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Collectivité
française
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(France)
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Wallis-et-Futuna est une collectivité d'outre-mer française (COM) située dans le Pacifique-Sud, soit dans la zone géographique de la Polynésie à l’est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et de l’Australie, plus précisément au nord des îles Fidji et Tonga, mais à l’ouest des îles Samoa (voir la carte 1). Le territoire de Wallis-et-Futuna est formé de deux archipels distincts (voir la carte 2): d’une part, l’île Wallis, appelée ‘Uvea par les insulaires (77,5 km²) et bordée d’une quinzaine d’îlots (81,5 km²), d’autre part, à 240 km au sud-ouest de Wallis, les îles Futuna (64 km²) et Alofi (51 km²) séparées l’une de l’autre par un chenal de 2 km (voir la carte 3); seules les îles Wallis/Uvea et Futuna sont habitées. Ce territoire français d’outre-mer est situé à 2100 km au nord-est de la Nouvelle-Calédonie et à 3200 km de la Polynésie française (voir la carte 1).
À
quelque 22 000 km de Paris, Wallis-et-Futuna représente sans nul doute le
territoire le plus éloigné de la Métropole. Il est à noter que Wallis-et-Futuna
constitue l’un des trois «territoires français» du Pacifique-Sud, avec la Polynésie
francaise et la Nouvelle-Calédonie. De plus, le territoire de
Wallis-et-Futuna fait partie d’un ensemble plus vaste couvrant une grande
partie du Pacifique et formant ce qu’on appelé le «triangle
polynésien» dont les sommets sont Hawaï au nord, l’île de Pâques au
sud-est et la Nouvelle-Zélande au sud-ouest.
Le
territoire de Wallis-et-Futuna ne comptait que
15 000 habitants en
2005, dont 67,3 % à
Wallis et 32,6 % à Futuna. La langue officielle est le français, mais les
insulaires d’origine parlent des langues polynésiennes. Ainsi, la population
de ce petit territoire n’est pas linguistiquement homogène puisqu’elle
forme deux groupes différents d’origine austronésienne: les Wallisiens et
les Futuniens. Sur le plan linguistique, Wallis et Futuna connaissent une
situation de bilinguisme: la langue maternelle de la quasi-totalité de la
population est le futunien à l’île Futuna et le wallisien à l’île
Wallis. Le wallisien compte près de 10 000 locuteurs, le futunien, presque 5000. On compte
quelque 400 Métropolitains (soit
2,7 %) dans les archipels de Wallis et de Futuna.
Le
futunien et le wallisien appartiennent au
groupe malayo-polynésien oriental
de la famille
austronésienne. Outre le wallisien et le futunien, ce sous-groupe (océanien)
comprend notamment le tonguien à Tonga, le samoan aux Samoa occidentales et
Samoa américaines, le tokelau à Tokelau, le tahitien le marquisien et le
tuamotu en Polynésie française, l’hawaïen à Hawaï, le maori en Nouvelle-Zélande,
etc. Les différences entre les deux langues polynésiennes du territoire sont
importantes au point où l’intercompréhension est difficile, bien qu’elles
aient, toutes deux, hérité du proto-polynésien la grande majorité de leur
vocabulaire.
Le
wallisien a subi l’influence du tongien, alors que le futunien est resté plus
proche du samoan. Néanmoins, d'une part, suite aux premiers contacts avec les
baleiniers et autres commerçants anglo-saxons, et à la présence de nombreux
"marines" américains (à Wallis seulement) pendant la Seconde Guerre
mondiale, et, d'autre part, suite à la christianisation à partir du XIXe
siècle, le wallisien et le futunien ont tous deux emprunté à l'anglais et au
latin d'église; à partir de 1961, les emprunts se sont surtout faits à partir
du français.
Enfin,
précisons que le wallisien et le futunien présentent tous deux des variantes
locales. À Futuna, il existe des variantes de parler, tant phonétiques que
lexicales entre le royaume de Sigave à l'ouest et le royaume d'Alo (voir
la carte 3) au sud-est. À Wallis, des variantes moins manifestes
existent aussi entre les trois districts de l'île: Hihifo au nord, Hahake au
centre et Mu’a au sud (voir
la carte 4). Cependant, il ne s’agit pas de différences majeures et
celles-ci ne nuisent pas à l’intercompréhension dans la même langue; elles
permettent surtout de déterminer l’appartenance à l’un des deux royaumes
de Futuna ou l’appartenance sociale à Wallis. Le wallisien, et dans une
moindre mesure, le futunien, présentent en outre un registre de langue noble,
qu'on utilise pour s'adresser aux rois ou aux ministres, ou encore au Dieu chrétien.
Enfin,
il faut mentionner l’importance de l’émigration pour ce territoire français.
Le gouvernement français a révélé que, depuis 1961, quelque 17 563 Wallisiens et
Futuniens se sont installés dans la région de Nouméa en Nouvelle-Calédonie,
principalement dans la région de Nouméa, mais aussi dans des zones
d’extraction minière. En somme, on compte davantage de Wallisiens et de
Futuniens hors du territoire (17 563) qu’à l’intérieur du territoire (14
166).
Le
peuplement dans cette partie de l'Océanie commença quelque 1500 ans avant
notre ère. Auparavant, à partir d'abord de l'Asie du sud-est, des populations
avaient peuplé la Nouvelle-Guinée, le Vanuatu et la Nouvelle-Calédonie. Le
peuplement s'est ensuite poursuivi vers l'est avec les îles Fidji, Wallis,
Futuna, Tonga et les Samoa. Des fouilles archéologiques ont mis au jour des
sites wallisiens datant de 1400 avant notre ère et des sites futuniens datant
de 800 ans avant notre ère. On sait aussi que des Tongiens, habitants du
royaume de Tonga, colonisèrent plusieurs archipels de la région, dont Wallis,
vers le XVe siècle. À Futuna, c'est une migration d'origine samoane qui exerça
une forte influence sur l'île. Le système de “chefferies à titres”
toujours en vigueur aujourd'hui serait d'origine tongienne.
3.1 Les
Hollandais
La
première présence européenne se manifesta le 28 avril 1616 alors que les
Hollandais Jacob Le Maire et William Cornélius Schouten découvrirent Futuna et
Alofi qu'ils appellèrent îles Horn, du nom de leur ville natale, qu'ils
ont aussi donné au cap Horn. Mais l’île Futuna ne servit que de lieu de
ravitaillement et les Hollandais ne s’y installèrent pas.
3.2 Les
Anglais
En
juin 1767, la frégate du navigateur anglais Samuel Wallis aborda le rivage de
l’île de Tahiti en Polynésie; le capitaine Wallis en prit possession au nom
du roi d’Angleterre. Le 16 août de la même année, le navigateur anglais
passa une journée à l’île d’Uvéa qui fut alors baptisée Wallis
par ses officiers. Mais son passage se limita à quelques échanges de vivres et
la découverte du capitaine Wallis ne connut pas de suite.
3.3 Les
Français
L'influence
européenne se fit sentir plus nettement en novembre 1837 avec l'implantation
de missions catholiques françaises. Les archipels de Wallis et de Futuna
furent rapidement convertis au christianisme par les pères maristes. Le père
Chanel, l'un des fondateurs de la Mission de Futuna, fut assassiné le 28
avril 1841, ce qui entraîna des conflits entre les royaumes. Dès le 5 avril
1842, les autorités coutumières firent une première demande de protectorat
à la France; quelques mois plus tard, les royaumes d'Alo et de Sigave
(Futuna) firent de même. Cette demande ne fut ratifiée qu'en 1887, sous le règne,
à Wallis, de la reine Amélia. Le traité signé consolidait les positions
françaises dans le Pacifique, tout en assurant la protection des Wallisiens
et des Futuniens en cas de conflit. Cependant, Wallis et Futuna restaient
rattachées administrativement à la Nouvelle-Calédonie. Le statut de
protectorat fut remanié en mai 1910 et ratifié à nouveau en novembre de la
même année. Ce n'est qu'en 1931 que Wallis-et-Futuna connut sa première
liaison maritime avec la Nouvelle-Calédonie ainsi que l'introduction du franc
français dans l'économie.
Pendant
la Seconde Guerre mondiale, en juin 1942, l’île Wallis fut utilisée comme
base aérienne stratégique par les États-Unis. Les Américains créèrent,
le 28 mai 1942, la base «Navy 207»: ce furent 6000 soldats qui
s'installèrent à Wallis et dotèrent l'île d'infrastructures modernes.
Puis,
le 27 décembre 1959, les insulaires de Wallis et de Futuna choisirent le
statut de territoire français d'outre-mer (TOM). Cette décision fut
prise par une très large majorité dans le cadre d'un référendum avec une réponse
positive de 94,3 % des suffrages exprimés. Le référendum a été confirmé
juridiquement un an et demi plus tard par la loi n°
61-814 du 29 juillet 1961 conférant aux îles Wallis et Futuna le statut de
territoire d'outre-mer. Puis, le décret no 62.288 du 14 mars 1962 fixa les
attributions du Conseil territorial des îles. Enfin, la loi no
73.549 du 28 juin 1973 modifia l'article 12 de la loi no
61.814 du 29 juillet 1961. Dans tous ces documents juridiques, aucune
disposition n'a été prévue au sujet de la langue. En fait, le territoire
de Wallis-et-Futuna, en tant que territoire français d'outre-mer, dépend de
la Constitution française et des lois françaises, avec quelques ajustements
liés au droit coutumier local (les chefferies).
Contrairement
aux deux autres territoires français du Pacifique, la Nouvelle-Calédonie et
la Polynésie française, les deux îles de Wallis et Futuna semblent ne connaître
aucun mouvement autonomiste. Les Wallisiens et les Futuniens ont conservé
leurs traditions polynésiennes. C'est le Lavelua,
le roi de Wallis, qui veille sur la coutume, avec sa “grande chefferie”,
ainsi que les deux souverains de Sigave et d’Alo (île de Futuna). Dans ce
territoire français d’un autre monde, l'Église et la monarchie se
partagent le pouvoir: la coutume des clans et les conflits familiaux
supplantent aisément les usages politiques de la Métropole. De plus, la
petite aristocratie locale bloque toute réelle modernisation, mais elle
profite largement des subventions métropolitaines, qui sont considérables et
impossibles à chiffrer avec précision.
Étant
donné que le territoire de Wallis-et-Futuna fait partie de la France, la
politique linguistique qui y est appliquée tient compte de cette réalité
juridique incontournable. Ainsi, en vertu de l’article 2 de la Constitution,
le français demeure la langue officielle de ce territoire: «La langue de la République
est le français.» Comme dans les départements d’outre-mer (DOM) et les
autres territoires d’outre-mer (TOM), tous les textes nationaux de la République
y sont applicables, mais certaines adaptations ont été prévues par la loi n°
61-814 du 29 juillet 1961 conférant aux îles Wallis et Futuna le statut de
territoire d'outre-mer. Cependant, aucune disposition particulière n’est prévue
en matière linguistique.
4.1 L’Administration
Tout
le système politique, administratif et judiciaire de Wallis-et-Futuna
fonctionne en français. Le territoire est représenté au Parlement français
par un sénateur, un député et par un conseiller au Conseil économique et
social. Depuis 1987, l'administrateur supérieur du territoire a le rang de préfet.
Il préside le Conseil territorial composé des trois chefs traditionnels,
c'est-à-dire les rois de Wallis-et-Futuna: le Lavelua (roi de Wallis),
le Tui Agaifo (roi d'Alo) et le Keletaona (roi de Sigave),
membres de droit, et de trois membres nommés par l'administrateur supérieur
du territoire. Ce sont, en quelque sorte, les derniers rois de France.
De
plus, le territoire est doté d’une Assemblée territoriale qui comprend 20
conseillers (13 pour Wallis et sept pour Futuna) et est élue pour cinq ans au
suffrage universel. Le chef-lieu de Wallis est Mata-Utu et celui de Futuna est
Leava. Le territoire est partagé
en trois circonscriptions: Uvéa (à Wallis), Alo (à Futuna), Mata’utu (à
Wallis) et Sigave (à Futuna), dont l'organisation administrative intègre les
institutions coutumières. Les conseils coutumiers se déroulent, selon le
cas, en wallisien ou en futunien. Lors des rencontres officiels entre chefs
coutumiers et délégués ou fonctionnaires français, un interprète assure
la traduction. Bien que le français soit la langue
administrative, le wallisien et le futunien sont utilisés dans les
communications orales entre les représentants d’une même ethnie.
4.2 L’éducation
Dans
le domaine de l’éducation, le français occupe évidemment la première
place et le système est placé
sous l'autorité d'un vice-recteur. L'enseignement
primaire
public,
entièrement en français, est concédé à la Mission catholique qui
accueille plus de 5200 enfants. Toutefois, la Direction de l'enseignement
catholique (DEC), qui a en charge l'enseignement des premiers cycles, a fait
depuis quelques années une analyse des besoins en vue de créer des classes
d'accueil en langue vernaculaire à l'école maternelle. Devant la réaction
favorable des parents, quelques classes pilotes ont commencé à fonctionner
à Wallis et à Futuna; mais ce ne sont encore que des expériences bien
timides, puisqu'elles ne concernent que l'enseignement à l'école maternelle.
En
1995, quelque 2142 élèves étaient scolarisés au
secondaire.
L'enseignement du second degré, de statut entièrement public, présente la
particularité de dispenser un cours d’une heure par semaine en langue
wallisienne ou en langue futunienne afin de tenir compte du particularisme
local. Les enfants scolarisés vont en classe jusqu'à 14 ans dans près de
100 % des cas et la scolarisation élémentaire est assurée à 90 %.
Toutefois, le taux de scolarisation à la fin du secondaire s'élève à 40 %
de la population scolaire. Il existe sur le territoire un lycée, plusieurs
collèges qui dispensent un enseignement général, technologique et
professionnel, ainsi que le CETAD (Centre d'enseignement technique adapté au
développement). Hormis l’heure hebdomadaire facultative allouée au
wallisien et au futunien, l’enseignement ne se donne qu’en français.
Il faut ajouter également une loi plus récente adoptée par l’Assemblée nationale française: la Loi d'orientation pour l'outre-mer (ou loi 2000-1207 du 13 décembre 2000) entrée en vigueur le 14 décembre 2000. Ce sont les articles 33 et 34 de cette loi qui concernent tous les DOM-TOM. À l’article 33, on apprend que «l’État et les collectivités locales encouragent le respect, la protection et le maintien des connaissances, innovations et pratiques des communautés autochtones et locales fondées sur leurs modes de vie traditionnels et qui contribuent à la conservation du milieu naturel et l'usage durable de la diversité biologique» et qu’à l’article 34 que «les langues régionales en usage dans les départements d'outre-mer font partie du patrimoine linguistique de la Nation» et qu’elles «bénéficient du renforcement des politiques en faveur des langues régionales afin d'en faciliter l'usage». D’après la Loi d’orientation d’outre-mer, la loi no 51-46 du 11 janvier 1951 relative à l'enseignement des langues et dialectes locaux leur est applicable.
N’oublions
pas tout de même que le système actuel, tel qu’il est appliqué dans le
territoire, passe sous silence les
difficultés pédagogiques
qu’entraînent l’enseignement quasi exclusif de la langue française et
l’importation du moule pédagogique métropolitain. La quasi-totalité des
élèves n’étant pas d’origine francophone, de sérieux problèmes
d’apprentissage surgissent, vu que les méthodes pédagogiques sont peu
appropriées à des élèves dont le français constitue une langue seconde.
Comme dans les autres DOM-TOM, la question des manuels scolaires cause également
des problèmes d’intégration socioculturelle. Le territoire de
Wallis-et-Futuna vit une situation de dépendance quasi exclusive de la
France, non seulement pour ce qui concerne son système éducatif, mais aussi
pour son approvisionnement en manuels et autres documents pédagogiques. Tous
les enfants d’origine non européenne — la quasi-totalité — évoluent
dans un milieu naturel et humain tout à fait différent de celui qui est représenté
dans les manuels de classe européens et la plupart d’entre eux se perçoivent
facilement comme étrangers dans leur propre pays. Cette situation a favorisé
un fort taux d’analphabétisme et d’illettrisme, ce qu’on peut considérer
comme une honte pour un territoire français.
4.3 Les
médias
Du
côté des médias, le français règne encore en maître, mais le bilinguisme
et le trilinguisme sont tout de même assez fréquents. Depuis 1995, il existait
un hebdomadaire trilingue (français + wallisien + futunien) d'information
nommé Te Fenua Fo’ou (TFF), mais il a cessé ses publications en
2002. En Nouvelle-Calédonie, le quotidien de
Nouméa, Les Nouvelles calédoniennes, fait paraître en raison de deux
à trois fois par semaine quelques articles en français sur le territoire,
essentiellement pour de l'information destinée à l'importante colonie
wallisienne et futunienne résidant en Nouvelle-Calédonie (plus de 17 000
personnes).
Le service public de la radiotélévision est assuré par RFO (Société nationale de radio et télévision pour l'outre-mer) qui diffuse sur un seul canal. RFO retransmet en français des programmes de TF1, France 2, France 3, et la Cinquième en direct ou en différé: ce sont des reprises des journaux télévisés, des jeux, des feuilletons, ainsi que des films diffusés par les grandes chaînes nationales. Wallis-et-Futuna produit quotidiennement un journal télévisé en français et en wallisien à Wallis, en français et en futunien à Futuna. Celui-ci est diffusé en wallisien le samedi et résume l'actualité de la semaine; appelé Talalogo (qui signifie «nouvelles» en wallisien), c’est le premier magazine audiovisuel dans l'histoire de la télévision wallisienne; les danses et coutumes des deux îles font également l'objet de plusieurs magazines télévisée. RFO-Radio émet quotidiennement un programme local trilingue (de dix minutes chacun): en français, en wallisien et en futunien. En temps de crise (cf. une crise politique ou un cyclone, l'information est essentiellement diffusée en wallisien, d'où le mécontentement des Métropolitains sur place). Le Webzine www.uvea-mo-futuna.com offre depuis 2001 des informations en wallisien et en français et, dans la mesure du possible, pour les nouvelles de Futuna en futunien. La priorité est donnée aux langues vernaculaires. Le réseau, qui comprend à la fois un groupe de discussion, un magazine en ligne et un forum (http://www.uvea-mo-futuna.com/article.php3?id_article=764), a pour objectif principal la promotion et la sauvegarde des langues wallisienne et futunienne sur Internet.
Conformément aux articles 19 et 29 du décret no 93-535 du 27 mars 1993 portant approbation du cahier des missions et des charges de la Société nationale de radiodiffusion et de télévision française pour l'outre-mer, RFO peut en effet diffuser en wallisien et en futunien:
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Article 19 La Société contribue à l'expression des principales langues régionales parlées dans chaque département, territoire ou collectivité territoriale. Article 29 1) La Société veille à illustrer toutes les formes d'expression de la musique en ouvrant largement ses programmes aux retransmissions de spectacles vivants. 2) Dans ses programmes de variétés pris dans leur ensemble, la Société donne une place majoritaire à la chanson d'expression française ou régionale et s'attache à promouvoir les nouveaux talents. 3) Elle s'efforce de diversifier l'origine des oeuvres étrangères diffusées. |
Télé Wallis-et-Futuna utilise à la fois le français, le
wallisien et futunien, afin de répondre aux besoins locaux. L'émission «Talalogo» diffuse quotidiennement à 19 h 15
un journal local de quinze 15
minutes, présenté en langue wallisienne; «Lea ote Temi» ("Parole d’aujourd’hui")
est une émission de trente minutes
diffusée tous les mercredis à 20 heures; en fonction de l’invité, cette émission est diffusée soit en français soit
en wallisien; «Temi ote Agaifenua» ("La minute de la Chefferie") est diffusé
durant trente minutes tous les vendredis à 20
heures; cette émission est
présentée en wallisien ou en futunien.
À la radio, Radio Wallis-et-Futuna présente des émissions en futunien,
alors que Radio-Matin s’intéresse au troisième âge et traite du vocabulaire et de
l’emploi de la langue wallisienne par les aînés, en wallisien uniquement.
Tous les jours, des émissions sont offertes en wallisien et en futunien. Une
émission religieuse est animée par un prêtre, en français et
en wallisien ou en futunien durant une
heure. Le mercredi, «Parole aux enfants» est présenté aux jeunes pour
approfondir leur expression orale, en français ou en wallisien.
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Tout
compte fait, la politique linguistique du gouvernement français consiste
simplement à ignorer les langues locales, le wallisien et le futunien, dans le
cadre de l’administration de l’État et de l’éducation institutionnalisée.
Cette pratique est relativement similaire à celle de bien des pays où la
langue coloniale a supplanté les langues locales. À cet égard, la France
n’a pas fait pire que la Grande-Bretagne et les États-Unis. Les Wallisiens et
les Futuniens vivent dans un environnement culturel et linguistique où leur
langue et le français ne sont guère en concurrence, le wallisien et le
futunien servant aux communications informelles, le français pour les
communications officielles; quant à l’anglais, c’est la langue des pays
voisins.
Cependant, puisque la France vient de signer (mais n’a toujours pas ratifié) la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, la politique linguistique pratiquée à Wallis-et-Futuna devrait être profondément révisée. Sur le plan de l’éducation et de l’administration, la France pourrait laisser une place plus significative à l’utilisation et à l’enseignement des langues locales. C’est avant tout une question de reconnaissance d’une identité pour ces insulaires, sinon le situation actuelle pourrait hypothéquer leur développement socioculturel et économique.
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Bibliographie
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France
(État)
DOM-TOM
(France)