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NamibieRepublic of Namibia |
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La Namibie (off. république de Namibie) est un État de lAfrique australe
bordé à louest par lAtlantique, au sud par lAfrique du Sud,
à lest par le Botswana et au nord par lAngola (voir
la carte). La Namibie, une
immensité désertique,
couvre une superficie de 823 144 km², soit l'équivalent de quatre fois la
Grande-Bretagne et plus de deux fois l'Allemagne. La capitale est
Windhoek (prononcé comme [vindouk]), une ville de 250 000 habitants,
mais le gouvernement se déplace durant l'été à
Swakopmund, une station balnéaire de la
côte de 30 000 habitants. Le pays compte plusieurs grandes régions: le Nord (Northern region), le désert de Namib (Namib region), le Centre ou Plateau central (Central region), le Sud (Southern region). |
La population était estimée à 1,9 million en 2003; lors du recensement de 1991, elle était de 1,4 million d'habitants. La répartition de la population reste très inégale et déséquilibrée puisque 60 % de la population vit au nord, dans les régions administratives de Khomas, Ohangwena, Okavango, Omusati et Oshana:
| Région administrative |
Capitale |
Population (1991) | Population (2003) | Superficie (km²) |
|---|---|---|---|---|
| Liambezi (ou Caprivi) | Katima Mulilo | 90,4 | 82,7 | 19 532 km2 |
| Erongo | Omaruru | 55,5 | 111,5 | 63 719 km2 |
| Hardap | Mariental | 66,5 | 70,5 | 109 888 km2 |
| Karas | Keetmanshoop | 61,2 | 72,2 | 161 324 km2 |
| Khomas | Windhoek | 167,1 | 259,3 | 36 804 km2 |
| Kunene | Opuwo | 64,0 | 70,7 | 144 254 km2 |
| Ohangwena | Oshikango | 179,6 | 236,0 | 10 582 km2 |
| Okavango | Rundu | 116,8 | 208,4 | 43 417 km2 |
| Omaheke | Gobabis | 52,7 | 69,9 | 84 731 km2 |
| Omusati | Ongandjera | 189,9 | 236,6 | 13 637 km2 |
| Oshana | Oshakati | 134,9 | 198,9 | 5 290 km2 |
| Oshikoto | Tsumeb | 128,7 | 166,5 | 26 607 km2 |
| Otjozondjupa | Grootfontein | 102,5 | 140,6 | 105 327 km2 |
| Total Namibie | 1 409,9 | 1 923,8 | 825 112 km2 |
Source: recensement en date du 21 octobre 1991
2.1 Les groupes ethniques
Les Noirs forment la grande majorité de la population avec 87,5 %; suivent les Blancs avec 6,6 % et les Métis avec 7,4 %. Au nombre de quelque 70 000 personnes environ, ces derniers appartiennent à deux grands groupes bien distincts, dont le plus important se compose de ceux qui parlent l’afrikaans, issus du lointain croisement (en Afrique du Sud) entre des pionniers hollandais et des femmes khoïsanes.
| Ethnie | Langue maternelle | Affiliation linguistique |
Population (2002) |
% |
| Ndonga | ndonga | langue bantoue | 415 000 | 23,4 % |
| Ovambo (Ambo) | ndonga | langue bantoue | 285 000 | 16,1 % |
| Kwanyama | kwanyama | langue bantoue | 215 000 | 12,1 % |
| Luyana | kwangali | langue bantoue | 157 000 | 8,8 % |
| Mbandieru | herero | langue bantoue | 141 000 | 7,9 % |
| Damara (Dama) | nama | langue khoïsane | 105 000 | 5,9 % |
| Afrikaners | afrikaans | langue germanique | 78 000 | 4,4 % |
| Nama | nama | langue khoïsane | 70 000 | 3,9 % |
| Bochimans (San) | bochiman vasekela | langue khoïsane | 54 000 | 3,0 % |
| Herero | herero | langue bantoue | 40 000 | 2,2 % |
| Kwambi | kwambi | langue bantoue | 30 000 | 1,6 % |
| Ju/'hoan | ju/'hoan | langue khoïsane | 25 000 | 1,4 % |
| Lozi | lozi | langue bantoue | 25 000 | 1,4 % |
| Subia | subiya | langue bantoue | 23 000 | 1,3 % |
| Allemands | allemand | langue germanique | 20 000 | 1,1 % |
| San (Hai//om) | san hai//om | langue khoïsane | 16 000 | 0,9 % |
| Tswana | tswana | langue bantoue | 11 300 | 0,6 % |
| Britanniques | anglais | langue germanique | 10 000 | 0,5 % |
| Diriku | diriku | langue bantoue | 10 000 | 0,5 % |
| Fwe | fwe | langue bantoue | 9 950 | 0,5 % |
| Mbukushu | mbukushu | langue bantoue | 6 900 | 0,3 % |
| Auen | auen | langue khoïsane | 5 000 | 0,2 % |
| Dhimba | zemba | langue bantoue | 5 000 | 0,2 % |
| Yeye | yeyi | langue bantoue | 5 000 | 0,2 % |
| Kxoe | kxoe | langue khoïsane | 4 000 | 0,2 % |
| Luchazi | luchazi | langue bantoue | 1 000 | 0,0 % |
| Mashi | kwandu du Nord | langue bantoue | 200 | 0,0 % |
| Mbalanhu | mbalanhu | langue bantoue | 200 | 0,0 % |
| !xóõ | !xóõ | langue khoïsane | 200 | 0,0 % |
| Griqua | xiri | langue khoïsane | 100 | 0,0 % |
| Total (2002): 1 767 650 | ||||
On compte une trentaine de groupes ethniques. Les Ndonga (39,5 %) et les Ovambo (ou Ambo), constituent les deux plus grandes ethnies du pays, et ce, d'autant plus qu'ils parlent la même langue: le ndonga. Cette langue bantoue représente 40 % de la population botswanaise. Suivent les les Kwanyama, les Luyana, les Mbandieru, les Damara, les Afrikaners, les Nama, les Bochimans (San), les Herero, les Kwambi, les Ju/'hoan, les Lozi, les Subia, les Kavango, etc. Il faut distinguer les ethnies bantoues des ethnies khoïsanes, et des populations blanches. Celle-ci est composée principalement de Sud-Africains (de descendance afrikaners et britanique) et d'Allemands.
Les plus anciens habitants sont les Bochimans (ou San); il sont au nombre de 160 000 environ, répartis en trois grandes tribus ou ethnies: les San, les Damara et les Nama (50 000). Mais le premier grand groupe ethnique est celui des populations bantoues; il est divisé en cinq ethnies principales, elles-mêmes fragmentées en tribus et en clans.
Au plan religieux, les chrétiens sont nettement les plus nombreux (entre 80 % et 90 %, dont 50 % de luthériens); les religions indigènes animistes sont pratiquées par 10 % à 20 % de la population.
2.2 Les langues
La langue officielle est l’anglais, mais les populations autochtones, on le sait, parlent des langues bantoues et khoïsanes. En effet, seuls 0,5 % des Namibiens ont l'anglais pour langue maternelle (env. 10 000 locuteurs), ce qui oblige toutes les communautés blanches à l'utiliser comme langue véhiculaire. La Namibie compte deux fois plus de germanophones (20 000) que d'anglophones et huit fois plus de locuteurs parlant l'afrikaans. Avant l'indépendance, l'anglais et l'afrikaans étaient les langues officielles, alors que l'allemand avait le statut semi-officiel dans l'Administration des Blancs; depuis l'indépendance, seul l'anglais a obtenu ce statut de langue officielle. Bien que souvent rejeté comme la langue de l'apartheid, l'afrikaans est aujourd'hui la langue maternelle de plus de 78 000 Namibiens (dont beaucoup de Métis), et l'allemand est encore couramment utilisé par certains Blancs. En fait, environ 60 % des Blancs parlent l'afrikaans, 30 % l'allemand et 10 % l'anglais.
Parmi les langues autochtones du pays, le ndonga est la langue la plus connue. C'est une langue bantoue comme plusieurs autres: le kwanyama (12,1 %), le luyana (8,8 %), le herero (10,1 %), le kwambi (1,6 %), le lozi (1,4 %), le subiya (1,3 %), le tswana (0,6 %), le diriku (0,5 %), le fwe (0,5 %), le mbukushu (0,3 %), le zemba (0,2 %), le yeyi (0,2 %), le luchazi (0,0 %), le kwandu du Nord (0,0 %) et le mbalanhu (0,0 %).
Les langues khoïsanes les plus répandues sont d'abord le nama parlé par 9,8 % de la population botswanaise. Suivent le bochiman vasekela (3 %), le ju/'hoan (1,4 %), le san hai//om (0,9 %), l'auen (0,2 %), le kxoe (0,2 %), lle !xóõ (0,0 %), le xiri (0,0 %); comme on le sait, ces langues sont dites «à clic» (voir les symboles utilisés: [/], [=], [!], [//], [@]). Quelques-unes sont en voie d'extinction.
La plupart des langues bantoue sont parlées dans le nord du pays (Omusati, Oshana, Ohangwena, Oshikoto, Okavango, Liambezi, Kunene, Otjozondjupa), alors que les langues khoïsanes sont parlées dans les régions d'Erongo, d'Otjozondjupa et d'Omaheke, mais aussi dans le Hardap et le Karas. Quant aux langues indo-européennes comme l'anglais, l'afrikaans et l'allemand, leurs locuteurs résident dans la région de Khomas, c'est-à-dire la périphérie et le sud de Windhoek. L'afrikaans, l'allemand, l'herero, le nama (damara), l'oshiwambo, le lozi, le kwangali et le twana ont été reconnus comme des langues nationales.
Des peintures rupestres attestent de la présence humaine dans le désert du
Namib depuis au moins 25 000 ans. Les premiers habitants identifiés sont les
ancêtres des Bochimans, qui vivaient traditionnellement de cueillette et de
chasse, et qui se sont réfugiés dans la région au début de notre ère. Les
éleveurs hottentots firent leur apparition vers le IXe siècle, alors
qu'ils venaient d’Afrique
orientale, peu avant l’arrivée des Bantous. Parmi ces derniers, certains sont
agriculteurs, comme les Ovambo, et d’autres pasteurs, comme les Herero. Ceux-ci
entrèrent en conflit permanent avec les Hottentots.
3.1 La colonisation européenne
Le navigateur portugais Bartolomeu Dias contourna le cap de
Bonne-Espérance en 1488, ce qui ouvrit la voie aux nombreux explorateurs,
missionnaires et autres marchands européens en Afrique australe. Les Allemands
occupèrent la côte ouest en 1878, à Lüderitz, et y établirent en 1884 un protectorat
appelé Sud-Ouest africain allemand (off.:
Süd West Afrika, SWA). Mais à l’intérieur des terres, la
résistance fut vive, surtout de la part des Herero. Il faut dire que les Herero
n'y sont pas allés avec le dos de la cuillère: après avoir attaqué le poste
d’Okahandja en 1904, ils avaient massacré 123 colons allemands.
Les hommes et les enfants avaient été dépecés; quant aux femmes, après avoir été
violées, elles avaient été suspendues par les pieds, puis éviscérées. La
répression allemande, féroce, fut menée par le général major Lothar von Trotha (1848-1920), débarqué à
Swakopmund, le 11 juin 1904, avec 3500 hommes de renfort. Son ordre
d'extermination (Vernichtungsbefehl) était ainsi rédigé:
| À l’intérieur de la frontière allemande, tout Herero, avec ou sans fusil, avec ou sans bétail, sera fusillé. Je n’accepte plus ni femme ni enfant, je les renvoie à leur peuple ou fais tirer sur eux. Telles sont mes paroles au peuple herero. Le grand général du puissant empereur, von Trotha. |
Cette répression dura jusqu’en 1908 et prit l’aspect d’un véritable génocide. Elle fit plus de 30 000 morts et faillit anéantir le peuple herero, qui comptait alors une population de près de 100 000 personnes.
3.2 L’occupation sud-africaine
Le traité de Versailles du 28
juin 1919 obligeait l’Allemagne à
abandonner ses colonies. En 1920, la Société des Nations (SDN) confia, par
mandat, à l’Union sud-africaine (Dominion britannique
constituée en 1909, aujourd'hui l'Afrique du Sud), l’administration du Sud-Ouest africain, que les
troupes sud-africaines avaient envahi en 1914. Mais l'Afrique du Sud considéra l’ancienne colonie allemande comme
faisant partie de son territoire
national et perçue comme un dédommagement pour son effort de guerre aux côtés des Alliés.
Elle imposa une administration autoritaire et répressive. Le territoire
fut soumis à une colonisation afrikaner, qui commença à le transformer en
Après que la Seconde Guerre mondiale eût éclaté, une grande partie des hommes d'origine allemande qui avaient adhéré à la section nationale-socialiste du territoire et instauré des pratiques d'apartheid, furent internés par les Britanniques. En 1946, le territoire fut placé sous la tutelle directe de l’Organisation des Nations unies (ONU). Mais l’Afrique du Sud refusa d’obtempérer à cette décision et, par une modification constitutionnelle, étendit sa représentation parlementaire au Sud-Ouest africain en 1949. Elle tenta ensuite d’y appliquer sa politique d’apartheid.
En 1958, les Ovambo, qui peuplaient le nord du pays, fondèrent le Congrès du peuple ovambo (Ovambo’s People Congress ou OPC) pour revendiquer l’indépendance. Le mouvement s’ouvrit, deux ans plus tard, aux autres communautés en devenant l’Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (South West Africa People’s Organization, ou SWAPO). Tandis que les instances internationales tentaient de régler par des moyens juridiques le sort de la Namibie, la SWAPO, dirigée par Sam Nujoma, décida en 1966 de passer à la lutte armée. L'ONU demanda le retrait des forces d'occupation sud-africaines et déchut de son mandat l'Afrique du Sud. Ce fut le début d’une longue bataille juridique qui aboutit, en 1969, à un vote du Conseil de sécurité de l’ONU, exigeant le retrait immédiat de l’Afrique du Sud du territoire namibien. Depuis 1968, l'ONU avait remplacé l'appellation de «Sud-Ouest africain» par «Namibie» (signifiant «le pays où il n'y a rien»)
, un territoire devant être décolonisé. Enfin, en juin 1971, la Cour internationale de justice des Nations unies qualifia d’«illégale» l’occupation de la Namibie par l’Afrique du Sud, qui continua néanmoins à l’administrer.En 1975, l'indépendance de l'Angola permit à la SWAPO de disposer d'une base arrière pour lancer des opérations dans la zone frontalière. Pour lutter contre la SWAPO soutenue par des contingents cubains et un encadrement soviétique, l’armée sud-africaine intervint à plusieurs reprises dans le sud de l’Angola où elle remporta d’incontestables succès. Au mois de mai 1978, le quartier général de la SWAPO fut même investi, et plusieurs centaines de guérilleros trouvèrent la mort. L’armée sud-africaine militarisa progressivement tout le nord du pays, l’Ovamboland (aujourd'hui l'Ohangwena) et la bande de Caprivi (aujourd'hui l'Okavango), où une guerre de guérilla, très meurtrière pour les populations, se déroula pendant près de vingt ans.
Un cessez-le-feu fut signé au mois d’août 1988. Par la suite, l’Afrique du Sud accepta de signer les accords de Brazzaville, qui garantissaient l’indépendance de la Namibie en échange du retrait des troupes cubaines de l’Angola. En novembre 1989, une Assemblée constituante de 72 membres fut élue au suffrage universel au moyen d'un scrutin organisé sous l’égide de l’ONU. La SWAPO recueillit 57,5 % des voix. La Namibie devenait indépendante. À la veille de l’indépendance, les Blancs étaient environ 100 000, composés de deux grands groupes: 25 000 descendent des colons allemands qui vivaient sur le territoire en 1914, et 65 000 de migrants afrikaner
s. Le territoire était divisé en une «zone de police» réservée aux Blancs, (Afrikaners, Allemands et Britanniques) et aux travailleurs noirs temporaires sous contrat.3.3 Après l'indépendance
Le 21 mars 1990, la Namibie était née. L’Assemblée constituante promulgua
une Constitution inédite sur le continent africain, car elle combinait une représentation
majoritaire et une représentation communautaire, et prévoyait pour toute révision
constitutionnelle la nécessité de majorités qualifiées. Ainsi, malgré la
domination politique de la SWAPO, donc des Ovambo, et en dépit d’une forte
identification entre appartenance communautaire et appartenance partisane, la
Namibie croyait dépasser les clivages communautaires qu’avaient accentués les
politiques des colonisateurs. Au plan linguistique, l’afrikaans demeurait encore
la principale langue du pays: c’était la langue des Blancs au pouvoir, alors
qu’ils pratiquaient l’apartheid. Seules deux langues avaient droit de cité:
l’afrikaans et l’anglais. Mais l'anglais fut choisi comme unique langue
officielle, et l'afrikaans se retrouva apparemment sans statut reconnu. Les
langues africaines furent considérées comme tout à fait inutiles et impropres
aux communications officielles, même dans les écoles. En 1994, l'enclave de
Walvis Bay, qui avait été annexée par l'Afrique du Sud, fut rétrocédée à la
Namibie.
Cela étant dit, la Namibie n'est pas encore guérie de l'apartheid: le pays reste partagé par une Afrique blanche — 20 000 Allemands et 65 000 Afrikaners — et une Afrique Noire — 1,7 million de personnes — séparées par une «barrière vétérinaire» préservant les bovins «blancs» des maladies «noires»! En fait, la Namibie doit trouver des solutions pour redresser les torts infligés aux populations autochtones par les colons blancs. Rappelons que les Allemands, puis les Sud-Africains (dont les Afrikaners) ont en effet, au début du siècle, dépossédé les Namibiens, notamment les Herero, des seules terres fertiles de ce pays très aride. Aujourd’hui, plus de 30 millions d’hectares sont occupés par des fermiers blancs et seulement 2,2 millions par des fermiers noirs. Près de 243 000 paysans attendent qu’on leur attribue un lopin de terre, alors que certains propriétaires blancs laissent 2,9 millions d’hectares en friche. Jusqu'ici, la collaboration de ces grands propriétaires blancs est quasi nulle, car ils font obstruction. On craint qu'une telle situation ne dégénère comme au Zimbabwe où les fermiers blancs ont été expropriés de force.
Notons particulièrement le sort des San, une minorité
bochimane: le gouvernement du
président Sam Nujoma a refusé d’accorder une reconnaissance formelle à
cette ethnie de Bochimans vivant en dehors de leurs terres traditionnelles
de l’actuel Botswana voisin (désert du
Kalahari).
Les San ne semblent pas prioritaires dans le processus de redistribution
de la terre engagé par le gouvernement de Windhoek.
De plus, la Namibie souffre de l’excessive dépendance
économique à l’égard de l’Afrique du Sud, pour laquelle elle reste un marché
captif. Le gouvernement namibien s'est engagé dans un effort de diversification
économique et de partenariat, d’où le grandiose projet hydroélectrique d’Epupa,
prévoyant la construction d’un deuxième barrage sur le fleuve Kunene à la frontière
de l’Angola. Depuis la proclamation de la nouvelle Constitution du 20 mars 1990, certains faits
ont changé: lafrikaans a perdu sa reconnaissance officielle, car il était
perçu comme la langue de l'apartheid et de l'oppresseur, et cest langlais qui paraît avoir pris la
relève parce qu'il paraissait plus «neutre» par les nouveaux dirigeants noirs. En effet, larticle 3 (par.
1) de la Constitution proclame que langlais
est la langue officielle de la Namibie:
(1) The official language of
Namibia shall be English.
(1) La langue officielle de la Namibie est l'anglais.
Ce paragraphe laisse croire que langlais est la seule langue officielle et que,
en conséquence, les autres langues ne sont pas admises. Or, il faut
lire le paragraphe 1 de larticle 3 en relation avec le paragraphe 3 de
ce même article:
(3) Nothing contained in
Paragraph (1) shall preclude legislation by Parliament which permits the
use of a language other than English for legislative, administrative and
judicial purposes in regions or areas where such other language or
languages are spoken by a substantial component of the population.
(3)
Une telle disposition permet dutiliser toute autre langue que langlais
avec laccord du Parlement, et ce, même si langlais est la seule
langue officielle. D'après certains observateurs, ce serait là une façon quont trouvé les Blancs
pour conserver à lafrikaans certaines de ses prérogatives, tout
en faisant semblant de faire disparaître cette langue derrière
langlais.
4.1 La législation
Nonobstant cette déclaration dofficialité
à légard de langlais, on doit constater que lafrikaans
est utilisé à parité avec langlais au Parlement,
avec une fréquence toute aussi grande. Dailleurs, les lois ont
toujours été rédigées à la fois en anglais
et en afrikaans. Il existe un système de traduction simultanée,
mais il faut quune personne demande les services dun traducteur. Depuis
1990, seule la version anglaise des lois demeure toutefois officielle,
l'afrikaans demeurant une simple traduction. L'article 65 de la
Constitution précise à cet effet:
Par ailleurs, afin d'assurer une certaine décentralisation de sa Fonction
public, la Namibie a engagé une réforme administrative et territoriale par la
création de conseils régionaux et de collectivités locales. Ce sont la Loi
sur les collectivités locales de 1992 (Local Authorities Act), la
Loi sur les conseils régionaux de 1992 et, dans une moindre mesure, la
Loi sur la Fonction publique de 1995, qui entérinent en quelque sorte le
programme de décentralisation adopté par l’Assemblée nationale. Ainsi, en
vertu de la Loi sur les collectivités locales de 1992 (Local
Authorities Act), un conseil d'une collectivité locale peut prévoir une
autre langue que l'anglais lors des discussions de ses assemblées: LOCAL AUTHORITIES ACT, 1992 (ACT NO. 23 OF
1992) Section 14. 1) The chief executive officer or, if he
or she is absent from a meeting of the local authority council, the
chairperson shall cause minutes to be kept in the official language
of all proceedings at meetings of the local authority council, and
the chief executive officer shall cause such minutes to be entered
in one or more books kept by the chief executive officer for that
purpose. LOI SUR LES COLLECTIVITÉS LOCALES
DE 1992 (Loi 23 de
1992) Article 14 Article 15 1) Le président général ou, s'il est
absent d'une assemblée du conseil de la collectivité locale, le
président de l'assemblée doit produire le procès-verbal pour être
consignés dans la langue officielle
pour toutes les procédures aux assemblées du conseil de la collectivité locale;
et le président général produira ce procès-verbal pour être consigné dans
l'un ou divers livres tenus par par ce dernier à cette fin. La Loi sur les conseils régionaux de 1992 (Régional
Councils Act) énonce qu'un conseil régional peut prévoir des règlements
sur les conditions dans lesquelles une autre
langue que la langue officielle peut être employée par un membre au
cours des assemblées du Conseil régional: REGIONAL COUNCILS ACT, 1992 (ACT NO. 22 OF 1992)
Section 11
Meetings of regional councils LOI SUR LES CONSEILS RÉGIONAUX
DE 1992 (LOI no 22 de 1992)
Article 11 Les assemblées des conseils régionaux Dans la Loi sur la Fonction publique de 1995 (Public
Service Act), l'article 5 mentionne «les langues» (''languages'') comme
faisant partie des responsabilités qui relèvent du premier ministre de la
Namibie: PUBLIC SERVICE ACT 13 OF 1995
Section 5
Functions of Prime Minister (f) the determination of the age, educational,
language and other
qualifications, including training and experience, to be possessed
by a person for the purposes of any appointment, promotion or
transfer to or in the Public Service, where such qualifications are
not prescribed by or under this Act or any other law; LOI SUR LA FONCTION
PUBLIQUE DE 1995
Article 5
Fonctions du premier ministre (f) la limitation de l'âge, de l'éducation,
de la langue
et autres
qualifications, y compris la formation et l'expérience devant être
acquises par une personne à des fins de nomination, de promotion ou
de transfert dans la Fonction publique, où ces qualifications ne sont pas prescrites par
ou en vertu de la présente loi ou de toute autre loi;
(k) les dispositions sur la formation, y
compris la conduite des examens ou
des tests, sur ces sujets, y compris
les langues, tel qu'il peut
être exigée pour toute nomination, promotion ou tout
transfert dans la Fonction publique; Dans tous les cas, il est possible d'utiliser une autre langue que l'anglais,
notamment l'afrikaans, mais aucune langue n'est mentionnée.
4.2 La justice En matière de justice, lafrikaans et langlais sont les deux
langues admises dans les tribunaux. En cas de force majeure, il est possible
de recourir aux langues africaines avec laide dun interprète (voir
l'article 11 de la Constitution). Quoi
quil en soit, le juge rendra sa sentence en anglais (partout), sinon en
afrikaans (dans la région de la capitale). Les dispositions
constitutionnelles ne vont pas aussi loin dans le bilinguisme, mais il est clair
qu'une personne arrêtée et détenue a le droit, d'après l'article 111 de la
Constitution, d'être informée dans une
langue qu'elle comprend des motifs de son arrestation:
Constitution
Article 11
Constitution
Article 11 L'article 24 reprend des dispositions similaires:
a) they shall, as soon as reasonably practicable and in any case not more
than five (5) days after the commencement of their detention, be furnished
with a statement in writing
in a language that they understand
specifying
in detail the grounds upon which they are detained and, at their request,
this statement shall be read to them;
b) not more than fourteen (14) days after the commencement of their
detention, be furnished with a statement in writing
in a language that
they understand
specifying in detail the grounds upon which they are
detained and, at their request, this statement shall be read to them; a)
aussitôt qu'il sera
raisonnable de le faire et en tout cas pas plus de cinq jours après le
commencement de sa détention, une déclaration écrite sera disponible,
dans une langue qu'elle
comprend et en
détail, des raisons pour lesquelles cette personne est détenue. b) Pas plus de 14 jours après le commencement de
sa
détention, une déclaration écrite sera disponible,
dans une langue qu'elle comprend
et en détail, des raisons de sa
détention et, à sa demande, cette déclaration lui sera lue;
4 La politique
linguistique
Article 3
Article 3
Article 3
Article 3
Article 65
Signature and Enrolment of Acts
(1) When any bill has become an Act of Parliament as a result of its
having been passed by Parliament, signed by the President and published in
the Gazette, the Secretary of the National Assembly shall promptly cause
two (2) fair copies of such Act in the English language to be enrolled in
the office of the Registrar of the Supreme Court and such copies shall be
conclusive evidence of the provisions of the Act.Article 65
Signature et inscription des lois
(1) Lorsqu'un projet de loi devient une loi du Parlement suite à son
adoption par le Parlement, il est signé par le
président et publié dans la Gazette; le secrétaire de l'Assemblée
nationale produira immédiatement deux exemplaires de ladite loi en
langue anglaise pour être inscrite au bureau du Registraire de la Cour
suprême et ces exemplaires serviront de preuve formelle des dispositions de
la loi.
6) (a) A local authority council may make standing rules in
connection with the convening and holding of, and procedure at,
meetings of the local authority council or any committee established
by the local authority council, including the conditions on which a
language other than the official language may be used by a member
during discussions at meetings of the local authority council.
Section 15
6) (a) Un conseil d'une collectivité locale peut prévoir des règlements
en rapport avec la convocation et l'ordre du jour, la
procédure, les assemblées du conseil de la collectivité locale ou
de tout comité fixé par le conseil de la collectivité locale, ce qui
comprend les conditions sur lequel une autre langue que la langue
officielle peut être employée par un membre au cours des discussions
lors des assemblées du conseil de la collectivité locale.
6) (a) A regional council may make standing rules in connection
with the
convening and holding of, and procedure at, meetings of the regional
council or any committee established by the regional council,
including the conditions under which a language other than the
official language may be used by a member during discussions at
meetings of the regional council.
6) (a) Un conseil régional peut prévoir des règlements en
rapport avec la convocation et l'ordre du jour, la procédure des
assemblées du Conseil régional ou à un
comité créé par celui-ci, y compris les conditions dans lesquelles
une autre langue que la langue officielle peut être employée par un membre
au cours des assemblées du Conseil régional.
Government Gazette: 7 August 1995 No. 1121
2) The Prime Minister shall direct the Public Service and his or
her functions shall in particular include the following:
(k) the provision of training, including the conducting of
examinations or tests, in such subjects,
including languages, as may
be required for any appointment, promotion or transfer to or in the
Public Service;
Journal officiel du gouvernement : le 7 août, no 1121
2) Le premier ministre dirige la Fonction publiques et ses
responsabilités comprendront en particulier ce qui suit :
Arrest and Detention
(2) No persons who are arrested shall be detained in custody without being
informed promptly
in a language they understand
of the grounds for such
arrest.
Arrestation
et détention
(2) Nul ne sera arrêté et retenu en détention préventive sans être
informé immédiatement dans une
langue qu'il comprend des
raisons de son arrestation.
Article 24
Derogation
(2) Where any persons are detained by virtue of such authorization as is
referred to in Paragraph (1), the following provisions shall apply:Article 24
Dérogation
(2) Pour toute personne détenue en vertu de l'autorisation mentionnée
au paragraphe 1, les dispositions
suivantes s'appliqueront :
Quant à l'article 15 de la
Loi sur les tribunaux communautaires de 2003, il
énonce qu'un tribunal communautaire peut décider de la langue à utiliser lors de
la procédure: la langue officielle (l'anglais), toute autre langue, y compris la
langue des signes. Il est aussi possible de recourir à la traduction si l'une
des parties ne comprend pas la langue utilisée. Community
Courts Act, 2003 (Act No. 10 of 2003) Article 15 1)
The official language
or any other language
including the sign language
which a community court may decide upon may be used during any
proceedings before that community court. 2) If the proceedings
are conducted in a language with which any party to the proceedings
before the community court - a) professes not to be
conversant; or b) in the opinion of such
community court, appears not to be sufficiently conversant, a
competent interpreter shall be called by the community court in
order to translate such evidence into a language with which such
party professes or appears to the community court to be sufficiently
conversant. Loi sur les
tribunaux communautaires de 2003 (loi no 10 de 2003) Article 15 Langue utilisée dans
les
tribunaux communautaires 1) La
langue officielle
ou toute autre langue,
y compris la langue des
signes, pour laquelle
un tribunal communautaire a juridiction peut être choisie d'être
utilisée au cours d'une procédure devant ce même tribunal. 2) Si la procédure est
menée dans une langue avec laquelle une partie à la procédure devant
le tribunal communautaire: a) prétend ne pas être
familière; ou b) de l'avis du tribunal, la
partie ne semble ne pas être suffisamment familière, un interprète
qualifié doit être appelé par le tribunal communautaire pour
traduire un témoignage dans une langue avec laquelle un partie
prétend ou semble suffisamment familière à la cour. 4.3 L'Administration Dans ladministration publique, tous les services auprès des
citoyens ne devraient être assurés qu'en anglais, puisque c'est la langue
officielle. La Namibie n'avait aucune raison d'employer l'anglais, mais le gouvernement
de Sam Nujoma a craint, après l'indépendance, l'officialisation de l'afrikaans et
a cru que la promotion des langues nationales africaines encourage les conflits
ethniques. L'imposition de l'anglais comme «langue neutre» fut une décision
politique destinée à «unifier tous les Namibiens», sans les inconvénients
historiques de l'afrikaans. D'ailleurs, le gouvernement namibien a
envoyé une circulaire afin d'interdire aux fonctionnaires publics l'usage d'une langue autre que l'anglais
dans leurs communications officielles avec les administrés, même au
téléphone. Toutefois, des Namibiens ont protesté, notamment ceux qui parlent
l'afrikaans. L'article 19 de la Constitution prévoit que tout individu a le
droit de pratiquer et de promouvoir sa langue propre:
Every person shall be entitled to enjoy, practice, profess, maintain and
promote any culture, language, tradition or religion subject to the terms
of this Constitution and further subject to the condition that the rights
protected by this article do not impinge upon the rights of others or the
national interest. Tout
individu a
le droit
de jouir, pratiquer,
professer, maintenir et promouvoir
sa culture, sa langue, ses traditions ou
sa
religion tel qu'il est
prévu en vertu des dispositions de la
présente Constitution, mais à
la condition que les droits protégés par
le présent article
n'empiètent pas sur les droits des autres ou
ne nuisent
pas
à
l'intérêt national. Finalement, l'affaire a abouti aux tribunaux en septembre 2000, car un comité des Nations
unies était d'avis que l'interdiction d'une autre langue que l'anglais
constituait une discrimination contraire à l'article 26 du
Pacte international relatif aux droits civils et politiques :
Language to be used in community courts
Article 19
Culture
Article 19
Culture
| International
Covenant on Civil and Political Rights
Article 26 All persons are equal before the law and are entitled without any discrimination to the equal protection of the law. In this respect, the law shall prohibit any discrimination and guarantee to all persons equal and effective protection against discrimination on any ground such as race, colour, sex, language, religion, political or other opinion, national or social origin, property, birth or other status. Article 27 In those States in which ethnic, religious or linguistic minorities exist, persons belonging to such minorities shall not be denied the right, in community with the other members of their group, to enjoy their own culture, to profess and practise their own religion, or to use their own language. |
Pacte international relatif aux droits civils et
politiques
Article 26 Toutes les personnes sont égales devant la loi et ont droit sans discrimination à une égale protection de la loi. À cet égard, la loi doit interdire toute discrimination et garantir à toutes les personnes une protection égale et efficace contre toute discrimination, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique et de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. Article 27 Dans les États où il existe des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques, les personnes appartenant à ces minorités ne peuvent être privées du droit d'avoir, en commun avec les autres membres de leur groupe, leur propre vie culturelle, de professer et de pratiquer leur propre religion ou d'employer leur propre langue. |
Le Comité a souligné que l'interdiction visait non seulement les communications écrites, mais également les communications orales, que l'État de la Namibie n'a tenté d'apporter aucune justification de la mesure incriminée et que, en l'absence d'une telle justification, le Comité est porté à croire les requérants lorsqu'ils alléguaient que la circulaire visait intentionnellement à prohiber de façon particulière l'afrikaans, plutôt que toutes les langues n'ayant pas de statut officiel. En conséquence, les requérants ont été jugés comme «victimes de discrimination». Cependant, les avocats du gouvernement ont fait valoir que l'État a le droit de choisir une langue officielle et d'exiger que les communications se fassent uniquement dans cette langue.
Une circulaire administrative datée du 14 juillet 2008, en
provenance du Bureau du premier ministre (Department
Public Service Management), précise ainsi les exigences concernant un poste
à la gestion des ressources: DIRECTORATE MANAGEMENT SERVICES DIVISION RESOURCE MANAGEMENT
Candidates for the post must be Namibian citizens, have a valid
driver's license and be prepared to travel throughout Namibian. A
high standard of written and spoken English is required. Computer
literacy is a must. Candidates must have the ability to work on his/her
own and as part of a team to prioritize, plan and co-ordinate work.
Skills in objective setting and evaluation of performance are
important. DIRECTION DE L'AMÉNAGEMENT DES RESSOURCE Les candidats au poste doivent être des citoyens
namibiens, détenir un permis de conduire valide et être préparé pour
voyager partout en Namibie. Un niveau élevé de l'anglais écrit et
parlé est exigé. L'initiation à l'informatique est une nécessité. Les candidats doivent avoir la capacité de travailler
de façon autonome et dans le cadre d'une équipe afin de
hiérarchiser, planifier et coordonner le travail. Les
habiletés de fixation d'objectifs et d'évaluation des performances
sont importantes.
Dans toutes les offres d'emploi, on peut lire des messages comme suit: «Applicants
should have the ability to read and write English», autrement dit les
candidats doivent avoir la capacité de lire et écrire l'anglais. En Namibie,
c'est une donnée incontournable pour tout canditat(e) ;a un poste administratif.
Cela étant dit, les
administrations municipales, les conseils régionaux et les collectivités locales peuvent recourir aux
langues nationales dans la plupart des communications orales, mais ce nest
pas un droit: c'est plutôt lorsqu'on ne peut pas faire autrement. Les documents administratifs
sont généralement bilingues (afrikaans-anglais), mais pas toujours, l'anglais
étant toujours présent. Enfin, on
peut dire que langlais est devenu aujourd'hui la première langue
de ladministration gouvernementale en Namibie, aux dépens de l'afrikaans
et, évidemment, aux dépens des langues nationales africaines.
4.4 L'éducation
En éducation, les écoles primaires et secondaires offrent
un enseignement en anglais et en afrikaans, et plusieurs écoles
privées dispensent un enseignement en allemand. Autrement dit, les
parents blancs choisissent entre trois écoles possibles: en afrikaans,
en anglais et en allemand. Pour les Noirs, les écoles primaires
offrent un enseignement en herero, en nama, en fwe, en subia, en tswana, etc. Au
total, quelque 13 langues en plus de l'anglais sont autorisées comme
langue d'enseignement dans les écoles primaires. Ces pratiques sont conformes au par. 2 de larticle 3 de la Constitution:
DU
SERVICE DE GESTION
|
Article 3
(2) Nothing contained in this Constitution shall prohibit the use of any other language as a medium of instruction in private schools or in schools financed or subsidised by the State, subject to compliance with such requirements as may be imposed by law, to ensure proficiency in the official language, or for pedagogic reasons. |
Article 3
(2) Aucune des dispositions de la présente Constitution n'empêchera l'usage d'une autre langue comme véhicule d'enseignement dans les écoles privées, de même que dans les écoles financées ou subventionnées par l'État, sous réserve du respect des exigences qui pourraient être imposées par la loi, dans le but d'assurer la connaissance de la langue officielle ou pour des raisons pédagogiques. |
Bien que ce soit difficile et coûteux d'enseigner un si grand nombre de langues, il semble tout de même important que les Namibiens puissent conserver leur diversité culturelle; l'instruction des citoyens namibiens constitue l'investissement le plus important que le gouvernement puisse faire.
Le Programme national d'action, prévu pour de 2002
jusqu'en 2015, recommande l'usage de la langue maternelle comme moyen
d'enseignement de la première année à la troisième; l'anglais est employé comme
langue d'enseignement de la quatrième année à la douzième; les langues locales
sont aussi enseignées comme matière à partir de la quatrième année.
|
National Plan of Action 2002 - 2015 1.2.1 The structure of the education
system |
Programme national d'action 2002 - 2015 1.2.1 La structure du système
d'éducation |
De fait, dans toutes les écoles du pays, l'enseignement est dispensé en anglais à partir de la 4e année de primaire, ce qui n'est pas toujours facile pour les élèves parlant une langue africaine à la maison. Dans certaines écoles, les langues nationales sont remplacées systématiquement par l'anglais, ce qui contrevient à la politique gouvernementale officielle selon laquelle l'alphabétisation doit se faire dans la langue maternelle. Cela dit, lapprentissage de langlais demeure obligatoire partout et se poursuit progressivement pour devenir l'unique langue d'enseignement au secondaire. Il n'en demeura pas moins que l'enseignement de l'anglais connaît certaines difficultés puisque beaucoup d'enseignants dans les régions rurales ont une piètre connaissance de l'anglais; le gouvernement namibien a dû à plusieurs reprises faire appel à des enseignants anglophones dans les autres pays d'Afrique. Bref, l'enseignement des langues africaines sert avant tout à alphabétiser les enfants dans leur langue maternelle, avant de leur inculquer l'anglais à partir de la 4e année. De toute façon, tous les emplois les moindrement rémunérés en Namibie vont exiger la maîtrise de l'anglais. L'enseignement dans les langues nationales n'est que temporaire et limité à des fins identitaires.
Par ailleurs, le président Nujoma a publiquement annoncé que l'afrikaans devait être réduit dans l'enseignement. Plusieurs collèges et universités ont décidé de promouvoir l'enseignement de l'anglais aux adultes qui ont besoin de cette langue pour leur travail. Un nouveau programme appelé «Practical English» (l'anglais pratique) a été offert depuis 1998 et semble connaître un succès «incroyablement populaire», d'après Mme Laetitia Willemse, la responsable du programme de langue anglaise du NAMCOL (Namibian College for Open Learning), un établissement d'enseignement reconnu par une loi du Parlement en 1994 et comptant plus de 80 centres disséminés dans tout le pays.
Quant à la formation des professeurs, la Loi sur la
formation des enseignants des collèges de 2003 précise que la langue
d'enseignement dans la formation des professeurs doit être l'anglais:
|
Teachers' Education Colleges Act, 2003 Act No. 25, 2003
Article 29. |
Loi sur la formation des enseignants des collèges de 2003 Loi no 25 de 2003 Article 29 |
À luniversité, les cours se donnent en afrikaans ou en anglais, parfois plus souvent en afrikaans quen anglais, parce que les étudiants ont généralement une connaissance limitée de la langue anglaise. La Loi sur l'enseignement supérieur (Highter Education Act, 2003) de 2003 ne traite pas de la langue.
4.5 Les médias
Dans la vie économique, lafrikaans et surtout langlais demeurent les premières langues du pays. Dans laffichage tant public que commercial, le bilinguisme afrikaans-anglais est assez répandu dans la région de la capitale. Les langues africaines sont relativement peu employées, sauf à loral pour les Noirs où elles règnent en maître. Des Namibiens déplorent que l'ignorance de la langue anglaise entraîne une exclusion dans beaucoup d'emplois dans les domaines administratifs, judiciaires, scolaires, etc.
Dans les médias, les journaux sont généralement publiés en anglais (The Namibian, Republic of Namibia, The Namibin Economist), mais aussi en afrikaans (Die Republikein) et en allemand (Allgemeine Zeitung). À la radio, la NBC (Namibian Broadcasting Corp.) diffuse surtout en anglais, mais donne des bulletins d'information en allemand et en afrikaans. La chaîne bilingue Kanaal 7 / Channel 7 diffuse ses émissions en deux langues, l'anglais et l'afrikaans. Quant à Radio Kudu, elle n'emploie généralement que la langue officielle, mais ne répugne pas à utiliser parfois l'afrikaans et l'allemand. En ce qui a trait à la télévision, la NBC diffuse en anglais, la MultiChoice Namibia offre plusieurs canaux en langue anglaise (M-NET,SuperSport, CNNi, Discovery et SABC Mix), alors que la Deukom Television présente des canaux en allemand (RTL, Sat1, DW et ARD). En mais 2002, l'ouverture de Desert TV marqua un événement significatif dans l'industrie de télévision de la Namibie parce que c'était la première fois depuis l'indépendance du pays que l'afrikaans était de retour sur les ondes hertziennes namibiennes.
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Force est de constater que la Namibie est restée en partie tributaire des pratiques de l’apartheid: des langues pour les Blancs (anglais, afrikaans et allemand), d’autres pour les Noirs (les langues nationales). Il reste beaucoup de chemin à parcourir pour ce pays avant de pratiquer une politique linguistique plus juste et plus équitable envers la majorité de la population. Dans les affaires, la connaissance de l’afrikaans est considérée comme nécessaire, au même titre que l’anglais et l’allemand. Les langues africaines ne sont utiles qu’en famille et dans les communications informelles de la vie quotidienne. Cependant, la politique volontariste du gouvernement namibien depuis l'indépendance est de promouvoir l'anglais aux dépens de toutes les autres langues, que ce soit l'afrikaans, l'allemand ou les langues nationales africaines. Il semble que cette politique soit appelée à réussir, malgré les défenseurs de l'afrikaans. Quoi qu'il en soit, on peut affirmer que le statut des langues africaines s’est notoirement détérioré au cours des 12 dernières années, soit depuis l’indépendance de la Namibie.
Bibliographie
ENCYCLOPÉDIE MICROSOFT ENCARTA, 2004, art. «Namibie», pour la partie historique. LECLERC, Jacques. Les droits linguistiques dans 129 États du monde, tome II: «Description thématique», Montréal, rapport déposé à l'Office de la langue française, 1992, 402 p. |
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