 |
L'Estrémadure (Extremadura en espagnol) est l'une des 17
Communauté autonome l'Espagne. D'une superficie de
41 634 km² (Aragon: 47 719 km²; Catalogne:
32 114 km²; Belgique:
32 545
km²), le territoire est situé
dans le sud-ouest de la Meseta; il est entouré à l'ouest par le Portugal,
au nord par la Castille-et-Léon, à l'est par la Castille-La Manche,
au sud par l'Andalousie.
La capitale de l'Estrémadure est Mérida. La Communauté autonome
est composée de deux provinces :
Cáceres au nord et
Badajoz au sud. |
Le drapeau de l'Estrémadure est formé de trois bandes
horizontales de couleurs vert, blanc et noir. Le vert est la couleur de
l'emblème de l'Ordre d'Alcántara, qui provient de la province de Cáceres;
c'était aussi la couleur de l'islam, alors que l'Estrémadure, une taifa, a
vécu sa seule période en tant que territoire indépendant. Le blanc est la
couleur employée dans la bannière du Royaume de Léon, alors que
l'Estrémadure était désignée comme la région d'Extremadura
de León. Le noir aurait été choisi en l'honneur de l'étendard de
la dynastie des Aftásidas (Berbères arabisés) du Royaume de Badajoz.
La dénomination officielle pour désigner le gouvernement autonome est
Gobierno de Extremadura
(en français: gouvernement d'Estrémadure), ce qui
correspondrait à un «Exécutif gouvernemental». Le gouvernement
est aussi appelé Junta de Extremadura
: «Junte
d'Extrémadure». Le
gouvernement est composé du président ("Presidente"), de deux vice-présidents ("Vicepresidente")
et de «conseillers» ("Consejeros») équivalant à la fonction de «ministres». Le
président est élu par le parlement d'Estrémadure, mais nommé par le roi d'Espagne.
À l'instar des autres Communautés autonomes,
l'Estrémadure utilise les termes
Consejerías (ancien français: «conseillerie»),
ainsi que conselleiro / conselleira
(fr. «conseiller / conseillère»), qui servent à
désigner les ministères et les ministres du gouvernement d'Estrémadure. On peut, en français, employer l'expression «ministre-conseiller» (ou
«ministre-conseillère»), voire simplement «ministre», pour rendre compte
adéquatement du terme conselleiro /
conselleira ; le terme français «conseiller» correspond mal à la fonction
dévolue aux conselleiros / conselleiras
en Espagne, car ces postes n'ont rien à voir avec une «personne qui donne des
conseils» — conseiller
juridique, conseiller d'orientation, etc. —
ou qui fait partie, par exemple, d'un conseil municipal. De plus, le mot
vicepresident (fr. «vice-président») sert
d'équivalent à «premier ministre». En Espagne, les
termes ministerio (fr. «ministère») et ministro / ministra (fr.
«ministre») désignent les ministères et les ministres du
gouvernement central, et non ceux des Communautés autonomes; le premier
ministre du gouvernement espagnol est désigné par l'expression Primer
ministro (fr. «premier ministre»).
2 Données démolinguistiques
La Communauté autonome de l'Estrémadure comptait une
population de
1,0 million
en 2008.
La seule langue officiellement identifiée est le
castillan, mais d'autres langues sont également parlées en Estrémadure, dont
l'estrémadurien, le portugais, l'arabe marocain, le roumain, le chinois,
etc. Moins de 80 % des habitants parlent le castillan comme langue
maternelle, mais presque toute la population utilise cette langue à un titre
ou à un autre, puisque c'est la langue officielle. Dans
le sud et l'est de la province de Cáceres ainsi que dans la province de Badajoz,
il existe des parlers
traditionnels de castillan, qui sont des variétés castillanes partageant avec
l'estrémadurien
septentrional des caractéristiques méridionales (dont le diminutif -ino
et quelques aspects lexicaux).
En 2007, l'Estrémadure comptait environ 30 000 étrangers, ce
qui représentait 3 % de la population totale. La plus grande communauté
immigrante parle l'arabe marocain (9218 personnes), et elle est suivie par le
portugais (4676), le roumain (4324), le chinois (630), etc.
2.1. L'estrémadurien
L'estrémadurien — appelé extremeño en castillan et estremeñu
en estrémadurien — est une langue romane issue du latin, parlée par
environ 200 000 locuteurs. Cette variété du groupe asturo-léonais
("asturleonés") est désignée de façon fort
différente. Ainsi, l'asturo-léonais de la province de Léon est appelé
léonais (leonés en
castillan; llingua llïonesa en léonais), asturien ("asturiano")
ou bable dans les Asturies,
estrémadurien ("estremeñu") en Estrémadure,
cantabre ("cántabro",
"cántabru" ou "montañés") en
Cantabrie et
mirandais ("mirandés") au
Portugal.
Dans le
Livre Rouge de l'UNESCO sur les langues
«en danger»,
le léonais, l'asturien, l'estrémadurien, le cantabre et le mirandais
sont désignés de façon distincte, tout en considérant le mirandais
comme une variété du léonais. Pour les philologues et les
linguistes, l'asturien, le léonais (estrémadurien et cantabre) et le mirandais constituent trois
variétés d'une même langue appartenant au sous-groupe asturo-léonais ("subgrupo asturleonés").
Voici un exemple de l'article 3 de la Constitution espagnole (par. 2) en
léonais et en asturien:
|
Version française |
Version léonaise |
Version asturienne |
Version castillane |
|
2)
Les autres langues espagnoles sont également officielles
dans les différentes Communautés autonomes en accord avec
leurs Statuts.
|
2) Las outras llinguas hespañolas
sedrán tamién ouficiales nas
respeutivas Comunidaes Autónomas d'alcuerdu
cunos sous Estatutos. |
2) Les otres llingües españoles
serán tamién oficiales nes
respectives Comunidaes Autónomes
acordies colos sos Estatutos. |
2) Las
demás lenguas españolas serán también oficiales en las
respectivas Comunidades Autónomas de acuerdo con sus
Estatutos. |
 |
Quant à l'estrémadurien lui-même,
il est parlé dans le nord-ouest de
l'Estrémadure, plus précisément dans la province de
Cáceres, ainsi que dans le sud de la province
de Salamanque (Castile-et-Léon). L'estrémadurien est aussi désigné par le
terme castúo, bien que ce mot puisse
porter à confusion parce qu'il désigne tant la langue de
transition du Léon (castúo)
que les variétés castillanes de l'Estrémadure et
des populations de Séville et de Cordoue, d'influence
léonaise. En Castille-et-Léon, l'estrémadurien est parlé
dans les agglomérations de la Salamanque de Rebollar, Rodrigo
et
Béjar.
Les statistiques sur le nombre des
locuteurs parlant cette langue sont anciennes et guère
fiables. Il n'existe pas d'études récentes sur l'ensemble de
ces parlers, notamment en Estrémadure, dans le Léon et en
Cantabrie, mais dans les Asturies et au Portugal les
statistiques peuvent être considérées comme assez précises.
Au total, on estime qu'il y aurait environ 720 000 locuteurs de cette
langue. En Estrémadure, on compterait quelque 200 000
locuteurs de l'estrémadurien; dans la province de Salamanque
(Castille-et-Léon), moins de 2000 locuteurs. |
Dans la province de Cáceres, l'estrémadurien est parlé
dans les comarques de Sierra de Gata, Las Hurdes, Guijo de Santa Barbara,
la vallée de l'Alagón,
de Riberos del Tajo-Alagón, de Riberos del Tajo-Almonte et
la vallée de Jerte (Piornal, Rebollar ou Torno), la vallée de l'Ambroz,
de Monfragüe et de Berzocana-et-Madroñera, ainsi que dans la comarque de
Las Villuercas-Guadalupe.
Soulignons aussi que, au Portugal, dans le district de Beja, il existe une
petite municipalité du nom de Barrancos (1825 hab.) dont la population parle
le "barranquenhu", une variété linguistique à base de portugais avec une forte influence de
l'estrémadurien méridional ("bajoextremeño").
On lui donne aussi en espagnol le
nom de "dialecto barranqueño" ou de "fala de Barrancos".
2.2 Les variétés
asturiennes
Dans les Asturies, on distingue
l'asturien occidental, l'asturien central et l'asturien oriental. Ce
sont les termes qu'a utilisé le philologue espagnol médiéviste Ramón
Menéndez Pidal (1869-1968): le léonais occidental, le léonais central et
le léonais oriental. L'estrémadurien n'est pas
reconnu comme une «langue», mais comme un idiome ("idioma extremeño"),
un dialecte ("dialecto extremeño") ou une
«modalité linguistique de
l'asturo-léonais» ("modalidad lingüística del Asturleonés"). Selon les linguistes espagnols, il
faudrait distinguer trois «dialectes»:
- l'artu
ehtremeñu ou altoextremeño : estrémadurien
septentrional;
- le meyu ehtremeñu ou medioextremeño : estrémadurien
central;
- le bahu ehhtemeñu ou bajoextremeño : estrémadurien
méridional.
La variété septentrionale est
considérée comme la plus «pure» et celle qui est parlée
par la majorité des locuteurs de l'estrémadurien; elle sert de norme
officielle. Cette variété est parlée dans le nord-ouest de la
communauté autonome d’Estrémadure et dans le sud-ouest de
Salamanque (une province de la communauté autonome de
Castille-et-León). Chacune de ces trois
grandes variétés est subdivisée à son tour en diverses variantes sous-dialectales,
tout en conservant une intercompréhension entre les
trois.
L'estrémadurien septentrional (altoextremeño)
est habituellement considéré comme un parler asturo-léonais de transition avec
des formes méridionales de castillan, une variété différenciée du castillan
parlée dans la partie nord-ouest et centre-nord de la province de Cáceres et d'une
partie du sud-ouest de la Salamanque. L'estrémadurien septentrional
connaît lui-même de nombreuses variantes:
Habla del Rebollar
Alto extremeño occidental
Altoextremeño hurdano
Altoextremeño serragatino
Habla de Garrovillas y Serradilla
Altoextremeño oriental
Chinato (Malpartida de
Plasencia)
Altoextremeño meridional |
Parler de Rebollar
Haut estrémadurien occidental
Haut estrémadurien hurdano
Haut estrémadurien serragatino
Parler de Garrovillas et Serradilla
Haut estrémadurien oriental
Chinato (Malpartida de
Plasencia)
Haut estrémadurien méridional (Berzocana et Madroñera) |
L'estrémadurien central (medioextremeño) et l'estrémadurien
méridional (bajoextremeño), parlés dans le reste
de l'Estrémadure, sont au moins depuis le XVIIe siècle
des parlers castillans méridionaux de transition avec le léonais
(comme les parlers murciens le sont avec le
catalan), et leur influence s'exerce jusqu'à la Sierra de Aracena,
en Huelva. Pour résumer, on peut dire que toutes les variantes
estrémaduriennes — septentrionales, méridionales et centrales — partagent certaines
caractéristiques avec les formes méridionales du castillan.
Sur le territoire de la Castille-et-Léon, l'estrémadurien est une langue en
voie d'extinction.
Par ailleurs, les locuteurs de l'estrémadurien ont développé
une conscience négative de leur «idiome». Le sentiment le plus généralisé,
c'est qu'ils «parlent mal le castillan» ("hablan
es un mal castellano") et qu'ils doivent «corriger» ( "corregir") les mots
«incorrects» ("incorrectos"). L'estrémadurien
est perçu comme un «parler rustique» ("rústico") et de «faible niveau
d'instruction» ("de escasa educación"). Par contre, en situation non
surveillée, les étudiants qui font des études universitaires affirment
qu'ils parlent mal le castillan et bien l'estrémadurien. La pression à la
fois des médias et de l'école étant ce qu'elle est, il n'est guère
surprenant que l'estrémadurien soit perçu négativement. De plus, la
transmission de la langue est progressivement réduite chez les jeunes
générations. Les jeunes connaissent de moins en moins les termes locaux
utilisés par leurs grands-parents; lorsqu'ils les connaissent, ils ne les
emploient pas. Le vocabulaire des jeunes s'approche de plus en plus du
vocabulaire commun castillan.
2.3 Le fala
Le fala est une langue ibéro-romane appelée
aussi fala de Xãlima, galaico-extremeño («galégo-estrémadurien»),
gallego de Extremadura («galicien de l'Estrémadure»)
et, de façon négative, chapurreáu. C'est une langue à base
de galégo-portugais parlée par quelque 10 500 locuteurs
habitant le nord-ouest de la province de Caceres, dont 5500
locuteurs permanents, et plus de 5000 autres résidents qui y
habitent seulement l'été. Il s'agit de trois villages,
Valverde del Fresno, Eljas et San Martín de Trevejo, situés
dans une vallée isolée appelée «vallée de Xãlima» ou «vallée
du rio Eljas», à l'extrémité nord-ouest de la province de
Cáceres.
 |
Le falla connaît trois variantes: le
valvideiru (parlé dans le village de Valverde del Fresno), le
mañegu (parlé à San Martín) et le lagarteiru
(parlé à Rio Eljas). Ces trois variantes ne connaissent que
de faibles différences, lesquelles ne sont pas suffisantes
pour nuire à l'intercompréhension. Tout locuteur du fala
peut aussi comprendre le galicien, sans problème majeur,
mais les locuteurs du fala demeurent conscients qu'ils ne
parlent pas le galicien et ils ne s'identifient pas à cette
langue. Ils n'écrivent qu'en castillan, car le fala ne
s'écrit pas; les usagers du fala ne veulent pas non plus
que leur langue s'aligne sur l'orthographe du galicien.
Évidemment, la proximité du Portugal explique le caractère
de transition du fala. Ces populations ont vécu isolés
depuis le XVIe
siècle et ont peu ainsi conservé leurs particularités
linguistiques.
|
Cependant, depuis plusieurs décennies, le
castillan pénètre de plus en plus dans la langue fala, ce
qui entraîne des modifications dans la grammaire et le
vocabulaire de cette langue très vulnérable. De façon générale,
les locuteurs du fala utilisent le castillan à l'école, à
l'église et avec les étrangers; le fala est réservé aux
communications informelles. Le fala n'a jamais été
reconnu officiellement, mais,
le 20 mars 2001, il a été
déclaré par décret «bien d'intérêt
culturel» ("Bien de Interés Cultural") par la Junte
d'Estrémadure.
3 Bref historique
Le territoire de
l'Estrémadure a été une région habitée par les Ibères, les
Celtes et les Lusitaniens, sans compter les invasions des
Phéniciens, des Grecs et des Carthaginois.
3.1 Une province
romaine
 |
Toute la région devint une province
romaine à partir de 27 avant notre ère. Les Romains
pacifièrent la région la divisèrent en provinces : la Gallaecia, la Tarraconensis, la Lusitania, la Baetica et la
Carthagenensis. Le territoire de l'actuelle Estrémadure
était située dans la province de Lusitanie. La présence
de Rome en Espagne dura sept siècles. Les Romains n'ont pas
seulement transmis une administration territoriale, mais ils
ont aussi laissé un ensemble de coutumes sociales et
culturelles, dont la langue latine qui deviendra notamment le
castillan.
Après plus d'un siècle sans présence étrangère, les Wisigoths s'installèrent
dans la région au VIe siècle,
mais le royaume wisigoth fut menacé au début du VIIIe
siècle par l'invasion arabe.
|
3.2 L'invasion
arabe
Les guerriers musulmans
s'approprièrent presque toute la Péninsule en moins de sept années, sauf
pour les îles Baléares. Le Sud était acquis dès 711, puis la Catalogne
en 712, le royaume de Valence en 714, les Baléares seulement en 903. Le
califat de Cordoue (viiie-xe siècle),
fondé en 756, connut son apogée sous Abd al-Rahmān III (912-961). Les
chrétiens d’Espagne se réfugièrent dans les royaumes restés indépendants
au nord (les Asturies, le Léon, l'Aragon et les Pyrénées), tandis que la
religion et la civilisation musulmanes s’implantaient rapidement dans le
reste de la Péninsule.
3.3 Le Royaume de Léon
Après la mort d'Alphonse III dit le Grand
(866-910), le Royaume des Asturies se divisa et fut réparti
entre ses fils. Le Léon revint à García Ier
ainsi que la Castille et la province de l'Álava (Pays basque),
ce qui créa le Royaume de Léon. Ordoño II reçut la Galice et
Fruela II, les Asturies. Lors du décès de García Ier en 914,
Ordoño II fut proclamé roi de León et de Galice. Le Royaume de
Léon regroupait aussi le Royaume d'Asturies.
Le Royaume de Léon se développa vers le Duero et
la Sierra de Guadarrama jusqu’à l’Estrémadure qui demeura sans
roi. À la mort de Ferdinand Ier
en 1065, le fils aîné Sanche hérita du comté de Castille, qui un
royaume : le royaume de Castille. Le second fils, Alphonse,
reçut le territoire apporté par sa mère, le León. Le troisième,
García, reçut le Royaume de Galice.
Avec Alphonse VIII de Léon (1188-1230), le
royaume s’étendit sur l’Estrémadure, atteignant ainsi une grande
extension territoriale. À cette époque, l’estrémadurien était
encore la langue véhiculaire de toute la région.
3.4 La castillanisation
 |
En 1230, le royaume de Léon fut intégré à la Castille avec
Ferdinand III appelé saint Ferdinand de Castille, roi de
Castille de 1217 à 1230, puis roi de Castille-et-Léon de
1230 à 1252. Cependant, il n’exista pas immédiatement
d’union réelle des royaumes de Léon et de Castille, car les
deux royaumes maintinrent des institutions séparées, des
lois différentes et des systèmes économiques indépendants,
même s'ils partageaient le même monarque. Dans les faits, le
Léon bénéficia de son indépendance jusqu’en 1301. Mais
la région prit le nom de «royaume de Castille» au fur et à
mesure que les rois de Castille étendirent leurs
possessions.
C'est lors de la Reconquête que le mot extremadura prit le sens
de «terre des extrêmes», plateau où hivernaient les troupeaux (privilèges
accordés par Alphonse X le Sage à la Mesta en 1293). Au début, cette appellation
s'appliquait aux terres qui s'étendaient sur la meseta, y compris
Salamanque et l'Andalousie. mais ensuite elle désigna la région "Extremadura de
León", car cette partie de la Lusitanie n'avait pas de nom.
|
Puis, en 1469, Ferdinand
II d’Aragon épousa Isabelle de Castille et les deux royaumes
(l'Aragon et la Castille) s’unirent. L’Espagne alors unifiée
imposa progressivement la castillanisation du royaume, y
compris en Estrémadure, bien
que le catalan continuât de bénéficier de son statut de
langue officielle dans les anciens comtés de la Catalogne.
L'une des causes de la castillanisation rapide de l'Estrémadure
fut sans doute l'influence culturelle de la prestigieuse Université de
Salamanque. Cette université eut pour effet de diviser l'ère l’asturo-léonais
entre l’asturien dans le Nord, et l’estrémadurien dans le Sud. L’expansion du
castillan provint essentiellement par le sud avec la croissance économique de la
province de Badajoz. Dès lors, l'estrémadurien commença son long déclin comme
langue véhiculaire et devint le symbole de l'ignorance et de la pauvreté de la
part de ceux qui le parlaient. Les locuteurs de l'estrémadurien adoptèrent un
comportement diglossique, avec le résultat que cette langue ne servit plus que
de façon informelle à la maison ou entre amis. L'estrémadurien fut réservé
strictement à la communication orale, le castillan pour l'écrit.
Depuis le XVe
siècle, la de l'Estrémadure faisait partie de la province de Salamanque. Par un vote des
Cortès (1653), elle fut définie dans sa forme actuelle. En 1711, fut créée la
Intendencia de Extremadura, dont le siège est d'abord à Mérida, puis à
Badajoz et, en 1790, la Real Audiencia de Extremadura à Cáceres. Ce n'est qu'en
1833 que l'Estrémadure fut divisée en deux provinces, ce qui suscita des
rivalités entre les villes principales pour être le siège des
capitales(Mérida et Badajoz, et Plasencia et Cáceres).
Ce n'est qu'à la fin du
XIXe siècle
que survint la première tentative sérieuse de rédiger des textes
en estrémadurien, notamment grâce au poète José
María
Gabriel y Galán (1970-1905). Mais les tentatives
pour revitaliser l'estrémadurien échouèrent toutes.
Le 26 février 1983, l’Estrémadure
obtint son statut d’autonomie et devint l'une
des 17 Communautés autonomes de l'Espagne. Mais
l'histoire actuelle de
l'Estrémadure demeure encore celle d'une région sous-développée. Plusieurs
organismes non gouvernementaux tentent de
rétablir la langue estrémadurienne et faire de
la province de Caceres une région officiellement
bilingue. Toutefois, les autorités locales ne
semblent pas partager cette vision des choses,
car jusqu'ici tous les projets d'officialisation
et de normalisation ont été rejetés. Tout au
plus, le gouvernement accepterait une certaine
régionalisation du castillan dans le nord-ouest
de la province de Caceres. Dans l'état actuelle
des choses, l'estrémadurien est considéré comme
une langue en danger d'extinction. Pour sa part,
l’APLEx, une
organisation
Aujourd’hui seulement certains organismes font
leur possible pour rétablir la langue et faire de l’Estrémadure
nordique une région bilingue, tandis que le gouvernement et les
institutions pensent que la meilleure solution est que les
habitants de l’Estrémadure du nord-ouest gardent un dialecte
castillan sans l’estrémaduran. Il y a également eu des
tentatives de transformation des dialectes castillans
méridionaux en langue officielle, ce qui déstabilise encore l’estrémaduran
et facilite la tâche de l’administration (rejeter les projets
d’officialisation et de normalisation de l’estrémaduran).
Aujourd’hui cette langue est sérieusement menacée de
disparition, puisque seules les personnes âgées parlent encore
un dialecte déformé de l’original. La majeure partie de la
population d’Estrémadure ignore l’existence même de la langue,
puisque tous les médias écrits et audiovisuels sont en espagnol
castillan.
Une organisation régionale, l’APLEx,
l'Asociación Cultural "Estudio
y Divulgación del Patrimonio Lingüistico Extremeño",
s’efforce de préserver l’estrémadurien. Un journal culturel a
même été créé, l'Iventia rédigé en estrémadurien unifié.
Mais le gouvernement local a d'autres préoccupations et la
survie de l'estrémadurien semble sans intérêt.
4 La politique
linguistique
Il n'existe aucun article formel sur la langue dans le Statut
d'autonomie de 1983 (Ley Orgánica 1/1983, de 25 de febrero,
modificada por Ley Orgánica 8/1994, de 24 de marzo). En effet,
l'article 7 ne porte que sur le «patrimoine historique monumental, artistique et
archéologique» d'intérêt particulier pour la Communauté autonome:
|
Artículo 7
1) Corresponde a la Comunidad Autónoma la
competencia exclusiva en las siguientes materias:
13. Patrimonio monumental histórico, artístico, arqueo-lógico de
interés para la Comunidad Autónoma, sin perjuicio de lo previsto en
el artículo 149.1.28 de la Constitución.
|
Article 7
1) La compétence exclusive dans les
matières suivantes relève de la Communauté autonome :
13. Le patrimoine historique
monumental,
artistique et archéologique
d'intérêt pour la Communauté autonome, sans préjudice des
dispositions prévues à l'article 149.1.28 de la Constitution.
|
Dans la Constitution espagnol de 1978, l'article 149 précise
que l'État central jouit d'une compétence exclusive pour la défense du
patrimoine culturel, artistique et monumental espagnol contre l'exportation et
la spoliation:
|
Artículo
149
1) El Estado tiene competencia exclusiva sobre las
siguientes materias:
28. Defensa del patrimonio
cultural, artístico y monumental español contra la
exportación y la expoliación museos, bibliotecas y archivos
de titularidad estatal, sin perjuicio de su gestión por
parte de las Comunidades Autónomas.
|
Article 149
1) L'État jouit
d'une compétence exclusive pour les matières suivantes:
28. La
défense du patrimoine culturel, artistique et monumental
espagnol contre l'exportation et la spoliation; musées,
bibliothèques et archives qui appartiennent à l'État, sans
préjudice d'une gestion par les communautés autonomes;
|
4.1 Le
statut officiel du castillan par défaut
Le Statut d'autonomie accordé
à cette région autonome en 1982 n'accordait aucune
reconnaissance officielle ni au castillan ni à aucune autre
langue. En conséquence, seul l'article 3 (trois paragraphes) de
la Constitution espagnole s'appliquait dans la Communauté
autonome d'Estrémadure, car le castillan est la langue espagnole
officielle de l'État, donc de celle de ses États constitutifs :
|
Artículo 3
1) El
castellano es la lengua española oficial del Estado.
Todos los españoles tienen el deber de conocerla y
el derecho a usarla.
2) Las demás lenguas españolas serán también
oficiales en las respectivas Comunidades Autónomas
de acuerdo con sus Estatutos.
3) La riqueza de las distintas modalidades
lingüísticas de España es un patrimonio cultural que
será objeto de especial respeto y protección. |
Article
3
1)
Le
castillan est la langue espagnole officielle de
l'État. Tous les Espagnols ont le devoir de le
connaître et le droit de l'utiliser.
2)
Les autres langues espagnoles seront également
officielles dans les Communautés autonomes
respectives en accord avec leurs Statuts.
3)
La
richesse des diverses modalités linguistiques de
l'Espagne est un patrimoine culturel qui doit être
l'objet d'une protection et d'un respect
particuliers. |
De toute façon, il n'existe
aucune loi particulière adoptée par les Cortes d'Estrémadure
proclamant le castillan comme langue officielle. Le castillan
est par conséquent la «langue officielle par défaut». Ce fait
témoigne aussi de l'absence de «problèmes» en matière de langue.
Rappelons que, si
tous les Espagnols ont le devoir de
connaître le castillan, cette obligation ne
s'applique pas au catalan, au basque et au galicien, encore
moins aux autres langues comme l'estrémadurien ou le léonais.
L'utilisation de ces langues minoritaires en Espagne ne
constitue pas une obligation, mais simplement un droit. Les
langues ne sont donc pas officielles au même degré: la langue
officielle de toute l'Espagne demeure le castillan, ce qui lui
assure une préséance certaine. Il faut bien comprendre que, en
termes de droits linguistiques, la Constitution espagnole
reconnaît deux catégories de citoyens et deux catégories de
territoires.
Ainsi, la Constitution
prévoit un État espagnol unilingue
composé de territoires officiellement unilingues (les
castillanophones) et de territoires officiellement bilingues
(pour les Catalan, les Basques et les Galiciens). Comme la
Constitution espagnole est muette sur le galicien, l'estrémadurien
ou le léonais, et que le Statut d'autonomie n'en fait pas
davantage mention, seul le castillan bénéficie du statut
d'officialité. Néanmoins, les diverses langues du territoire de
la Communauté bénéficient d'une certaine reconnaissance en tant
que «patrimoine culturel» ou «bien d'intérêt culturel».
4.2 La langue de la Communauté autonome
Aucun autre texte juridique ne fait
aucune allusion à la langue officielle de la Communauté
autonome, ni à d'autres langues, sauf dans le domaine de
l'éducation. La Communauté autonome de
l'Estrémadure est
de langue castillane, ce qui ne surprend guère, car ce
territoire est à la source de l'expansion de cette
langue dans toute l'Espagne.
Quoi qu'il en soit, aucune autre langue
n'est utilisée au parlement de l'Estrémadure, ni
dans les tribunaux, ni dans l'Administration. Comme le
castillan est la langue officielle et que tous les
citoyens connaissent cette langue, seul le castillan est
employé. Les seuls documents écrits et déposés dans un
tribunal doivent être rédigés en castillan.
En ce qui a trait aux services
gouvernementaux, tant ceux du pouvoir central que ceux
de la Communauté autonome, l'Administration s'en tient
aux dispositions constitutionnelles qui déclarent que le
castillan est la langue officielle. Si, par
inadvertance, un citoyen fait parvenir une lettre dans
une autre langue dans
un bureau du gouvernement, l'Administration se contente
de retourner le document sans même y répondre. Toutes
les dénominations des municipalités doivent être en
castillan, y compris celles situés dans les régions
minoritaires, sauf celles des
trois villages de Valverde del Fresno, d'Eljas et de San Martín.
4.3 Le patrimoine
culturel et les biens d'intérêt culturel
|
ARTICULO UNICO
Se declara Bien de Interés Cultural la "A Fala", habla viva
que existe en el Valle de Xálama y más en concreto en las
localidades de San Martín de Trevejo, Eljas y Valverde del
Fresno como se describe:
"Habla viva que es preciso promover, intensificando su
conocimiento tanto en la vertiente histórica como en la de su
actualidad."
Desde el punto de vista histórico, "A Fala" se relaciona con la
diversidad de dialectos románicos peninsulares que, a través de
los sucesivos fenómenos migratorios, constituyeron este
riquísimo tesoro patrimonial. [...]
|
ARTICLE UNIQUE
Est déclaré bien d'intérêt culturel le fala, le parler vivant
qui existe dans la vallée de Xálama et plus concrètement dans
les localités de San Martín Trevejo, Eljas et Valverde del
Fresno, tel qu'il est décrit :
«Parler vivant qu'il est nécessaire de promouvoir, en
intensifiant sa connaissance tant dans sa
dimension historique que
contemporain.»
Du point de vue historique, le fala se rapporte à la
diversité des dialectes romans péninsulaires qui, à travers les
phénomènes migratoires successifs, ont constitué à ce richissime
trésor patrimonial. [...]
|
Dans les faits, l'État ne s'engage
à faire en sorte que les
différentes institutions et administrations publiques
coordonnent leurs activités pour garantir la défense et la
protection du fala afin que le "lagarteiru", le "mañegu" et le "valverdeiru"
soient encore une réalité tant que leurs locuteurs le voudront
ainsi. Le document ajoute que «la langue appartient aux locuteurs de cette langue»,
que «le fala
appartient aux habitants de ces trois localités» et que «ce sont eux
qui doivent dire comment ils souhaitent la pratiquer, dans
quelle mesure et dans quelles limites».
Mentionnons aussi la loi
2/2008 du 16 juin sur le patrimoine de la Communauté autonome
d'Estrémadure (Ley 2/2008, de 16 de junio, de Patrimonio de
la Comunidad Autónoma de Extremadura). Cette loi, qui n'a
aucune portée linguistique, a pour objectif le régime juridique
des biens et des droits du patrimoine de la Communauté autonome
d'Estrémadure, ainsi que leur administration, leur défense et
leur conservation (art. 1). L'article 2 précise que les eaux, les montagnes, les mines, l'exploitation des hydrocarbures,
les routes, les voies animales, la propriété intellectuelle
et industrielle et autres propriétés administratives spéciales,
ainsi que le patrimoine historique sont régis par une
législation spécifique:
|
Artículo 2.
Régimen jurídico del Patrimonio.
1) El Patrimonio de la Comunidad Autónoma de Extremadura se
regirá por la presente Ley, por sus reglamentos de ejecución
y desarrollo, por la legislación básica estatal y las demás
normas de derecho público aplicables y, supletoriamente, por
las normas de derecho privado que le sean de aplicación.
2) Las aguas, montes, minas, explotación de hidrocarburos,
carreteras, vías pecuarias, propiedad intelectual e
industrial y demás propiedades administrativas especiales, y
el Patrimonio Histórico, se regirán por su legislación
específica, sin perjuicio de la aplicación supletoria de
esta Ley.
3) El mismo régimen del apartado 1 del presente artículo
será también de aplicación a los bienes de dominio público y
patrimoniales, sin perjuicio de las demás normas de derecho
administrativo y derecho privado que resulten de aplicación
como derecho supletorio.
|
Article 2
Régime juridique du patrimoine
1) Le patrimoine de la Communauté autonome d'Estrémadure
est régi par la présente loi, par ses règlements d'exécution
et ses développements, par la législation nationale de base et les
autres normes de droit public applicables et, de façon
complémentaire,
par les normes de droit privé qui lui sont applicables.
2) Les eaux, les montagnes, les mines, l'exploitation des hydrocarbures,
les routes, les voies animales,
la propriété intellectuelle et
industrielle et autres propriétés administratives spéciales,
ainsi que le patrimoine historique sont régis par une
législation spécifique, sans préjudice de l'application
complémentaire de la présente loi.
3) Le même régime du paragraphe 1 du présent article
est aussi applicable aux biens publics et
patrimoniaux, sans préjudice de les autres normes de droit
administratif et de droit privé, qui résultent de l'application
du droit complémentaire.
|
Le patrimoine de la Communauté autonome d'Estrémadure est
constitué par l'ensemble des biens et des droits appartenant à
son administration, à la collectivité ou aux organismes publics créés
sous leur juridiction (art. 3).
Il existe aussi un Règlement sur le
patrimoine de la Communauté autonome. Il s'agit du
décret 180/2000 du 25 juillet approuvant le
règlement sur le patrimoine de la Communauté autonome d'Estrémadure
(Decreto 180/2000, de 25 de julio, por el que se aprueba el
Reglamento de Patrimonio de la Comunidad Autónoma de Extremadura).
En vertu de ce règlement (art. 4), le fala, un «bien
d'intérêt culturel», ne peut être considéré comme un «bien
patrimonial»:
Artículo 4.
Son bienes patrimoniales:
1) Los no destinados al uso general o a los servicios públicos.
2)
Los rendimientos, frutos o rentas de los bienes demaniales y
patrimoniales.
3)
Las acciones, participaciones y obligaciones, en sociedades
de carácter público o privado en que intervenga la
Administración de la Comunidad Autónoma, sus Organismos
Autónomos o sus Entes Públicos de derecho privado.
4) Cualesquiera otros bienes y derechos, cuya titularidad
ostente la Comunidad Autónoma y no sean calificados como
demaniales.
|
Article 4
Sont des biens patrimoniaux :
1) Ceux non destinés à
l'usage général ou aux services publics.
2)
Les rendements, profits ou revenus des biens domaniaux et
patrimoniaux.
3) Les actions, participations et obligations, dans des sociétés
à caractère public ou privé dans lesquelles interviennent
l'Administration de la Communauté autonome, ses organismes
autonomes ou ses organismes publics de droit privé.
4) Tout autre bien et droit, dont la propriété est
tenue par
la Communauté autonome et qui n'est pas qualifiée comme domaniale.
|
4.4 L'éducation
Compte tenu de la
législation en vigueur, les écoles publiques dans la Communauté
autonome d'Estrémadure sont dans l'obligation de dispenser
un enseignement en castillan.
En ce sens, l'Estrémadure
respecte les dispositions de la
Loi organique 2/2006
du 3 mai sur l'éducation (Ley
Orgánica 2/2006, de 3 de mayo, de Educación). Dans
l'enseignement primaire, c'est l'article 17 qui s'applique:
|
Artículo 17.
Objetivos de la educación primaria.
La educación primaria contribuirá a desarrollar en
los niños y niñas las capacidades que les permitan:
e. Conocer y utilizar de manera apropiada la
lengua castellana y, si la hubiere, la lengua
cooficial de la Comunidad Autónoma y desarrollar
hábitos de lectura.
f. Adquirir en, al menos, una lengua extranjera
la competencia comunicativa básica que les
permita expresar y comprender mensajes sencillos
y desenvolverse en situaciones cotidianas.
|
Article 17
Objectifs de l'éducation primaire
L'éducation primaire doit contribue à développer
chez les files et les garçons des habiletés qui leur
permettent :
e.
De connaître et d'utiliser de manière appropriée
la langue castillane et, s'il y a lieu, la
langue co-officielle de la Communauté autonome
et de développer des habitudes de lecture.
f. D'acquérir dans au moins une langue étrangère
les compétences de base en communication, qui
leur permettent d'exprimer et de comprendre des
messages simples et de fonctionner dans des
situations quotidiennes.
|
Quant à l'enseignement
secondaire, c'est l'article 23 de la même loi:
|
Artículo 23.
Objetivos.
La educación secundaria obligatoria contribuirá a
desarrollar en los alumnos y las alumnas las
capacidades que les permitan:
h. Comprender y expresar con corrección,
oralmente y por escrito, en la lengua castellana
y, si la hubiere, en la lengua cooficial de la
Comunidad Autónoma, textos y mensajes complejos,
e iniciarse en e conocimiento, la lectura y el
estudio de la literatura.
i. Comprender y expresarse en una o más lenguas
extranjeras de manera apropiada.
|
Article 23
Objectifs
L'éducation secondaire obligatoire doit contribuer à
développer chez les élèves les habiletés qui leur
permettent :
h. De comprendre et d'exprimer
correctement, à l'oral et à l'écrit, dans la
langue castillane et, s'il y a lieu, dans la
langue co-officielle de la Communauté autonome,
des textes et des messages complexes, et débuter
leurs connaissances par la lecture et l'étude de
la littérature.
i. De comprendre et de s'exprimer dans une ou
plusieurs langues étrangères de manière
appropriée.
|
Étant donné que la Communauté
autonome d'Estrémadure
n'a pas de «langue co-officielle»,
la seule langue d'enseignement est le castillan. De plus, dans
toutes les écoles, on n'enseigne que la langue et l'histoire de
la Castille et de la Vieille-Castille, en ignorant généralement l'histoire et la culture
spécifiques de la Communauté autonome d'Estrémadure.
Les études universitaires se font exclusivement
en castillan.
4.5 Les médias
Dans le territoire de
la Communauté autonome de l'Estrémadure, la totalité des
journaux et magazines est en castillan, peu importe la
province où ils sont diffusés, que ce soit dans le
Cáceres ou le Badajoz. Il
n'existe pas de journal pour les minorités
linguistiques, sauf pour les galégophones des trois
villages du fala — Valverde del Fresno, Eljas et San Martín de Trevejo
—, qui utilisent les journaux de la Galice. Les médias
électroniques sont également en castillan, tant à la
radio qu'à la télévision (Estremadura TV).

La politique de la
Communauté autonome de l'Estrémadure est caractérisée
par la non-intervention en matière de langue officielle.
Il est inutile de protéger le castillan, une langue
parlée par toute la population, si l'on fait exception
des immigrants arrivés récemment. Quant aux langues
minoritaires, elles se réduisent au fala, une langue
déclarée «bien d'intérêt culturel». Quant à l'estrémadurien
et ses variantes, ce sont officiellement des variantes
de l'espagnol, qu'il ne convient pas de protéger.
La législation
estrémadurienne traite au mieux du «patrimoine»
historique, mais ne précise pas si le castillan en fait
partie. Quoi qu'il en soit, ce ne sont pas des vœux
pieux sur les «biens d'intérêt culturel», qui vont
assurer une protection quelconque aux langues
minoritaires, comme le fala. Pourtant, il s'agit là d'un
effort réel pour le gouvernement de la Communauté
autonome en ce qui a trait aux langues minoritaires. Or,
celles-ci ne sauraient constituer une menace pour la
toute-puissante langue castillane. Mais la tradition en
Espagne est de n'accorder des droits qu'aux langues co-officielles
(galicien, catalan et basque) reconnues par la
Constitution et les statuts d'autonomie. L'Estrémadure
ne fait pas exception.