghanistan.
Le pachtou est la première langue en importance au
point de vue numérique, car elle est parlée par au
moins 60 % des locuteurs. C'est pourquoi les Pachtounes appellent
souvent cette
province Pakhtunkhwa, ce qui signifie «terre des
Pachtounes» en pachtou; d'autres Pakistanais l'appellent aussi
Sarhad, en ourdou.
Selon le Frontier Language
Institute (2004), l'Institut des langues de la
Frontière, il existe près de 70 langues au
Pakistan, dont 27 parlées dans la province de la Frontière-du-Nord-Ouest et 12 langues seulement dans
le district de Chitral, un territoire possédant
l'une des plus grandes diversités linguistique au
monde. Citons le hindko, le seraiki, le balti, le
kohistani, le shina, le bourouchaski, le pahari-potwari,
le bateri, le gawri, le kashmiri, le khowar
(ou chitrali), le torwali, le dameli, etc. Le tableau
ci-dessous présente la liste complètes de ces
langues. |
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Langue |
Locuteurs |
Localisation |
Affiliation
linguistique |
|
Pachtou |
12 400 000 |
tous les
districts |
branche iranienne
(indo-iranienne) |
|
Hindko |
2 000 000 |
Peshawar,
Kohat, Haripur |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Seraiki |
800 000 |
Dera Ismail
Khan |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Balti |
270 000 |
Chitral,
Gilgit |
famille
sino-tibétaine |
|
Kohistani |
200 000 |
Kohistan |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Shina |
200 000 |
Kohistan,
Gilgit |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Bourouchaski
|
58 000 |
Chitral,
Swat, Kohistan, Gilgit |
isolat linguistique |
|
Pahari-potwari |
50 000 |
Haripur,
Abbottabad |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Bateri |
30 000 |
Kohistan |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Gawri |
20 000 |
Swat, Dir |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Kashmiri |
20 000 |
Mansehra, Abbottabad |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Khowar (ou chitrali) |
20 000 |
Chitral,
Swat, Gilgit |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Torwali |
20 000 |
Swat |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Dameli |
5 000 |
Chitral |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Chilisso |
2 000 |
Kohistan |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Kalasha |
2 000 |
Chitral |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Kalkoti |
2 000 |
Dir,
Kohistan |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Palula |
2 000 |
Chitral |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Wakhi |
2 000 |
Chitral |
branche iranienne
(indo-iranienne) |
|
Yidgha |
2 000 |
Chitral |
branche iranienne
(indo-iranienne) |
|
Kamviri |
2 000 |
Chitral |
langue indo-iranienne (nuristanie) |
|
Gawar-bati |
1 000 |
Chitral |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Domaaki |
200 |
(Gilgit) |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Gowro |
200
|
Kohistan |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Gojri |
200 |
toute la
province |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Kundal |
200 |
Mansehra,
Abbottabad |
branche
indienne (indo-iranienne) |
|
Ushojo |
200 |
Swat |
branche iranienne
(indo-iranienne) |
|
Source: Frontier Language
Institute, 2004 |
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Dans cette liste de
langues, on constatera que 25 langues sur 27
appartiennent à la
famille
indo-européenne.
La plupart de
ces langues font partie de la branche
iranienne du
groupe indo-iranien; elles sont aussi
qualifiées de «langues dardiques»: dameli,
gawar-bati, kalasha, kashmiri, khowar (chitrali),
kohistani, palura, sawi, etc.
Le balti est une
langue de la
famille
sino-tibétaine, alors que le
bourouchaski est un
isolat linguistique
n'appartenant à aucune famille.
Si plusieurs langues
numériquement plus faibles (chilisso,
kalasha, kalkoti, palula, wakhi, yidgha,
kamviri, gawar-bati, domaaki, gowro, etc.) sont concentrées dans certains
districts de la province, il n'en est pas
ainsi du pachtou qui est répandu dans
presque tous les districts.
Au risque de
simplifier un peu la situation, on peut dire
que le tiers des locuteurs de cette province
fait partie d'une minorité linguistique,
notamment le hindko, le seraiki, le balti,
le kohistani et le shina, qui sont parlés
par 200 000 locuteurs ou plus. Il existe
d'autres langues non répertoriées par le Frontier Language
Institute (Institut des langues de la Frontière), dont le
gujjar, le kirghiz, le persan (tadjik).
|
3 L’ourdou comme
langue officielle de la fédération
Étant donné que le Pakistan est aux prises avec de multiples tensions
sécessionnistes découlant des nombreuses ethnies composant le pays, la tâche
principale des gouvernements pakistanais, par ailleurs souvent contrôlés par
les Ourdous, les Sindhis et les Panjabis, a toujours été de promouvoir l’unité
nationale constamment menacée. C’est pour cette raison que l’ourdou
a été choisi comme instrument de l’unité nationale, d’autant plus que
cette langue jouissait d’un grand prestige (avec l’hindi), qui lui venait de
son statut en Inde, et possédait une tradition écrite très développée. En
fait, l’ourdou était déjà, au moment de la partition (avec l’Inde), une
langue supra-ethnique et un véhicule linguistique perfectionné et développé.
En 1947, il était impensable de songer à un multilinguisme officiel au
Pakistan étant donné le grand nombre de langues alors qu’aucune n’était
majoritaire à l’échelle du pays. De plus, il était impossible de «venir à
bout» des langues nationales parlées par des millions de locuteurs. La
solution la plus sage a semblé de conserver l’anglais comme langue
officielle, statut dont cette langue s’était fort bien acquitté jusque là.
C’est pourquoi la Constitution fédérale de 1973, suspendue puis restaurée en 1985 (puis
suspendue à nouveau en 2001),
semble permettre le multilinguisme. En effet, l’article 28 de la
Constitution déclare ce qui
suit:
|
Article 28
Preservation of language, script and
culture.
Subject to Article 251 any
section of citizens having a distinct language, script or culture shall have the
right to preserve and promote the same and subject to law, establish
institutions for that purpose. |
Article 28
Préservation de la
langue, de l'écriture et de la culture
Sous réserve
de l'article 251, tout groupe de citoyens ayant une langue, une écriture
ou une culture distinctes a le droit de les préserver et d'en
faire la promotion et, sous réserve de la loi, de fonder des établissements
à ces fins.
|
Cependant, deux langues seulement sont prévues pour être utilisées à des
fins officielles au plan national: l’ourdou, parlé par seulement 7,5 % de la population, et l’anglais,
la langue de l’ancien colonisateur. Autrement dit, de toutes les langues
nationales du pays, c’est l’ourdou qui a été choisi à des fins
officielles. Ainsi, on peut lire à l’article 251 de la
Constitution:
|
Article 251
National language.
1) The National language
of Pakistan is Urdu, and arrangements shall be made for its being used for
official and other purposes within fifteen years from the commencing day.
2) Subject to clause (1), the English language may be used for official
purposes until arrangements are made for its replacement by Urdu.
3) Without prejudice to the status of the National Language, a Provincial
Assembly may by law prescribe measure for the teaching, promotion and use of a
provincial language in addition to the national language. |
Article 251
Langue nationale
1) La langue nationale
du Pakistan est l'ourdou, et des dispositions seront prises pour qu'elle
soit utilisée aux fins officielles et à d'autres fins dans
les quinze années qui suivent la date de la promulgation.
2) Sous réserve du paragraphe 1, la langue anglaise pourra être utilisée à
des fins officielles jusqu'à ce que les dispositions nécessaires
aient été prises pour qu'elle soit remplacée par l'ourdou.
3) Sans qu'il ne soit porté
atteinte au statut de la langue nationale, une assemblée provinciale
peut, par une loi, prendre des dispositions pour enseigner, promouvoir
et utiliser une langue provinciale en plus de la langue nationale.
|
On constate que le paragraphe 3 laisse entendre qu’il est possible de
rendre co-officielle une autre langue en plus de l’ourdou dans une province.
Pour le moment, seule la province du Sind dans le Sud-Est a pu se prévaloir de
cette disposition, puisque l’ourdou et le sindhi sont les langues
co-officielles de cet État. Dans les autres provinces, l’ourdou est demeuré
la seule langue officielle, bien que l’anglais ait conservé un statut non
officiel plutôt enviable.
4 Données
historiques
Le territoire de l’actuelle province de la Frontière-du-Nord-Ouest est situé
au carrefour d'une région stratégique en raison de ses cols reliant l'Asie
centrale à l'Inde. D'ailleurs, la région de Peshawar devint, dès le
VIe siècle avant notre
ère, une importante cité sur la
route de la Soie. Le région fut aussi la cible
d’invasions successives : Alexandre le Grand (vers 328 avant notre ère, Séleucides, Scythes, Parthes de Perse, Kouchans d’Asie centrale,
etc. À la suite de l’invasion musulmane, les tribus
pachtounes envahissent aussi la région; ils purent résister à la pénétration
mongole jusqu’à la victoire du Moghol Babur (XVIe siècle).
Au XVIIIe siècle, la
région fit partie du royaume afghan des Dorrani, puis, un siècle plus tard,
passa sous le contrôle des sikhs, au sein du royaume de Lahore à partir du Panjab. Après la victoire des
Britanniques sur les sikhs, en 1849, la région fut annexée à l’Inde britannique et
forma avec le Panjab une seule entité administrative. En 1901, les deux entités
furent séparées, ce qui créait la province de la Frontière-du-Nord-Ouest. En 1947,
lors de la partition de l’Inde et du Pakistan, la province de la Frontière-du-Nord-Ouest
fut incorporée au nouvel État
pakistanais. En 1956, la province fut intégrée par le gouvernement fédéral aux autres
provinces de l’ouest du pays dans la province du Pakistan-Occidental. En
1970, la région redevient une province autonome du Pakistan, avec une Assemblée élue, un
gouverneur nommé par le président de la République, etc. Les années quatre-vingt
ont vu arriver près de trois millions de réfugiés afghans, surtout à Peshawar,
la capitale. C'est depuis ce moment qu'on parle de
«talibanisation» de cette province
pakistanaise.
Depuis octobre 2002, la province est dirigée par un gouvernement de coalition
fondamentaliste élu démocratiquement. L'Assemblée législative de la province a
adopté le texte appelé "Shariat Bill", c'est-à-dire la Loi sur la Charia,
faisant ainsi de la province pakistanaise la première à adopter cette loi
islamique. Après un vote sans opposition, le vote fut accueilli par les membres
de l'Assemblée par un cri de triomphe: «Allah est grand! Allah est grand!» Il
serait inutile de préciser que la province de la Frontière-du-Nord-Ouest est
devenue le foyer traditionnel du fondamentalisme religieux musulman.
L'instauration de la Charia réduit de beaucoup les libertés individuelles et
crée un système juridique parallèle basé sur la religion. Puis, en quelques
mois, le Parlement bannissait l'alcool, interdisait la musique dans les édifices
publics et les autobus, changeait les uniformes des écoles de garçons en
remplaçant chemises et pantalons «occidentaux» par la kurta traditionnelle; les
filles furent obligées de se couvrir la tête. La loi devint pleinement
opérationnelle en 2009 lorsque le président du Pakistan,
Asif Ali Zardari, l'a signée. Le
ministre provincial de l'Information, Mian Iftikhar Hussain, a précisé: «Toutes
les lois contraires à la Charia seront abolies et la justice sera appliquée en
vertu de la Charia.» Par la suite, des centaines d'avocats de la province ont
perdu leur emploi, les ONG n'ont plus eu le droit de travailler normalement, les
vaccins contre la poliomyélite ont été supprimés, les Talibans emprisonnés ont
été libérés et la violence contre les femmes est montée en flèche. Un médecin ne
peut plus soigner les femmes; les hommes ne peuvent plus regarder les
compétitions sportives féminines.
En juillet 2005, l’Assemblée législative de la province a adopté la loi Hisba ("Hisba
Bill"), une loi qui a prééminence sur toutes les autres lois en vigueur.
Certaines observateurs y voient une réplique du fameux Département du Vice et de
la Vertu des talibans, ce qui accentue ainsi le règne du «fascisme» islamique.
Par exemple, l'espionnage et la délation anonyme sont encouragés : tout citoyen
peut porter plainte contre une personne auprès du mollah Mohtasib pour non-respect des «valeurs islamiques » (art. 10). Une censure des médias est
instaurée pour assurer que ceux-ci fassent «la promotion des valeurs islamiques
dans la société» (art. 10-c). La police Hisba est tenue de suivre les ordres du
mollah Mohtasib et est responsable uniquement devant lui et non devant le chef
de la police provinciale (art. 26). En principe, la loi visait à éradiquer les
pratiques contraires à l’islam par la persuasion douce et la prédication, mais
les opposants croit que la loi instaurait la «dictature des religieux». En août
2005, la Cour suprême du Pakistan a statué sur certaines dispositions de
la loi Hasba (articles 10, 12, 23, 25 et 28), notamment sur le fait que
l'«ombudsman» religieux n'aurait pas à répondre de ses actes devant les
tribunaux. Devant ce fait, la coalition de partis fondamentalistes qui dirige la
province de la Frontière-du-Nord-Ouest a proposé une nouvelle version de la loi
Hasba, qui prend en compte les recommandations de la Cour suprême. Comme il
arrive souvent au Pakistan, le droit du plus fort prime sur la force du droit
5
La politique linguistique de la province
La langue officielle du
la province de la Frontière-du-Nord-Ouest
est l'ourdou, bien qu'il ne soit parlé, comme
langue maternelle, que par à peu près personne. Lors que le
Parlement provincial n'est pas suspendu,
deux langues sont généralement utilisées: l'ourdou (écrit) et le pachtou (oral).
Les lois sont discutées en pachtou, mais rédigées en ourdou, sinon en anglais.
L'un des rares textes juridiques faisant allusion à
la langue est l'Ordonnance
du gouvernent local de la Frontière-du-Nord-Ouest
(2001). L'article 41 énonce que l'administration locale peut «encourager
les langues nationales et régionales», sans n'en mentionner aucune
en particulier. Les articles 52 et 55 mentionnent l'ourdou, ou toute
autre langue locale, qui peut être employé dans les marchés ou
abattoirs publics:
|
NWFP Local
Government Ordinance 2001
Article 41.
Culture.
The concerned local government may–
a) establish and maintain information centres for the furtherance of
civic education and dissemination of information on such matters as
community development and other matters of public interest;
b) provide and maintain public halls and community centres;
c) celebrate national occasions;
d) encourage national and regional languages;
[...]
Article 52.
Stallages, rents, etc. to be published.
A copy of the table of stallages, rents and fees, if any, leviable
in any public market or public slaughter-house, and of the bye-laws
made under this Ordinance for the purpose of regulating the use of
such market or slaughter-house, printed in Urdu and in such other
language or languages as the local council may direct, shall be
affixed in some conspicuous place in the market or slaughter-house.
Article 55.
Prohibition of keeping market or slaughter-house open without
licence, etc.
1) No person shall keep open for public use any market or slaughter-house
in respect of which a licence therefor is suspended, or after the
same has been cancelled.
2) When a licence to open a private market or private slaughter-house
is granted or refused or is suspended or cancelled, the concerned
local government shall cause a notice of the grant, refusal,
suspension or cancellation to be pasted in Urdu and in such other
language or languages as it thinks necessary, in some conspicuous
place nearby the entrance of the place to which the notice relates. |
Ordonnance du
gouvernent local de la Frontière-du-Nord-Ouest (2001)
Article 41
Culture
L'administration locale concernée peut :
a) établir et maintenir des centres d'information
pour la promotion de l'éducation civique et la diffusion de l'information
sur des sujets comme le développement communautaire et d'autres
questions d'intérêt public;
b) fournir et maintenir des
salles publiques et des centres communautaires;
c) célébrer
les événements nationaux;
d) encourager les langues nationales et régionales;
[...]
Article 52
Frais, loyers,
redevances, etc., devant être diffusés
Un exemplaire de la table des frais, des loyers et des
redevances,
le cas échéant, pouvant être perçus par règlement dans tout abattoir
ou marché public, en vertu de la présente ordonnance
aux fins de réglementation dans l'usage d'un tel abattoir ou marché,
le tout imprimé en ourdou et dans toute autre langue que le conseil
local peut choisir, doit être placé dans un endroit visible au
marché ou à l'abattoir.
Article 55
Interdiction de maintenir un marché public ou un
abattoir sans permis
1)
Nul ne peut garder ouvert pour usage public
un marché ou un abattoir lorsqu'un permis est suspendu ou après
qu'il ait été annulé.
2) Lorsqu'un permis pour ouvrir un
marché public ou un abattoir privé est sous le coup d'une suspension
ou d'une annulation, l'administration
locale concernée doit placer un avis de l'émission, du refus, de la
suspension ou de l'annulation en ourdou ou dans une autre langue,
selon ce qui est jugé nécessaire, dans un endroit visible tout près l'entrée du
lieu visé par l'avis. |
Dans les tribunaux, l’ourdou et l’anglais
sont les langues les plus couramment employées, mais en cas de force majeure
(une personne ne parlant pas l’ourdou ou l'anglais), d'autres langues peut être
utilisées par le recours aux interprètes ou traducteurs. Les documents
judiciaires écrits préparés par la cour sont toujours en ourdou.
Dans l’administration publique provinciale,
les communications orales se déroulent généralement ourdou, mais aussi en
pachtou. Dans certains districts, d'autres langues peuvent être employées à
l'oral: le hindko, le seraiki, le balti, le kohistani, le shina, etc. Les
documents officiels destinés à l’ensemble de la population sont
en ourdou. L'emploi de toute autre langue que l'ourdou n'est pas interdit, mais
il n'est jamais encouragé et encore moins reconnu.
En éducation,
la situation semble peu positive, car les habitants de la province habitent dans
des villages dispersés, sans route pavée, sans électricité ni
téléphone. À cela s'ajoute une gestion financière déficiente et un détournement
généralisé des fonds publics. Par ailleurs, les filles sont deux fois moins
scolarisés que les garçons, sinon bien davantage dans les campagnes (jusqu'à dix
fois). Comme au Baloutchistan, la plupart des enseignants ne possèdent qu'une formation minimale pour
enseigner l'écriture et la langue ourdoue. Comme partout au Pakistan (sauf dans
la province de Sind), les
langues régionales ne sont pas enseignées. C'est l'ourdou qui sert de langue
d'enseignement. Pourtant, l'article 251-c de la Constitution pakistanaise
prévoit qu'il est possible d'enseigner, en plus de l'ourdou, une autre langue
locale: «Sans qu'il ne soit porté atteinte au statut de la langue nationale, une
assemblée provinciale peut, par une loi, prendre des dispositions pour
enseigner, promouvoir et utiliser une langue provinciale en plus de la langue
nationale.» Quoi qu'il en soit, le langue d'enseignement n'intéresse pas les
dirigeants de la province, qui sont davantage préoccupés par l'observance
stricte aux préceptes du Coran. Dans certains districts, le port du voile pour
les filles ne suffit pas: la burqa est souvent de rigueur.
Dans les universités de la province (une douzaine), le seules
langues d'enseignement sont l'ourdou, l'anglais et l'arabe (pour les études
religieuses).
Le pachtou et les autres langues vernaculaires sont réservés
aux
communications informelles. Dans les mosquées, l'arabe est la langue de la
récitation et de l'adoration, tandis que les prêches des imans sont donnés
normalement dans les langues locales pour des fins de compréhension dans les communautés
concernées.
La situation est différente dans les
médias électroniques, surtout à la radio. Les stations de radio
diffusent des émissions quotidiennes en pachtou, mais les émissions télévisées
sont plus rares dans cette langue, l'ourdou ayant tendance à dominer. Il existe
quelques magazines en pachtou et en anglais, mais en général les journaux sont en ourdou
(la grande majorité).

Le gouvernement provincial de la province de la
Frontière-du-Nord-Ouest n'a pas vraiment de politique linguistique, car il est
davantage uniquement préoccupé par des questions religieuses. Seul l'ourdou
occupe toute la place, à l'exception de l'arabe dans l'enseignement du Coran.
L'anglais demeure aussi une langue incontournable, mais l'ourdou est privilégié
puisqu'il est associé à l'islam. Dans cette
province, la langue numériquement la plus importante, le
pachtou, a
été reléguée aux communications informelles et privées. Il n'existe aucun statut
à l'égard du pachtou, pas plus que pour le hindko ou le seraiki. Il n'existe
aucune intention de la part du gouvernement local de valoriser une quelconque
langue locale. Beaucoup de Pakistanais n'ont pas une haute opinion de ce qu'ils
appellent cette
«province du Far West».
Ainsi, la politique d'assimilation du gouvernement fédéral semble avoir
réussi également dans la province de la Frontière-du-Nord-Ouest. Depuis que le
Pakistan existe, l'État fédéral a violé à maintes reprises les droits des
citoyens, à plus forte raison lorsqu’ils sont minoritaires. Il n'a pas réussi ni
désiré les protéger. Les groupes de défense des droits des communautés
officiellement désignées comme «minorités» sont privés de leurs droits les plus
élémentaires.

Dernière mise à jour:
29 sept. 2011
CRAIG, Baxter. «India and Pakistan», dans Gregory Henderson,
Richard Ned Lebow et John G. Stoessinger, Divided Nations in a Divided
World, New York, McKay, 1974, p. 267-296.
CRAIG, Baxter. «Pakistan and Bangladesh» dans Frederick L. Shiels,
Ethnic Separatism and World Politics, Lanham, (Maryland), University
Press of America, 1984. p. 209-262.
FREELAND, Abbott. «Pakistan and the Secular State», dans
Donald E. Smith, Éditions South Asian Politics and Religion, Princeton,
Princeton University Press, 1966, p. 352-370.
GAUTHIER, François, Jacques LECLERC et Jacques
MAURAIS. Langues et constitutions, Montréal/Paris, Office
de la langue française / Conseil international de la langue française,
1993, 131 p.
JAFFRELOT, Christophe (dir).
Le Pakistan, Paris, Librairie Fayard, 2000, 503 p.
LECLERC, Jacques.
Les
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schématique par pays», Montréal, rapport déposé
à l'Office de la langue française, 1992, 392 p.
LECLERC, Jacques. Les
droits linguistiques dans 129 États du monde, tome II: «Description
thématique», Montréal, rapport déposé
à l'Office de la langue française, 1992, 402 p.
M. RAFIQUE, Afzad. Political Parties in Pakistan,
1947-1958, Islamabad, National Commission on Historical and Cultural
Research, 1976.
MUHAMMAD, Asghar Khan. Generals in Politics: Pakistan, 1958-1982, New
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OMAR, Noman. Pakistan: Political and Economic History since 1947,
London, Éditions Kegan Paul, 1988.
TALBOT, Ian. Provincial Politics and the Pakistan Movement, Karachi,
Oxford University Press, 1988.
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Pakistan
