Traité de Tordesillas (1494)

Le traité de Tordesillas (voir les extraits ci-dessous) de 1494 du pape Alexandre VI (d'origine espagnole) partageait le Nouveau Monde connu entre les Espagnols (à gauche du méridien) et les Portugais (à droite du méridien), avec pour ligne de partage un méridien nord-sud, d'un pôle à l'autre, localisé à 370 lieues (ou 1770 km) à l'ouest des îles du Cap-Vert; aujourd'hui, le méridien se situerait à 46° 37' ouest.

Presque toutes les Amériques revenaient à l'Espagne, à l'exception de ce qui allait être le Brésil, tandis que plusieurs territoires côtiers de l'Afrique, du Proche-Orient (Érythrée, Somalie), de l'Asie du Sud (Goa, Colombo, Malacca, Timor) étaient réclamés par le Portugal, à l'exception des Philippines déjà revendiquées par l'Espagne, ainsi que les Canaries (Atlantique).

Avec le temps, de nouvelles bulles papales déplacèrent le méridien de façon à accorder à l’Espagne un contrôle plus important en Asie et de permettre aux Portugais de prendre de l’expansion au Brésil. Lorsque les frontières du Brésil furent définitivement fixées, ce pays se trouva à occuper une très vaste partie du continent sud-américain, bien au-delà des limites fixées à l'origine par le traité de Tordesillas.

À la fin du XVIe siècle, le monopole de l'Espagne et du Portugal fut fortement remis en cause par les autres pays européens, notamment l'Angleterre, la France et la Holande, qui s’employèrent à mettre fin à cette hégémonie dans une grande partie de l'Afrique et dans l'océan Indien.

Voici quelques extraits du traité de 1494:

Ferdinand et Isabelle, par la grâce de Dieu, Roi et Reine de Castille, de Léon, d'Aragon, de Sicile, de Grenade, de Tolède, de Galice [...]. Ainsi, son altesse, le sérénissime Roi de Portugal, notre frère bien aimé, nous a dépêché ses ambassadeurs et mandataires [...] afin d'établir, de prendre acte et de se mettre d'accord avec nous [...] sur ce qui appartient à l'un et à l'autre de l'océan qu'il reste encore à découvrir.

Leurs altesses souhaitent [...] que l'on trace et que l'on établisse sur ledit océan une frontière ou une ligne droite, de pôle à pôle, à savoir, du pôle arctique au pôle antarctique, qui soit située du nord au sud [...] à trois cent soixante-dix lieues des îles du Cap-Vert vers le ponant [...]; tout ce qui jusqu'alors a été découvert ou à l'avenir sera découvert par le Roi de Portugal et ses navires, îles et continent, depuis ladite ligne telle qu'établie ci-dessus, en se dirigeant vers le levant [...] appartiendra au Roi de Portugal et à ses successeurs [...]. Et ainsi, tout ce qui, îles et continent [...], est déjà découvert ou viendra à être découvert par les Roi et Reine de Castille et d'Aragon [...], depuis ladite ligne [...] en allant vers le couchant [...] appartiendra auxdits Roi et Reine de Castille [...].

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