|
République
socialiste du Vietnam |
Vietnam
(Viêt-nam) |
Capitale:
Hanoi
Population: 82 millions (2003)
Langue officielle: vietnamien
Groupe majoritaire: vietnamien (85 %)
Groupes minoritaires: une cinquantaine de langues dont le khmer,
le cham, le thaï, le hmong, etc.
Système politique: république socialiste
Articles constitutionnels (langue): art. 5, 94, 96 et 133 de la
Constitution de 1992
Lois linguistiques:
Loi sur l'éducation (15/01/1999);
Arrêté no 11/2006/N-CP du 18 janvier
2006 du gouvernement vietnamien sur la diffusion des activités culturelles et le
service concernant le domaine culturel public et informationnel.
|
1 Situation
géographique
 |
Cet État du Sud-Est asiatique
— le Viêt-nam (en vietnamien) — de 335 000 km² (11
fois la Belgique) s’étire comme un immense S (ou un dragon?) sur 1500
km entre, à l’est, la mer de Chine méridionale et, à l’ouest, le
Laos (1650 km de frontière commune) et le Cambodge (930 km de frontière);
au nord, le pays partage une frontière de 1159 km avec la Chine (voir
la carte). Contrefort oriental de la péninsule indochinoise, le
Vietnam (ou Viêt Nam) présente un relief très contrasté,
où montagnes et collines occupent les deux tiers du territoire. On
distingue traditionnellement trois grandes régions appelées Bô:
le Bac Bô (ou Tonkin), le Nam Bô (ou Cochinchine) et le
Trung Bô (ou Annam). |
1)
Le Tonkin est situé au nord du
Vietnam (le Bac Bô), avec deux grandes villes importantes, Hanoi (la
capitale du pays) et Haiphong. Ces deux villes sont les centres industriels les
plus importants du Vietnam
(voir
la carte).
2)
Au sud, on trouve la Cochinchine
(le Nam
Bô), ainsi que
la métropole de Hô-Chí-Minh-Ville (anciennement Saigon).
Voir
la carte.
3)
L’Annam, ou centre
du Vietnam (le Trung Bô), désigne une région constituée de longs
chapelets de petites plaines: la cordillère Annamitique (voir
la carte). La longue plaine littorale est adossée à la cordillère
Annamitique et relie le delta du fleuve Rouge (Tonkin), au nord, à celui du Mékong
(Cochinchine) au sud. L'Annam a pour villes principales Huê et Da Nang
(anciennement Tourane). Le nom d’An Nam a longtemps désigné pour les
étrangers, notamment les Chinois, le Vietnam dans son entier.
En réalité, ces trois grandes régions (ou Bô) comptent au total
sept régions administratives (voir les cartes
administratives):
- la Région du Nord-Est (Mien Nui Va Trung Du);
- le Delta
du fleuve Rouge (Dong Bang Song Hong);
- la Région du Centre-Nord ou Centre septentrional (Khu Bon Cu);
- la Région littorale du Centre (Duyen Hai Mien Trung);
- la Région des hauts-plateaux du Centre (Thai Nguyen);
- la Région du Nam Bo oriental (Dong Nam Bo);
- le Delta du Mékong (Dong Bang Song Cuu Long).
Ces régions administratives
sont subdivisées en 53 provinces (ou tinh), mais Hanoi,
Haiphong, Hô-Chí-Minh-Ville et Da Nang forment quatre districts particuliers (thanh
phô) qui dépendent directement du gouvernement central.
LE NORD DU VIETNAM
Région du Nord-Ouest (Son La; Lai Chau;
Dien Bien; Hoa Binh) et du Nord-Est: Ha
Giang; Cao Bang; Lao Cai; Bac Kan; Lang Son; Tuyen Quang; Yen Bai; Thai
Nguyen; Phu Tho; Vinh Phuc; Bac Giang; Bac Ninh; Quang Ninh
Région du delta du fleuve Rouge: Hanoi;
Hai Phong; Ha Tay; Hai Duong; Hung Yen; Ha Nam; Nam Dinh; Thai Binh; Ninh
Binh
LE CENTRE DU VIETNAM
Région du Centre septentrional:Thanh Hoa;
Nghe An; Ha Tinh; Quang Binh;Quang Tri; Thua Thien Hue
Région du centre méridional: Da Nang;
Quang Nam; Quang Ngai; Binh Dinh; Phu Yen; Khanh Hoa
Région des hauts-plateaux du Centre: Kon
Tum; Gia Lai; Dak Lak; Dak Nong.
LE SUD DU VIETNAM
Région du Sud oriental: Hô Chi Minh -
Ville; Lam Dong; Ninh Thuan; Binh Phuoc; Tay Ninh; Binh Duong; Dong Nai;
Binh Thuan; Ba Ria Vung Tau
Région du delta du Mékong: An Giang;
Long An; Dong Thap; Tien Giang; Vinh Long; Ben Tre; Kien Giang; Can Tho; Hau
Giang;Tra Vinh; Soc Trang; Bac Lieu; Ca Mau
La plupart des
centres urbains sont situés dans le sud du Vietnam. De toutes les grandes
villes, seule la capitale, Hanoi, n'est pas située sur le littoral. Les grandes
villes demeurent, en plus de Hanoi les suivantes: Hô-Chí-Minh-Ville, Haiphong et Da Nang, près de
l'ancienne cité impériale de Huê. La ville de Hanoi constitue la capitale
administrative, et Hô-Chí-Minh-Ville, la capitale économique et commerciale;
dans l’Annam, Huê, l’ancienne ville impériale de la dynastie des Nguyên,
reste le foyer intellectuel et artistique du pays.
2
Données démolinguistiques
La population du Vietnam était estimée en 2003 à plus de
82 millions d'habitants. Si l'on fait exception de la région du
Haut-Plateau du Centre (avec 4,3 millions) et
la Région littorale du Centre (8,6 millions), toutes les
régions comptent au moins dix millions d'habitants.
|
Région
administrative |
Population 2003 |
Superficie |
Dong Bang Song Cuu Long
(Delta du Mékong) |
17 260 600
|
39 554 km2
|
Dong Bang Song Hong
(Delta du fleuve Rouge) |
15 834 100
|
12 521 km2
|
Dong Nam Bo
(Région du Nam Bo oriental) |
10 872 500
|
23 463 km2
|
Duyen Hai Mien Trung
(Région littorale du Centre) |
8 642 400 |
45 238 km2
|
Khu Bon Cu
(Région du Centre septentrional) |
10 706 400
|
51 232 km2
|
Mien Nui Va Trung Du
(Région du Nord-Est) |
14 002 400
|
104 801 km2
|
Thai Nguyen
(Haut-Plateau du Centre) |
4 342 100 |
55 569 km2
|
Vietnam
(Total) |
81 660 400
|
332 378 km2
|
2.1 Les
Viet et leur langue
L’ethnie principale est constituée par
les Viet (85 %
de la population), appelés aussi Kinh.
Les Viet parlent le vietnamien, une langue appartenant à la
famille
austro-asiatique et présentant de nombreux points communs avec le thaï (les
tons) et le
khmer (le vocabulaire), tout en ayant intégré des milliers de mots chinois. Sous sa forme orale,
le vietnamien présente des différences importantes d’accent et de vocabulaire
entre le Nord, le Centre et le Sud. Ainsi, on distingue le parler du Nord autour
d'Hanoï, la capitale; le parler du Centre autour d'Huê, l'ancienne capitale
impériale; le parler du Sud autour de Saigon devenue aujourd'hui Hi Chi
Minh-Ville. Bien que l’intercompréhension entre les trois variantes demeure
relativement aisée, il subsiste certaines difficultés entre le Nord et le Sud,
notamment en ce qui a trait au vocabulaire scientifique. Après la partition du
Vietnam de 1955, le Nord fut soumis à l'influence communiste et s'est montré
plus réfractaire aux mots étrangers, alors que le Sud, d'allégeance américaine,
fut américanisée. Il est résultat des emprunts massifs aux termes
sino-vietnamiens au nord, des emprunts massifs à l'anglais au sud.
Le Vietnam faisait partie d'un royaume vassal
de la Chine, quelque deux siècles avant notre ère. C'est à ce
moment que la langue vietnamienne a émergé. L'occupation
chinoise allait durer mille ans, avec ce que cela implique au
point de vue linguistique. Le vietnamien a donc subi des
influences très importantes de la part du chinois, mais
également des langues thaïes. Le vietnamien a évolué pour
devenir une langue tonale et monosyllabique. Les Vietnamiens ont utilisé les
caractères chinois jusqu’au jusqu'au XIIIe siècle. Tout comme pour le chinois, les mots vietnamiens
contenaient deux symboles: le premier indiquait la signification et le second la
prononciation. Puis, les Vietnamiens ont inventé leur propre système
d'écriture: le Chu-nôm.
Le grand
inconvénient de cette écriture, c'est qu'elle impliquait aussi la
connaissance du chinois. Mais ce système avait l'avantage de maintenir la
tradition historique et culturelle avec le chinois.
Ce n'est qu'au XVIIe
siècle que, Alexandre de Rhodes (1591‑1660), un jésuite français
de nationalité portugaise, introduisit l'alphabet phonétique
romanisé toujours en vigueur
actuellement: le quôc ngu, mot
désignant à la fois cette écriture en alphabet latin et la
langue vietnamienne. C'est ce jésuite qui, le premier, a classé les
phonèmes de la langue vietnamienne. Par ses publications, il a systématisé, perfectionné
et vulgarisé le nouveau mode d'écriture. Le premier dictionnaire vietnamien
utilisant cette écriture fut le Dictionarium Annamiticumm
Lusitanum et Latinum d'Alexandre de Rhodes, imprimé à Rome
en 1651. L'Administration coloniale française était très
favorable au quôc ngu, parce qu'elle y voyait une étape
vers l'apprentissage de l'écriture et de la langue française.
Elle considérait aussi le vietnamien comme un «patois» déchu par
quatorze siècles de colonisation chinoise. Toutefois, le nouvel alphabet
romanisé s'est implanté difficilement pour toutes sortes de raisons, dont
des raisons politiques et idéologiques. Il a fini par s'imposer,
mais seulement après la Seconde Guerre mondiale. C'est après
l'indépendance que le gouvernement vietnamien a décidé
d'alphabétiser les masses avec l'écriture quôc ngu, jugée
plus facile que l'ancienne écriture nôm.
Le vietnamien est
une langue tonale (au nombre de six), dotée aujourd'hui d’un alphabet latin. Ces
six tons sont représentés par les accents
suivants :
|

|
= haut-montant; par exemple, Maù (une
joue)
|
|

|
= bas-descendant, par exemple, Maø
(mais, qui, lequel)
|
|

|
= descendant-remontant, glottal; par exemple, Maû
(tombe)
|
|

|
= haut-montant, brisé; par exemple, Maõ
(cheval)
|
|

|
= bas-descendant bref, glottal; par exemple, Maï
(jeune pousse de riz)
|
|
S.O.
|
= sans accent, ton moyen
|
|
A Á À Ả Ã Ạ
Ă Ắ Ằ Ẳ Ẵ Ặ
 Ấ Ầ Ẩ Ẫ Ậ
E É È Ẻ Ẽ Ẹ
Ê Ế Ề Ể Ễ Ệ
I Í Ì Ỉ Ĩ Ị
O Ó Ò Ỏ Õ Ọ
Ơ Ớ Ờ Ở Ỡ Ợ
Ô Ố Ồ Ổ Ỗ Ộ
U Ú Ù Ủ Ũ Ụ
Ư Ứ Ừ Ử Ữ Ự
Y Ý Ỳ Ỷ Ỹ Ỵ |
|
EXEMPLE d'enseigne:

Enseigne du temple
bouddhiste Phat Duong Linh
Son
L'alphabet vietnamien n'a pas de lettre
f (remplacée par le graphème
Ph équivalant au son [f]) ni de
z (remplacé par le graphème
Gi
équivalant au son [z]). De plus,
afin de tenir compte des tons, les lettres peuvent porter des signes
diacritiques différents (voir l'illustration de gauche).
Le vietnamien
d'aujourd'hui peut
encore s'écrire à l'aide de caractères chinois (le chu
nôm) dans des occasions spéciales ou comme forme d’art, mais la
graphie romanisée, le quôc ngu, est devenue l'écriture
officielle du pays. Malgré une
influence chinoise omniprésente, le Vietnam demeure le seul pays du
Sud-Est asiatique à posséder une écriture romanisée.
Cette alphabétisation du vietnamien a
malheureusement contribué à couper la langue de son héritage culturel et
historique. À l'exception d'une poignée d'intellectuels, plus personne
ne connaît aujourd'hui l'écriture qui a été utilisée durant de nombreux
siècles. Les Vietnamiens ont été coupés de leur histoire, de leur
culture et de leur littérature. Plus aucun Vietnamien ne peut lire
aujourd'hui la version originale des œuvres littéraires des siècles
passés, ni les innombrables inscriptions qui ornent les pagodes, les
temples et les sanctuaires dans les villes et villages du pays. Plus
personne ne peut lire les poètes que le pays a produits, ni les annales
impériales qui racontent l'histoire du Vietnam. Personne ne peut
vérifier ce qu'affirment les historiens contemporains sur l'histoire du
pays. Le passé n'est intelligible que par des spécialistes, dont les
intellectuels chinois eux-mêmes.
Néanmoins, l'alphabet romanisé a permis
d'alphabétiser des masses considérables de citoyens en un temps record,
d'enregistrer des pans entiers de la culture populaire et de la langue
parlée, et de tisser un lien entre les classes cultivées, qui ont entamé
la révolution, et les classes rurales. Bref, l'alphabet romanisé a
contribué à unifier la société vietnamienne pour une plus grande
cohésion nationale. |
Ajoutons quelques mots sur les noms de famille
vietnamiens. Tout étranger est quelque peu surpris de la fréquence de certains
noms, tels Nguyen, Tran, Phan, Lê, Pham, Dô, Vu, Dang, etc. La plupart de ces
noms sont d'origine chinoise et ils sont été imposés par les Chinois au début du
premier millénaire afin de faciliter l'administration locale. Les Nguyen forment
près de 50 % des noms de famille du Vietnam, Nguyen étant le nom de la dernière
dynastie impériale vietnamienne, qui a compté 13 souverains, de 1802 à 1945.
2.2 Un pays multi-ethnique
Le Vietnam constitue, contrairement à une croyance
assez répandue, une nation multi-ethnique et multiconfessionnelle, dans laquelle on
inventorie quelque 75 ethnies. On trouve ainsi au Vietnam un éventail unique de
langues et de peuples en Asie du Sud-Est. Les minorités ne représentent que 15 %
de la population du pays, mais leur proportion moyenne s'élève à 30 % et à 40 %
dans les montagnes du Nord et à plus de 80 % dans les provinces de Cao-Bang,
Hà-Giang, Lang-Sob, Lai-Châu et Son-La. De plus, quatre groupes dépassent le
million d'individus (Thaï, Tày, Muong et Khmers) et treize oscillent entre 100
000 et 900 000, mais trente-six groupes comptent moins de 100 000 membres. IL
faut aussi se rendre compte que les minorités occupent une superficie
considérable du Vietnam, soit 200 000 km² sur un total de 335 000 km², ce qui
correspond aux deux tiers du pays. Alors que les Viet occupent le littoral, les
minorités contrôlent les montagnes du Nord et toute la frontière ouest du pays.
Dès que l'on quitte les villes du littoral, les deltas et les plaines, ce sont
les minorités qu'on rencontre partout, avec leurs langues, leurs coutumes, leurs
cultures, etc. Par ailleurs, la présence des nombreuses minorités permet au
Vietnam une ouverture à l'Asie du Sud-Est parce que ces populations favorisent
les contacts avec tous les pays voisins. En effet, les différentes ethnies sont
composées de populations qui enjambent les frontières, ce qui n'est pas le cas
des Viet, pratiquement tous concentrés au Vietnam. Ce qui relie le pays à
l'extérieur, c'est justement la présence de dix millions de minoritaires
constituant un échantillon parfait de l'ensemble des groupes ethniques qui
existent ailleurs en Asie du Sud-Est, soit entre le sud de la Chine et le nord
de l'Inde, ce qui inclut le Laos, le Cambodge, la Thaïlande et la Birmanie. Pour
toutes ces considérations, on ne peut qualifier les minorités du Vietnam de
«négligeables» ou de «peu d'importance». D'ailleurs, même le gouvernement
vietnamien commence à se rendre compte de la richesse ethnolinguistique de ces
minorités à l'intérieur de ses frontières. Grâce aux minorités, le Vietnam peut
échapper au monopole de la monoculture ethnique et accéder à une dimension
régionale dans cette partie du monde. Il n'est guère surprenant que la
carte ethnolinguistique du Vietnam soit relativement complexe.
Toutes les ethnies du Vietnam parlent l’une des
cinq familles linguistiques qui suivent : la
famille
austro-asiatique, la famille sino-tibétaine,
la famille thaï-kadai, la
famille hmong-mien et la
famille austronésienne. C'est donc dire que le Vietnam possède un riche
patrimoine linguistique. On peut résumer la situation en disant que les langues
du Vietnam appartiennent à huit grands groupes ethniques différents.
- le groupe des Viets-Muongs : Chut,
Kinh, Muong, Tho;
- le groupe des Thaïs : Bo Y, Giay, Lao, Lu, Nung, San Chay, Tay, Thaï;
- le groupe des Môn-Khmers : Ba Na, Brau, Bru-Van Kieu, Cho-ro, Co, Co-ho,
Co-tu, Gie-trieng, Hre, Khang, Khmer, Kho mu, Ma, Mang, M'Nong, O-du, Ro-mam,
Ta-Oi, Xinh-mun, Xo-Ðang, Xtieng;
- le groupe des Hmong-Dao : Dao, Mong (H'Mong), Pa Then;
- le groupe des Kadai : Co lao , La-chi, La ha, Pu Peo;
- le groupe des Autronésiens : Cham, Churu, Ede, Giarai, Raglai;
- Le groupe des Chinois han : Hoa, Ngai, San diu;
- Le groupe des Tibéto-Birmans : Cong, Ha Nhi, La Hu, Lo Lo, Phu La, Si La.
2.3 Les minorités linguistiques
Les minorités sont pour la plupart localisées dans le Nord-Ouest, sur le massif montagneux à la frontière de la Chine et du Laos
(Tonkin) ou encore dans les hauts plateaux du Centre (Annam) du sud
(Cochinchine). Après avoir farouchement résisté aux envahisseurs étrangers,
ces peuples ont tous conservé leur langue particulière et développé leur identité
culturelle. Dans le Nord où la montagne domine, les communications difficiles
ont fait perdurer les langues minoritaires qui sont aujourd’hui
grandement utilisées.
La vie est pourtant difficile dans ces montagnes où l'agriculture de substance n'a guère
changé depuis des siècles.
Par ailleurs, plus on monte vers le nord du pays, moins la
langue vietnamienne est utilisée. La communauté khmère
(ou Cambodgiens) compte plus de 1,1 million de locuteurs qui vivent en majorité
dans la région du
Delta du Mékong
(provinces de Trà Vinh et Soc Trang, mais aussi Bac Liêu, Cà Mau, Hâu Giang, Cân
Tho, An Giang et Kiên Giang). Dans la Région
du Nord-Est (provinces de Son La et de Lai Chau),
où les Thaïs ont longtemps exercé un grand pouvoir politique, la langue
dominante reste encore le thaï et ses
variétés linguistiques; c’est cette langue qui sert de langue
commune à tous les groupes linguistiques. Encore plus au nord, c’est le
chinois
qui prédomine par rapport au vietnamien, bien qu’il soit en régression
depuis quelques années. Après des années de relations difficiles, le
gouvernement vietnamien a commencé à considérer les minorités ethniques comme
une «pâture pour touristes» (ou «pièges à touristes») et se sert de leurs
villages, de leurs costumes traditionnels et de leur musique pour faire la
«promotion» du Vietnam. Le visiteur éventuel doit faire preuve d'une certaine
«réserve» lorsqu'il s'aventure dans ces communautés. Dans les grandes villes telles que Hanoi et Hô-Chí-Minh-Ville,
l’anglais prend de plus en plus d’importance dans le monde des affaires, et
ce, malgré les efforts du gouvernement d’y introduire ou y réintroduire le français.
Le tableau qui suit présente les
différents groupes ethniques du Vietnam, ainsi que leur langue maternelle, leur
affiliation linguistique et leur population:
 |
Parmi les ethnies minoritaires parlant une langue de la
famille
austro-asiatique, mentionnons une quinzaine de peuples, résidant
souvent le long de la frontière laotienne, dont les Khmers
(8,0 millions), les Bahnars
(137 000), les Muongs (126 000), les
Hre (100 000), les
Kohoi (100 000), les Mnongs du Centre
(71 000), 97 000),
les Mnongs du Sud (64 263), les
Khmous (56 000, les
Brou de l'Est (50 000), les Mnongs de
l'Est (48 000), les Stiengs (48
000), les Maa ((40 000), les
Sedang (40 000, etc. Tous ces peuples sont de véritables
autochtones et ils étaient là avant tous les autres groupes qui, pour la grande
majorité d’entre eux sont descendus du sud de la Chine. La langue des Muongs au
nord est très proche du vietnamien, mais aujourd'hui la langue est plus
influencée par le thaï.
Au nord du Vietnam, le long de la frontière chinoise, dans
les hautes montagnes du Nord, les langues de la
famille sino-tibétaine ne sont pas très
nombreuses, mais elles comptent beaucoup de locuteurs: le chinois mandarin
(1,9 million), le chinois nung (933 600), le
chinois yu (500 000), le
hani (19 600), le
phuta (10 000), le lahu (7700),
le lomwe (3700), l'akha
(3100), etc. Dans le sous-groupe tibéto-birman,
on distingue le hani, le lau, le sila, etc. C’est une population
que l’on retrouve dans le sud-ouest de la Chine et dans toute la région
himalayenne.
Dans le Nord-Ouest, se trouvent les langues de la
famille thaï-kadai
: le
tày (1,5 million), le
thaï dam (816 000), le tahï don
(250 000), le thaï daeng (175 000),
le thaï phu (167 000), le
man cao lan (164 000), le
tày des Mongs du Sud (68 000), le
nhang (54 900), le
tsun-lao (39 000), le lachi (12
000), le lao (11 600), etc. Dans la même
région, la
famille hmong-mien (ou miao-yao) présente quelques
langues: le hmong daw (870 000), le
kim mun (800 000), le
yu mien (675 000) et le bunu
(2600).
Enfin, dans le centre-sud du pays, les langues de la
famille austronésienne
sont parlées par les habitants des hauts plateaux, dont le
jaraï
(304 000), le rade (219 000), le
cham de l'Est (100 000), le
haroi (33 000), le
cham de l'Ouest (30 000), le roglai du Sud
(29 000), le roglai du Nord (25 000) et le
chrou (125 000). Les Chams habitent les montagnes du Nord et les faubourgs de Hô-Chí-Minh-Ville.
Le Vietnam demeure un pays
relativement pauvre, particulièrement dans les zones
rurales. Dans ces zones, les minorités ethniques
sont encore plus pauvres.
|
On trouve au Vietnam différentes formes d’écritures utilisées par les
minorités, comme les idéogrammes (tày, nung et autres groupes thaïs) et
des alphabets d’origine indienne (thaï noir, cham, khmer, lao, etc.)
et latine. Les solutions trouvées pour transcrire la langue vietnamienne (l’alphabet
latin) ont eu tendance à s’imposer et furent souvent appliquées à à la
transcription de langues orales ou de dialectes voisins géographiquement.
2.4 Le français et l’anglais
Le français et l’anglais constituent au Vietnam des
vestiges de la période coloniale imposée d’abord par la France, puis perpétuée
par les États-Unis. La langue française est aujourd’hui parlée comme langue
seconde par quelque 100 000 personnes, essentiellement des personnes âgées qui
ont connu la période coloniale française. On trouve encore une petite communauté
française de quelque 2300
personnes. On compte aussi dans le pays une centaine de bureaux de représentation ou de
succursales de sociétés françaises, dont six banques. Parmi les plus
importants investisseurs français au Vietnam, on retrouve des sociétés comme
Alcatel, Elf Antargaz, Elf Atochem, Rhône Poulenc et RPR, Roussel Uclaf, Sanofi,
Schneider, Suez-Lyonnaise des Eaux, Total, etc. En dépit des efforts pour
promouvoir la Francophonie, l'anglais fait de plus en plus figure de langue des
affaires.
À l’instar du français, c’est uniquement une langue seconde dans le
pays. Mais c’est une langue qui est enseignée dans presque tout le pays au
point où l’on peut affirmer que «l'anglais est la langue de l'avenir, le
français, celle du souvenir». Les Français peuvent difficilement s'y
résigner.
2.5 Les religions
La religion la plus répandue au Vietnam est le bouddhisme mahayana. La
minorité catholique romaine (4,5 millions de fidèles) demeure importante;
malgré une très forte répression sous le régime communiste, le Vietnam est
le deuxième pays catholique d'Asie après les Philippines. Parallèlement au
bouddhisme, il existe d'autres cultes particuliers tels que le caodaïsme (de
Cao Dai, «Palais suprême» en vietnamien), fondé en 1920 par Ngô Van Chieu,
a été très puissant dans les années cinquante. Il s'inspire à la fois du
taoïsme, du bouddhisme, du confucianisme et du christianisme. Le confucianisme,
le taoïsme et les autres religions chinoises sont en régression. Les
descendants des Chams (environ 40 000) pratiquent l'hindouisme ou l'islam, les
peuples montagnards des cultes animistes.
Au Vietnam, le culte des ancêtres, qui est l'expression rituelle de la
piété filiale, est parfois considéré comme une religion en soi. Il se fonde
sur la croyance que l'âme du défunt survit après sa mort et protège ses
descendants; une âme sans descendant est donc vouée à une errance éternelle.
3 Données
historiques
AVIS: Certains
parties de cette section sur l'histoire sont tirées presque intégralement de l'Encyclopédie
Microsoft Encarta 2004, art. «Vietnam».
Les Vietnamiens apparaissent pour la première fois dans l'histoire vers l’époque
de l'âge du bronze (civilisation Dông Son). Les tribus viets, qui vivaient
disséminées dans le sud de la Chine et au nord du Vietnam, formèrent des
royaumes dès la fin du IIe millénaire.
3.1 La domination chinoise
En l'an 111 avant notre ère, l'empereur chinois Wudi s'empara du Vietnam qui
était jusqu’alors intégré à l'Empire chinois de la dynastie des Han. Les
dirigeants chinois décidèrent d'intégrer politiquement et culturellement à
l'empire le Vietnam devenu la province du Giao Chi. L'afflux d'immigrants dans
la région répandit l'usage du chinois, les coutumes, les techniques et
provoqua de violentes réactions de la part d'une partie de la population
locale. La révolte la plus célèbre se déroula en 39 avant notre ère,
lorsque deux veuves d'aristocrates, les sœurs Trung, soulevèrent le peuple
contre les Chinois. Toutefois, l'armée chinoise réprima finalement ce sursaut
national.
La domination chinoise dura plus de mille ans — jusqu'en 938 de notre ère,
date à laquelle Ngô-Quyên, vainqueur de la bataille de Bach-Dang, libéra le
Vietnam de l'emprise des Han du Sud — et marqua profondément le
Vietnam, que ce
soit au point de vue des techniques, de la culture, de l'organisation sociale et
de la politique. Durant cette époque, furent introduits le confucianisme, le
bouddhisme et le taoïsme dans la religion et les idéogrammes chinois dans la
langue vietnamienne.
3.2 Le Dai Viet
Toutefois, il fallut attendre en 939 de notre ère pour que, profitant des conflits politiques qui
secouaient la Chine, les Vietnamiens puissent instaurer un État indépendant. Ly Thai-Tô (ou Ly Cong Uân) monta sur le trône au début du
XIe
siècle et fonda la dynastie des Ly, qui régna plus de deux cents ans
(1010-1225). Les Ly transférèrent la capitale à Thang Long (aujourd’hui
Hanoi) et l'État prit le nom du Dai Viêt. L'esclavage fut aboli et le royaume
se dota de provinces et d'une administration qui s'inspiraient du modèle
chinois.
Les successeurs des Ly furent les Trân (1225-1413) qui affirmèrent la
vietnamisation du pays. Durant deux siècles, le pays dut résister aux attaques
des Chinois (au nord) et aux assauts des Chams (au sud). Au XIIIe
siècle, sous la dynastie des Yuan, l'Empire mongol conquit la Chine et les
armées de Kubilaï Khan attaquèrent le Dai Viêt par trois fois. En 1288, les
Vietnamiens les repoussèrent de justesse à Bach Dang.
Pendant des siècles, le Dai Viêt fut limité à la région du Sông Hông
et aux plateaux adjacents. Le pays commença ensuite une
lente progression vers le sud, sur les territoires du royaume de Champa, la
puissance dominante en Annam pendant un millénaire. Les Cham, indianisés,
résistèrent longuement aux Vietnamiens jusqu'au XVe siècle. Mais,
en 1471, la capitale cham, Vijaya, près de Da Nang, fut envahie par les troupes
vietnamiennes, qui détruisirent pratiquement le royaume.
Pendant plusieurs décennies, le Dai Viêt poursuivit sa progression vers le
sud, gagnant ainsi les plaines marécageuses du delta du Mékong. Ensuite, les
Vietnamiens y affrontèrent un nouvel ennemi: le royaume khmer. Heureusement
pour les Vietnamiens, au XVIe siècle, ce royaume était sur le
déclin et n'opposa guère de résistance à l'invasion vietnamienne. Vers la
fin du XVIIe siècle, le Dai Viêt contrôlait la zone inférieure du
delta du Mékong et commençait à progresser vers l'ouest, menaçant de
transformer en un simple protectorat l’État khmer désintégré.
Au XVIe siècle, la dynastie des Lê commença à décliner. En
effet, deux clans féodaux rivaux, les Trinh et les Nguyên se disputèrent le
pouvoir. Depuis 1620, les Nguyên avaient pour capitale Huê. En 1627, les
hostilités commencèrent et le Dai Viêt se trouva divisé en deux
«seigneuries» rivales.
Les conflits entre le Nord et le Sud furent exacerbés par les puissances
européennes, nouvellement arrivées en Asie du Sud-Est avec l’intention
avouée de trouver de nouvelles richesses à exploiter et de convertir de
«nouvelles âmes» au christianisme. En 1516, des marins portugais avaient
débarqué au Vietnam et, au XVIIe siècle, la Cochinchine était
devenue une base marchande importante. Mais le succès des nouveaux arrivants
effraya les dirigeants vietnamiens qui prirent, comme en Chine et au Japon, des
mesures de proscription contre les missionnaires et les marchands. Les
hostilités entre les Trinh et les Nguyên cessèrent en 1674. L'appui des
Portugais et le grand commerce maritime firent de la Cochinchine, arrachée au
Cambodge et annexée en 1698, la région la plus dynamique du Dai Viêt.
3.3 La colonisation française
C'est au cours des années 1620-1630 que les premiers missionnaires français
arrivèrent en Indochine. Le jésuite français Alexandre de Rhodes organisa une mission
au Tonkin avant d'être expulsé pour avoir fait imprimer un catéchisme en
écriture romanisée: le quôc ngu. La fondation de la Société des
missions étrangères, en 1664, amplifia le mouvement. Mais les Vietnamiens
n'accueillirent pas favorablement cette pénétration étrangère «des barbares
impies de l'Ouest».
En 1784, alors que le prince héritier Nguyên Anh se réfugiait à Bangkok,
il y rencontra Mgr Pierre Pigneau de Béhaine (1741-1799), le vicaire
apostolique de la Cochinchine. Persuadé de l'intérêt d'aider le prince, le
prélat français convainquit Louis XVI de signer un traité d'alliance (1787)
avec Nguyên Anh et revint avec des navires et une troupe de mercenaires. Son
aide permit au jeune prince de battre ses adversaires de la dynastie Tây Son. En 1801, il s'empara de Huê et, en juillet 1802, il entra dans Hanoi,
puis devint empereur sous le nom de Gia Long.
Le Dai Viêt fut rebaptisé Viet Nam en 1804, mais fut appelé An Nam
(l’Annam) par les Chinois. L'État, épuisé par des décennies de guerres,
fut réunifié et restauré par Gia Long et ses successeurs: Minh Mang
(1820-1840) et Thieu Tri (1840-1847). La fiscalité, la justice, l'armée furent
réformées et de grands travaux furent entrepris, comme la construction de la
route mandarine reliant la frontière chinoise au Cambodge. Les commerçants et
les missionnaires français se réinstallèrent, mais des persécutions à leur
encontre et contre les Vietnamiens convertis se multiplièrent.
Sous l'impulsion du ministre de la Marine et des Colonies, le marquis Prosper
de Chasseloup-Laubat (1815-1873),
et des milieux catholiques, le gouvernement de Napoléon III décida une
intervention pour mettre fin apparemment aux persécutions et exécutions contre
les chrétiens. La France aidée par l’Espagne s’empara de Da Nang en 1858
et de Saigon l’année suivante. Le traité de Saigon céda à la France
plusieurs provinces dans le delta du Mékong, dont la Cochinchine orientale. En
1867, toute la province était annexée par la France. La IIIe
République dut achever la conquête commencée sous le second Empire. Francis
Garnier prit près Hanoi en 1873. L’empereur Hiêp Hòa fut contraint en 1883
et 1884 d’accepter le protectorat français sur le Tonkin et l’Annam.
Après une guerre franco-chinoise qui marqua les années 1884 et 1885, la
Chine dût à son tour, lors du traité de T'ien-tsin du 9 juin 1885
reconnaître le protectorat français sur le Vietnam. En 1887, le Vietnam, le
Cambodge et le Laos (en 1893) furent regroupés au sein d'une Indochine
française — l’Union indochinoise — confiée à un gouverneur général.
En matière de langue, le français devint la langue officielle au mépris du
vietnamien confiné à l’école primaire. À partir du secondaire,
l'enseignement fut uniquement dispensé en français. La langue vietnamienne fut
non seulement éliminée de l'école secondaire, mais elle était en général traitée
avec peu de respect par les autorités coloniales et même par la haute société
autochtone. Le français faisait généralement l'objet d'un culte excessif : ceux
qui parlaient français étaient considérés comme «instruits» et jouissaient du
«prestige» de le parler, alors que le vietnamien était rabaissé au rang de
«langue de campagnards». Lorsque le vietnamien était enseigné aux élèves du
secondaire, c'était en tant que «langue étrangère», bien souvent comme deuxième
langue après l'anglais, l'allemand ou l'espagnol. Les professeurs autochtones
qui parlaient vietnamien pouvaient être poursuivis devant les tribunaux. Malgré
le mépris officiel réservé au vietnamien, les livres, revues et journaux en
cette langue sont restés florissants. En 1906, l’alphabet
latin employé en vietnamien d’abord par l’Église catholique et appelé quôc
ngu, devint obligatoire dans l’enseignement secondaire et
universitaire. En 1919, cet alphabet reçut le statut d’«écriture
nationale». Cependant, il ne faut pas croire que cet alphabet romanisé fut
facilement accepté. D'une part, les autorités coloniales se rendirent compte
que cette écriture était devenue le véhicule des «idées modernistes» et, jugeant
ces dernières «séditieuses», firent marche arrière et cessèrent de la favoriser.
D'autre part, les nationalistes vietnamiens estimaient que cette écriture, créée
par des étrangers, avait comme résultat de couper le Vietnam de ses racines
historiques. Bref, le quôc
ngu était pour les uns, l'instrument d'une modernisation séditieuse, pour
les autres, un outil d'acculturation.
Commencèrent ensuite l'exploitation et la mise en valeur économique du pays
nouvellement conquis. Les autorités coloniales entreprirent d’ambitieux
travaux et investirent là où les capitaux pouvaient être rentables (mines,
plantations, etc.), mais les Français sous-payèrent et maltraitèrent les
Vietnamiens. Pour éviter les complots, les autorités coloniales n’hésitèrent pas à
décapiter et déporter les rebelles. D’ailleurs, de nombreuses rébellions se
poursuivirent jusqu’à de grandes grèves ouvrières en 1920. Les
nationalistes vietnamiens avaient constaté que la mise en valeur de leur pays
profitait surtout aux colons français, puis à une clientèle chinoise et
vietnamienne restreinte. Les Vietnamiens furent exclus de tous les échelons
hiérarchiques de l'administration coloniale et ne bénéficièrent pas des
libertés les plus élémentaires d'association et d'expression.
Comme aucun exutoire politique ne fut offert au peuple vietnamien, des
mouvements radicaux, nationalistes et révolutionnaires, se formèrent. En 1931,
Hô Chí Minh fonda le Parti communiste indochinois à Hong Kong, puis en 1941
le Front du Viêt-minh, ce mot étant l’abréviation de Viêt Nam Dôc Lâp
Dông Minh Hôi (Ligue ou Front pour l'indépendance du Viêt Nam). En
septembre 1940, le Japon, aux prises avec la Chine, décida d'occuper
militairement le Tonkin, tout en respectant la souveraineté française. Les
Japonais furent très vite perçus comme de nouveaux occupants et non comme
d'éventuels libérateurs. En décembre 1941, les troupes japonaises occupèrent
le reste du pays. Vaincue et occupée, la France ne put se maintenir en
Indochine qu'au prix d'importantes concessions économiques et militaires, parmi
lesquelles le droit d'utiliser de nombreuses bases navales et aériennes
japonaises dans le pays. Privé de tout secours allié, l'amiral Decoux ne put s’opposer
à l’occupation japonaise et continua de gouverner au nom de l'État français
(de Vichy) jusqu'au 9 mars 1945, alors que l’indépendance du Vietnam fut
restaurée par les Japonais.
3.4 La guerre d’Indochine
Profitant des perturbations politiques liées au coup de force japonais, le
Viêt-minh s’empara des campagnes du pays. Le 19 août 1945, le Viêt-minh
s'installa à Hanoi et, le 29 du même mois, un gouvernement provisoire de
libération nationale fut formé avec comme conseiller suprême le nouvel
empereur Bao Dai qu'on avait pris soin de faire abdiquer quatre jours
auparavant. Le 2 septembre 1945, l'indépendance de la République
démocratique du Viêtnam était proclamée par Hô Chí Minh.
En vertu des accords de Postdam (juillet 1945), les Chinois occupèrent le
Vietnam au nord et les Britanniques au sud afin de désarmer les soldats
japonais. En octobre 1945, les troupes du général Leclerc débarquèrent à
Saigon et relevèrent rapidement les Britanniques qui ne demandaient pas mieux
de se retirer, étant, eux aussi, aux prises avec leurs anciennes colonies. Des
négociations s’engagèrent entre la France et le Viêt-minh.
Le 6 mars 1946, la France reconnut la République démocratique du Vietnam
comme un «État libre au sein de l'Union française et de la Fédération
indochinoise». Toutefois, le haut-commissaire en Indochine, l'amiral Thierry
d'Argenlieu, fit proclamer à Saigon, le 1er
juin 1946, un
«gouvernement provisoire de la Cochinchine», ce qui entraîna une protestation
du gouvernement vietnamien de Hanoi. En matière de langue, Hô Chí Minh décida de
rendre obligatoire l'alphabet romanisé; il croyait que l'alphabétisation du
peuple passait par l'écriture romanisée, incontestablement plus simple et plus
rapide à apprendre, parce qu'elle ne supposait plus la connaissance du chinois.
De nouvelles négociations se déroulèrent en 1946, mais elles échouèrent.
Après le bombardement de la ville de Haifong par la flotte française et la
riposte des forces du Viêt-minh à Hanoi, commença la guerre d’Indochine,
tandis que Hô Chí Minh entrait dans la clandestinité.
À partir de 1949, la victoire de Mao Tsé Tung et l'avènement de la
République populaire de Chine changèrent profondément les données politiques
de l’Indochine française. Soutenues militairement, les forces du Viêt-minh
passèrent à l'offensive. L’indépendance du Vietnam fut à nouveau
proclamée par la France, avec pour chef d’État l’ex-empereur Bao Dai
(accords du 5 juin 1948 et du 8 mars 1949) que le Viêt-minh refusa d’accepter.
La propagande officielle française proposa une étroite collaboration entre
Vietnamiens et Français en vue d'un nouvel avenir politique au sein de la
Communauté française. Les États-Unis reconnurent le nouvel État (février
1950), mais accrurent leur aide matériel à la France après avoir constaté l’appui
apporté par les Chinois au Viêt-minh. La défaite française de Diên Biên
Phu (7 mai 1954) obligea le gouvernement français à négocier un cessez-le-feu
en Indochine. En juillet 1954, les accords de Genève mirent fin à la guerre et
reconnurent l’indépendance du Laos, du Cambodge et du Vietnam partagé en
deux à la hauteur du 17e parallèle. Dans le Nord, l'administration
du gouvernement fut attribuée à Hô Chí Minh, à la tête de la République
démocratique du Vietnam (un État communiste). Un protocole prévoyait des
élections générales dans le Sud demeuré occupé par l'armée française et
les troupes vietnamiennes de Bao Dai.
3.4 La partition du Vietnam
 |
L'évolution du régime sud-vietnamien aboutit à un nouveau conflit : la
guerre du Vietnam. La réunification du pays devait intervenir après des
élections générales organisées dans les deux ans ainsi que la formation d’un
gouvernement.
Mais Ngô Dinh Diêm, nommé premier ministre, déposa le chef d’État
et proclama la république du Vietnam (au sud) dont il fut élu président et qu’il
gouverna de façon autoritaire tout en dépendant de plus en plus des
États-Unis. Menacé par la guérilla du Viêt-công soutenu par le Vietnam du
Nord, le président du Vietnam du Sud obtint le renforcement de l’aide
américaine. À l'automne 1963, le président Diêm fut renversé et exécuté
sommairement lors d'un coup d'État organisé par le général Duong Van Minh.
Le débarquement des troupes américaines et les bombardements aériens sur le
Nord commencèrent en 1965 et s’amplifièrent jusqu’en 1968, alors que les
troupes atteignirent 530 000 hommes. Durant la guerre, les Américains se sont
souvent servi des minorités nationales pour combattre les Vietnamiens (qui s’en
souviendront!).
De plus, les deux gouvernements ont entrepris de redéployer des
populations entières. Le Vietnam du Nord connut une politique de ruralisation; le
Vietnam du Sud, une politique d'urbanisation. Dans le Sud, les habitants ont
massivement migré vers es villes. Non seulement la population doubla
à Saigon, mais encore davantage dans les villes moyennes comme
Quy-Nhon, Nha-Trang, Cân-Tho, My-Tho, Vun-Tàu, etc. En dix ans, dix
millions de personnes ont été déplacées, soit la moitié des
habitants des zones rurales. En même temps, de vastes régions furent
volontairement dévastées et détruites par des bulldozers géants et
l'épandage d'herbicides. Le gouvernement américain espérait ainsi
créer une classe moyenne acquise à l'économie libérale et opposée au
communisme. |
Dans le Nord, les habitants de Hanoi, Hai-Phong et petits
villages furent évacués vers la campagne. Huit millions de citadins durent
gagner leur village d'origine. Le nouveau régime désirait sans doute protéger
les populations des bombardements, mais il s'agissait avant tout de détruire la
classe moyenne et d'éradiquer les «habitudes bourgeoises» attribués aux
citadins. En 1975, le taux d'urbanisation était à son maximum dans le Sud (plus
de 40 %) et à son minimum dans le Nord (12 %). Ce double exode, au sud et au
nord, aura contribué à éliminer la petite bourgeoisie urbaine né au cours des
années vingt.
L'offensive du Têt (organisée par le Viêt-công — le Front national de
libération — et le Vietnam du Nord), au cours des mois de janvier et de
février 1968, ébranla profondément le régime de Saigon, désormais dirigé
par Nguyên Van Thiêu. L'administration américaine se rendit compte que la
solution militaire était devenue aléatoire. Au mois de mai 1968, des
négociations s'ouvrirent à Paris entre Américains et Vietnamiens. Le
président des États-Unis, Richard Nixon, poursuivit la politique de son
prédécesseur (Lindon Johnson) avec le retrait progressif des unités
américaines et la «vietnamisation» de la guerre. Mais le conflit s'étendit
au Cambodge (1970) et provoqua de nouvelles attaques aériennes et de nouveaux
bombardements de la part des Américains.
Le 27 janvier 1973, Américains et Vietnamiens signèrent les accords de
Paris. Ceux-ci prévoyaient le retrait total des troupes américaines et de
nouvelles élections générales au Vietnam du Sud. Toutefois, le gouvernement
de Thiêu refusa l'application des accords et reprit les combats, persuadé que
les États-Unis interviendraient en cas de menace grave. En 1975, des
opérations préliminaires de l'armée populaire et des Viêt-công étant
restées sans réponse de la part des États-Unis, une offensive généralisée
mit fin en huit semaines à un conflit vieux de seize ans: le 30 avril 1975,
Saigon tombait aux mains des communistes.
3.5 La République socialiste du Vietnam
Le Vietnam réunifié devint la nouvelle
République socialiste du Vietnam
et la ville de Saigon fut rebaptisée Hô-Chí-Minh-Ville. La ville de Hanoi
au nord fut désignée comme «capitale nationale». Le vietnamien redevint partout la langue
officielle, et le français fut interdit, comme l'anglais. La prise du pouvoir par les forces
communistes en 1975 mit fin à l’enseignement du français et de l’anglais
dans les lycées et les universités sur tout le territoire du Vietnam; la
langue russe a presque immédiatement remplacé ces deux langues «ennemies» et
des noms comme Lamartine ou Pascal disparurent des places publiques pour laisser la place à Lénine
ou Gorki.
- Les tensions frontalières
La fin de la guerre ne signifiait pas pour autant la fin des conflits. Les
tensions aux frontières avec le gouvernement du Cambodge, dont Pol Pot était
le premier ministre, s'aggravèrent. Le harcèlement perpétuel des Khmers
rouges, soutenus par les Chinois, décida les Vietnamiens à resserrer leurs
liens avec l'URSS. Le 25 décembre 1978, le Vietnam lança son armée à l'assaut du Cambodge.
En trois semaines, le pays fut occupé et les opposants aux Khmers rouges
installèrent un gouvernement pro-vietnamien. La Chine, inquiète de voir le
Vietnam s'affirmer comme la seule puissance régionale en Indochine, décida à
son tour d'intervenir. Le 17 février 1979, les troupes de l'armée chinoise
attaquèrent le Nord. Le conflit s'arrêta au mois de mars 1979. Le Vietnam
participa à la chute des Khmers rouges au Cambodge et ne retira ses troupes qu’en
1989. Durant ce temps, quelque 400 000 personnes auraient fui le Vietnam, dont
la majorité par la mer dans des conditions très périlleuses. Ils furent
surnommés les boat peoples. Les chefs d'État européens et asiatiques
restaurèrent alors leurs liens diplomatiques avec le Vietnam et les entreprises
étrangères, attirées par les bas salaires, commencèrent à s'y implanter.
- Les déplacements de population
Il y avait aussi des tensions idéologiques à réduire. Le
départ des Américains avait laissé plus d'un million de chômeurs à Saigon. Au
yeux des communistes, cette ville du Sud avait formé la base de l'impérialisme
américain. Cette masse de dix millions de personnes avaient développé des modes
de vie et de consommation qui risquaient de mettre en péril l'idéologie
révolutionnaire. Entre 1975 et 1977, plus de trois millions de personnes furent
«rapatriées» dans leurs villages d'origine avec comme slogan : «Rentrons nous
baigner dans l'étang du village.» Il fallait réduire le monstre urbain et
reconstruire les campagnes en les repeuplant. Les citadins du Nord furent
invités à gagner les moyennes montagnes. À Ho-Chi-Minh-Ville, l'ancienne Saigon,
la réduction du nombre des citadins s'accompagna d'une «nordisation»: un
demi-million de cadres du Nord vinrent s'y établir. Les évacuations de
l'ancienne Saigon furent responsables du départ clandestin de plus d'un million
de Vietnamiens et de Chinois, et de 90 000 «boat people». Au total, plus
de 3,6 millions de personnes ont été déplacées.
- L'intégration des minorités
nationales
Dès 1976, le gouvernement vietnamien avait fait
état de la notion d’«ethnie» et avait même reconnu leurs coutumes
particulières accompagnées de la constitution de régions autonomes. Puis, en
1979, l’autonomie fut supprimée pour laisser la place à la création d’un
«conseil des minorités». Débuta alors une politique d’homogénéisation
qui imposa les mêmes conditions de vie pour tous, pour les minorités comme
pour les Vietnamiens (scolarisation, santé, travail).
De plus, les déplacements de population ont profondément
modifié la carte ethnique du pays depuis 1975. Sur les hauts plateaux, les
populations locales ne représentent plus qu'un habitant sur quatre, parfois un
sur deux. Il ne reste plus que onze provinces (sur plus de 50) dans lesquelles
les ethnies minoritaires sont en plus grand nombre que les Viet. Les régions,
jadis périphériques et inconnues, peuplées souvent exclusivement d'ethnies
différentes, sont devenues des régions «minoritaires». La vietnamisation a
progressé considérablement auprès de ces populations à un point tel que, dans
certains cas, elle a entraîné non seulement l'acculturation, mai aussi la
destruction des cultures locales. Les mouvements de population ont segmenté de
nombreuses petites communautés et favorisé leur assimilation. Depuis quelque
temps, les Viet se sont découvert une lointaine parenté avec certains groupes
minoritaires tenus à l'écart depuis longtemps. Il se sont rendus compte aussi
que les minorités linguistiques pouvaient servir de relais avec d'autres groupes
de l'Asie du Sud-Est avec lesquels ils peuvent établir des liens commerciaux. De
là à parler d'ouverture à cet égard, c'est encore un peu trop tôt.
- Une certaine ouverture
À la fin des années quatre-vingt, un peu forcés par les événements (p.
ex., la chute du mur de Berlin, la disparition de l’URSS, etc.), les
autorités vietnamiennes commencèrent à pratiquer une politique d’ouverture
économique tout en renforçant la répression politique. Pour des raisons
purement commerciales, le russe ne fut plus à l’ordre du jour et fut
remplacé par l’anglais. Quant, au français, il ne retrouva pas la place qu’il
avait lors de la colonisation française. Néanmoins, le Vietnam adhéra en 1986
aux Sommets de la Francophonie dont il devint membre à part entière.
La nouvelle Constitution adoptée en 1980 et révisée en 1992 est largement
inspirée de celle de la république du Vietnam du Nord. Elle confère au Parti
communiste un rôle dominant au sein du gouvernement et des institutions
représentatives de la société. En témoigne l’article 4 de la Constitution:
|
Article 4
1) Le Parti communiste du
Vietnam, l'avant-garde de la classe ouvrière vietnamienne, représentant
fidèle des droits et des intérêts de la classe ouvrière, laborieuse et
de toute la nation, guidé par le marxisme-léninisme et la pensée de Ho
Chi Minh, est la force qui dirige l’État et la société.
2)
Toutes les institutions du
Parti communiste vietnamien doivent fonctionner dans le cadre défini par
la Constitution et la loi.
|
Le gouvernement agit par l'intermédiaire du Front patriotique du Vietnam,
qui regroupe partis satellites, syndicats et organisations sociales. Le
gouvernement vietnamien autorisa les citoyens à créer des entreprises privées
et l'État entreprit la liquidation de nombreuses entreprises publiques. Depuis
le début des années quatre-vingt-dix, le Vietnam a entrepris une politique d’ouverture
vers l’Occident et un assouplissement de son système économique.
Hanoi a accueilli les sommets de la Francophonie (1994) et de l’ASEAN
(1998), et a pris une nouvelle place au sein de la communauté internationale,
en particulier de le Sud Est asiatique. En 1994, les États-Unis levèrent leur
embargo économique et leur veto concernant l'octroi, par le Fonds monétaire
international et la Banque internationale pour la reconstruction et le
développement, d'emprunts pour la reconstruction du Vietnam. Les relations
diplomatiques furent rétablies entre le Vietnam et les États-Unis en janvier
1995. Le pays est ainsi redevenu une puissance régionale.
Cependant, le Vietnam est régulièrement pointé du doigt pour la
répression à l'encontre des minorités religieuses, notamment chrétiennes. En
avril 2001, Nong Duc Manh a pris les rennes du Parti communiste avec 100 % des
voix. On ne risque pas pour le moment d’assister à des changements radicaux
dans la politique intérieure du pays, mais le nouvel homme fort a promis de
lutter contre la corruption, véritable gangrène de l'administration
vietnamienne.
4 La politique linguistique
La langue vietnamienne, appelée aussi
kinh, est la langue officielle
du pays, mais ce statut n’est pas proclamé dans la Constitution du 15 avril
1992. D’ailleurs, aucune langue n’est citée dans la Constitution. L’article
52 déclare que «tous les citoyens sont égaux devant la loi», ce qui ne
signifie pas dans les termes que toutes les langues jouissent des mêmes droits,
puisqu’on parle des citoyens, non des langues parlées par ces
mêmes citoyens.
En fait, si «tous les citoyens sont égaux devant la loi», il n’en est
pas de même pour les langues. En effet, le vietnamien est une langue plus
égale que les autres devant la loi. C’est, par exemple, l’unique langue
employée au gouvernement et au Parlement, dans la fonction publique et dans les
médias, sauf pour ce qui est de l’enseignement des langues étrangères et
des médias étrangers sur le territoire. Les langues étrangères les plus
enseignées demeurent l'anglais, le français et le russe. Dans les écoles,
seul le vietnamien est utilisé comme langue d’enseignement.
4.1 Le Parlement et la justice
La seule langue utilisée et reconnue à l’Assemblée nationale est le
vietnamien. Les lois sont rédigées et promulguées uniquement en vietnamien.
Dans les cours de justice, il en est ainsi, mais l’article 133 de la
Constitution prévoit le recours aux langues minoritaires:
|
Article 133
Les juridictions populaires
garantissent aux citoyens de la République socialiste du Vietnam
relevant de toutes les ethnies, le droit d'utiliser leurs langues et
écritures respectives devant les tribunaux et les cours |
En réalité, cette disposition n’est que fort peu appliquée dans la
mesure ou les juges ne connaissent que très rarement les langues minoritaires.
La cour autorise généralement l’aide à un interprète lorsque le citoyen ne
connaît pas la langue officielle.
4.2 L’éducation
Toutes les écoles du Vietnam ont été étatisées à la suite de la
réunification de 1976. On estime qu’en 1992 quelque 47 % des enfants âgés
de 12 à 17 ans étaient scolarisés. L'enseignement gratuit et obligatoire a
permis en quelques années de réduire l'analphabétisme qui a régressé de
16,6 % 6,3 %. Mais, rappelons-le, la langue d’enseignement est dispensée en
vietnamien, du primaire à l’université.
C’est pour cette raison que les écoles, y compris dans les régions ou
vivent les minorités ethniques, sont souvent considérées «comme un symbole
de colonisation» de l'ethnie majoritaire ou comme une «assimilation forcée»
de la part des «Viet». Pourtant, l'État prévoit un enseignement dans les
régions éloignées où vivent des ethnies minoritaires, mais rien ne précise à
l'article 36 de la Constitution que cet enseignement sera dispensé dans la
langue d'une minorité:
|
Article 36
4) L'État met en
œuvre une politique prioritaire de développement de l'enseignement
dans les régions montagneuses, les régions des ethnies minoritaires
et les régions exposées à des difficultés particulières |
Mais l'article 5 de la Loi sur
l'éducation (15/01/1999) est plus précise, puisqu'elle prescrit le
vietnamien comme langue officielle dans les écoles, tout en créant les
conditions pour que les minorités puissent apprendre leur langue et leur
écriture:
Article 5
[version anglaise]
Language used in the
school
1) Vietnamese language
is the official language used in the schools.
2) The State creates conditions for the people of ethnic
minorities to learn the language and the script of their ethnic
groups. The teaching and learning of the languages and scripts
of the ethnic minorities shall conform with prescriptions of the
Government.
|
Article 5
[traduction]
Langue employée à
l'école
1)
La langue vietnamienne est la langue officielle employée dans les
écoles.
2) L'État crée les conditions pour que la population des
minorités ethniques apprennent la langue et l'écriture de son groupe
ethnique. L'enseignement et l'étude des langues et des écritures des
minorités ethniques doivent être conformes aux directives du
gouvernement. |
Le gouvernement a prévu des classes bilingues — non obligatoires — pour
apprendre soit l’anglais, soit le français, soit le russe. Généralement,
les enfants inscrits dans les classes bilingues suivent le programme vietnamien
dans son intégralité, c’est-à-dire 18 à 20 séances pédagogiques (de 40
à 45 minutes) par semaine. À ce programme s’ajoute l'enseignement intensif
de la langue étrangère (anglais, français ou russe). Il s’agit d'un volume
horaire de dix heures effectives, soit de 13 à 14 séances pédagogiques
réparties sur cinq jours de la semaine, en matinée et en après-midi.
Dans certaines écoles, l'enseignement de la langue étrangère commence en
classe de 1re et dure douze ans, soit jusqu'à la classe terminale.
Dans d’autres cas, cet enseignement débute en 6e et dure sept ans. Les faits
démontrent éloquemment que l’enseignement de l’anglais précède de loin
les autres langues. Suivent le français et ensuite le russe.
Les classes bilingues ont la réputation de donner un enseignement de
qualité et seuls les meilleurs élèves y sont généralement acceptés après
un examen d’entrée. Les élèves des classes bilingues sont pour la plupart
des enfants de cadres ou de fonctionnaires de l'État. Pour les enfants des gens
à revenu modeste, les parents incitent leurs enfants à apprendre l’anglais
afin que ceux-ci puissent travailler dans les domaines du tourisme, de l’hôtellerie
ou de la restauration. N’oublions pas que l'école est subventionnée en
partie par le gouvernement et en partie par les parents des élèves. Le
français n’est plus réputé ouvrir immédiatement des portes sur le marché
du travail. Pour le Vietnam, la Francophonie est devenue un luxe si elle ne va
pas de pair avec le développement économique et la promotion dans les
échanges commerciaux. Même les banques françaises au Vietnam exigent la
connaissance de l'anglais. Plusieurs organismes publics et privés français
tentent de contrer l'influence grandissante de la langue anglaise en finançant
des classes bilingues en français. Les manuels de français et le matériel
didactique sont fournis par l'Agence francophone pour l'enseignement supérieur
et la recherche universitaire (AUPELF-UREF), qui subventionne aussi en partie le
salaire des professeurs de français.
Les principales universités du Vietnam sont l'Université nationale de Hanoi
(fondée en 1918), l'Université polytechnique créée par l'URSS en 1965 et
celle de Hô-Chí-Minh-Ville. Il existe au moins 106 établissements
d'enseignement supérieur du pays. La langue d’enseignement est généralement
le vietnamien, mais l’anglais et le français peuvent être utilisés.
Malheureusement, l'école publique vietnamienne n'est pas en bon état.
Les enfants vont généralement à l'école une demi-journée par jour, car il n'y a
pas assez d'écoles pour abriter tout le monde. Dans certaines grandes villes,
l'alternance se fait entre trois séances. Il manque souvent plus d'un mois ou
deux mois d'écoles aux enfants vietnamiens en une année scolaire. À cela
s'ajoute les coûts de l'éducation. Les parents doivent payer les frais d'examen,
les livre, le matériel scolaire, les uniformes d'écoliers, les contributions
volontaires pour la réfection des locaux, les cours optionnels et toute une
série de frais additionnels. L'État ne couvre que 50 % des frais au primaire et
30 % au secondaire. Les classes supérieures du secondaire sont inaccessibles
pour la plupart des parents, car les frais s'élèvent à mesure du niveau
d'instruction. Dans les universités, les étudiants doivent s'acquitter
d'innombrables frais «rigides» et «élastiques» à un point tel qu'il faut être
vraiment riche. En général, les parents dépensent 40 % de leur budget non
alimentaire pour chaque enfant inscrit au primaire. La situation est encore plus
préoccupante dans les campagnes, car les revenus sont encore moins élevés, les
dépenses également. Ainsi, pendant que le
Vietnam dépense 6 $ par élève en éducation, la Thaïlande en dépense 49 $, la
Corée du Sud, près de 200 $. Il est inutile d'établir des comparaisons avec des
pays comme la France, les États-Unis ou le Canada, où l'on dépasse plusieurs
milliers de dollars US par enfant. Le Vietnam souffre du manque de scolarisation
de ses citoyens. Seul un tiers de la population passe au complet le cycle du
primaire. Un cinquième des élèves passe par le cycle du secondaire. Seule 1,5 %
de la population fait des études supérieures.
Comme les enseignants ont des revenus médiocres, le
personnel est souvent de piètre qualité du point de vue de la formation,
laquelle doit en plus servir aux «besoins d'édification et de défense de la
patrie». Parmi les épreuves de formation continue, figurent l'histoire du Parti
communiste vietnamien, le socialisme scientifique et l'économie politique
marxiste-léniniste.
4.3 Les services gouvernementaux
Sauf pour de rares exceptions, les fonctionnaires de l’État ne
communiquent qu’en vietnamien, la connaissance d’une langue minoritaire n’étant
jamais obligatoire pour obtenir un poste, même dans les régions ou résident
les minorités ethniques. De plus, l’État ne forme que de très rarissimes
fonctionnaires appartenant aux membres des minorités. En réalité, les
fonctionnaires de l’État se servent des représentants des minorités
ethniques pour faire connaître les décisions gouvernementales. En principe,
les minorités reçoivent les mêmes services que tous les Vietnamiens, mais en
vietnamien.
En outre, le gouvernement vietnamien a aussi une politique
particulière concernant la langue des enseignes commerciales. L'Arrêté no
11/2006/N-CP du 18 janvier 2006 du gouvernement vietnamien sur la diffusion des
activités culturelles et le service concernant le domaine culturel public et
informationnel oblige les commerçants à employer des mots vietnamien:
1. Amende de 500 000 VND à 1 000 000 VND* dans les cas
suivants:
a) Ne pas placer
l'enseigne près de l'entrée principale ou devant la boutique.
b) Ne pas écrire correctement ou complètement le nom en
vietnamien sur l'enseigne.
2. Amende de 1
500 000 VND à 3 000 000 VND dans les cas suivants:
a) Sur l'enseigne
d'un organisme vietnamien, le nom de celui-ci n'est pas écrit en
en vietnamien, mais seulement en langue étrangère.
b) Le nom de l'organisme, son abréviation, ainsi que son nom
servant dans les relations internationales s'ils sont en langue
étrangère, doivent se trouver après ceux en vietnamien.
c) Le nom de l'organisme, son abréviation, ainsi que son nom
servant dans les relations internationales s'ils sont en langue
étrangère, doivent être en plus petites lettres que ceux en
vietnamien.
d) L'enseigne sert de panneau publicitaire.
3. Amende de 3
000 000 VND à 5 000 000 VND si l'organisme n'a pas d'enseigne
Mesures appliquées
devant les infractions
a) Enlever
l'enseigne si violation des alinéas 1 et 2 du présent article.
b) Avoir obligatoirement une enseigne si violation de l'alinéa 3
du présent article.
___________
* 1 $ = 16 000 VND ou dongs vietnamiens;
* 1 € = 26 790 VND. |
Les faits démontrent que les langues les plus
utilisées sont le vietnamien et l'anglais, notamment dans les hôtels, les
restaurants et les moyens de transport. Il existe aussi de rares enseignes
en français, en chinois, en coréen et en japonais. En raison de la
législation en vigueur, on compte de nombreuses enseignes bilingues, surtout
en vietnamien et en anglais.
4.4 Les médias
Le pays dispose, bien sûr, d’un grand nombre de journaux en langue
vietnamienne. Ainsi, on compte actuellement près de 500 journaux,
hebdomadaires, périodiques et magazines dans toutes les grandes villes comme
Saigon, Hanoi, Hai Phong, Hue, Nha Trang, Can Tho, etc., et dans toutes les
régions. Précisons qu’au Vietnam les quotidiens servent souvent de tribune
officielle au Parti communiste vietnamien (PCV): par exemple, Nhan Dan (Le
Peuple), Quan Doi Nhan Dan (L’Armée populaire), Hanoi
Moi (Nouvel Hanoi), etc. Il en existe plusieurs autres appartenant
aux organes de la masse satellite du PCV, tels que Le Front patriotique,
L’Association scientifique et technique, L’Union des femmes, Confédération
générale du travail, Le Club de la jeunesse communiste, etc. Ces
derniers publient des informations sur presque toutes les activités sociales,
mais sous le contrôle rigoureux de la Commission centrale d’idéologie et de
culture du PCV, du ministère de l’Intérieur et du ministère de l’Information
et de la Culture.
La presse vietnamienne possède quatre journaux en langue française, dont un
quotidien (Le Courrier du Vietnam) et trois mensuels (Saigon Eco, Vietnam
Scoop et Vietnam illustré). Le Courrier du Vietnam
appartient à l'AVI, un organisme de rang ministériel gérant la presse écrite
officielle, et est financé par l'AUPELF-UREF et l'ambassade de France. L'Agence
France Presse diffuse des informations en espagnol.
La presse anglophone est également beaucoup lue. Parmi les principaux
titres, citons le quotidien Vietnam News et l'hebdomadaire Vietnam
Investment Review. Le magazine Vietnam Revue, publié par l'Agence
vietnamienne d'information (AVI) diffuse en cinq langues: en vietnamien, en
anglais, en français, en espagnol et en chinois. En ce qui a trait aux
minorités nationales, il n’y a pas de journaux.
La principale station de radio est La Voix du Vietnam qui diffuse des
émissions programmes musicales et culturelles en vietnamien, mais aussi en
français, en anglais, en russe, en thaï, en lao, en khmer, en chinois, en
indonésien (bahasa
indonesia), etc. Il est également possible d'accéder tous les jours aux
programmes de Radio-France International avec des émissions sur ondes moyennes
(MW), de 23 heures à minuit; de 22 à 23 heures, les émissions sont en
vietnamien. Le réseau de télévision vietnamien dispose de trois chaînes
(VTV1, VTV2 et VTV3), mais des émissions d’informations sont disponibles en
français à 13 heures et à 23 heures. Aux heures de grande écoute, la télévision
nationale diffuse les émissions de la police et de l'armée.
De façon générale, les médias au Vietnam subissent un sévère contrôle
de la part du gouvernement et les rédacteurs en chef sont responsables du
contenu de leurs publications. Le cinéma vietnamien sent la propagande d'État
avec ses héros vertueux qui combattent la méchante économie capitaliste.
4.5 La reconnaissance des minorités nationales
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’État vietnamien n’ignore
pas les nombreuses minorités nationales du pays. Au contraire, il les
reconnaît officiellement dans la Constitution. Ainsi, l’article 5 de la
Constitution se lit comme suit:
|
Article 5
1) L’État de la République
socialiste du Vietnam est un État uni de toutes les ethnies vivant
ensemble sur le territoire vietnamien.
2)
Il applique la politique préconisant
l’égalité, la solidarité et l’entraide mutuelle entre les ethnies et
interdit tout comportement raciste ou de désunion entre les ethnies.
3)
Toute ethnie a droit à l’usage de sa
propre langue et écriture, à la préservation de son identité, à la
valorisation de ses belles mœurs et traditions culturelles.
4)
L’État applique la politique de
développement de tous les domaines en faveur des membres des ethnies
minoritaires en améliorant progressivement leur vie dans tous ses
aspects matériels et moraux
|
Cette disposition signifie que les membres des minorités nationales sont des
Vietnamiens à part entière, mais cela n’implique aucun droit linguistique.
La langue officielle étant le vietnamien, tous doivent connaître la langue
vietnamienne. Chacun des ethnies a effectivement le droit d'utiliser sa langue,
son écriture, de conserver son identité nationale et de faire valoir ses
«belles mœurs», ses coutumes, ses traditions et sa culture, mais pas
nécessairement dans le cadre dans un statut linguistique reconnu. Autrement
dit, tout Vietnamien a le droit d’utiliser la langue qu’il désire dans les
communications informelles ou à la maison. Dans la vie institutionnelle, seul
le vietnamien est admis.
De plus, l’article 94 prévoit la création d’un
Conseil des
ethnies élu par l’Assemblée nationale du Vietnam. Selon les termes
du texte constitutionnel:
|
Article 94
1) L’Assemblée
nationale élit le Conseil des ethnies qui est composé d’un résident, des
vice-présidents et des autres membres.
2) Le Conseil des ethnies étudie et fait des propositions à
l’Assemblée nationale sur les questions relatives aux ethnies. Il
contrôle l’application de la politique des ethnies, des programmes et
des plans de développement économique et social des régions montagneuses
et habitées par des ethnies minoritaires.
3) Le gouvernement doit consulter le Conseil des ethnies avant la
prise d’une décision touchant la politique des ethnies.
4) Le président du Conseil des ethnies peut assister aux réunions
du Comité permanent de l’Assemblée nationale et être invité aux réunions
du Gouvernement discutant sur la mise en œuvre de la politique des
ethnies.
5) Le Conseil des ethnies a en outre, les mêmes missions et
attributions que les autres commissions de l’Assemblée nationale
conformément aux dispositions de l’article 95.
6) Le Conseil des ethnies voit certains de ses membres affectés à
titre permanent et à plein temps à cette fonction. |
Avant de promulguer des décisions sur la politique des nationalités, le
gouvernement doit au préalable prendre l'avis du Conseil des nationalités. Le
Conseil des nationalités comprend un certain nombre de membres travaillant
comme spécialistes des questions ethniques. En vertu de l’article 96 de la
Constitution, le Conseil des nationalités et les Commissions de l'Assemblée
nationale ont le droit de demander aux membres du gouvernement, au président du
Tribunal populaire suprême, au président du Parquet populaire suprême et aux
autres fonctionnaires de l’État concernés de faire des exposés ou de leur
fournir des documents sur les problèmes nécessaires. Les personnes
interpellées sont tenues de répondre à ces demandes. Qui plus est, les
organismes de l’État sont tenus d'étudier les motions formulées par le
Conseil des nationalités, tandis que les commissions de l'Assemblée nationale
doivent donner suite à ces motions.
Par exemple, le Conseil des nationalités a souvent demandé au gouvernement
de construire des écoles à l’intention des minorités montagnardes. De
faits, des dizaines d’école sont été construites afin d’instruire le plus
d’enfants possibles. Mais ce droit à l’école n’implique pas
nécessairement le «droit à la langue». Toutes les écoles ne dispensent leur
enseignement qu’en vietnamien, sauf pour ce qui est des langues étrangères.
Le but est de créer les conditions d'éducation minimum qui offriront à terme
un développement économique certain de ces « peuples de la forêt». Bref, le
Conseil des nationalités est utile dans le cadre organisationnel de l’autogestion
locale.
Néanmoins, les minorités n’ont pas le vent dans les voiles
au Vietnam. En juin 2001, le gouvernement vietnamien a décidé de maintenir son
projet de centrale hydroélectrique dans la province de Son La, dans le nord du
pays, malgré l'opposition d'organismes de défense des droits de l'homme et de
l'environnement. Ce projet prévoit d'inonder plus de 450 km² de
terres dans les provinces de Son La et de Lau Chai. Pour ce faire, 100 000
personnes, la plupart appartenant à des minorités ethniques, seront déplacées
de force. Or, les provinces centrales, où ces populations doivent être transférées,
ont récemment connu des conflits en réaction à l'afflux d'arrivants depuis
ces vingt dernières années.

Le gouvernement vietnamien se méfie de ses minorités, surtout qu’elles
vivent concentrées sur les hauts plateaux près des frontières. D’après les
journaux occidentaux, les minorités au Vietnam sont souvent maltraitées et
subissent une certaine répression de la part des autorités policières et
administratives. Cette attitude semble être le résultat de la présence
américaine au Vietnam, alors que les minorités furent souvent mobilisés par
les Américains pendant la guerre d’Indochine. C’est pourquoi les minorités
restent sous haute surveillance de la part du gouvernement vietnamien; il est
même nécessaire aux touristes qui désirent se rendre en ces lieux d'obtenir
au préalable une autorisation officielle.
Il faut observer également que, même si la liberté de religion ou de
croyance est garantie par l'article 70 de la Constitution, le même article
stipule qu'«il est interdit de violer la liberté de croyance et de religion ou
d'en profiter pour agir contrairement à la loi et aux politiques de l'État».
Deux autres textes juridiques semblent une source de préoccupation: le décret
no 69/HDBT (21 mars 1991) sur la réglementation des activités religieuses et
le décret no CP/31 sur la détention administrative. Des rapports
internationaux relèvent d'autres sujets d'inquiétude: la censure des
productions religieuses prévue dans la Loi sur les publications, le
choix du «bon accomplissement des devoirs civiques» comme critère principal
pour la sélection des candidats à la formation et l'ordination des religieux,
la prescription de sanctions sévères pour ceux qui «exploitent la religion»
avec «une intention perverse» ou qui «calomnient ou déforment la vérité».
Pour plusieurs observateurs, ce sont là des moyens détournés destinés à
censurer les publications et à contrôler les minorités nationales du pays.
D’ailleurs, le gouvernement utilise souvent, contre les opposants au
régime, les articles du Code pénal (révisé en décembre 1997) régissant la
sécurité nationale, l'espionnage, la propagande contre le système socialiste,
l'abus des droits démocratiques dans le but de léser les intérêts de
l'État, des organisations sociales ou des citoyens, l'exercice de pratiques
superstitieuses, la violation de l'ordre public et les violations des
règlements régissant la publication et la distribution des livres, des
journaux et autres imprimés. On comprendra qu'il devient tentant pour un
gouvernement de se servir de la loi pour réprimer toute opposition. Depuis
quelques années, le régime s’est adouci et évite d’encourir les sanctions
internationales. Il suffit, plutôt que de supprimer ou d’emprisonner les
gens, de les isoler. C’est une pratique courante à l’égard des membres des
minorités nationales. Au Vietnam, le pouvoir politique semble souffrir d'une
extrême sensibilité et réprime sans ménagement tout individu dont les
déclarations ou les écrits paraissent indésirables. Or, il arrive
régulièrement que ces «indésirables» soient les représentants des
minorités. D'ailleurs, toute la politique vietnamienne vise au quadrillage de
la population minoritaire, avec permis de résidence obligatoire (le ho khau),
la police de secteur, curriculum vitae pour toute la population et au
contrôle des opinions sous couvert de «sécurité nationale», notion
fourre-tout interprétée très largement par les autorités vietnamiennes.
De toute façon, la politique appliquée au Vietnam s’apparente à bien des
égards à celle utilisée dans les pays voisins tels que le Laos, le Cambodge,
la Birmanie et la Chine. Étant donné que toute la vie politique et sociale est
dominée par le Parti communiste, le sort des minorités dépend entièrement du
parti et de ses instances. Comme les individus sont protégés, mais non pas
les langues, on peut affirmer que la politique linguistique pratiquée au
Vietnam s’apparente au mieux à un déni des droits, au pire, à l’assimilation.
Pour toutes ces considérations, la situation des minorités nationales dans
ce pays laisse à désirer.
Dernière mise à jour:
28 déc. 2009
Bibliographie
ENCYCLOPÉDIE
MICROSOFT ENCARTA, 2007, art. «Vietnam», pour la partie historique.
HAGÈGE, Claude. Dictionnaire amoureux des
langues, Paris, Éditions Plon/Odile Jacob, 2009, 732 p.
HEMMET, Christine, Duc NGUYEN et Henri de REBOUL.
«Pluralité ethnique, multilinguisme et développement au
Vietnam», Paris, compte
rendu de la conférence du 18 mai 200, Musée de l’Homme,
[http://info.fpm.free.fr/minoritesvn.htm].
HERLAND, Michel. «L'avant-garde de la classe laborieuse»
dans Le Monde diplomatique, Paris, février 200, p. 10.
HERLAND, Michel.
«Libéralisation économique, autoritarisme politique» dans Le
Monde diplomatique, Paris, février 200, p. 11.
ONU.
Rapport du Groupe de travail sur la détention arbitraire,
Genève, Commission des droits de l'homme, 55e session, 18 dcembre
1998, E/CN.4/1999/63,
[http://www.hri.ca/fortherecord1999/bilan1999/documentation/commission/e-cn4-1999-63.htm].
PAPIN, Philippe. «Au Vietnam, le
Parti contre l'État» dans Le Monde diplomatique, Paris,
février 200, p. 10-11.
YACOUB, Joseph. «L’Asie et les
minorités» dans Les minorités dans le monde, Paris, Desclée
de Brouwer, 1998, p. 547-591.
|
