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Îles Féroé (Danemark) |
føroyar |
Capitale: Tórshavn |
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Situées à 450 km au sud-est de l'Islande et à 350 km au nord de l'Écosse (voir la carte générale), les îles Féroé (en danois: Færøerne; en féroïen: Føroyar; Faroe en anglais, ce qui signifie «îles aux moutons») forment un archipel danois de 17 îles séparées par de minces détroits. Lorsqu'on parle des «îles Féroé», on a donc recours à une redondance puisque le terme Føroyar implique nécessairement le mot «île». La superficie totale des Féroé est de 1399 km² (Danemark: 43 094 km² ; Luxembourg: 2586 km²) et l'île principale est Streymoy (375,5 km²) où se trouve la capitale, Tórshavn (voir la carte détaillée). La ville principale est Tórshavn (16 000 habitants), la capitale; elle est suivie par Klaksvík (5000 hab.). |
Au point de vue politique, l’archipel des Féroé, comme le Groenland, est rattaché au royaume du Danemark, mais jouit d’une grande autonomie politique pour les affaires locales et est représenté par deux députés au Parlement danois de Copenhague. De plus, les îles Féroé ont leur propre drapeau, leurs timbres et délivrent un passeport particulier. Les îles Féroé ne font pas partie de l'Union européenne. Historiquement, on peut dire que les îles Féroé et le Groenland font partie de l'«union régale danoise» (Rigsfællesskab). Plusieurs ponts relient la plupart des îles entre elles.
En 2006, la population des îles Féroé était estimée à plus de 47 000 habitants, dont 16 000 dans la capitale, Tórshavn, soit 34 % de la population. Selon les études statistiques du gouvernement territorial, 91,7 % seraient nés dans l'archipel, 5,8 % au Danemark et 0,3 % au Groenland. Les Islandais semblent constituer le plus important groupe d'étrangers avec 0,4 % de la population; ils sont suivis par les Danois (0,3 %), les Norvégiens (0,2 %) et les Polonais (0,2 %). Au final, on compterait près de 80 nationalités différentes dans l'archipel, mais les Féroïens (appelés aussi Féringiens) de souche forment encore la grande majorité.
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Les Féroïens parlent une langue d’origine scandinave, le féroïen (Føroyskt), une langue germanique de type nordique (scandinave) qu’ils sont les seuls à parler dans le monde et qui demeure assez proche à la fois de l’islandais d'aujourd'hui et de l’ancien norvégien qu'on appelait le vieux norrois. Il est difficile de préciser exactement combien de locuteurs dans le monde parle la langue féroïenne; peut-être 45 400 selon Ethnologue, mais probablement plus de 60 000 dans les faits. C'est qu'il faut tenir compte que beaucoup de Féringiens vivent au Danemark (entre 12 000 et 25 000), tandis que des Danois sont installés aux Féroé et n'utilisent que le danois comme langue parlée à la maison. Soulignons que le féroïen est fragmenté en six variétés dialectales, en partant du nord-est au sud (voir la carte à gauche): Bordoy, Esturoy, V ágar, Tórshavn, Sandoy et Suduroy. Cependant, on distingue généralement les dialectes des fjords du Nord et les dialectes des fjords du Sud. Ces variétés sont toutes aisément intelligibles entre elles. La concentration plus importante de la population autour de Tórshavn a eu pour effet d'assurer à cette variété du Centre une prépondérance par rapport aux autres variétés de l'archipel. La concentration des écoles et des médias dans cette région a également contribué à la consolidation de cette variété qui est devenue la norme pour la prononciation correcte du féroïen. Plus de 80 % de la population peut s'exprimer dans le dialecte de Tórshavn.En raison du caractère insulaire des habitants, le féroïen, d’après certains linguistes, a tendance à conserver les archaïsmes tant phonétiques que lexicaux; il faut dire que les fonctionnaires dont la responsabilité est de surveiller le féroïen, aujourd'hui le Conseil de la langue féroïenne, se sont toujours efforcés de conjurer les «danicismes» (mots du danois). |
La langue féroïenne se caractérise notamment par un accent tonique portant sur la première syllabe des mots. Il existe certaines exceptions pour les mots commençant par un préfixe et les mots étrangers, ces derniers étant souvent accentués sur une syllabe postérieure. Par exemple, dans les mots studentur («étudiant»), banan («banane») ou motorur («moteur»), l'accent porte sur la seconde syllabe. Au point de vue grammatical, le féroïen possède trois genres (masculin, féminin et neutre) et quatre cas (ou déclinaisons: nominatif, accusatif, datif et génitif), tant au singulier qu'au pluriel. Ainsi, un nom peut avoir théoriquement huit formes différentes par genre. En voici un exemple avec les mots armur (
«bras») et kambur («crête») au singulier et au pluriel:
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Le féroïen une langue demeurée proche de l'islandais, mais il doit de nombreux emprunts au danois, au bas-allemand et, depuis quelques décennies, à l'anglais. La partie la plus importante du lexique provient de la langue nordique commune du vieux-norrois. Le féroïen utilise l'alphabet latin pour transcrire la langue écrire, avec un certain nombre de lettres particulière
s telles que ð, ø, sk.Bien que l’intercompréhension entre les langues scandinaves telles que le danois, le suédois et le norvégien s'avère relativement aisée, elle est, par contre, très difficile avec le féroïen (autant que le portugais peut l'être pour un francophone), sauf pour les Féroïens eux-mêmes, car ils connaissent tous le danois, la seconde langue officielle.
L'archipel des Féroé fut vraisemblablement connu des moines irlandais dès l'an 500. De 700 à 800 environ, des ermites venus d'Écosse s'y installèrent, mais ils les abandonnèrent au début du IXe siècle, lorsque les incursions des pilleurs vikings atteignirent les îles Féroé. Dès lors, les îles devinrent un relais maritime pratique reliant les routes entre la Scandinavie et les colonies vikings d'Islande, du Groenland et, pour une brève durée, d'Amérique du Nord.
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Les habitants actuels des îles Féroé sont donc
les descendants d'immigrants norvégiens,
qui avaient eux-mêmes remplacé une petite population d’origine écossaise et
irlandaise. Ils parlaient le vieux-norrois de l'Ouest. Cependant, des colons norvégiens ont épousé des femmes originaires du nord de l'Irlande, notamment des îles Orkney et Shetland en Écosse auparavant installées dans les îles Féroé et en Islande. En conséquence, les langues celtiques d'Écosse et d'Irlande ont influencé la langue scandinave des habitants des Féroé. Néanmoins, les habitants conservèrent la vieille langue commune au nord-ouest de l’Europe, laquelle était aussi parlée en Islande et en Norvège, ainsi qu'à quelques autres endroits dans l’Atlantique Nord, notamment au Groenland. Vers 1200, les différences entre les parlers étaient encore infimes. |
Puis, vers le XVe siècle, une langue distincte, le féroïen, s'est ensuite développée dans les îles de l'archipel, bien qu'elle soit demeurée intelligible avec l'ancien norrois des Vikings de l'Ouest. Jusqu'en 1380, les îles Féroé ont appartenu à la Norvège. Puis l’archipel des Féroé tomba sous la souveraineté de la couronne danoise en 1397 par l’union de Kalmar. Avec l’Union, la Norvège apportait ses vastes possessions du nord de l’Atlantique, c’est-à-dire les îles Féroé, l’Islande et le Groenland. En fait, l’union de Kalmar réalisait sous un seul royaume l'unification du Danemark, de la Suède et de la Norvège et prévoyait que les trois pays seraient gouvernés par un roi danois. La reine Margrethe Ire, régente du Danemark, de la Norvège et de la Suède, fit couronner, en juin 1397, à Kalmar, son neveu Erik de Poméranie, comme roi de l’Union. Ce dernier ne gouverna personnellement qu’à partir de 1412, et il mécontenta rapidement les Suédois qui se révoltèrent en 1434. L’Union avec la Suède prit fin en 1521-1523 lorsque Gustave Eriksson chassa les Danois et se fit reconnaître roi de Suède.
Jusque là, le féroïen possédait une orthographe similaire à l'islandais et au norvégien, mais après que la Réforme de 1536 les dirigeants danois interdirent son usage dans les écoles, les églises et les documents officiels. Le féroïen écrit tomba en désuétude, mais les insulaires ont continué d'employer leur langue orale dans les ballades, les contes populaires et au cours de leur vie quotidienne, en maintenant ainsi une tradition riche, même si durant trois cents ans, le féroïen avait cessé d'être écrit.
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Au cours du XVIIIe siècle, le
danois
devint la langue officielle de l’Église du Danemark, qui imposa cette langue
aux insulaires des Féroé, qui réagirent mal à la domination de la langue
danoise.
C'est ainsi que le danois devint l'unique langue écrite et religieuse des
Féroïens.
L’Angleterre occupa l'archipel à partir de 1807, mais les Féroé et
le Groenland furent restitués au Danemark en 1814, lorsque l'Union entre le
Danemark et la Norvège fut abolie. L’archipel des Féroé devint alors un
«département danois». Les ecclésiastiques et les
fonctionnaires étaient tous danois, ce qui rendit encore plus prestigieux
la langue danoise.
La seule langue d'enseignement dans les écoles était le danois.
En 1854, le Danois Venceslaus Ulricus Hammershaimb (1819-1909) publia une orthographe moderne du féroïen, compatible avec la tradition écrite du vieux-norrois. L'orthographe de Hammershaimb rencontra une certaine opposition en raison de sa complexité et un système différent fut proposé par le Danois Jakob Jakobsen (1864-1918), dont l'orthographe demeurait plus proche de la langue parlée, mais cette orthographe n'a jamais été utilisée par les locuteurs du féroïen. Aujourd'hui, le féroïen écrit reste très éloigné du féroïen oral, ce qui implique certaines difficultés d'ordre orthographique. |
À la fin du XIXe siècle, un mouvement nationaliste vit le jour avec comme objectif de protéger la langue et la culture féroïennes contre l'influence danoise de plus en plus marquée. En 1940, le Danemark fut occupé par les Allemands, tandis que les îles Féroé le furent par les Britanniques. Les Féroïens furent ainsi dégagés de l'autorité danoise jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Étant donné que le retour au statut de «département danois» paraissait exclu, le Danemark dut négocier avec les représentants des Féroé et, en 1948, octroyer à l'archipel un «statut d’autonomie». En 1946, le Danemark avait refusé aux Féroïens d’être politiquement indépendants, car le référendum en faveur de la souveraineté n’avait été «gagné» que par 50,7 % des votes exprimés. Le statut d'autonomie ne reconnut le féroïen que comme «langue principale» tout en précisant que le danois devait être appris à un très haut niveau, c'est-à-dire
«soigneusement enseigné». Dans le texte du statut d’autonomie, il n'est pas mentionné que le féroïen est la «langue nationale» des Féroé, seulement la «langue principale». C'est que le gouvernement danois a utilisé volontairement cette formulation ambiguë; il ne désirait aucunement reconnaître le féroïen comme la langue nationale des îles Féroé. En revanche, deux ans plus tard, les autorités danoises avaient consenti aux habitants des Féroé une grande autonomie.Les Féroé font aujourd’hui encore partie du royaume du Danemark et continuent de bénéficier de leur autonomie politique. En effet, les habitants de cet archipel administrent la plupart de leurs affaires intérieures grâce à leur propre parlement (le Løgting) et à leur gouvernement autonome (le Landstýri). Toutefois, les questions concernant les relations extérieures, la défense, la police et la religion — l'Église au Danemark est une Église luthérienne d'État — sont demeurées sous la responsabilité du gouvernement danois. Les Féroïens élisent deux représentants au Parlement danois (le Folketing), mais l’archipel ne fait pas partie de l'Union européenne.
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Le 17 mars 2000, le gouvernement féroïen a présenté au gouvernement
danois un projet d'indépendance totale,
tout en gardant le souveraine du Danemark comme chef d'État ainsi que la
monnaie danoise (la couronne). Selon ce projet, le Parlement local, le Løgting,
devra détenir le pouvoir suprême et ne sera plus représenté à l’Assemblée
nationale de Copenhague. Les Féroïens souhaitent également maintenir une
coopération administrative avec le Danemark dans les domaines de la santé, du
social, de la justice et du trafic aérien. Le gouvernement danois a laissé
entendre qu'il ne s'opposerait pas à ce désir d'indépendance, mais que la
sécession avait un prix: l'arrêt de l'aide annuelle d'environ un milliard de
couronnes (soit 134 à 145 millions de dollars US) et le paiement de la dette de
six milliards de couronnes (plus de 800 millions de dollars).
Selon un sondage réalisé par le quotidien féroïen (ou féringien) Sosialurin et la télévision locale, la question de l’indépendance politique semble très partagée (45,9 % pour 44,5 % contre). Les autorités danoises espèrent, de leur côté, que les velléités autonomistes puissent se faire plus sourdes dans un proche avenir. |
Cela dit, le 26 mai 2001, la population des îles Féroé était appelée à se prononcer sur un projet concernant la souveraineté de son archipel. Ce projet de référendum comportait quatre points importants:
1) le transfert des compétences de Copenhague aux autorités insulaires, au plus tard en 2012;
2) la création d'un fonds pour financer la période de transition;
3) la réduction et élimination progressive des subventions du Danemark;
4) l'organisation d'un nouveau référendum sur la création, au plus tard en 2012, d'un État indépendant.
Selon le gouvernement danois, la proposition du gouvernement féroïen (féringien) irait «trop loin», car elle conduirait «à la sortie des îles Féroé du royaume du Danemark». Quoi qu'il en soit, c'est à la population féroïenne (féringienne) de se prononcer sur les rapports entre les îles Féroé et le Danemark. Les négociations en cours avec les autorités autonomes féroïennes sur le statut à venir des îles Féroé à l’intérieur ou à l’extérieur du royaume danois se poursuivent. Le gouvernement danois a pour principe que l’avenir des îles Féroé appartient à la population féroïenne (féringienne) elle-même. Pour peu que la population féroïenne (féringienne) exprime le souhait d’obtenir la souveraineté au dehors de l’unité du royaume, le gouvernement est prêt à négocier pour trouver une solution raisonnable pour les deux parties.
Quoi qu'il en soit, le référendum a été annulé après que le
gouvernement danois eût annoncé que les subventions versées par le Danemark aux îles Féroé allaient être réduites, puis supprimées, au fur et à mesure que les autorités féringiennes prendraient en charge les tâches qui leur appartiennent.
En vertu de l’article 11 du Statut d'autonomie (23 mars 1948), le féroïen est «la langue principale» des îles et est, avec le danois, la langue officielle de l'archipel:
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Lov om Færøernes
Hjemmestyre Artikel 11 |
Loi sur l'autonomie des îles Féroé Article 11 1) La langue des îles Féroé est reconnue comme la langue principale, mais le danois doit être enseigné avec soin et prudence, alors que le danois et le féroïen peuvent aussi bie être employées dans les affaires officielles. 2) La présentation des appels doit être fournie avec une traduction danoise de tous les documents en féroïen. |
Bien que les deux langues aient le statut de co-officialité, dans les faits, le féroïen reste la langue la plus utilisée par les insulaires, le danois demeurant la seconde langue. Seul le gouvernement danois utilise presque exclusivement la langue minoritaires des îles, le danois, qui se maintient grâce à la population immigrante.
4.1 La langue usuelle du gouvernement local
Les débats du Parlement féroïen (le Løgting) se déroulent normalement en féroïen et les lois sont rédigées et promulguées dans cette langue. Toutefois, les lois danoises publiées en danois sont déclarées valides aux îles Féroé. La plupart des lois locales sont publiées également en danois pour des fins administratives avec l’État danois. En cas de conflit d’interprétation entre les deux versions, la langue danoise peut être jugée prioritaire par les cours d’appel danoises.
En matière de justice, le danois est valorisé par rapport au féroïen. Même si les langues de la justice sont le danois et le féroïen, les juges rendent généralement leurs sentences en danois, mais ils peuvent le faire occasionnellement en féroïen. Autrement dit, les procès se déroulent normalement en féroïen, mais le juge doit néanmoins connaître le danois. De plus, seul le danois est admis dans une cour d’appel, et ce, conformément à l’article 11 (paragraphe 2) au Statut d’autonomie: «Pour les pourvois en appel, tous les documents en féroïen seront accompagnés d'une traduction en danois.»
Dans les services gouvernementaux, les autorités locales utilisent toujours le féroïen dans tous leurs rapports écrits ou oraux avec les citoyens; le danois est permis mais rarement employé. Les soins de santé sont généralement dispensés en féroïen, mais les médecins danois n’emploient que le danois. Quant aux autorités danoises, elles n’utilisent que le danois, tant à l’écrit qu’à l’oral.
Les inscriptions officielles des édifices du gouvernement féroïen sont en féroïen, mais celles du gouvernement danois sont bilingues et, selon le Comité de la langue féroïenne, les inscriptions en féroïen ne sont pas mises en évidence. Les toponymes et les noms de rues sont uniquement en féroïen.
4.2 Le Conseil de la langue féroïenne
De façon générale, la politique linguistique féringienne ressemble à celle de l'Islande. Elle est caractérisée par un purisme certain, qui consiste à vouloir conserver la langue libre de toute expression et de tout mot étrangers. C'est le mythe de la langue «pure». Les linguistes féringiens ont tendance à privilégier nettement le purisme orthographique, phonologique, morphologique et lexical. Au besoin, on fera tout pour s'inspirer de l'islandais plutôt que du danois ou de l'anglais.
Les mots proposés par le Conseil de la langue féroïenne (Føroyska málnevndin) fondé en 1985. Aujourd'hui, toute la politique linguistique officielle est gérée par le Conseil de la langue féroïenne, dont le mandat est de favoriser la conservation, la promotion et le développement de la langue féroïenne. Il doit fournir aux individus, aux institutions et aux établissements du gouvernement des conseils et des informations sur la langue féroïenne. Il doit aider à créer et à choisir des mots nouveaux mots. En ce sens, le Conseil propose des milliers de termes nouvellement créés, mais les mots proposés par le Conseil ne connaissent pas toujours le succès escompté. Par exemple, certains linguistes préconisent de remplacer le mot telefon par un néologisme plus féroïen, fjarrødil. Toutefois, ce mot, proposé aux îles depuis fort longtemps, ne s'est jamais imposé, la population préférant telefon et fartelefon pour le téléphone portable. Dans l'ensemble, le Conseil de la langue féroïenne tente bien de créer des terminologies proprement féroïennes pour les techniques modernes et autres domaines d’activité spécifiques. Dans la perspective puriste, le Conseil de la langue féroïenne doit rassembler et enregistrer les mots féroïens nouveaux, ainsi qu’à mettre en garde la population contre les dangers de la «pollution linguistique» et empêcher que des termes incorrects ne s’installent dans la langue. Le Conseil de la langue féroïenne publie une revue gratuite, Orðafar, laquelle dispense des conseils sur la langue, relève les usages erronés, etc. Le Conseil a même la possibilité de s'adresser directement aux journalistes de la radio et de la télévision.
On aura intérêt à lire le Règlement relatif à l'administration du Conseil de la langue féroïenne (1985) en cliquant ICI, s.v.p.
4.3 Les langues d’enseignement
Toutes les écoles maternelles, primaires et secondaires des îles Féroé enseignent en féroïen. Cependant, le danois est obligatoire comme langue seconde à partir de la troisième année du primaire; ils apprennent l'anglais à partir de la cinquième année. Cette pratique s’avère conforme à l’article 11 du Statut d’autonomie: «La langue des îles Féroé sera reconnue comme la langue principale, mais le danois sera soigneusement enseigné [...]». L'allemand est également enseigné à partir de la 8e année, mais il n'est pas une matière obligatoire.
L’un des rares problèmes réside dans la disponibilité insuffisante des livres scolaires en féroïen, surtout à partir du secondaire. De plus, les seuls dictionnaires de langue n’existent qu’en féroïen-danois et en danois-féroïen. Des dictionnaires sont en préparation, notamment en féroïen-anglais et en anglais-féroïen.
Il existe aussi une école de marine, une école des pêcheries, une école de nursing, une école en science de la santé, une école de musique, etc., qui enseignent toutes en féroïen.
L'archipel bénéficie depuis 1965 d'une université locale. L'Université des îles Féroé (Fróðskaparsetur Føroya), qui ne compte qu'environ 150 étudiants, est située à Tórshavn, la capitale. Elle comprend trois facultés : Langue et littérature, Science et technologie et Histoire et sciences sociales. L'université offre des grades de bachelier, de maîtrise et de doctorat. La langue d'enseignement de cette université est le féroïen, ce qui en fait la seule université au monde à dispenser un enseignement universitaire dans cette langue. Cette université travaille étroitement en collaboration avec l'Université de Copenhague et l'Université de l'Islande pour ses projets de recherche. Il reste possible aussi pour les Féroïens de poursuivre des études universitaires au Danemark; dans ce cas, la langue d'enseignement sera le danois ou l'anglais..
4.4 La vie économique
Dans les entreprises commerciales, l'unilinguisme féroïen constitue la pratique normale, que ce soit pour la publicité ou l’affichage. Les sociétés danoises utilisent généralement des raisons sociales bilingues, soit féroïen-danois, soit féroïen-anglais (rare).
Cependant, on trouve de plus en plus de raisons sociales en anglais, plus particulièrement dans le cas des boutiques de mode (par snobisme), des usines et des noms de bateaux. Les propriétaires d'établissements et de bateaux affichant en anglais estiment que, ce faisant, ils favorisent beaucoup plus le commerce international. Par ailleurs, les étiquettes des produits de consommation courante ainsi que les modes d’emploi sont généralement bilingues (féroïen et danois). Certains produits de luxe sont offerts uniquement en danois.
4.5 Les médias
Il existe quelques journaux et revues aux îles Féroé et tous sont unilingues féroïens, sauf un seul, le Dimmaloetting qui, sans être bilingue, présente des articles tantôt en féroïen, tantôt en danois. Les journaux publicitaires gratuits distribués par les commerçants sont généralement en danois. La radio et la télévision (depuis 1984) locales n’utilisent que le féroïen. Cela n’empêche pas les Féroïen de syntoniser des stations danoises, voire norvégiennes ou suédoises, puisque l’intercompréhension entre les langues scandinaves peut être relativement facile pour certains Féroïens.
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Contrairement à l'allemand du Danemark, le féroïen se porte beaucoup mieux aux Féroé, probablement parce que les frontières linguistiques de ces îles demeurent presque imperméables à la langue majoritaire. Le danois semble même en déclin dans l'archipel, car on y trouve peu de fonctionnaires du gouvernement danois prêts à s'expatrier dans ces îles dites «perdues».
De plus, le maintien du féroïen n’est pas le résultat d’un développement «naturel» pour les Danois, mais la conséquence d’une politique linguistique volontariste de la part des habitants et du gouvernement féroïen. Compte tenu des événements récents survenus aux Féroé, l'histoire de cet archipel reste à suivre prochainement! Quoi qu'il en soit, il est peu probable que l'issu ait pour résultat de modifier le sort de la langue féroïenne!
AFP International. «Les îles Féroé réclament une indépendance totale par rapport au Danemark», Paris, 8 Mars 2000, 10 h 14 GMT. HAGÈGE, Claude. Le souffle de la langue, Paris, Éditions Odile Jacob, coll. "Opus", 1994, 288 p. JACOBSEN, Jógvan í Lon. «Føroyskt - Féroïen»
dans Sprogforum, no 19,
København,
Danish University of Education Press,
2001, en ligne, LECLERC, Jacques. Langue et société, Laval, Mondia Éditeur, coll. "Synthèse", 1992, 708 p. LECLERC, Jacques. Les droits linguistiques dans 129 États du monde, tome I: «Description schématique par pays«, Montréal, rapport déposé à l’Office de la langue française, 1992, 392 p. LECLERC, Jacques. Les droits linguistiques dans 129 États du monde, tome II: "Description thématique", Montréal, rapport déposé à l’Office de la langue française, 1992, 402 p. LECLERC, Jacques et Jacques MAURAIS. Recueil des législations linguistiques dans le monde, tome V: «Algérie, Autriche, Chine, Danemark, Finlande, Hongrie, Malte, Maroc, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni, Tunisie, Turquie, ex-URSS», Québec, Les Presses de l'Université Laval, CIRAL, 1994, 223 p. STEPHENS, Meic. «The Faroe Islanders» dans Linguistic Minorities in Western Europe, Gomer Press, USA, 1976, p.240-251. |
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