Province de Québec

Québec

Informations préliminaires

 

Capitale: Québec  
Population: 7,4 millions (2006)  
Langue officielle: français (de jure
Groupe majoritaire: français (79,0 %) 
Groupes minoritaires: anglais (7,7 %), langues immigrantes (10,9 %), autochtones (1 %) 
Système politique: province de la fédération canadienne depuis 1867 
Articles constitutionnels (langue): art. 133 de la Constitution canadienne de 1867; art. 14, 16-23, 55, 57 de la Constitution canadienne de 1982 
Lois linguistiques: Convention de la Baie- James et du Nord québécois (1975); Charte de la langue française (1977); Loi concernant un jugement rendu par la Cour suprême du Canada le 13 décembre 1979 sur la langue de la législation et de la justice au Québec (1979); Loi sur les Cris et les Naskapis du Québec (1984); Loi sur la santé et les services sociaux (1986); Loi modifiant la Charte de la langue française ou loi 178 (1988); Loi modifiant la Charte de la langue française ou loi 86 (1993); Loi modifiant la Charte de la langue française ou loi 40 (1997); Loi modifiant la Charte de la langue française ou loi 171 (2000); Loi sur l’exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l’État du Québec (2000); Loi modifiant la Charte de la langue française ou loi 104 (2002); Entente Canada-Québec pour les services en langue anglaise (2007).

 

1 Situation géographique

Le Québec est une province de l’est du Canada, limitée au nord par le détroit d’Hudson et la baie d’Ungava, à l’est par le Labrador, le détroit de Belle-Isle et le golfe du Saint-Laurent, au sud par le Nouveau-Brunswick, le Maine, le New Hampshire, le Vermont, l’État de New York et l’Ontario et à l’ouest par l’Ontario, la baie James et la baie d’Hudson. La rivière des Outaouais forme une partie de la frontière avec l’Ontario (voir la carte agrandie). Le Québec s’étend sur 1930 km du nord au sud et sur 1610 km environ d’est en ouest. Avec 15,5 % de la superficie totale du Canada, c’est la plus vaste des provinces canadiennes (1,6 million km²)

Le Québec tire son nom du terme algonquin kebek signifiant «rétrécissement du fleuve», en référence à la partie du fleuve Saint-Laurent qui borde la ville actuelle de Québec, capitale de la province. Le terme est commun à l'algonquin, au cri et au micmac, et il a la même signification dans les trois langues. On trouve l'orthographe Quebeck en 1601, puis Kébec en 1609 et Québec en 1613 (par Samuel de Champlain).

2 Situation linguistique particulière

Parmi les dix provinces canadiennes, le Québec se distingue du fait qu'il est le seul État de toute l'Amérique du Nord dont la langue officielle, le français, est aussi celle de la majorité de la population. Alors que les groupes majoritaires ne se préoccupent généralement pas de leur survie, les francophones du Québec sont hantés par un profond sentiment d'insécurité linguistique, ce qui démontre qu'ils constituent une minorité au sein du Canada. Ce sentiment d'insécurité a été le déclencheur de tous les élans de fièvre nationaliste. La défense de la langue française constitue en effet la trame de fond du nationalisme québécois. En ce sens, le Québec apparaît comme une «société distincte» en Amérique du Nord.

Depuis la Conquête anglaise de 1763, l'insécurité linguistique a été causée par la dominance socio-économique de l'anglais, puis, à partir des années 1960, par la dénatalité chez les francophones, l'attraction exercée par l'anglais chez les immigrants et leur choix quasi exclusif de l'école anglaise, l'anglicisation marquée du monde du travail, etc. La concomitance de tous ces facteurs aurait dû, de toute évidence, incité les gouvernements à intervenir pour protéger le caractère français du Québec. Toutefois, comme nous le verrons, cette intervention a pris beaucoup de temps à se manifester et à se concrétiser.

Rappelons aussi que le français du Québec s'est toujours exporté à l'extérieur de la province, en Ontario, puis au Manitoba, en Alberta et en Colombie-Britannique. Il s’est aussi retrouvé au XIXe siècle dans le nord des États-Unis, particulièrement en Nouvelle-Angleterre, au Missouri et au Michigan. Les Québécois vont régulièrement grossir le nombre des minorités francophones des autres provinces canadiennes. 

Avant d'aborder directement la question de la politique linguistique du Québec, il paraît nécessaire de rappeler que le Québec n’est pas un État souverain et qu’il demeure juridiquement une province canadienne «comme les autres» (il y en a dix!). Comme il constitue la seule province francophone de tout le Canada et qu’il est soumis aux mêmes dispositions de la Constitution canadienne – dispositions qu’il n’a pas nécessairement choisies –, sa politique linguistique pro-française risque de soulever des controverses parmi la population majoritaire anglo-canadienne. Le Québec forme une «société distincte», mais cette différence contrarie la majorité anglaise du pays. En ce sens, il y aurait lieu de comparer la politique linguistique du Québec, non pas à celle de la France – un État souverain – avec laquelle le Québec n’a rien de commun sauf la langue, mais plutôt à celle d’États non souverains tels que la Catalogne (Espagne), le Pays basque (Espagne), la province de Bolzano (Italie), le canton du Tessin (Suisse), la province du Sind (Pakistan), etc., qui se distinguent aussi par la langue dans leur pays respectif.
 

 
  Le Québec  
Informations préliminaires
La question démographique
Le défi de l'immigration
La politique linguistique du Québec et la Charte de la langue française
Les modifications à la Charte de la langue française: les lois 178, 86, 40, 171 et 104
Les droits linguistiques de la minorité anglophone
Les droits linguistiques des autochtones
Conclusion
 

   Bibliographie

Canada (accueil)

Histoire du français au Québec

Accueil: aménagement linguistique dans le monde