L’afrikaans

1 L'afrikaans

L’afrikaans est une langue germanique issue du néerlandais parlé dans le sud de la Hollande au XVIIe siècle. Ce sont donc des colons hollandais qui ont pénétré en Afrique du Sud la première fois en 1652 et ont fondé la ville du Cap. Ils se sont ensuite mêlés aux réfugiés protestants français, les huguenots, pour former la première génération de Boers, terme néerlandais signifiant «éleveurs». De religion calviniste, ces Boers radicaux mirent en place une politique de ségrégation à l’égard des populations noires. Peu à peu, cette langue s’est différenciée du néerlandais par ses emprunts au français, à l'allemand, à l’anglais et aux langues africaines, puis par son système phonologique particulier et certaines spécificités grammaticales. Après plus de deux siècles, cette langue descendant des premiers Blancs établis en Afrique du Sud était devenue l’afrikaans (un néerlandais africain).

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, l'
afrikaans n'était utilisé qu'à l'oral, car on se servait toujours du néerlandais pour écrire. L’afrikaans devint progressivement une langue littéraire et s'imposa peu à peu dans la presse, les écoles et les églises. En 1925, il remplaça officiellement le néerlandais en Afrique du Sud et constitue aujourd’hui l'une des deux langues officielles de l'Afrique du Sud. Il est aussi parlé en Namibie par 6,8 % de la population.

En guise de comparaison, voici l'article 1er de la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948, présenté en néerlandais (la langue d'origine), en afrikaans et en allemand (pour fins de comparaison):

Néerlandais Afrikaans Allemand Français
Alle mensen worden vrij en gelijk in waardigheid en rechten geboren.

Zij zijn begiftigd met verstand en geweten, en behoren zich jegens elkander in een geest van broederschap te gedragen.

Alle menslike wesens word vry, met gelyke waardigheid en regte, gebore.

Hulle het rede en gewete en behoort in die gees van broederskap teenoor mekaar op te tree.

Alle Menschen sind frei und gleich an Würde und Rechten geboren.

Sie sind mit Vernunft und Gewissen begabt und sollen einander im Geist der Brüderlichkeit begegnen.

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.

Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité

En Afrique du Sud, l'afrikaans (13,3 % de la population) connaît trois grandes variétés: l'afrikaans du Cap-Oriental (Eastern Cape Afrikaans ou Oosgrensafrikaans) équivalant à l'afrikaans standard, l'afrikaans du Cap (Cape Afrikaans ou Kaapse Afrikaans) et l'afrikaans du fleuve Orange (Orange River Afrikaans ou Oranjerivierafrikaans). L'afrikaans est surtout parlé en Afrique du Sud dans les provinces du Cap-Nord, du Cap-Occidental et du Cap-Oriental.

2 Les conflits entre Boers et Britanniques

En 1795, les Britanniques commencèrent à coloniser la région du cap de Bonne-Espérance et repoussèrent vers l’intérieur des terres les Boers qui finirent pas fonder trois États (aujourd'hui en Afrique du Sud): le Natal (auj. Kwazulu-Natal), le Transvaal (auj. Northern Province et Mpumalanga) et l’État libre d’Orange (auj. Free State).

Les Britanniques tentèrent d’annexer le Natal, puis la découverte de gisements aurifères dans une partie du Transvaal provoqua une ruée vers l'or et l'arrivée de milliers de colons britanniques dans cet État. Les Boers manifestèrent leur hostilité aux Uitlanders – «étrangers» – en leur refusant tout droit politique et en les taxant considérablement. L’opposition entre Boers et Uitlanders s'envenima à un point tel que, le 12 octobre 1899, les États boers déclarèrent la guerre à la Grande-Bretagne. La guerre des Boers prit fin, le 31 mai 1902, lors du traité de Vereeniging, par lequel les Boers reconnaissaient leur défaite et la souveraineté britannique sur leurs territoires.

En retour, l'Empire britannique leur accordait un gouvernement autonome, permettait l'usage de l'afrikaans dans les écoles et les cours de justice, et versait trois millions de livres pour la reconstruction du pays. En 1910, la création de l’Union sud-africaine (future Afrique du Sud) mettait un terme à l’autonomie politique des Boers qui furent appelés dorénavant Afrikaners (ou Afrikanders). Depuis cette époque jusqu’en 1994, les chefs de gouvernement sud-africains ont toujours été des Afrikaners et ont toujours obtenu l’appui de la population britannique conservatrice dans leur politique d’apartheid. Aujourd’hui, les Afrikaners forment 60 % de la population blanche d’Afrique du Sud.
On sait que l’afrikaans est l’ancienne langue co-officielle (avec l’anglais) de la Rhodésie (Rhodésie du Nord: aujourd'hui la Zambie; Rhodésie du Sud: aujourd'hui le Zimbabwe).

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