République française

France

Situation géopolitique
et démolinguistique

 
Capitale: Paris 
Population:
61,4 millions (est. juillet 2004)
Langue officielle: français 
Groupe majoritaire: français (82 %) 
Groupes minoritaires: occitan (12, 2 %), alsacien (2,6 %), breton (2 %), catalan (0,45 %), corse (0,49 %), basque (0,1 %), flamand (1, %), etc. 
Système politique: république 
Articles constitutionnels (langue): art. 2 de la Constitution de 1958 (modifiée par la Loi constitutionnelle no 92-554 du 25 juin 1992) 
Lois linguistiques: plusieurs lois de la République dont la loi Deixonne de 1951, la loi Haby de 1975, la loi Bas-Lauriol de 1975 et la loi Toubon de 1994 (ou loi du 4 août 1994, relative à l'emploi de la langue française); en tout, au moins une cinquantaine de lois, décrets, arrêtés, sans compter les innombrables circulaires administratives.

1 Situation géopolitique

La France (543 965 km²) est bordée au nord par la mer du Nord et la Manche, à l'ouest par l'océan Atlantique, au sud par la Méditerranée. Elle est limitée à l'est par la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie, au sud par l'Espagne et la petite principauté d'Andorre (voir la carte) Avec ses voisins frontaliers, la France possède 56,6 km avec Andorre, 620 km avec la Belgique, 451 km ave l'Allemagne, 488 km avec l'Italie, 73 km avec le Luxembourg 73 km, 4,4 km avec Monaco, 623 km avec l'Espagne et 573 km avec la Suisse. Si l'On prend en considération les DOM-TOM, la superficie de la République atteint 1 007 329 km².

Le pays est administrativement découpé en 96 départements métropolitains, regroupés en 22 régions. La France comprend également quatre départements d’outre-mer ou DOM (Martinique, Guadeloupe, Guyane et La Réunion), quatre territoires d’outre-mer ou TOM (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna et les Terres australes), et deux collectivités territoriales (Saint-Pierre-et-Miquelon et île Mayotte). Parce que ces territoires font partie intégrante de la France, celle-ci est voisine du Canada, des États-Unis, du Brésil, de l'Australie et de Madagascar, ce qui lui donne voix au chapitre presque partout. En tant que pilier de la Francophonie, la France agit aussi comme une sorte de club à l'intérieur de l'ONU. Et son influence passe par l'Agence France-Presse qui diffuse en plusieurs langues (français, anglais, allemand, russe, espagnol, portugais et arabe).

2 Données démolinguistiques

La population de la France était de 58,6 millions en 1998, mais estimée à 61,4 millions en juillet 2004. La majorité (82 %) des Français parlent le français comme langue maternelle, mais on compte un certain nombre de «minorités historiques» dont les membres parlent une «langue régionale» comme langue maternelle (voir à ce sujet la carte des parlers régionaux). En France, les expressions telles que minorités nationales, minorités historiques et langues minoritaires sont exclues du vocabulaire «politiquement correct» français et du discours officiel, mais l’expression langues régionales est d’usage courant, ce qui les différencie des «langues étrangères» et des «langues immigrantes». Autrement dit, il n'y a pas de «minorités» en France, puisque tous les individus sont des Français. En 1977, alors qu'il était maire de Paris, le futur président Chirac avait fait cette déclaration au journal Le Monde: 3 septembre 1977) en employant les mots «minorités» et «phénomène minoritaire», mais ce n'est guère courant:

À cet égard, le problème le plus délicat qui reste à résoudre au sein de la nation française est celui du droit à l'identité et à l'expression culturelle des minorités. À juste titre, notre système démocratique ignore le phénomène minoritaire. Un Français vaut un Français, quelle que soit sa personnalité propre ou son identification collective.

Évidemment, il est habile de dire qu'il n'y a pas de minorités sur son territoire, ce qui implique qu'il n'est pas nécessaire de les protéger. Cette pratique française est le résultat d’une uniformisation linguistique toujours présente non seulement dans l’Administration, mais encore dans l’esprit de nombreux fonctionnaires et d’une bonne partie de la population. Effectivement, beaucoup de Français seraient eux-mêmes surpris d’apprendre que leur pays est, après l’Italie, le pays d’Europe occidentale qui compte le plus grand nombre de «langues minoritaires» sur son territoire.

2.1 La question des recensements linguistiques

Comme il n’existe pas de recensement linguistique officiel en France, il faut se reporter sur des données approximatives transmises par diverses associations, ce qui est en soi un indice du faible intérêt que portent aux langues régionales, depuis longtemps, les dirigeants français. En juillet 1998 et en avril 1999, deux rapports sur les langues régionales furent remis successivement au gouvernement français. Le premier, celui de Bernard Poignant, maire de Quimper, ne nous permet pas de recenser le nombre des locuteurs des langues régionales. Il dresse néanmoins la nomenclature des langues régionales parlées sur l’ensemble du territoire métropolitain; le rapport «Langues et cultures régionales» de B. Poignant a surtout le mérite de nous présenter un tableau de la situation de ces langues employées dans l’enseignement et les médias. Quant au rapport de Bernard Cerquiglini (avril 1999), directeur de l'Institut national de la langue française (CNRS), il ne nous informe pas plus sur le dénombrement des locuteurs des langues régionales. À ce sujet, l’auteur semble affirmer presque à regret ce qui suit au sujet des «langues régionales» (qu'on n'hésiterait pas à appeller ailleurs «langues minoritaires»):

En tant que linguiste, le rapporteur ne peut s'empêcher de noter combien faible est notre connaissance de nombreuses langues que parlent des citoyens français. Il se permet de suggérer que la France se donne l'intention et les moyens d'une description scientifique de ses langues, aboutissant à une publication de synthèse. La dernière grande enquête sur le patrimoine linguistique de la République, menée il est vrai dans un esprit assez différent, est celle de l'abbé Grégoire (1790-1792).

Cela dit, M. Bernard Cerquiglini a retenu 75 langues différentes considérées comme des «langues régionales» (voir à ce sujet la carte des parlers régionaux). Or, cette «richesse exceptionnelle» du patrimoine linguistique est reliée en partie à l'appartenance à la France de départements et de territoires d'outre-mer. En effet, les deux tiers de ces langues, soit 51 au total, sont parlées principalement dans les DOM-TOM. Néanmoins, la publication en mars 2003 du volume Les langues de France (Presses Universitaires de France), sous la direction de Bernard Cerquiglini, donne un aperçu d'un dénombrement partiel de la plupart des langues régionales non seulement dans l'Hexagone, mais aussi dans les DOM-TOM. C'est à partir de ces sources que nous pourrons nous baser pour présenter le nombre (approximatif) des locuteurs des langues régionales. 

En guise de rappel, l'internaute est prié de consulter le TABLEAU récapitulatif des langues régionales de France. Il s'agit des 24 langues régionales parlée sur le territoire français (Hexagone) et répertoriées en 1999 par Bernard Cerquiglini, directeur de l'Institut national de la langue française (CNRS), dans un rapport remis au ministre de l'Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie, ainsi qu’à la ministre de la Culture et de la Communication. 

2.2    Le classement des langues régionales

N'oublions pas que les langues régionales de France sont nombreuses et qu'on peut les classer en fonction de leur origine «génétique». La plupart proviennent du latin (les langues d'oïl, l'occitan et ses variétés, le catalan, le franco-provençal et le corse), d'autres du germanique initial (francique, flamand, alsacien) ou du celtique (breton); seul le basque est une langue isolée (famille basque). On distingue les langues gallo-romanes (langues d'oïl et langues d'oc) et les langues non gallo-romanes, mais le catalan et le corse demeurent des langues romanes.  On peut également consulter une carte historique représentant les aires linguistiques de toutes les langues de France en cliquant ICI. On constatera que les langues non gallo-romanes parlées au nord-est et au sud font partie d'une autre aire linguistique (langues germaniques, catalan et basque). 

3 Les langues régionales en France métropolitaine

Les rapports Poignant (1998) et Cerquiglini (1999) mentionnent précisément l’alsacien, le basque, le breton, le catalan, le corse, le francique, le flamand occidental, le franco-provençal, l’occitan (partagé entre le gascon, le languedocien, le provençal, l'auvergnat-limousin et l'alpin-dauphinois) et huit langues d'oïl: le franc-comtois, le wallon, le picard, le normand, le gallo, le poitevin-saintongeais et le bourguignon-morvandiau (voir la carte des langues d'oïl).

Les «langues transfrontalières» sont les suivantes: l'alsacien, le francique (souvent lorrain sur les cartes), le basque, le catalan, le flamand (occidental) et le franco-provençal. On peut consulter le TABLEAU récapitulatif des langues régionales de France.

Beaucoup de ces langues régionales sont considérées comme des «langues en péril», c'est-à-dire en voie d'extinction, sauf pour l'alsacien, le breton, le basque, le corse, le «Platt mosellan» (francique) et le catalan.

À ces langues dites «historiques» (voir à ce sujet la carte des parlers régionaux) s’ajoutent des langues immigrantes telles que le berbère, l’arabe dialectal, le yiddish, le tsigane (ou romani chib) et l’arménien occidental. Évidemment, exception faite des minorités immigrantes très récentes, tous les Français parlent aussi la langue nationale en tant que langue seconde.

Le problème fondamental réside surtout dans le nombre des locuteurs de toutes ces langues, les sources non officielles ayant la fâcheuse tendance à se contredire et à présenter des données statistiques souvent discordantes. En guise de référence, nous allons nous servir des données relevées en 1999 par l’Agence France-Presse en ce qui a trait aux langues régionales plus importantes (voir la carte) en usage sur le territoire de la Métropole:

Alsacien environ 900 000 locuteurs sur 1,7 million d'habitants.
Breton entre 240 000 et 370 000 locuteurs sur 1,5 million d'habitants, dans la zone dite bretonnante (Finistère, une partie des Côtes d'Armor et du Morbihan) contre 1,2 million au début du siècle.
Occitan 2 millions de locuteurs, sur 13-14 millions d'habitants, contre 10 millions en 1920.
Basque 40 000 locuteurs sur 260 000 habitants; près de 100 % de la population parlait la langue au début du siècle.
Corse entre  100 000 et 150 000 locuteurs sur 250 000 habitants; près de 100 % de la population parlait corse au début du siècle.
Catalan 34 % de la population des Pyrénées Orientales (370 000 habitants) ont déclaré le parler, dans une enquête récente; parmi ces 34 %, quelque 17 % ont déclaré le parler «bien».

On peut consulter aussi le tableau des langues régionales en cliquant ICI, s.v.p.

3.1 Les langues germaniques

On compte en France trois langues régionales d’origine germanique: l’alsacien, le francique et le flamand du Westhoek (ou flamand occidental).

- L’alsacien (ou Elsässerditsch), qui fait partie des langues alémaniques, est parlé par environ 900 000 locuteurs en Alsace (sur une population régionale — Haut-Rhin et Bas-Rhin — de 1,7 million d’habitants). Le sondage DNA/CSA Opinion de 1998 révèle qu'un Alsacien sur deux déclare parler couramment l'alsacien («dialecte parlé couramment»). Au point de vue historique, l’alsacien appartient à l’«allemand supérieur» (l’Oberdeutsch), parce qu'il s’agit de langues ou de dialectes généralement en usage dans les régions montagneuses de la partie méridionale de l’Allemagne. Voir à ce sujet la carte des dialectes allemands.

- Le francique mosellan (ou francique de Moselle: Lothringer Platt ou Lothringer Deitsch) fait partie des parlers franciques de l’Ouest (le Westmitteldeutsch) et était parlé par quelque 360 000 locuteurs en 1962; Une enquête effectuée par l'Institut national des études démographiques, dans le cadre du recensement de 1999, confirme le recul du francique, qui compte encore 78 000 locuteurs dans le département de la Moselle (no 57), notamment dans la région de Thionville et l'extrême-nord du département (Sarreguemines-Bitche). On y distingue le francique luxembourgeois, le francique mosellan et le francique rhénan. La langue semble se transmettre de moins en moins chez les jeunes générations, puisque seulement 20 % des jeunes de moins de 15 ans la parlerait. 

Les dialectes franciques font partie du moyen allemand : francique rhénan (lorrain), hessois, francique mosellan, luxembourgeois, francique ripuaire, thuringien et haut-saxon. Trois formes de francique sont parlées en France (Moselle): le francique mosellan (dans le «pays de Nied»: Bouzonville et Boulay); le francique rhénan (du bassin houiller jusqu'à l'Alsace) et le francique luxembourgeois (dans le «pays thionvillois»: Thionville, Sierck-les-Bains, Cattenom et vallée de la Fensch, ainsi que dans le grand-duché de Luxembourg, la région belge d'Arlon et certaines régions allemandes du Land de Sarre à la frontière ouest, au nord d'Echternach, dans les arrondissements de Prüm et de Bitburg). N'oublions pas que l'aire du francique est coupée en deux par la frontière linguistique séparant les langues romanes et germaniques. Quant au francique ripuaire, il n'est pas parlé en France, mais dans la région allemande de Cologne (Dusseldorf et Bonn) et dans les cantons belges germanophones, son aire d'influence s'étendant essentiellement dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, avec quelques influences mineures sur le nord du Land de Rhénanie-Palatinat et la région d'Eupen en Belgique. On peut visualiser une carte linguistique de toutes les variétés de francique (France, Luxembourg, Belgique et Allemagne) en cliquant ICI, s.v.p.

Les dialectes franciques sont liés par des éléments communs issus du francique initial, une ancienne langue germanique parlée par les Francs qui ont conquis les Romains en Gaule au Ve siècle. Le francique demeure donc un vestige linguistique des Francs qui ont fondé la France. L'influence francique a été considérable en français, et cette langue a laissé quelque 400 mots encore en usage aujourd'hui.

- Le flamand (flamand occidental), appelé le flamand du Westhoek, est utilisé par environ 20 000 ou 40 000 locuteurs dans le département du Nord (no 59) de la France (région de Dunkerque), sur une population près de quatre millions d'habitants. En réalité, il est très difficile de savoir exactement combien de locuteurs parlent le flamand: les chiffres varient de 30 000 à 100 000 locuteurs (dans les visions les plus optimistes) et on ignore tout du degré de connaissance de la langue. Le flamand encore parlé en France est un dialecte du néerlandais associé au flamand occidental (le West-Vlaams); il est également parlé en Flandre et aux Pays-Bas (voir la carte linguistique à ce sujet). Le flamand du Westhoek est aujourd’hui en nette régression.

3.2 Une langue celtique: le breton

Le breton (appelé brezoneg ou brezhoneg) est la seule langue celtique parlée en France: on y compte entre 240 000 et 370 000 locuteurs sur une population totale de 1,5 million d’habitants dans la «zone bretonnante» de l’Ouest appelée Basse-Bretagne ou Breizh Izel; à l’est, se trouve la partie francophone dite Haute-Bretagne (ou Breizh Uhel) appelée également «le pays gallo», où l'on parle le gallo et le français. On considère généralement qu'il existe quatre variétés de breton: 1) le léonais (au nord-ouest); 2) le trégorrois (au nord-est); 3) le cornouaillais (au sud-ouest); 4) le vannetais (au sud-est). Les jeunes ne savent pratiquement plus le breton, car deux bretonnants sur trois se situent dans la catégorie des plus de 60 ans.

Le breton a pour origine le gallois et le cornique, introduits au Ve siècle par les immigrants venus du pays de Galles et de Cornouailles (dans l’île de Grande-Bretagne), après l’invasion de la Grande-Bretagne par les Saxons. Le breton reste l'une des quatre langues celtiques qui subsistent encore aujourd'hui, avec le gallois, l'irlandais et l'écossais, le gaulois, le mannois et le cornique étant éteints (malgré les efforts de restauration pour le mannois et le cornique).

3.3 Le basque

Le basque appartient à une famille linguistique isolée (famille basque) et est parlé en France par quelque 67 000 locuteurs sur une population de 260 000 habitants. Les Basques sont répartis en Espagne et en France, soit dans sept provinces historiques. Pour la France, les Basques habitent le département des Pyrénées-Atlantiques (no 64), qui comprend les provinces du Labourd, de la Basse-Navarre et de la Soule.

Quant à la langue basque, elle se compose de plusieurs variétés dialectales dont les plus importantes sont, pour la France, le labourdin et le bas-navarrais, pour l’Espagne, le guipúzcoan, le biscayen et le haut-navarrais. Alors que la plupart des Basques espagnols reçoivent un enseignement en basque, seulement 20 % des enfants basques-français apprennent cette langue dans les écoles primaires (deux à trois heures hebdomadaires).

3.4 Le corse

Le corse est une langue romane apparentée au groupe italien (groupe italo-roman) et est parlé par moins de 150 000 locuteurs sur 250 000 habitants (dans l'île de Corse). Cette langue a longtemps été considérée comme une forme dialectale de l'italien. Bien que le corse ait subi une forte influence du toscan, il est apparu dans l'histoire avant la naissance de l'italien standard, ce qui en fait une langue bien distincte, et ce, d'autant plus que son vocabulaire comporte une part importante de mots d'origine ligure. Aujourd’hui, le corse demeure la seule des langues minoritaires «françaises» à bénéficier d'un statut particulier, lui-même étroitement lié au statut administratif de l'île. En 1999, quelque 20 % des élèves scolarisé en corse ont passé l'épreuve de corse à l'examen. À l’extérieur de l'île de Corse, l’enseignement de cette langue est dispensé dans les villes d’Aix-en-Provence, Marseille, Nice et Paris. On peut lire la page Web qui est consacré exclusivement à la Corse en cliquant ICI.

3.5 L'occitan

L'occitan, tout comme le français, fait partie des langues romanes. L'une des premières attestations de l'expression langue d'oc se trouve chez Dante qui, dans son De vulgari eloquentia, classe les langues romanes d'après la façon de dire oui dans chacune d'elles (par exemple, oïl, oc, si), d'où la distinction «langue d'oc» (hoc) au sud et «langue d'oïl» (du latin hoc ille) au nord. D'autres termes ont servi à désigner cette langue, tels que limousin, provençal, gascon, etc., mais le mot provençal semble avoir été plus populaire. C'est à partir du début du XXe siècle que le mot occitan a commencé à désigner l'ensemble de la langue d'oc. 

L'aire linguistique de l'occitan comprend pratiquement le tiers de la France, c'est-à-dire un territoire très vaste dans toute la partie sud du pays. Au point de vue du découpage administratif, l'occitan englobe les départements suivants (voir la carte): Basses-Pyrénées (sauf le Pays basque), Hautes Pyrénées, Gers, Landes; Gironde et Lot-et-Garonne (à l'exception de La Grande et La Petite Gavacherie); Tarn-et-Garonne, Haute-Garonne, Axiège; une faible partie des Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Tam, Aveyron, Lot; Dordogne (sauf quelques communes de l'ouest); Corrèze; Haute-Vienne (sauf l'extrême-nord); une partie de la Charente; plus de la moitié de la Creuse, Puy-de-Dôme (sauf quelques communes du Nord-Ouest); quelques communes de l'Allier autour de Gannat; une région au sud-ouest de la Loire, autour de Saint-Bonnet-le-Château; Cantal; Haute-Loire, Lozère, Gard; Ardèche (sauf dans la partie nord), le sud-est de l'Isère; Drôme (sauf le nord du département); Hautes-Alpes, Basses-Alpes, Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Var et Alpes-Maritimes.

Toutefois, l'occitan est fragmenté linguistiquement entre le gascon, le languedocien, le provençal, l’auvergnat-limousin et l’alpin-dauphinois (voir la carte linguistique détaillée des variétés occitanes). L'auvergnat et le limousin sont considérés généralement comme deux dialectes différents. Ceci dit, l'expression «auvergnat-limousin» de Cerquiglini ne paraît pas très gênante. Ces différentes formes de l'occitan sont intercompréhensibles entre elles. Par exemple, un Provençal comprend un Gascon (dont la langue est pourtant la plus différenciée du groupe), tout en lui trouvant évidemment un petit accent «exotique» (le [f] en [h] aspiré), quelques tournures imagées, mais compréhensibles (pr'amor à la place de perqué) ou encore de rares mots issus par inversion de consonnes (craba au lieu de cabra).  On peut consulter une petite liste de mots occitans pour des fins de comparaison en cliquant ICI. 

Il est difficile de déterminer avec précision le nombre des occitanophones, mais ceux-ci peuvent être estimés à environ deux millions de locuteurs (la plupart étant âgés de plus de 50 ans) sur une population locale de 14 à 15 millions d’habitants, dont entre 700 000 et un million de locuteurs (passifs compris) pour le seul provençal. Compte tenu de la «désoccitanisation» des villes de grande et moyenne importance, il est vraisemblable de fixer à environ deux à trois millions de locuteurs ayant, à des degrés variables, une certaine connaissance de l'occitan. L'occitan est la principale langue d'enseignement dans quelques écoles primaires (les Calandretas) et une matière facultative dans d'autres. L'occitan n'est jamais employé dans l'administration française et dans les rapports de celle-ci avec les citoyens. Il est permis d'utiliser les noms de famille en occitan, mais les réticences demeurent encore très fortes en ce qui a trait à l'occitanisation des toponymes officiels, des panneaux de signalisation routière et des affiches et communications des services publics.

Hors de France, l'occitan est parlé dans le Val-d'Aran (en Catalogne, Espagne), dans quelques vallées alpines italiennes de Torino et Cuneo (Piémont), ainsi que dans la principauté de Monaco (excepté les quartiers ligures de la capitale).

Dans le groupe occitan, on classe parfois le catalan. En fait, jusqu'au Moyen Âge, ces deux langues (l'occitan et le catalan) ne faisaient qu'une: ce sont des destins politiques différents et deux rattachement à des blocs dominants opposés qui les ont fait évoluer chacune de leur côté. Ce n'est qu'en 1934 que les intellectuels catalans ont fini par proclamer solennellement que le catalan était distinct de l'occitan. C'est pourquoi, aujourd'hui, on a plutôt tendance à en faire deux groupes distincts.

3.6 Le catalan

Le catalan est une langue romane parlée par quelque 126 000 locuteurs sur une population 370 000 habitants dans le département des Pyrénées-Orientales (no 66). Cette langue a acquis un statut officiel dans la principauté d’Andorre et en Espagne (Catalogne, Pays valencien et Baléares) où l'on retrouve cette aire linguistique. Le catalan forme un groupe particulier parmi les langues romanes, bien que historiquement catalan et occitan ont déjà constitué une seule et même langue.

On peut consulter une page particulière consacrée à la description et à l'histoire de la langue catalane en cliquant ICI.

3.7 Le franco-provençal

Le franco-provençal est une autre langue romane parlée à l'origine dans les régions qui s'étendaient des environs de Neuchâtel en Suisse jusqu'au sud de l'Isère et de la Savoie (France), en passant par le Val-d'Aoste en Italie. Cette langue serait encore parlée dans certains villages dans les départements de l'Isère (no 38) et de la Savoie (no 73), ainsi que dans le canton du Valais et dans le Val-d’Aoste. Sauf pour le Val-d’Aoste (et encore!), il est impossible de savoir le nombre exact des locuteurs de cette langue. On estime le nombre de ses locuteurs à environ 60 000, la plupart âgés de plus de 60 ans, pour une population totale de quelque six millions d'habitants. La langue est en voie d'extinction en France et en Suisse, mais elle est demeurée vivante jusqu'à récemment au Val-d'Aoste (Italie).

Dans ce dernier cas, l'absence de recensement linguistique depuis 1921 masque certainement la réalité. Il est donc possible que le franco-provençal ne soit plus une langue utilisée par beaucoup de locuteurs, même au Val-d'Aoste où il est réputé avoir survécu. Théoriquement, en France, le franco-provençal serait encore parlé dans la plus grande partie du Dauphinée, dans le Lyonnais, le Forez, la Savoie, le Bugey, la Bresse, le Sud de la Franche-Comté.

Le terme de franco-provençal a été créé au XIXe siècle par un linguiste italien du nom de Ascoli qui, le premier, a identifié cette langue comme un ensemble linguistique spécifique. Le terme est parfois contesté et semble relativement impropre dans la mesure où il cette langue n'est même pas en contact à proprement parler avec le provençal et n'a pas grand-chose à voir avec le français. Le franco-provençal est plus proche des langues d'oïl que de la langue d'oc.  On utilise parfois les termes savoyard, dauphinois, lyonnais, bressan, forézien et arpitan (en France, de ar-, signifiant «montagnes» ou «rochers», de pe au sens de «sous» et de tan signifiant «pour»: la langue de celui qui vit au pied des montagnes), romand, valaisan, fribourgeois (en Suisse), valdôtain (en Italie) ou assez généralement le mot patois (partout), ce qui, en ce cas, ne désigne pas particulièrement le «franco-provençal». Par ailleurs, il existe une tendance à remplacer le terme de franco-provençal avec trait d'union par celui de francoprovençal sans trait d'union, ceci pour éviter la fréquente confusion qui amène à penser que les idiomes de ce type (savoyard, valdôtain, etc.) forment un mélange de français et d'occitan (provençal), alors qu'elles constituent un groupe linguistique roman distinct. Tout au cours de son histoire, le franco-provençal est resté une langue orale. Néanmoins, on trouvera un exemple de franco-provençal en cliquant ICI.

3.8 Les langues d’oïl

Il est malaisé de parler des «langues d'oïl» en raison de notre ignorance en général à leur sujet et du fait que le français en est issu.  Les locuteurs des langues d’oïl (voir la carte) sont aujourd’hui peu nombreux en France et la plupart de ces idiomes ont pratiquement disparu. Cependant, certaines parlers régionaux tels que le picard (au nord, près de la Belgique), le gallo (à l'ouest, près de la Bretagne), le poitevin, le saintongeais, le normand, le morvandiau, le champenois, et d'autres encore (wallon, lorrain, franc-comtois, bourguignon), constituent aujourd’hui des formes régionales du français. Ces parlers — en réalité des langues — sont relativement intelligibles entre eux: un locuteur de l'orléanais comprend assez bien un locuteur du tourangeau et un Québécois comprendrait encore plus facilement un locuteur du normand, si tant est qu'il en rencontre un!

Dans certains établissements d'enseignement, ces parlers régionaux bénéficient d'un horaire spécifique sous l’appellation de «langues régionales». Il n’existe pas de statistiques sur le nombre de ces locuteurs, mais une enquête de l'INSEE estime à 204 000 pour l'ensemble des locuteurs de ces langues. On peut consulter aussi la carte de Mikael Parkvall intitulée La France dialectale

3.9 L'enquête de l'INSEE (2002) 

Une enquête de l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques), publiée le 21 février 2002 et intitulée Langues régionales, langues étrangères: de l'héritage à la pratique, montre que la place du français progresse continuellement et que les autres langues, surtout régionales, se transmettent de moins en moins. Cette a été réalisée auprès de 380 000 personnes vivant «en Métropole» et porte sur les langues parlées aux gens pendant leur petite enfance. Ainsi, pour 74 % de l'ensemble des adultes, on ne leur a parlé qu'en français. Pour les 26 % restant, 10 % parlent habituellement le français et occasionnellement une autre langue, 2 % habituellement deux langues, 6 % habituellement une autre langue et occasionnellement le français et 8 % ne parlent pas le français du tout. L'étude montre également que les langues étrangères se transmettent mieux que les langues régionales. Parmi ces dernières, les plus en usage sont l'alsacien, le breton, le basque, le corse, le «platt mosellan» et le catalan. 

L'enquête de l'INSEE montre aussi que l'usage des langues régionales est l'apanage des générations nées avant 1940 et semble particulièrement fréquent chez les agriculteurs, mais très rare chez les cadres. La situation semble particulièrement critique pour le franco-provençal, le breton, le flamand et les langues d'oc, dont le nombre des locuteurs paraît avoir subi un recul très important, par rapport à la génération précédente; ces langues semblent se pratiquer entre adultes, sans être retransmises aux enfants. Par ailleurs, cette enquête révèle que, dans l'échantillonnage, près de 400 langues ont été identifiées. 

L'enquête «Famille» de 1999 (de l'INSEE) montre que la plupart des langues régionales semblent avoir été transmises presque toujours de façon occasionnelle, en accompagnement du français, et plus souvent par un seul des parents. C'est particulièrement vrai de la «langue d'oc» et des «langues d'oïl», déjà en nette régression. Ces langues (voir la figure 1) ont accompagné l'enfance de très nombreux adultes, soit respectivement 610 000 à titre habituel et 1 060 000 à titre secondaire pour la «langue d'oc» (l'occitan et ses variétés : nissart, provençal, languedocien, rouergat, limousin, gascon, etc., 570 000 et 850 000 pour les «langues d'oïl» (picard, chtimi ou «patois du Nord», lorrain roman, normand, gallo de Bretagne, vendéen, bourbonnais, etc.). Quelque 280 000 personnes se souviennent d'avoir parlé, lorsqu'ils étaient enfants, le breton et 400 000 autres l'ont reçu «en complément du français». Avec le corse, le catalan ou les créoles (sachant que l'enquête est limitée à la Métropole), le breton figure parmi les langues dont la transmission était déjà plus souvent occasionnelle qu'habituelle, sans que le décalage soit toutefois aussi avancé que pour les langues d'oïl et d'oc. Le cas est différent avec l'alsacien, car il semble reçu plus souvent sur un mode habituel (660 000 personnes) qu'occasionnel (240 000). Rappelons que l'alsacien était encore, il y a une génération, la langue régionale la mieux transmise. De même, dans une bonne partie de la Moselle voisine, le francique (Platt lorrain) était transmis habituellement dans la famille. Dans le reste de la France, seul le basque semble avoir connu une situation similaire.

Figure 1 - Principales langues autres que le français reçues
dans l'enfance et retransmises à la génération suivante

La connaissance des langues régionales est généralement perçue par bien des Français comme peu utile pour l'avenir, étant donné leur manque de prestige. Malheureusement, il semble que l'intérêt pour ces langues importe beaucoup plus en raison de leur valeur culturelle et symbolique pour l'identité régionale que pour leur utilité pratique. Bref, l'État français aurait beaucoup de travail à faire pour redonner un certain souffle à ces langues qui font toutes partie du patrimoine français.

4 Les langues régionales dans les DOM-TOM

Distinguons les langues parlées dans les départements d'outre-mer (DOM et celles parlées dans les territoires (TOM):

La France dans le monde

4.1    Les départements (DOM) 

Dans les départements d’outre-mer (voir la carte cliquable) il faut d’abord distinguer les créoles à base lexicale française (créole martiniquais, créole guadeloupéen, créole guyanais et créole réunionnais), les créoles bushinengés (à base lexicale anglo-portugaise) de Guyane (saramaca, aluku, njuka, paramaca), les langues amérindiennes de Guyane (galibi ou kalina, wayana, palikour, arawak proprement dit ou lokono, wayampi et émerillon) ainsi que le hmong (parlé par les Laotiens). 

4.2 Les territoires (TOM)

Dans les territoires d'outre-mer, on a recensé en Nouvelle-Calédonie 28 langues kanakes (groupe mélanésien de la famille austronésienne): nyelâyu, kumak, caac, yuaga, jawe, nemi, fwâi, pije, pwaamei, pwapwâ, dialectes de la région de Voh-Koné, cèmuhî, paicî, ajië, arhâ, arhö, ôrôwe, neku, sîchë, tîrî, xârâcùù, xârâgùrè, drubéa, numèè; nengone, drehu, iaai, fagauvea).

En Polynésie française, on a répertorié les langues polynésiennes suivantes: tahitien, marquisien, langue des Tuamotu, langue mangarévienne, langue de Ruturu (îles Australes), langue de Ra'ivavae (îles Australes), langue de Rapa (îles Australes). Dans l'archipel de Wallis-et-Futuna, mentionnons le wallisien et le futunien, des langues appartenant au groupe malayo-polynésien oriental de la famille austronésienne. À Mayotte (océan Indien), on distingue le shimaoré (ou mahorais) et le shibushi, c'est-à-dire des langues comoriennes dérivées du swahili appartenant à  la famille bantoue.

Pour une présentation plus exhaustive de toutes ces langues, il suffit de consulter le fichier DOM-TOM ou cliquer sur l’une des pages consacrées à la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane française, l’île de La Réunion, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, les îles Wallis-et-Futuna et l’île Mayotte.  

5    Les langues immigrantes en France métropolitaine

La France actuelle compte beaucoup d'immigrants, ce qui les distingue des «vrais Français de souche». Il n'existe pas de statistiques officielles sur les populations immigrantes. Les statistiques françaises ne font pas la distinction entre un Mohamed né de parents ouvriers en banlieue de Paris et un Didier du XVIe arrondissement. Ce sont des Français!

On estime à quelque 3,6 millions d'étrangers et 4,2 millions d'immigrants incluant les étrangers (69 %) et les personnes nées à l'étranger et qui ont obtenu la citoyenneté française (env. 100 000 annuellement). C'est près de 10 millions de personnes! Avant 1990, plus ou moins 55 % des immigrants provenaient d'autres pays d'Europe, surtout l'Espagne, le Portugal, l'Italie, etc.  Depuis 1990, les origines géographiques des immigrants se sont diversifiées, aux dépens des personnes d’origine européenne. D'ailleurs, la part des immigrants venus d’un pays de l’Union européenne est en baisse constante depuis un quart de siècle. Ils représentaient 57 % de la population étrangère en 1975, 49 % en 1990, 45 % en 1999. 

Par conséquent, les pays d'origine semblent de plus en plus lointains. Par exemple, les Maghrébins installés en France sont en forte augmentation (6 % de plus qu’en 1990, une hausse due pour les trois quarts aux Marocains).  Les Turcs sont également en nette progression (plus de 16 %), tout comme les Asiatiques (plus de 35 %) et les personnes originaires d’Afrique subsaharienne (plus de 43 %). 

En 1996, les principales nationalités admises au titre du regroupement familial étaient les Marocains (28,5 %), les Algériens (19,7 %), les Turcs (18,6 %), les Tunisiens (6,3 %), les Chinois (2,58 %), Polonais (1,98 %), les Haïtiens (1,85 %), Sénégalais (1,68 %), etc. La très grande majorité de ces immigrants habitent les villes, la concentration étant particulièrement sensible à Paris où plus d’un habitant sur six est étranger et en Seine-Saint-Denis où la proportion atteint une personne sur cinq. 

Évidemment, ce flux d'étrangers entraîne l'arrivée et le maintien des langues étrangères. Au moins 660 000 locuteurs parleraient l'arabe algérien; 492 000 l'arabe marocain; 212 900 l'arabe tunisien; 537 000 le kabyle (berbère); 150 000 le tamazight (berbère); un million l'italien; 260 000 l'espagnol; 150 000 le portugais; 150 000 le créole (antillais); 135 000 le turc; 70 000 l'arménien; 40 000 le farsi (iranien); 50 000 le khmer; 35 000 le wolof; 10 000 le vietnamien; etc.  Par le fait même, on compterait entre trois et cinq millions de musulmans en France.  Comme il n’existe guère de statistiques fiables en ce qui a trait à ces langues, il s'agit là de données bien approximatives. Cependant, l'enquête de l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) du 21 février 2002 — Langues régionales, langues étrangères: de l'héritage à la pratique — révèle que les langues les plus utilisées dans les foyers sont d'abord l'arabe (toutes variétés confondues), puis l'espagnol, le portugais et l'italien, ensuite l'allemand, le polonais et le turc. 

En 1999, l'enquête «Famille», réalisée auprès de 380 000 personnes, révélait que la transmission des langues d'immigration dans l'enfance semble avoir été plutôt habituelle qu'occasionnelle. En effet, quelque 940 000 adultes vivant en métropole se souviennent que leurs parents leur parlaient d'abord l'arabe dans leur prime enfance, contre seulement 230 000 qui évoquent une transmission occasionnelle généralement associée au français. La situation est la même pour le portugais : 580 000 adultes l'ont reçu à titre habituel, contre 100 000 à titre occasionnel. Cependant, l'espagnol et l'italien, langues dont l'immigration est plus ancienne, voient augmenter la part de la transmission de «second rang». Enfin, la diversification des courants migratoires se traduit par l'apparition de nouvelles familles de langues, africaines ou asiatiques, dont le mode de transmission (presque toujours habituel) témoigne d'une installation récente : l'enfant les a généralement reçues de ses deux parents au pays d'origine, avant la migration. Le turc présente un autre exemple de cette situation similaire.

Figure 2 - Principales langues autres que le français reçues
dans l'enfance et retransmises à la génération suivante

D’ici quelques décennies, il est probable que beaucoup d'immigrants actuels feront aussi partie des «minorités historiques». Dans la mesure où quelques-uns de ces groupes auront conservé leur langue, il serait logique qu’ils bénéficient des mêmes droits linguistiques que les autres.

En attendant, la France semble connaître des difficultés à intégrer ses millions d'immigrants et enfants d'immigrants, souvent disséminés autour des banlieues des grandes villes. En réalité, la plupart d'entre eux sont établis en France depuis au moins deux générations. Ce sont maintenant des «Français», mais beaucoup de Français ne le savent pas! Pour bien des Français de souche, un bougnoule (un immigrant noir ou maghrébin) restera toujours un bougnoule, jamais un «vrai Français»! À la limite, on pourrait dire qu'un «un bon bougnoule est un bougnoule mort» sur le modèle connu du «seul bon Indien est un Indien mort», une phrase restée célèbre et attribuée au général américain Philip Henry Sheridan (1831-1888), qui ne l'a sans doute jamais prononcée. La France est aussi, proportionnellement à sa superficie et à sa population (61 millions), le plus important foyer musulman du monde occidental (avec cinq millions de musulmans). Plusieurs siècles de colonisation intensive à travers le monde n'ont pas encore banalisé la présence des «basanés» sur le sol français. En ce sens, le «modèle français» n'est pas forcément une réussite. Il est vrai, c'est nettement plus facile d'intégrer trois Papous, mais ce l'est moins quand il s'agit d'intégrer des millions de personnes, plus ou moins tous de la même sorte, plus ou moins dans les mêmes endroits. C'est un peu comme un sous-pays dans le pays! C'est possiblement un mélange explosif si la situation est mal gérée! C'est une expérience que les États-Unis connaissent fort bien: il n'est pas facile d'intégrer pour eux ces millions de Latinos qui ont la peau basanée, mangent des tacos, parlent l'espagnol et sont catholiques. 

Dernière mise à jour: 01 déc. 2005
 
 

La France

 
Généralités démolinguistiques
La politique à l'égard du français
La politique des langues régionales et minoritaires
La loi Toubon (ou loi du 4 août 1994, relative à l'emploi de la langue française)
Bibliographie

Rapport Poignant de 1998

La francophonie

Histoire de la langue française
 

 

L'Europe

 

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