|
District |
Superficie |
Population
(2001) |
% |
Langues officielles |
Puducherry
(enclavé dans le Tamil Nadu) |
293 km² |
730 004
|
74,9 % |
tamoul-français |
Karaikal
(enclavé dans le Tamil Nadu) |
160 km² |
170 640 |
17,5 % |
tamoul-français |
Yanam
(enclavé dans l'Andhra Pradesh) |
30 km²
|
36
362 |
3,7 % |
télougou-anglais |
Mahé
(enclavé dans le Kerala) |
9 km² |
36 823 |
3,7 % |
malayalam-anglais |
|
TOTAL |
492
km² |
973 829 |
100 % |
|
Les districts de Poudouchéry et de Karaikal comptent une majorité de locuteurs du tamoul, alors que le district
de Yanam est en majorité de langue télougou, celui de Mahé, majoritairement
de langue malayalam. En ce qui a trait aux langues parlées par
la population du Territoire autonome de Pondichéry (Puducherry), on peut citer les
langues suivantes: d'abord le tamoul, puis le télougou, le malayalam,
l'ourdou, l'hindi, le bengali, le gujarati, le kannada, l'oriya, le marathi,
l'anglais et quelques petites langues:
|
Langue maternelle |
Locuteurs (2001) |
Pourcentage |
Groupe linguistique |
|
tamoul |
861
502 |
88,4 % |
famille
dravidienne |
|
télougou |
50 908 |
5,2 % |
famille
dravidienne |
|
malayalam |
42
782 |
4,3 % |
famille
dravidienne |
|
ourdou |
7 092 |
0,7 % |
langue indo-iranienne |
|
hindi |
4 357 |
0,4 % |
langue indo-iranienne |
|
bengali |
1
180 |
0,1 % |
langue indo-iranienne |
|
gujarati |
1 180 |
0,1 % |
langue indo-iranienne |
|
kannada |
1 566 |
0,1
% |
famille
dravidienne |
|
oriya |
966 |
0,0 % |
langue indo-iranienne |
|
marathi |
824 |
0,0 % |
langue indo-iranienne |
|
anglais |
454 |
0,0 % |
langue germanique |
|
français |
200 |
0,0 % |
langue romane |
Il reste encore une douzaine de langues
parlées par quelques individus. Le tamoul, le télougou, le
malayalam et le kannada sont des
langues dravidiennes, alors que les autres langues sont d'origine
indo-iranienne. L'anglais et le
français demeurent des langues étrangères.
Le français dans le territoire de Pondichéry
(Puducherry)
a perdu depuis longtemps
son statut de langue véhiculaire
au profit de l'anglais, mais davantage surtout en raison de la puissance
d'attraction des langues locales, le tamoul (Poudouchéry et Karaikal), le
malayalam (Mahé) ou le télougou (Yanam). Même si le français a conservé
son statut de langue co-officielle avec le tamoul (districts de Pondichéry et Karaikal), il n'est la langue maternelle
que pour les quelque 7000 Français d'origine indienne,
c'est-à-dire une infime minorité d'environ 200 personnes qui utilisent le français dans
leurs échanges quotidiens, alors que moins d'un tiers de ceux-ci possède une maîtrise courante du
français comme langue seconde. Le tamoul est donc
aujourd'hui la langue maternelle
des «Franco-Pondichériens». En somme, le français, en tant que langue maternelle, reste avant tout l'affaire des
quelque 600 Français d'Europe qui travaillent dans
les différentes institutions françaises de Pondichéry. Quant au français langue
seconde, il serait parlé à des degrés divers par quelque
7600
personnes sur l'ensemble du territoire, ce qui représenterait 1,4 % de la
population, bien loin derrière l'anglais, soit 102 000 locuteurs ou 17 % de
la population.
Il faut souligner que la
répartition fragmentée des districts et secteurs du territoire favorise la
multiplicité des langues et du multilinguisme individuel. Ainsi, les individus bilingues ou
trilingues, voire quadrilingues, sont nombreux dans le territoire de
Pondichéry. Cependant, l'acquisition des langues diffère pour chacun des
groupes linguistiques. Par exemple, les locuteurs de l'assamais (langue
maternelle) apprennent généralement plus l'hindi, puis le bengali. Mais pour
les locuteurs du bengali, c'est l'anglais, puis l'hindi et ensuite le
tamoul. Voici un petit tableau à ce sujet:
|
Locuteurs (langue maternelle) |
Langues connues (multilinguisme) |
| Assamais |
assamais + hindi + bengali
|
| Bengali |
bengali + anglais + hindi + tamoul
|
| Gujarati |
gujarati + anglais + tamoul + hindi |
| Hindi |
hindi + anglais + tamoul + gujarati
|
| Kannada |
kannada + tamoul + anglais + hindi |
| Malayalam |
malayalam + tamoul + anglais + hindi
|
| Oriya |
oriya + anglais + hindi + tamoul
|
| Panjabi |
panjabi + anglais + hindi + tamoul
|
| Sindhi |
sindhi + anglais + hindi + tamoul
|
| Tamoul |
tamoul + anglais + télougou
|
| Télougou |
télougou + tamoul + anglais + hindi
|
| Ourdou |
ourdou + tamoul + anglais + hindi
|
Il ressort de ce tableau que les
individus bilingues ont tendance à acquérir d'abord une autre langue de la
même famille que celle qu'ils parlent. Ainsi, une personne parlant
l'assamais (langue indo-iranienne)
comme langue maternelle devrait apprendre l'hindi (langue
indo-iranienne) avant le tamoul (langue
dravidienne); il en est de même pour le bengali, l'oriya, le panjabi,
mais, contre toute attente, pas pour le gujarati et l'ourdou, deux langues
appartenant pourtant à la même famille. Un locuteur du tamoul ou du télougou
apprendra en principe une langue dravidienne avant une langue
indo-iranienne. Quoi qu'il en soit, ceux qui maîtrisent l'assamais, le bengali, l'oriya, le
panjabi ou le sindhi ont une plus grande connaissance de l'hindi que du tamoul.
Cependant, ceux qui connaissent le gujarati ou l'ourdou ont une plus grande
maîtrise du tamoul plutôt que de l'hindi.
La présence du multilinguisme individuel
dans le territoire de Pondichéry s'explique par la
grande fragmentation géographique de ce territoire, lequel comprend quatre
anciens établissements français,
c'est-à-dire Pondichéry, Karikal, Mahé et Yanam. Les districts de
Pondichéry et de Karaikal sont enclavés dans l'État du Tamil Nadu (de langue
tamoule); celui de Mahé dans le Kerala (malayalam); celui Yanam, dans
l'Andhra Pradesh (télougou).
3
Données historiques
Des fouilles ont permis de révéler que des
origines romaines existaient à Pondichéry il y a plus de 2000 ans. À l'origine, les quatre districts de ce qui
constitue aujourd'hui l'Union territoriale de Pondichéry (Puducherry, Karaikal, Mahe et Yanam)
faisaient partie de leur région géographique respective. Il n'existait aucun
lien, ni administratif, ni politique, entre les diverses entités de ce
territoire actuel de l'Inde. L'histoire de Pondichéry (Poudouchéry) commence avec
l'acquisition par la France de comptoirs commerciaux sur différents territoires
indiens.
3.1 Des comptoirs
français
Dans ses efforts pour développer le
commerce, le ministre de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert (1609-1683), fonda
en 1664 une compagnie à monopole, la fameuse Compagnie des Indes orientales,
qui était en réalité la première entreprise commerciale française, la seule
à pouvoir échanger des marchandises avec l’Inde. La compagnie envoya
aussitôt plusieurs flottes dans l’océan Indien dans le but d'y fonder des
comptoirs. En Inde, le Grand Moghol Aurangzeb (1618-1707) autorisa les Français à s’établir à
Surate dans le Gujarat. Après avoir tenté d'établir une colonie dans l'île
de Ceylan (aujourd'hui le Sri Lanka), les Français remontèrent la côte du golfe du Bengale
et finirent par s'implanter à Pudu Cheri (francisé plus tard en «Pondichéry»),
un village de pêcheurs situé à l’embouchure de la rivière d’Ariancoupam. La
région était sous la souveraineté du sultan musulman de Bijapur. François
Martin, un agent de la Compagnie française des Indes orientales, signa avec
le sultan un accord lui permettant d’y fonder une «maison de commerce» en
1674. Il y érigea aussitôt un fort à la Vauban, puis des centaines
d'habitations furent construites. En 1691, on y recensait quelque 20 000
habitants. La France avait acquis en 1673 un
autre comptoir, Chandernagor, au nord de Calcutta (Bengale). Viendront
s'ajouter en 1723 Mahé et Yanaon, ainsi que Karikal en 1738.
3.2 Les Établissements
français de l'Inde
 |
Les Français avaient donc sous leur juridiction cinq
comptoirs commerciaux en Inde:
- Chandarnagor, fondé
en 1673 (aujourd'hui Chandannagar dans le
Bengale-Occidental);
- Pondichéry, fondé en 1674 (aujourd'hui
Puducherry dans le Tamil Nadu);
- Mahé, fondé en 1723 (aujourd'hui
Mahe dans le Kerala);
- Yanaon, fondé en 1723 (aujourd'hui Yanam dans
l'Andhra Pradesh);
- Karikal, fondé en 1738 (aujourd'hui
Karaikal dans le Tamil Nadu);
En 1693, la ville de Pondichéry fut capturée par
les Hollandais lors de la guerre de la ligue d'Augsbourg (1688-1697), puis restituée à la
France en 1697 par le traité de Ryswick. Les Britanniques s'en emparèrent à trois
reprises au cours du XVIIIe siècle et, après des périodes variant
entre deux à onze mois
d'occupation, le territoire de Pondichéry fut rendu à la France. En
1742, Joseph-François Dupleix devint gouverneur de l'Inde française.
C'est sous sa direction que Pondichéry connut son apogée.
Par ses victoires militaires contre les Britanniques, Dupleix réussit à
étendre le petit territoire autour de la ville de Pondichéry et à Karikal;
il exerça par le fait même une grande influence dans les affaires des souverains de
la région. Dupleix obtint le poste de gouverneur général de tous les
Établissements français de l'Inde. Il désirait acquérir pour son pays de
vastes territoires en Inde. |
Mais la colonie de Pondichéry passa de nouveau sous le
contrôle de la Grande-Bretagne de 1803 à 1814, avant de redevenir un
territoire français jusqu'en 1954, au moment où le territoire fut rétrocédé
à l'Inde.
Au cours
de cette dernière période française, Pondichéry n'était plus qu'une escale vers
les colonies française d'Extrême-Orient. Le français fut l'unique langue de
l'Administration et des affaires, le tamoul étant relégué aux communications
informelle entre Indiens. Autant on parlait français dans la ville blanche,
autant on parlait tamoul dans la ville noire. L'agglomération de Pondichéry
comptait environ 100 000 habitants, dont quelque 30 000 Français.
En 1940,
sous l'invitation
pressante des Britanniques, l'Inde française devint l'une des premières colonies à
soutenir le général de Gaulle et à se rallier au mouvement de la France libre.
En 1948, les Établissements français de l'Inde comptaient quelque
362 000 habitants répartis sur une superficie de 509 km².
En 1950, la France perdit la ville de Chandernagor, après l'avoir administrée
sans interruption depuis 1816, la population locale ayant voté à 97 % à son
intégration dans l'État du Bengale occidental au sein de l'Union indienne.
3.3 La rétrocession de
Pondichéry (1954-1956)
Le
traité officiel
de la cession de Pondichéry fut signé le 28 mai 1956, soit huit ans après le
transfert de facto, entre l'Union indienne et la République
française. Dans l'article 28 du traité de cession, il était écrit ce qui
suit à propos de la langue française:
|
Section 28
[version officielle]
The French language
shall remain the official language of the Establishments so long as
the elected representatives of the people shall not decide otherwise. |
Article 28
[version officielle]
Le français doit rester
la
langue officielle des Établissements aussi longtemps que les
représentants élus de la population n'auront pas pris une décision
différente. |
Au sujet de la langue, soulignons qu'aucune disposition du
traité de cession ne garantissait aux Français quelque droit que ce soit. Le
président René Coty (1954-1959) n’a aucunement songé à faire insérer une
quelconque disposition linguistique dans le traité, ce que Nehru n’aurait
certainement pas refusé. Les négociateurs français savaient probablement comment
protéger jusqu'à un certain point les biens et défendre les intérêts des
personnes, mais la survie de la langue ne
les préoccupait guère, à l'exemple précédent de Bonaparte lors de la vente de la
Louisiane aux Américains (voir le texte
du contrat de vente). Il en avait ainsi dans le
traité de Paris
de 1763 lors de cession de la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne.
Pondichéry faisait alors
partie intégrante de l'ancien État de Madras, aujourd'hui l'État du Tamil Nadu. En janvier 1963, plusieurs milliers de Pondichériens choisirent d'opter pour
la nationalité française. Ces
«optants» et descendants d'«optants» demeurent aujourd'hui les seuls
«francophones» ou «francisants» à Pondichéry. Le 1er juillet de la même année, fut créé l'Union
territoriale de Pondichéry englobant les quatre anciens districts français de Pondichéry, Karikal, Yanaon et
Mahé répartis dans trois États (l'Andhra Pradesh, le Tamil Nadu et le Kerala). On estime que près de 20 000 descendants des Pondichériens vivent
aujourd'hui en France et que près de 7000
citoyens français résident dans le territoire de Pondichéry. On peut y voir
encore certaines traces de l'influence française, telles que le consulat, le
lycée français, des noms de rue encore inscrite en français, les képis des
policiers, la bibliothèque Romain-Rolland, les statues de Jeanne d'Arc et de
Joseph-François Dupleix, gouverneur des colonies françaises en Inde
de 1742 à 1754, etc. Mais le développement urbain des dernières décennies a
réduit de façon substantielle le cachet français qui en faisait le charme pour
devenir une ville à l'allure indienne.
4 La politique linguistique
L'Union territoriale de Pondichéry a
adopté en 1965 la Loi sur les langues officielles
de Pondichéry (Pondicherry Official Languages Act).
La croyance veut que la loi proclame l'emploi de cinq langues à des fins officielles: le
tamoul, le malayalam, le télougou, l'anglais et le français. Voyons ce qu'il
en est de cette loi qui ne compte que quatre articles. L'article 1er
sert d'article préliminaire sur le titre, la portée et l'entrée en vigueur
de la loi de 1965:
|
Article 1er
[traduction]
Titre abrégé,
portée et début
1) La présente loi peut être appelée
Loi sur les langues officielles de Pondichéry de 1965.
2) Elle porte
sur l'ensemble de l'Union
du territoire de Pondichéry.
3) Elle entre immédiatement en vigueur.
|
L'article 2 est de moindre
intérêt, car il se limite à la définition des mots «administrateur» et
«Territoire de l'Union». Toutefois, l'article 3 de la
Loi sur les langues officielles
de Pondichéry est fondamental, car il porte sur l'emploi
explicite des langues officielles dans le territoire. D'abord, le tamoul
demeure la langue à utiliser en totalité ou en partie aux fins officielles
du territoire de l'Union. C'est donc la langue principale sur le territoire
de l'Union; il est même écrit «la langue tamoule qui doit (en
anglais: "shall") demeurer la langue à utiliser en totalité ou en partie aux
fins officielles», alors que dans le district de Mahé, il est possible
(en anglais: "may") d'utiliser le malayalam et, dans le district de Yanam,
le télougou, aux mêmes fins officielles:
|
Section 3
Official Language of the Union territory.
With effect from such date the Administrator may, by notification
in the Official Gazette, appoint in this behalf, the TamiI language
shall, subject to the provisions of section 34 of the Government of
Union territories Act, 1963 (Central Act 20 of 1963), be the
language to be used for all or any of the official purposes of the
Union territory, and different dates may be appointed for different
official purposes or for different areas in the Union territory :
Provided the Administrator may, by like notification, direct
that in the case of Mahe area,
the Malayalam language, and in the
case of Yanam area, the Telugu language
may be used
for such
official purposes and subject to such conditions as may be specified
in such notification.
|
Article 3
[traduction]
À compter de la présente date, l'administrateur peut, par avis dans
le Journal officiel, désigner dans ce nom
la langue tamoule qui
doit,
sous réserve des dispositions de l'article 34 de la Loi sur le
gouvernement des territoires de l'Union de 1963 (loi fédérale no 20
de 1963), demeurer la
langue à utiliser en totalité ou en partie aux fins officielles du
territoire de l'Union, et des dates différentes peuvent être
choisies pour différentes fins officielles ou pour différents domaines
dans le territoire de l'Union :
Pourvu qu'il soit
possible que l'administrateur, par
simple avis,
ordonne que, dans le cas du district de Mahé, la
langue malayalam et,
dans le cas du district de Yanam,
le télougou puissent être
utilisés aux mêmes fins officielles et sous réserve des conditions
qui peuvent être spécifiées dans ledit avis.
|
Ainsi, il existe une hiérarchie entre les
trois langues «indiennes»: le tamoul est obligatoire, mais il est possible
d'employer le malayalam à Mahé et le télougou à Yanam. Il en est ainsi de
l'anglais qui peut ("may") être employé.
Quant à l'article 4 de la
Loi sur les langues officielles
de Pondichéry, il précise que l'anglais, nonobstant les
dispositions de l'article 3, peut être utilisé en totalité ou en partie
aux fins officielles du territoire de l'Union:
| Section 4
Use of the English language for official purposes.
Notwithstanding anything contained in section 3, as from the
commencement of this Act the English language
may be used for all or
any of the official purposes of the Union territory.
|
Article 4
[traduction]
Emploi de l'anglais à des fins officielles
Nonobstant les dispositions
de l'article 3, à partir de l'entrée
en vigueur de la présente loi, la langue anglaise
peut être utilisée
en totalité ou en partie aux fins officielles du territoire de l'Union.
|
Autrement
dit, l'anglais peut se substituer à toute autre langue, y compris au tamoul.
Dans les faits, toutes les lois sont rédigées en anglais, traduites en
tamoules, très rarement en malayalam ou en télougou, jamais en français.
D'après la
Loi sur les langues officielles
de Pondichéry de 1965, il
n'est fait aucune mention du français. En effet, juridiquement parlant, le
français n'est pas une langue officielle, puisque seulement quatre (tamoul,
malayalam, télougou et anglais) sont explicitement nommées. Pourtant,
l'emploi du français est légal dans le territoire de Pondichéry; il est même
incontestablement admis
par tous, même sans texte juridique formel. Cet emploi du français
relèverait donc de la pure tradition orale, c'est-à-dire du droit coutumier
et de la Common Law britannique, tel
qu'il a été établi à
l'article 28 du
traité de cession: «Le français doit rester la
langue officielle des Établissements aussi longtemps que les
représentants élus de la population n'auront pas pris une décision
différente.» Pour le gouvernement de Pondichéry, le territoire se
veut néanmoins «the Window of French Culture», une expression qu'avait
lui-même utilisée l'ancien premier ministre indien, Jawaharlal Nehru
(1947-1964) en 1954 lors de la rétrocession du territoire. À l'hôtel de
ville de Pondichéry, Nehru avait insisté sur l'importance de préserver la
culture française à Pondichéry; il voulait que le territoire demeure une
«fenêtre de la France sur l'Inde» ("a window of France on India").
Il faut aussi comprendre que la co-officialité
des langues n'est pas uniforme sur le territoire. Ce multilinguisme se
prête à de nombreuses applications, lesquelles tiennent compte de la
situation géographique, du district, du quartier, de la fonction de
communication, etc. En principe, le tamoul est la langue officielle du
gouvernement territorial, mais le télougou et le malayalam le sont également dans les
communications avec les autres États, notamment le Kerala, l'Andrha Pradesh
et le Tamil Nadu. De plus, l'anglais peut remplacer l'une des ces trois
langues en toutes circonstances. Quant au français, il ne conserve son
statut de co-officialité que de façon strictement symbolique, surtout dans la ville de
Pondichéry.
4.1 La législation
territoriale
Bien qu'il puisse exister juridiquement cinq
langues officielles pour le territoire de Pondichéry, seuls deux d'entre elles
sont employées pour la rédaction des lois et règlements. Ainsi, l'Assemblée
législative locale ne rédige
ses lois qu'en anglais, les traduit en tamoul, mais conserve le titre du Journal officiel
en trois langues, c'est-à-dire en tamoul, en français et en anglais:

En ce qui a trait au français, son statut est
avant tout symbolique. Les débats des parlementaires se déroulent
généralement en tamoul, mais l'anglais peut aussi être utilisé, même le français
(théoriquement).
4.2 La dénomination du
territoire
En 2006, l'Assemblée législative de
Pondichéry, avec l'approbation du gouvernement central, a adopté une loi
modifiant le nom du territoire fédéral. Le nom Pondicherry (en
anglais) a été changé pour Puducherry, un nom tamoul. Selon les
fonctionnaires qui ont proposé cette nouvelle appellation, le nouveau nom,
qui signifie «nouveau village», doit mieux refléter l'histoire autochtone de
la région. En réalité, ce mot était celui utilisé à l'origine et
l'administration française a employé ce nom dès le début pour son usage
officiel. Avec le temps, les Français l'ont modifié en Pondichéry (en
anglais: Pondicherry). Le gouvernement territorial a ordonné
d'employer le mot Puducherry dans toutes les places publiques. Ce
sont des nationalistes tamouls qui ont réussi à influencer le gouvernement
pour imposer la nouvelle appellation.
Cependant, pour beaucoup de Pondichériens,
le mot Pondicherry est demeuré l'appellation la plus populaire pour
désigner la ville. L'ordonnance du gouvernement n'a
jamais été respectée, sauf dans le titre du Journal officiel ("Gazette de
l'État de Poudouchéry"), dans la correspondance en tamoul et dans la société
de transport. Pour les reste, ni les fonctionnaires ni le public n'ont tenu
compte de cette ordonnance. Lorsqu'un document officiel est rédigé en anglais,
le mot Pondicherry continue d'être utilisé. Il s'agit là d'une des
nombreuses contradictions de la politique linguistique du gouvernement
territorial.
4.3 Les services aux
citoyens
Selon la politique linguistique du
gouvernement, le tamoul doit être employé pour toutes les fins officielles
du territoire de l'Union. Dans le cas des districts de Mahé et de Yanam, le
malayalam et le télougou peuvent être respectivement employés pour ces mêmes
fins. Dans les faits, la loi territoriale n'est pas respectée par le
gouvernement. Tous les documents officiels destinés au public sont
uniquement rédigés en anglais. Les fonctionnaires n'utilisent le tamoul que
pour répondre à des requêtes rédigées en tamoul; il en est ainsi à Mahé avec
le malayalam, à Yanam pour le télougou et avec le tamoul à Karaikal. Bref,
tous les textes officiels
sont rédigés en anglais, souvent traduits en tamoul, parfois en malayalam et
en télougou, mais jamais en français.
De plus, si le gouvernement fait des
efforts pour répondre en tamoul, c'est en grande partie dû aux interventions
répétées du Committee for Tamil Development ("Comité
d'action pour le développement du tamoul") ou ACTD, un organisme formé
surtout d'enseignants et de spécialistes du tamoul et destiné à la promotion du
tamoul comme langue administrative et langue d'enseignement dans le but de
«protéger le tamoul de la dominance des autres langues.» Depuis quelques
années, l'administration du territoire a commencé à employer le tamoul, même
de façon limitée. En raison des demandes persistantes de l'ACTD, le
gouvernement a émis une ordonnance
informant tous les fonctionnaires de signer les registres officiels en
tamoul. Par la suite, le gouvernement n'a jamais insisté pas sur le suivi
de cette directive. L'anglais est redevenu rapidement privilégié comme langue de
l'administration et du pouvoir, bien que seule une petite minorité
de 454 locuteurs puisse maîtriser cette langue.
Précisons que la plupart des
fonctionnaires, surtout ceux exerçant des postes de direction dans le
gouvernement territorial, proviennent des services du gouvernement central.
Il en résulte que le
transfert du personnel hindiphone à Pondichéry, Mahé, Karaikal et Yanam
réduit considérablement l'usage du tamoul dans l'administration, les
fonctionnaires demeurant plus à l'aise en anglais et en hindi qu'en tamoul.
D'une part, le gouvernement territorial n'est pas prêt à renoncer à
l'anglais ni renvoyer son personnel, quitte à lui faire apprendre le tamoul,
d'autre part, il ne veut pas se mettre à dos les mouvements pro-tamouls.
C'est pourquoi il ne pratique pas une politique stricte de promotion du
tamoul. En ce qui a trait au français, le gouvernement ne s'oppose pas à son
emploi, car il considère la langue française et sa culture comme un héritage
culturel prestigieux.
Cela étant dit, il faut admettre que le
gouvernement pondichérien a mis en œuvre certains programmes destinés à
promouvoir en douceur le tamoul. Ces programmes concernent surtout
l'attribution de récompenses, subventions ou prix liés à la production de
littérature, musique, prose, danse ou autres œuvres artistiques ou de
festivals reliés à la langue tamoule.
Pour les membres du Comité
d'action pour le développement du tamoul (ACTD), ces activités, bien que
fort utiles, demeurent insuffisantes, car elles n'améliorent guère le statut
de la langue tamoule. Il convient plutôt d'appliquer les dispositions
de la Loi sur les langues officielles de 1965. Pour ce faire, il faut
activer l'emploi du tamoul au sein de l'administration gouvernementale,
rendre la maîtrise du tamoul obligatoire pour obtenir un emploi dans la
fonction publique, accorder la préséance aux candidats maîtrisant le tamoul,
publier des glossaires administratifs de tamoul, former les fonctionnaires
en tamoul et faire suivre des cours de tamoul aux fonctionnaires qui
ignorent cette langue.
L'ACTD recommande aussi au gouvernement
d'imposer des affiches ou enseignes en tamoul pour identifier le nom des
établissements publics et privés, d'employer en tout temps l'appellation
Pudu Cheri (en tamoul) au lieu de l'anglais Pondicherry, de
recourir à des symboles tamouls pour les chiffres et le calendrier,
d'imposer le tamoul pour l'enregistrement des véhicules et les cérémonies
religieuses, interdire l'usage du sanskrit ou d'autres langues dans les
cérémonies de mariage. L'ACTD demande, entre autres, que le gouvernement
écoute l'avis des spécialistes du tamoul pour trouver des solutions aux
problèmes linguistiques et de prévoir qu'un de ces spécialistes siège de
facto à l'Assemblée législative de Pondichéry.
Il n'est pas dans les habitudes du
gouvernement territorial d'imposer des mesures obligatoires en matière de
langue. Le principe appliqué depuis des décennies, c'est de ne pas
intervenir ou à tout le moins tout en douceur en ne contrariant pas les
citoyens dont le vote décide de l'avenir politique de chacun des
politiciens. L'une des façons courantes de faire (depuis plus de cinquante
ans), c'est d'accepter d'intervenir par des ordonnances en se gardant bien
de les faire appliquer par la suite.
4.4 L'affichage
Les noms de rue à Pondichéry constitue un
autre aspect de l'aménagement linguistique. Les vestiges du régime français
sont toujours présents dans la ville de Pondichéry (moins à Karaikal), dans
l'urbanisme, les routes, les maisons, etc. La ville est construite avec des
rues projetées d'est en ouest et du nord au sud dans un rectangle parfait;
cet alignement à angle droit des rues reste un héritage vivant des
bâtisseurs français. Un long canal qui coule du
nord au sud a été construit pour distinguer l'ancien quartier des Blancs et
celui des Noirs, les Indiens. Les noms de rue témoignent du statut des
langues dans la ville de Pondichéry. On distingue trois types de panneaux
pour les noms de rue:
1) Panneaux en français ou bilingues français-tamoul;
2) Panneaux en tamoul ou bilingues tamoul-anglais;
3) Panneaux unilingues tamouls.
Sur les panneaux bilingues
français-tamoul en métal, les mots sont rédigés avec des lettres
blanches sur fond bleu. Ils sont généralement fixés sur les murs
de la première et de la dernière maison de chaque rue. Le nom de
la rue peut être en tamoul en dessus et en français en dessous.
Sous le régime français, c'était l'inverse: le français était au
dessus, le tamoul, en dessous. Ce positionnement indique
clairement le statut du français aujourd'hui.
Notons que le nom des rues dans la ville «blanche» désignent
souvent des personnalités françaises (Rue Duplexi, Rue François-Martin,
Rue Saint-Louis, Rue Mahé de Labourbonnais), notamment des
gouverneurs. Dans la ville «noire», les noms sont en tamoul ou
en tamoul et en anglais, et désignent des personnalités
indiennes (Nehru Street), des temples (Muthu Mariamman
Koil Street, Cathedral Street) ou des castes (Chetty
Street). Bien que la tendance actuelle soit de privilégier les
dénominations anglaises, la Ville de Pondichéry fait des efforts pour
conserver la langue et la culture françaises dans le paysage linguistique.
Pour sa part, la bibliothèque Romain-Rolland, fondée en
1827, possède une vaste collection de plus de 60 000 volumes en français, en
anglais et en tamoul.
4.4 L'éducation
Bien que le territoire de Pondichéry
ait une politique globale concernant les langues
officielles, il n'a jamais élaboré une politique unique relativement
à l'éducation et à l'enseignement des langues. En raison de la
discontinuité géographique des quatre districts (Pondichéry,
Karaikal, Yanam et Mahé), lesquels constituent l'Union territoriale, la
politique linguistique correspond à celle des États
voisins, qui devient celle du territoire pondichérien. Ainsi, le
district qui se trouve près de l'État concerné adopte la politique
d'enseignement de cet État. Par exemple, les districts de Pondichéry et
de Karaikal,
situés près du Tamil Nadu, là où le tamoul est la langue officielle,
ont comme politique d'enseignement celle de l'État du Tamil Nadu. Le district de Mahé, qui est
enclavé dans l'État du Kerala, adopte la
politique de cet État, alors que le district de Yanam adopte la politique
en usage en Andhra Pradesh. Les examens publics pour les
différentes étapes au cours des études sont aussi décidés par ces États pour les étudiants de Pondichéry.
Ainsi, pour ce qui est de l'éducation, le territoire de Pondichéry est
considéré comme une partie des États respectifs, soit le Tamil Nadu, le Kerala
et l'Andhra Pradesh.
Par conséquent, le territoire de Pondichéry a deux politiques différentes
en ce qui concerne l'enseignement des langues: l'une pour
l'agglomération de Pondichéry, l'autre pour les districts de Yanam,
Karaikal et Mahé.
- L'agglomération
urbaine de Pondichéry
Dans l'agglomération urbaine de
Pondichéry, l'enseignement des langues est à la fois complexe et unique, car
plusieurs langues sont dispensées: le tamoul, l'anglais, l'hindi, le
sanskrit et le français. Le nombre des langues offertes de façon facultative
ou obligatoire dans les divers niveaux d'enseignement varie d'une école à
l'autre. La situation se présente ainsi: les élèves apprennent le tamoul,
l'hindi ou le français comme première langue. Il leur est possible de
choisir l'une de ces trois langues dans les écoles comme leur langue
maternelle et même de changer cette langue au cours des étapes ultérieures
jusqu'au secondaire, et ce, que ce soit dans les écoles publiques ou
privées. Le français est demeuré l'une des langues offertes parce que
beaucoup de Pondichériens, au moment de la cession de Pondichéry à l'Inde,
ont opté pour la citoyenneté française. Cest pourquoi le gouvernement de
Pondichéry a offert le français comme première langue (ou langue maternelle)
dans les programmes scolaires. Le gouvernement a aussi ouvert des écoles
françaises non seulement à Pondichéry, mais aussi à Villianur, qui
appartient à la région administrative de Pondichéry, et à Karaikal.
De son côté, la France possède une école appelée
"Lycée
français de Pondichéry", dans laquelle la seconde langue enseignée est l'anglais,
mais le tamoul, l'allemand ou l'espagnol est offert comme troisième
langue. Dans les écoles françaises publiques, l'anglais est enseigné
comme matière, mais pas le tamoul. Dans l'agglomération urbaine de
Pondichéry, aucune école n'offre
le télougou ou le malayalam. Les familles qui proviennent de Mahé ou
de Yanam préfèrent pour leurs enfants l'hindi comme première langue plutôt que
le tamoul. Il y a un nombre significatif de bilingues chez les
hindiphones dans le territoire de Pondichéry. De plus,
afin de faciliter la tâche aux enfants des employés du gouvernement central, l'hindi est présenté comme langue
maternelle dans le système
scolaire de Pondichéry. La plupart des écoles anglaises privées offrent
le tamoul, l'hindi ou le français comme première
langue.
- Les districts de Mahé et
de Yanam
Dans les districts de Mahé (enclavé dans
le Kerala) et de Yanam (enclavé dans l'Andhra Pradesh), la
formule trilingue est adoptée. Le tamoul, le télougou et le
malayalam sont dispensés comme première langue dans leur région respective,
c'est-à-dire le malayalam au Kerala (et Mahé), le télougou en Andhra Pradesh
(et Yanam) et le tamoul au Tamil Nadu (Pondichéry et Karaikal). L'anglais
est la seconde langue, mais l'hindi est enseigné à Mahé et à Yanam à partir de la
cinquième année. Les élèves, qui ont
opté pour l'hindi ou le français comme langue maternelle, doivent
apprendre le tamoul comme langue complémentaire. Cela signifie que ces
élèves doivent d'abord étudier leur langue maternelle (la première langue),
soit l'anglais et le tamoul, alors que les autres élèves de langue maternelle
tamoule apprennent seulement deux langues, c'est-à-dire le tamoul et
l'anglais.
- L'enseignement de
l'hindi
La situation géographique de l'Union
territoriale de Pondichéry est, comme le sait, fragmentée (divisée en quatre
districts dispersés). De plus, elle est située dans l'ère linguistique des
langues dravidiennes et non dans celle des langues indo-iraniennes comme
pour les États du Nord. Pourtant, l'hindi, l'une des langues officielles de
l'Inde et la plu importante langue du Nord, demeure une langue presque
incontournable dans cette partie du sud de l'Inde. Cette situation
s'explique en partie par le fait que Pondichéry n'a pas le statut d'un État,
mais celui d'un territoire de l'Union. Par ailleurs, rappelons qu'une grande
partie des fonctionnaires est issue du personnel du gouvernement central,
dont la langue officielle est l'hindi. Il faut aussi se rappeler que l'hindi
n'est pas, au plan numérique, une langue importante dans le territoire: elle
n'est parlée que par 0,4 % de la population. Pourtant, l'hindi est à ce
point incontournable que beaucoup de Pondichériens désirent apprendre
l'hindi en raison des possibilités d'emploi dans toute l'Inde. Évidemment,
tant que les citoyens demeurent dans les limites territoriales de
Pondichéry, soit
293 km², il n'y a pas de problème, mais la quasi-totalité des
Pondichériens doivent quitter leur petit territoire d'origine.
Or, l'étude de l'hindi dans les écoles de Pondichéry est
axée sur l'usage de la langue écrite, donc sur la langue des manuels
et des dictionnaires. Les élèves et étudiants
apprennent cette variété d'hindi dès le début de leurs études. Une
fois sur le marché du travail, ils éprouvent certaines difficultés
d'adaptation, car la langue qu'ils ont apprise n'est pas celle que parlent
la plupart des hindiphones. Il peut même arriver, selon les régions de
l'Inde, qu'ils ne comprennent rien à l'hindi parlé, surtout s'il est teinté
d'influences dialectales. Par contre, les élèves qui apprennent le tamoul à
l'école se rendent compte qu'il est sensiblement le même que celui parlé
dans la vie quotidienne.
- Le français
Le français enseigné dans les écoles de
Pondichéry est également celui des livres et des manuels. Cependant, les
possibilités de rencontrer de vrais francophones se limitent probablement à
des touristes français en visite à Pondichéry. En effet, outre les
ressortissants français, les vrais «francophones» (plutôt «francophiles)
de Pondichéry semblent être les quelque 1400 élèves du lycée français (le plus
important des huit établissements du sous-continent indien) et les 400 élèves
de l'école de l'Ashram. Ces deux établissements dispensent des cours de français dans l'enseignement,
la centaine d'étudiants des établissements indiens, du secondaire au supérieur,
qui apprennent le français comme langue étrangère, les 600 étudiants de l'Alliance française et un petit millier de
personnes; enfin, des anciens fonctionnaires de l'administration coloniale, des enseignants de français ou
des membres de l'Ashram.
En tant que langue étrangère, le français conserve
encore un rôle appréciable. À l'école, le français bénéficie d'une situation unique dans
la mesure où, l'anglais étant la langue normale d'enseignement, il reste la seule langue
étrangère.
- Les propositions de
l'ACTD
Quant au Comité d'action pour le
développement du tamoul (ACTD), il propose au gouvernement de rendre
obligatoire l'enseignement du tamoul dans toutes les écoles non tamoules,
dans tous les districts, à partir de la cinquième année; il propose aussi
l'enseignement de l'anglais comme langue seconde à partir de la sixième
année. L'ACTD va encore plus loin en suggérant au gouvernement de
transformer toutes les écoles anglaises en écoles tamoules et d'obliger les
universités à employer le tamoul dans l'enseignement. Le comité demande
également qu'il ne soit plus possible d'obtenir un diplôme d'études
primaires ou secondaires, sans même connaître la langue tamoule.
- L'enseignement
universitaire
Dans l'enseignement universitaire,
la
Loi sur l'Université de
Pondichéry (1985) précise que l'Université de Pondichéry a le droit de
dispenser et d'organiser des études en français (art. 5) et que les
ressortissants français d'origine indienne, autorisés à résider à long terme
dans l'Union territoriale de Pondichéry, peuvent également être admissibles à
cette université (art. 8):
|
Article 5 Pouvoirs de l'Université
L'Université dispose des pouvoirs suivants,
notamment:
1) dispenser un enseignement dans les disciplines
d'études comme l'Université peut, de temps à autre, le décider et
prendre les dispositions pour la recherche, l'avancement et la
diffusion des connaissances;
2) dispenser et organiser des études
en français;
[...]
Article 8
Université ouverte à toutes les castes
de classes et de croyance
1) L'Université doit être ouverte
aux personnes des deux sexes et de races, de religions, de classes
ou de castes divers, et il n'est pas permis à l'Université d'infliger ou
d'imposer à une personne un interrogatoire, que ce soit sur la
croyance religieuse ou la profession afin de lui accorder le droit
d'être admis à l'Université, et ce, autant pour un enseignant que
pour un
étudiant, ou de détenir un poste pour y obtenir un diplôme:
Que rien dans le présent article ne soit
considéré pour empêcher l'Université de prendre des dispositions
particulières pour des groupes plus faibles de la clientèle,
notamment pour les castes et les tribus reconnues.
2) Les
ressortissants français d'origine indienne
qui ont été autorisés à résider à long terme dans le territoire
d'Union de Pondichéry en vertu des dispositions du traité de cession
peuvent également être admissibles à l'Université. |
Dans les faits, la plupart des cours sont
dispensés en anglais, parfois en tamoul ou en hindi, rarement en français.
Cela étant dit, c'est le seul texte de loi du territoire de Pondichéry à
employer le mot «français» ("French") dans un texte.
4.5 Les médias
Le territoire de Pondichéry reçoit de
nombreux journaux indiens et étrangers, mais n'en produit que fort peu en raison
de sa petite population. Il existe des journaux tamouls tels que Daily
Thanthi, Dinamalar National, Dinamani, Dinakaran, Malai Malar Evening Tamil,
tous publiés à partir du Tamil Nadu. Le Dinamani, le Dinamalar et
le Dinakaran sont publiés avec des adaptations locales. Certains
périodiques, publiés à Pondichéry et en petit nombre, sont en tamoul comme le
French Nesan (800 exemplaires), le Sukha Jivani (100 exemplaires) et
le Indian Advertiser en français, en anglais et en tamoul (100
exemplaires). ll existe aussi deux magazines mensuels, le teLi Tamil et le
Vellum tu:ya Tamil, lesquels sont destinés aux Tamouls afin de
promouvoir la langue tamoule à Pondichéry. Les quotidiens nationaux anglophones
tels The Hindu, le Deccan Herald, l'Indian Express, le
Times of India et le Hindustan Times sont également très populaires
auprès du lectorat pondichérien. Par ailleurs, quelques commerces de Pondichéry
(Grinde, Focus, Nilgiri, etc.) distribuent des périodiques français
régulièrement tels que Paris Match, L'Express, Le Point, Le Monde, etc.
Pour les médias électroniques, tous les
Pondichériens peuvent capter les ondes des stations et canaux en provenance
des autres États. Les pratiques
observées démontrent que les Pondichériens choisissent leurs médias
électroniques en fonction de la langue du diffuseur. Ainsi, les locuteurs du
bengali, de l'oriya, du sindhi, du gujarati et de l'hindi préfèrent des
émissions en hindi sur Doordarshan et Zee TV. Mais les locuteurs du
télougou, du malayalam, du marathi, de l'ourdou et du kannada choisissent des
émissions en tamoul. Quoique les canaux comme Udaya, Gemini, Asianet,
etc., soient disponibles en kannada, en télougou et en malayalam, les locuteurs
de ces langues préfèrent des canaux en tamoul. Les locuteurs du marathi et
de l'ourdou regardent plus fréquemment des canaux en télougou. Pondichéry
offre par satellite ou par câble des émissions en français sur TV5.