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United States of America
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États-Unis d'Amérique
Présentation générale
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Capitale: Washington
-
Population: 281,4 millions (2000)
-
Langues officielles: anglais (de facto)
-
Groupe majoritaire: anglais (82,1 %)
-
Groupes minoritaires: espagnol (10,7 %), chinois,
français, allemand, tagalog (filipino), vietnamien, italien, coréen, russe,
polonais, arabe,
portugais, japonais, + env. 160 langues dont 50 sont parlées par plus de 30
000 de locuteurs
-
Système politique: république
fédérale de 50 États et d'un
district fédéral
-
Articles constitutionnels (langue): aucune
disposition constitutionnelle
-
Lois linguistiques: la
Bilingual Education Act (1967 et 1974); la Emergency School Aid
Act (1972); la Indian Education Act (1972); le Ethnic Heritage
Program (1972); la Native American Languages Act of 1990; la
Native American Languages Act of 1992; la Native American Languages Act
Amendments Act of 2001; la No Child Left Behind Act of 2001; la Southwest Native American Language
Revitalization Act of 2003.
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1 Situation politique
Les États-Unis d'Amérique (en anglais:
United States of America) forment une république fédérale
constituée de 50 États et d'un district fédéral (voir
la carte), celui de Columbia. Ce pays d'Amérique du Nord s'étend de l'Atlantique au Pacifique
et du Canada au golfe du Mexique, et comprend aussi l'Alaska et les îles d'Hawaï.
Avec un territoire de 9,6 millions de kilomètres carrés, dont 1,5 million km²
seulement en Alaska, les États-Unis forment un «État-continent», le quatrième du
monde par la superficie, doté de deux façades océaniques. La capitale du pays
est Washington. Les plus grandes villes sont New York et Los Angeles, deux
métropoles au rayonnement international.
Les États-Unis possèdent plusieurs
«régions administratives associées». On compte deux Commonwealths
(Porto Rico et les
îles Mariannes du Nord) et quatre
territoires non incorporés (les
Samoa américaines, les îles
Vierges américaines, l'île de Guam et la
fédération de Micronésie). Il s'agit
dans tous les cas d'îles constituant une forme de «protectorat
américain». Généralement, les Commonwealths ou États associés tendent
généralement à disposer d'une plus grande autonomie que les territoires non
incorporés.
Les États-Unis possèdent aussi des
territoires inhabités, c'est-à-dire des
îlots administrés par le
ministère de l'Intérieur (United States Minor Outlying Islands): Johnston, Baker-et-Howland, Jarvis, Kingman Reef, Midway, Navassa,
Palmyra et Wake.
Voici la liste des 50 États
américains, avec leur abréviation et la date de leur admission dans l'Union
(les États avec des liens sont ceux disponibles dans ce site):

On peut aussi consulter un tableau des 50 États avec leur ordre d'admission
dans l'Union en cliquant
ICI. Cela dit, le pays peut être divisé en fonction de quelques grandes
régions qui ont chacune un climat, une géographie, des traditions et un
histoire particulières:
|
Dénomination anglaise |
Dénomination
française |
États |
|
New England
(6) |
Nouvelle-Angleterre |
Connecticut, Maine, Massachusetts, New
Hampshire, Rhode Island, Vermont |
|
Middle Atlantic
(5) |
Centre du littoral
de l'Atlantique |
Delaware, Maryland, New Jersey, New York,
Pennsylvanie |
|
South
(13) |
Sud |
Alabama, Arkansas, Caroline du Nord, Caroline du
Sud, Floride, Géorgie, Kentucky, Louisiane, Mississippi, Missouri,
Tennessee, Virginie, Virginie occidentale |
|
Midwest
(11) |
Midwest |
Dakota du Nord, Dakota du Sud, Illinois,
Indiana, Iowa, Kansas, Michigan, Minnesota, Nebraska, Ohio, Wisconsin |
|
Southwest
(4) |
Sud-Ouest |
Arizona, Nouveau-Mexique, Oklahoma, Texas |
|
West
(11) |
Ouest |
Alaska, Californie, Colorado, Hawaï, Idaho,
Montana, Nevada, Oregon, Utah, Washington, Wyoming |


2 Données
démolinguistiques
Lors du recensement de 1990 (US
Census Bureau), la population des États-Unis atteignait 230 millions
d'habitants, mais le recensement d'avril 2000 révélait que la population
américaine atteignait 281,4 millions d'habitants. D'après les calculs
démographiques du US Census Bureau, la population
des États-Unis devait franchir la barre des 300 millions, précisément à 7 h 46,
le 17 octobre 2006. Toujours selon le US Census Bureau, la
population par État se répartissait comme suit (par ordre décroissant) lors du
recensement de 2000:
| État |
Population
(ordre décroissant) |
Population
(recensement 2000) |
|
Californie |
1 |
33 871 648 |
|
Texas |
2 |
20 851 820 |
|
New York |
3 |
18 976 457 |
|
Floride |
4 |
15 982 378 |
|
Illinois |
5 |
12 419 293 |
|
Pennsylvanie |
6 |
12 281 054 |
|
Ohio |
7 |
11 353 140 |
|
Michigan |
8 |
9 938 444 |
|
New Jersey |
9 |
8 414 350 |
|
Georgie |
10 |
8 186 453 |
|
Caroline du Nord |
11 |
8 049 313 |
|
Virginie |
12 |
7 078 515 |
|
Massachusetts |
13 |
6 349 097 |
|
Indiana |
14 |
6 080 485 |
|
Washington |
15 |
5 894 121 |
|
Tennessee |
16 |
5 689 283 |
|
Missouri |
17 |
5 595 211 |
|
Wisconsin |
18 |
5 363 675 |
|
Maryland |
19 |
5 296 486 |
|
Arizona |
20 |
5 130 632 |
|
Minnesota |
21 |
4 919 479 |
|
Louisiane |
22 |
4 468 976 |
|
Alabama |
23 |
4 447 100 |
|
Colorado |
24 |
4 301 261 |
|
Kentucky |
25 |
4 041 769 |
|
Caroline du Sud |
26 |
4 012 012 |
|
Oklahoma |
27 |
3 450 654 |
|
Oregon |
28 |
3 421 399 |
|
Connecticut |
29 |
3 405 565 |
|
Iowa |
30 |
2 926 324 |
|
Mississippi |
31 |
2 844 658 |
|
Kansas |
32 |
2 688 418 |
|
Arkansas |
33 |
2 673 400 |
|
Utah |
34 |
2 233 169 |
|
Nevada |
35 |
1 998 257 |
|
Nouveau-Mexique |
36 |
1 819 046 |
|
Virginie occidentale |
37 |
1 808 344 |
|
Nebraska |
38 |
1 711 263 |
|
Idaho |
39 |
1 293 953 |
|
Maine |
40 |
1 274 923 |
|
New Hampshire |
41 |
1 235 786 |
|
Hawaï |
42 |
1 211 537 |
|
Rhode Island |
43 |
1
048 319 |
|
Montana |
44 |
902 195 |
|
Delaware |
45 |
783 600 |
|
Dakota du Sud |
46 |
754 844 |
|
Dakota
du Nord |
47 |
642 200 |
|
Alaska |
48 |
626 932 |
|
Vermont |
49 |
608 827 |
|
District de Columbia |
50 |
572 059 |
|
Wyoming |
51 |
493 782 |
On peut consulter la répartition de la population par État
en cliquant
ICI.
2.1 Le gentilé «Américain» et les
autres
L'appellation courante pour désigner les habitants des
États-Unis est Américains/Américaines, évidemment «American» en anglais.
Normalement, on associe le nom du pays aux habitants. Par exemple, le Canada
abrite des «Canadiens», le Mexique des «Mexicains», la France des «Français», la
Finlande des «Finlandais», le Liechtenstein des «Liechtensteinois», le Maroc des
«Marocains», le Nigeria des «Nigérians», la Thaïlande des «Thaïlandais», la
Nouvelle-Zélande des «Néo-Zélandais», etc. Il y a des exceptions, comme au
Royaume-Uni et aux États-Unis. Les habitants du Royaume-Uni sont des
«Britanniques» (incluant les Écossais, les Gallois, les Irlandais?) et ceux des
États-Unis des «Américains». Le problème sémantique avec l'appellation de
«Américains», c'est que les habitants des États-Unis s'approprieraient le
continent en entier, comme si l'on faisait abstraction des 32 millions de
Canadiens, des 100 millions de Mexicains, des 175 millions de Brésiliens, sans
oublier les Argentins, les Colombiens, les Péruviens, les Chiliens, etc.
Certains voient dans le mot Américain le reflet de
l'«impérialisme américain» et préfèrent parler des États-uniens (ou
États-Uniens ou Étazuniens), terme attesté depuis 1955 en français
(d'après Le Robert). Mais ce mot n'est pas vraiment passé dans l'usage,
sauf de la part d'intellectuels français apparemment très branchés. L'usage du
terme États-uniens est même perçu comme un signe d'«antiaméricanisme»; il
est souvent associé à des organisations non gouvernementales très critiques à
l'égard des États-Unis. L'appellation Américain(s) demeure le seul
gentilé mentionné dans le Code de rédaction interinstitutionnel (1993) de
l'Union européenne ainsi que, soulignons-le, dans la «Liste annexée» de l'arrêté
du 4 novembre 1993 relatif à la terminologie des noms d'États et de capitales,
adopté par le gouvernement français. C'est tout dire!
En réalité, le nom du pays, soit les United States of
America, date de la fameuse Déclaration d'indépendance de 1776, alors que
les citoyens des États-Unis étaient les seuls à pouvoir prétendre être des
"American citizens" («citoyens américains»), puisque les autres habitants du
continent demeuraient encore des sujets britanniques, espagnols, portugais ou
français. Dans ces conditions, il serait passablement exagéré de soutenir que
l'emploi du mot Américain (en anglais: American), terme consacré
par l'usage, provient d'une volonté «hégémonique» de la part du peuple concerné.
Il existe en anglais d'autres mots pour remplacer
American, notamment United-Statesian, United Statesian ou
encore Unitedstatesian, mais sans trop de succès. On utilise parfois le
mot Anglo-American (un «Anglo-Américain»), mais il sert généralement à
désigner un citoyen des États-Unis dont les ancêtres sont originaires de
l'Angleterre. Attention à l'appellation anglaise de Native Américan, car
elle renvoie automatiquement aux Amérindiens (les «Indiens») et est synonyme de American
Indian. En espagnol, les Hispaniques — tous les
non-Blancs parlant l'espagnol, incluant les Brésiliens lusophones et les
Haïtiens francophones — emploient généralement le mot
Americanos, parfois Stadounidenses (de Estados Unidos)
ou souvent par dérision Gringos. Fait à signaler, l'espéranto utilise le
terme Usonanoj (ou Usonano au singulier), qui provient de United
States of North America.
On utilise aussi le terme Nord-Américain (North-American)
qui englobe alors tous les habitants de l'Amérique du Nord, c'est-à-dire les
Canadiens, les Américains et les Mexicains, pour ne pas parler des Inuits et des
Amérindiens. Dès lors, Nord-Américain s'oppose à Sud-Américain (South-American
ou Sudamericano). Quant au terme de Latino-Américain, il
englobe tous les habitants originaires de l'Amérique latine, qu'ils proviennent
du Brésil ou du Guatemala, voire des États-Unis ou du Canada (les immigrants
latino-américains); c'est souvent un synonyme de Hispanique. Mais le mot
Hispano-Américain (Hispanoamericano) exclut les Brésiliens et tous
les autres Latino-Américains qui ne parlent pas l'espagnol.
2.2 La diversité ethnique
La population des États-Unis frappe par sa
diversité. Par exemple, les Latino-Américains et les
groupes ethniques minoritaires (c'est-à-dire les groupes constituant moins de 50 % de la population et réunissant les Noirs d'origine
non latino-américaine, les Asiatiques et les Amérindiens) ont enregistré une
croissance démographique supérieure à celle de l'ensemble de la population.
Ainsi, en 1970, ces groupes représentaient ensembles quelque 16 % de la
population, mais en 1998, leur proportion atteignait les 27 %.
En 2007, les Noirs représentaient 40 millions de personnes aux
États-Unis, soit 14 %.
Dans l'hypothèse
où ces tendances se maintiendraient, le Bureau du recensement prévoit que les
Latino-Américains
constitueront près de la moitié de la population des États-Unis d'ici 2050. Le
magazine Time, pour sa part, annonçait qu'en 2056 les Blancs (''White''
ou ''Caucasian'') seraient
minoritaires aux États-Unis. Bien
que futuristes, ces projections montrent que les États-Unis connaîtront une
expansion considérable de la diversité raciale et ethnique au cours du
XXIe siècle. En
2000, les 10 pays fournissant le plus d'immigrants étaient le Mexique (173
900), la Chine (45 700), les Philippines (42 500), l'Inde (42 000), le Vietnam
(26 700), le Nicaragua (24 000), le Salvador (22 600), Haïti (22 400), Cuba
(20 800) et la République dominicaine (17 500). Les États-Unis continuent
d'accueillir plus d'immigrants que tout autre pays dans le monde.
Selon le recensement de 2000, les États-Unis
comptaient 31 millions de personnes nées à l'étranger. C'est une
augmentation remarquable de 57 % par rapport à 1990. Ces immigrants venaient
de partout dans le monde, mais surtout des pays les plus pauvres où ils ont occupé des emplois mal payés.
Malgré tout, la plupart de leurs enfants vivront
mieux que leurs parents au plan matériel.
- Les minorités raciales
En 1978, le gouvernement fédéral américain publiait une directive appelée
la Federal Directive No. 15, qui
reconnaissait quatre «
minorités
raciales et ethniques» («racial and ethnic
groups»), ce qui correspondrait aux minorités nationales officielles, soit les
''American Indians'', les "Asian Americans" (incluant les ''Pacific Islanders"),
les "Blacks" et les "Hispanics" .
1) Les Amérindiens
(''American Indians'') et les Indigènes
d'Alaska (''Alaskan Natives'')
Toute personne ayant des origines issues de chacun des peuples autochtones
d'Amérique du Nord et qui désire maintenir son identité culturelle par
l'affiliation tribale ou la reconnaissance communautaire. Les Amérindiens sont
désignés en anglais par de nombreux autres termes : Native Americans,
First Americans, Original Americans, Indians, Amerindians, Amerinds,
Aboriginal, Indians, Indigenous, Red Indians ou Red Men.
2) Les Asiatiques
(''Asian'') et les insulaires du Pacifique
(''Pacific Islanders'')
Toute personne ayant des origines issues de chacun des peuples de
l'Extrême-Orient, de l'Asie du Sud-Est, du sous-continent indien ou des îles
du Pacifique. Cette catégorie de citoyens comprend, par exemple, la Chine,
l'Inde, le Japon, la Corée, les Philippines et les Samoa.
3) Les Noirs (''Blacks'')
Toute personne ayant des origines issues de chacun des groupes de race noire
d'Afrique.
4) Les Hispaniques (''Hispanics'')
Toute personne non blanche originaire du Mexique, de Porto Rico, de Cuba, de
l'Amérique centrale ou de toute autre culture
espagnole. Le terme Hispanic est celui qui est utilisé officiellement
par les autorités fédérales américaines (recensement, formulaires, etc.), mais
la communauté concernée préfère celui de Latino qui fait moins européen. Pour le
gouvernement américain, les Hispaniques constituent un groupe ethnique, ce qui
signifie qu'il existe des Hispaniques blancs et des Hispaniques de couleur.
Généralement, les Brésiliens lusophones et les Haïtiens francophones sont
considérés comme des «Hispaniques». Les Chicanos sont des Hispaniques
originaires du Mexique et vivant aux États-Unis.
Dans les faits, les populations hispanophones (voir
le dossier «La population hispanique des États-Unis») proviennent,
dans l'ordre, du Mexique, de Cuba, de Porto Rico, de l'Amérique centrale, de la
République dominicaine et de la Colombie.
Au début de l'année 2000, la Directive no 15 a
subi une révision pour inclure cinq catégories minimales sur les races en
scindant la seconde catégorie comme suit: d'une part, les Asiatiques
(''Asian''),
d'autre part, les indigènes d'Hawaï (''Native Hawaiian'') et les autres
insulaires du Pacifique (''Other Pacific Islander''). Le groupe des Blancs
n'est pas considéré comme minoritaire aux États-Unis. On emploie les termes
White ou Caucasian pour désigner les Blancs. Le recours au
terme «caucasien» peut paraître désuet aujourd'hui, dans la mesure où il
sert à représenter les habitants du Caucase, plus précisément ceux qui
parlent une
langue caucasienne. En 1863, le dictionnaire Littré précisait: «Race
caucasienne, nom donné à la race humaine blanche, supposée issue du
Caucase et des environs.» En français, ce terme n'est donc pas approprié.
Évidemment, la grande diversité ethnique sème la panique chez une certaine
partie de la population, surtout les citoyens
anglophones blancs — les WASP: White Anglo-Saxon
Protestants —,
car ceux-ci craignent de perdre le contrôle de leur pays. Par conséquent, le
meilleur moyen pour contrer ce danger, c'est au moins de d'assimiler
rapidement les non-anglophones, surtout les Latinos (Hispaniques), qui se
reproduisent plus vite que les Blancs.
- Les Hispaniques
Le tableau qui suit illustre la progression de la
population hispanique aux États-Unis. Du
1er juillet 2006 au 1er
juillet 2007, le nombre des Hispaniques a augmenté de 3,3 %, alors que celui
des Asiatiques a augmenté de 2,9 %, celui des Noirs de 1,3 %, celui des
Hawaïens d'origine et des insulaires du Pacifique de 1,6 % et celui des
Amérindiens d'origine de 1 %. La croissance démographique de tous ces
groupes a été bien supérieure à celle de la population blanche, qui n'a été
que de 0,3 %. On compte 45,5 millions d'Hispaniques aux États-Unis, qui
forment 15 % de la population du pays. Les Noirs constituent le deuxième
groupe minoritaire le plus important ; ils sont au nombre de 40,7 millions,
soit 13,5 % de la population. Les Hispaniques constituent le groupe ethnique
connaissant la croissance la plus rapide des États-Unis; il représente
environ 50 % du taux de croissance démographique de la population totale.
Cependant, seuls 10 % des nouveaux électeurs américains sont d'origine
hispanique, ce qui ne se transpose pas encore en réelle influence politique
puissante.

- Les Métis
De plus, le recensement de 2000 révèle que beaucoup d'Américains se sont
identifiés comme appartenant à deux «races». Ainsi, ont été recensées les
réponses telles que multiracial, mixed, interracial ou tout autre
groupe hispano-américain/latino (Mexicains, Portoricains, Cubain, Dominicains,
etc.). Il suffisait de cocher la case «deux races ou plus» (''Two or more
races'') ou inscrire plusieurs réponses dans la catégorie «Some other race». Au
total, 6,8 millions d'Américains, soit 2,4 %, s'identifient à deux races ou
plus.
Les journaux font état de l'importance croissante des Américains de «race
mélangée» (''mixed race''). Un mot d'origine hawaïenne a été inventé: hapa
signifiant «moitié blanc». On peut dire hapa haole («en partie blanc»),
hapa kanaka («en partie hawaïen»), hapa popolo («en partie
afro-américain), hapa pilipino («en partie philippin»), hapa pake
(«en partie chinois»), hapa kolea («en partie coréen»), etc. Bref, les
Américains ayant, par exemple, du sang asiatique ou les Asiatiques ayant des
ancêtres d'autres races ont également adopté ce terme. Le nombre des «hapa» a
énormément augmenté ces dernières années; les hapa constituent
aujourd'hui le sous-groupe le plus important, après les habitants ayant des
origines chinoises, parmi les Américains ayant des ancêtres d'origines asiatique
ou indigène des îles du Pacifique. Ils forment un vaste éventail d'identités.
Hawaï est l’État où le pourcentage de la population déclarant appartenir à
«deux races ou plus» est le plus élevé (21,4 %), suivi de la Californie (4,7
%), l’État de Washington (3,6 %), l’État de New York (3,1 %), le Texas (2,5 %)
et le New Jersey (2,5 %). On comprendra que la plupart des Américains regardaient
la campagne présidentielle de 2008 de Barack Obama comme significative, ce
dernier étant un Afro-Américain, né d'une mère blanche du Kensas et d'un père
noir du Kenya, avec un second prénom (Hussein) qui fait peur aux Blancs. Pour de nombreux Américains, le candidat métis Obama — un
hapa — symbolisait, entre autres, l’avenir de la question raciale dans ce
pays. Quand Barack Obama est né, en 1961 à Honolulu, les mariages mixtes étaient
encore interdits dans 16 États américains. Il concrétise maintenant une Amérique post-raciale!
Quoi qu'il en soit, si l'on a souvent accusé les Américains d'être racistes et
xénophobes, l'élection de Barack Obama comme 44e président des États-Unis
témoigne d'une
ouverture d'esprit sans précédent. Si 96 % des Noirs ont voté pour Obama, il en
fut ainsi pour 43 % des Blancs; chez les moins de 30 ans, cette proportion a
grimpé à 54 %. Ainsi, les Américains, de quelque groupe ethnique qu'ils soient, ont élu à la présidence des États-Unis
une personne qui représente 14 % de sa communauté (noire). Obama avait raison de
déclarer au soir de sa victoire dans son discours du 4
novembre 2008:
| It’s the
answer spoken by young and old, rich and poor, Democrat and
Republican, black, white, Latino, Asian, Native American, gay,
straight, disabled and not disabled – Americans who sent a
message to the world that we have never been a collection of Red
States and Blue States: we are, and always will be, the United
States of America. |
C'est la
réponse des riches et des pauvres, des démocrates et des
républicains, des Noirs, des Blancs, des Latinos, des
Asiatiques, des Américains d'origine, des homosexuels, des
hétérosexuels, des handicapés et des valides. Les Américains ont
adressé un message au monde – nous ne sommes pas un amalgame
d'États républicains ou démocrates ; nous sommes, et nous serons
toujours les États-Unis d'Amérique. |
La victoire de Barack
Obama marque un tournant important contre la xénophobie. Il n'est pas sûr que
la France en aurait fait autant en élisant un Maghrébin à la présidence ou que
le Royaume-Uni aurait élu un Indo-Pakistanais comme premier ministre. Il n'est
même pas certain que les francophones du Québec éliraient un anglophone
(même bilingue) comme premier ministre de leur province.
Le 20 janvier 2009, Barack Obama est devenu le 44e président des États-Unis. Mais les attentes à son égard
paraissent si
énormes qu'il ne pourra malheureusement que décevoir. Beaucoup d'Américains
n'ont pas voté pour lui, notamment ceux qui ont peur qu'il augmente les
taxes, qu'il interdise les armes ou la peine de mort, qu'il oblige les gens
à apprendre l'espagnol, qu'il aille chercher de l'argent dans la poche des
travailleurs qui l'ont honnêtement gagné pour le donner à n'importe qui,
surtout qu'il est en faveur du droit des homosexuels, de l'avortement, de
plus de justice sociale, de la réforme du système de santé, etc.
Les Américains ne recherchent pas qu'un
président, ils cherchent aussi un sauveur! Mais Barack Obama
fait partie de la grande tradition politique américaine, laquelle inscrit les
États-Unis au centre du monde et au cœur d'un système d'alliances militaires et
politiques érigé pour leur bénéfice. Obama parle aussi du rôle prépondérant de
son pays; jamais il n'a écarté l'option d'agir seul si la sécurité des
États-Unis était menacée. Le premier devoir d'un président des États-Unis est
d'assurer la sécurité et la prospérité des Américains, pas de plaire aux
Africains, au Français, aux Canadiens ou aux Mexicains.
Parions aussi que les Noirs vont continuer à avoir une espérance de vie
inférieure à celles des Blancs, à quitter l'école plus tôt, à gagner un
salaire moins élevé et à être beaucoup plus nombreux en prison. Et ce poids
terrible de la religion qui est toujours présent! Toutefois, Obama symbolise
un espoir pour des centaines de milliers de jeunes Noirs qui n'en ont jamais
eu. Par ailleurs, les alliés des États-Unis, notamment l'Union européenne, sont soulagés d'en avoir
fini avec George W. Bush, qui
demeurera l'un des présidents les moins populaires de l'histoire
américaine, avec ses huit années de politique marquée par le conservatisme,
l'unilatéralisme et le militarisme, sans oublier un gigantesque déficit qui
atteindra les mille milliards de dollars.
2.3 L'anglais parlé aux États-Unis
L'anglais était parlé
en 1990 par 86,1 % de la population; c'est
donc dire que 13,8 % des Américains parlaient une autre langue maternelle que
l'anglais. Cependant, depuis le recensement de 1990, la proportion des non-anglophones a
considérablement augmenté, surtout
chez les hispanophones qui devaient approcher les 20 %, dont plus
de 10 % qui ne parleraient que l'espagnol. Les autres
langues parlées sont celles des minorités d'origine européenne,
asiatique, latino-américaine ou amérindienne.
Selon le recensement de
2000, quelque 82,1 % de la population totale (281,4 millions) parlaient
l'anglais à la maison, contre 17,8 % pour une autre langue.
| Catégorie |
Population |
% |
| Population âgée de cinq ans et plus |
262 375 152 |
|
| Parlant anglais à la maison |
215 423 557 |
82,11 % |
| Parlant une autre langue à la maison |
46 951 595 |
17,89 % |
| - Parlant l'anglais «Très bien» |
25 631 188 |
9,77 % |
| -
Parlant l'anglais «Bien» |
10 333 556 |
3,94 % |
| - Parlant l'anglais «Pas bien»
|
7 620 719 |
2,90 % |
| - Parlant l'anglais «Pas du tout»
|
3 366 132 |
1,28 % |
| Total des locuteurs de l'anglais moins que «Très
bien» |
21 320 407 |
8,13 % |
| Total des locuteurs de l'anglais moins que
«Bien» |
10 986 851 |
4,19 % |
Le recensement de 2000 distingue quatre catégories de compétence en anglais:
«Très bien», «Bien», «Pas bien» et «Pas du tout».
Peter Brimelow, l'auteur de Alien Nation (1995), précisait en 1990 que
le Bureau du recensement avait rapporté pour la première fois l'existence
d'un nombre significatif d'Américains «natifs» âgés de cinq ans ou plus qui ne
parlaient pas ou peu l'anglais. Entre 1990 et 2000, les locuteurs d'une langue
autre que l'anglais aurait augmenté de 40 %, ce qui implique 5,6 millions de
personnes.
|
Résidants des
États-Unis âgés de 5 ans et plus |
1990
(en millions) |
2000
(en millions) |
Gain en %
(en dix ans) |
|
Population totale
|
230,5 |
262,4 |
13,8 % |
|
Parlant une autre langue que
l'anglais |
31,8 |
47,0 |
47,8 % |
|
Parlant l'anglais «moins que
très bien» |
14,0 |
21,3 |
52,1 % |
|
Américains nés aux
États-Unis |
210,7 |
231,7 |
10,0 % |
|
Parlant une autre langue que l'anglais |
16,2 |
21,5 |
32,7 % |
|
Parlant l'anglais «moins que très bien» |
4,0 |
5,6 |
40,0 % |
|
Américains nés à l'étranger |
19,8 |
30,7 |
55,1 % |
|
Parlant une autre langue que l'anglais |
15,6 |
25,5 |
63,5 % |
|
Parlant l'anglais «moins que très bien» |
10,0 |
15,7 |
57,0 % |
Parmi les citoyens américains nés à l'étranger, on noterait une nette
«détérioration» du nombre des locuteurs parlant l'anglais. Il s'agirait d'une
augmentation de 63,5 % (autre langue) et de 57 % (moins que très bien).
Ces résultats sont perçus par beaucoup d'Américains comme une véritable
catastrophe pour l'intégration sociale. On comptait 329 langues parlées aux
États-Unis lors du recensement de 2000.
2.4 Les autres langues parlées
Selon le US Census
Bureau (2000), voici les langues autres que l'anglais parlées par plus de 100
000 locuteurs aux États-Unis, ce qui représente plus de 17 % de la population
totale:
|
Rang |
Langue
maternelle
(Recensement 2000) |
Population
(Total: 262 375 152) |
Pourcentage |
|
1 |
espagnol |
28 101 052 |
10,7
% |
|
2 |
chinois |
2 022 143 |
0,7
% |
|
3 |
français |
1
643 838 |
0,6
% |
|
4 |
allemand |
1
382 613 |
0,5
% |
|
5 |
tagalog |
1 224 241 |
0,4
% |
|
6 |
vietnamien |
1 009 627 |
0,3
% |
|
7 |
italien |
1
008 370 |
0,3
% |
|
8 |
coréen |
894 063 |
0,3
% |
|
9 |
russe |
706 242 |
0,2
% |
|
10 |
polonais |
667 414 |
0,2
% |
|
11 |
arabe |
614 582 |
0,2
% |
|
12 |
portugais |
564 630 |
0,2
% |
|
13 |
japonais |
477 997 |
0,1
% |
|
14 |
créole français |
453 368 |
0,1
% |
|
15 |
grec |
365 436 |
0,1
% |
|
16 |
hindi |
317 057 |
0,1
% |
|
17 |
persan |
312 085 |
0,1
% |
|
18 |
ourdou |
262 900 |
0,1
% |
|
19 |
goudjarati |
235 988 |
0,09
% |
|
20 |
arménien |
202 708 |
0,08
% |
|
|
autres langues |
4 485 241 |
1,7
% |
|
|
TOTAL |
46 951 595 |
17,8 % |
Source:
US CENSUS BUREAU (2000): Twenty Languages Most Frenquently Spoken at Home
for the Population 5 Years and Over,
Census 2000 Summary File 3.
Comme on le constate dans le tableau ci-dessus,
l'espagnol
vient en tête et il est suivi du chinois, du français, de l'allemand,
du tagalog (filipino), du vietnamien, de l'italien, du coréen, du russe, du
polonais, de l'arabe, du portugais, du japonais, du créole français, du grec,
de l'hindi, du persan, de l'ourdou, etc. On
peut représenter géographiquement ces langues par la carte suivante:

La carte montre bien que les États américains les plus
touchés par le multilinguisme sont d'abord situés au sud-ouest, à l'ouest
et au sud. Ce sont les États suivants: la Californie (40 )%, le Nouveau-Mexique (36 %), le Texas (32 %),
l'État de New York (28 %), Hawaï (26 %),
l'Arizona (26 %), le New Jersey (26 %), la Floride (22 %), le Nevada (22 %),
le Rhode Island (20 %) et l'Illinois (19 %). Voici un tableau récapitulatif:
Le 11 plus importants États dont les
locuteurs
parlent à la maison une autre langue que l'anglais
|
|
Californie |
40 % |
|
Nouveau-Mexique |
36 % |
|
Texas |
32 % |
|
New York |
28 % |
|
Hawaï |
26 % |
|
Arizona |
26 % |
|
New Jersey |
26 % |
|
Floride |
22 % |
|
Nevada |
20 % |
|
Rhode
Island |
20 % |
|
Illinois |
19 % |
En 2000 (US Census Bureau) , les langues maternelles autres que l'anglais les plus
importantes étaient, rappelons-le, l'espagnol (10,7 %), le chinois (0,7 %), le
français
(0,6 %), l'allemand (0,5 %), le tagalog (0,4 %), le vietnamien (0,3 %),
l'italien (0,3 %), le coréen (0,3 %), le russe (0,2 %), le
polonais (0,2
%), l'arabe (0,2 %), le portugais (0,2 %), le japonais (0,1 %) et le
créole français (0,1 %). Parmi les quelque 320 langues parlées aux
États-Unis, seul l'espagnol semble constituer une menace pour la langue
dominante, l'anglais.
Des millions d'autres
étrangers viendront aux États-Unis au cours des prochaines années, que ce soit pour
immigrer, étudier ou visiter le pays. Mais ils ne devraient pas jouir de la même
liberté, du moins si l'on se fiait aux déclarations de l'ancien président américain, George W. Bush
(voir la liste des présidents). En
effet, tous les services d'immigration sont tombés sous la coupe du super-ministère de
la Sécurité intérieure, le Department of Homeland Security’s. Les fonctionnaires
ont dû avoir à l'œil les nouveaux
immigrants... surtout ceux d'origine arabe et musulmane! Ce fut une sorte d'institutionnalisation du «profilage ethnique», une pratique policière
vivement dénoncée par les mouvements noirs des années quatre-vingt-dix.
Beaucoup d'Américains croient que, depuis le 11 septembre 2002, les frontières
sont devenues trop poreuses. Au haut de son perchoir dans la baie de New York,
la statue de la Liberté a dû verser une larme tout en se méfiant des
terroristes qui rêveraient de la faucher.
|
Rang |
Langue |
Population (2000) |
% |
|
1 |
anglais |
215 423 557 |
82,11 % |
|
2 |
espagnol |
28 101 052 |
10,71 % |
|
3 |
chinois |
2 022 143 |
0,77 % |
|
4 |
français |
1 643 838 |
0,63 % |
|
5 |
allemand |
1 383 442 |
0,53 % |
|
6 |
filipino |
1 224 241 |
0,47 % |
|
7 |
vietnamien |
1 009 627 |
0,38 % |
|
8 |
italien |
1 008 370 |
0,38 % |
|
9 |
coréen |
894 063 |
0,34 % |
|
10 |
russe |
706 242 |
0,27 % |
|
11 |
polonais |
667 414 |
0,25 % |
|
12 |
arabe |
614 582 |
0,23 % |
|
13 |
portugais (créole portugais) |
564 630 |
0,22 % |
|
14 |
japonais |
477 997 |
0,18 % |
|
15 |
créole français |
453 368 |
0,17 % |
| |
Autres langues |
6 180 586 |
2,36 % |
On peut consulter le tableau original du US Census Bureau de
2000 sur les langues parlées aux États-Unis
en cliquant
ICI.
2.5
Les Amérindiens et leurs langues
Rappelons que,
lorsque Christophe Colomb arrivant d'Espagne découvrit le Nouveau Monde en
1492, environ 1,5 million d'autochtones vivaient sur le territoire continental
actuel des États-Unis. Croyant avoir mis le pied aux Indes — alors qu'il
s'agissait de San Salvador aux Bahamas — Colomb appela les autochtones américains
«Indiens». Au recensement de 1990, on dénombrait plus de deux millions, après
avoir été 250 000 vers 1900. La moitié des autochtones vit dans
cinq États: la Californie, l’Oklahoma, l’Arizona, le
Nouveau-Mexique et la Caroline du Nord. Autoal, les
Amérindiens sont répartis surtout dans une
quinzaine d'États. On peut consulter le tableau
des populations amérindiennes par État à ce sujet. Aujourd'hui,
beaucoup
d’Américains sont fiers de leur origine amérindienne
et la revendiquent. Pourtant, la situation sociale de cette population reste
inférieure aux normes américaines et elle est rarement enviable, en dépit
d’incontestables progrès. Selon
le US Census Bureau, on estimait en 1990 qu'environ
282 000 Amérindiens parlaient encore l'une de leurs langues ancestrales (voir
le tableau des langues amérindiennes en usage). La langue amérindienne
la plus importante
est le navajo (142 886) parlé dans le sud du pays. Les seules autres langues
comptant plus de 10 000 loc
uteurs sont le
dakota ou sioux (13 387), l'apache (11 563) et le pima (11
449). On doit mentionner ensuite le choctaw (8147), le zuni
(6343), le hopi (5264), le muskogee (4706), l'ojibwa
(4518), le crow (4143), le tewa (3437), etc. Le groupe Ethnologue
présente, pour sa part, un autre tableau (voir
le tableau d'Ethnologue) par ordre décroissant du nombre des
locuteurs. Selon cette source (approximative), le navajo, l'ojibwa
de l'Ouest, le dakota, le choctaw,
l'apache de l'Ouest, le cherokee,
le papago-pima
et le yupik central
sont les seules langues parlées par plus de 10 000 locuteurs.

Évidemment,
plusieurs langues
amérindiennes sont en voie dextinction et ne sont parlées que
par moins de 10 locuteurs assez âgés. Quelque 75 langues amérindiennes
survivraient présentement aux États-Unis.
En 1968, une
commission des Affaires Indiennes concluait au sujet des langues
amérindiennes: «Les deux tiers de nos problèmes résident, aujourd'hui,
dans la différence de langue... Leur dialecte barbare devrait être éradiqué
et remplacé par la langue anglaise.» La commission soutint qu'«en utilisant
une langue unique, les sentiments et les pensées deviendraient uniques
[...]» Cette même commission ajoutait: «Le temps aidant, les différences
produisant des problèmes devraient graduellement être assimilées.»
Effectivement, durant des décennies, de nombreuses familles amérindiennes furent séparées
afin d'empêcher les enfants d'apprendre à parler comme leurs parents; ainsi,
les pensionnats indiens, fondés au siècle dernier pour appliquer cette politique de séparation des familles, a laissé des générations
d'Amérindiens sans liens avec leur langue et leur culture ancestrale. À
partir de 1990, le gouvernement fédéral changea son fusil d'épaule envers
les langues amérindiennes lorsqu'il adopta la Native American Languages
Act qui instaura une politique de défense de ces langues. Aujourd'hui,
l'Administration fédérale dépense environ deux millions de dollars pour les
langues amérindiennes (les «natives Americans»). Il n'en demeure pas moins
que, selon Douglas Whalen, président du «Endangered Languages Fund» du laboratoire Haskins de l'Université de
Yale: «Fondamentalement, toutes les langues amérindiennes sont en dangers.»
Par exemple, dans certaines tribus, du fait que peu de locuteurs parlent encore leur
langue ancestrale, l'anglais a été officiellement adopté pour des raisons économiques, tout en essayant de donner aux enfants des notions de vocabulaire et
syntaxe dans cette langue ancestrale.
2.6 La religion des Américains
Depuis la création des États-Unis, la religion est officiellement séparée de
l'État. Ce principe est reconnu par la Constitution à l'article VI et au premier
amendement:
Article VI
[...] The
Senators and Representatives before mentioned,
and the members of the several state
legislatures, and all executive and judicial
officers, both of the United States and of the
several states, shall be bound by oath or
affirmation, to support this Constitution; but
no religious test shall ever be required as a
qualification to any office or public trust
under the United States.
Amendment I
Congress shall make no law respecting
an establishment of religion, or prohibiting the free exercise
thereof; or abridging the freedom of speech, or of the press; or the
right of the people peaceably to assemble, and to petition the
government for a redress of grievances. |
Article VI
[...] Les
sénateurs et représentants
susmentionnés, les membres
des diverses législatures
des États et tous les
fonctionnaires exécutifs et
judiciaires, tant des
États-Unis que des divers
États, seront tenus par
serment ou affirmation de
défendre la présente
Constitution ; mais aucune
profession de foi religieuse
ne sera exigée comme
condition d'aptitude aux
fonctions ou charges
publiques sous l'autorité
des États-Unis.
Premier
amendement
Le Congrès ne
fera aucune loi qui touche l'établissement ou
interdise le libre exercice d'une religion, ni
qui restreigne la liberté de la parole ou de la
presse, ou le droit qu'a le peuple de
s'assembler paisiblement et d'adresser des
pétitions au gouvernement pour la réparation des
torts dont il a à se plaindre.
|
Ce premier amendement garantit la non-ingérence de l'État dans
les religions et la liberté de culte. Il n'est fait aucune référence ni à
Dieu ni à la Providence. En fait, cet "establishment clause" interdit que le
Congrès favorise un culte quelconque, ce qui correspond à la séparation de
l'Église et de l'État, ce qui n'implique pas pour autant la séparation entre
la religion et la politique. En même temps, la "free exercise clause" garantit
la libre expression de toutes les religions. L'État fédéral ne
subventionne aucune école religieuse au nom de la liberté religieuse, car si la
Constitution interdit l'officialisation d'un culte, c'est uniquement au plan
fédéral, les États demeurant libres d'encourager ou de restreindre la
pratique d'une religion particulière.
- Les «trucs sur Dieu»
Néanmoins, les références à Dieu sont omniprésentes dans la vie
publique américaine. Par exemple, on peut lire sur la monnaie «In God we trust»,
c'est-à-dire «En Dieu, nous croyons». Pensons aussi aux
cérémonies d'investiture des présidents des États-Unis et leur serment sur la
Bible, la présence obligatoire d'un pasteur, etc. Même les militaires invoquent
Dieu de la façon suivante: «God bless America» («Dieu bénisse l'Amérique»). Aux États-Unis,
personne ne trouve incongru que le président organise des
petits-déjeuners de prière (des "prayer breakfasts") à la
Maison-Blanche. Un grand discours présidentiel sans référence à
Dieu est simplement impensable, ce qui lui vaudrait des voix
de moins aux prochaines élections. Mais la plupart du temps, ces
références demeurent abstraites et symboliques.
Franklin Roosevelt le disait
clairement, lui qui était plutôt laïcisant, lorsqu'il parlait
des «God stuff» (des "trucs sur Dieu"). Il faut qu'un
président disséminent ça et là dans ses discours des «trucs sur Dieu». Cela ne
fait de mal à personne et ça plaît à l'électorat!
Si les élus truffent leurs discours de références religieuses,
les «hommes de Dieu» se permettent des allusions politiques.
Bref, la séparation de l'Église et l'État est souvent mis à mal,
par exemple,
par des évangélistes qui cherchent à orienter les choix
politiques des Américains. Pensons simplement aux questions concernant
l'avortement (généralement
CONTRE) ou la
peine de mort (généralement
POUR). Par ailleurs, de nombreux prédicateurs vivent dans
un luxe ostentatoire aux frais de leurs fidèles et n'en
éprouvent aucune culpabilité, car la richesse matérielle est un
signe de la bonté de Dieu à leur égard.
Les États-Unis sont depuis longtemps sous
l'emprise de leurs propres fondamentalistes religieux; cette
emprise n'a jamais été aussi forte qu'au cours des deux
décennies qui ont précédé le fameux 11 septembre. Les
fondamentalistes américains ont tendance à diaboliser leurs
ennemis et déifier leurs héros et leurs idoles. C'est pourquoi
ils croient que leur pays est
«béni des dieux», une sorte de «terre promise» où règnent la
liberté et la démocratie. Ils ne peuvent comprendre pourquoi les
autres nations ne partagent pas leur vision. Henry Kissinger,
ancien secrétaire d'État des
présidents Richard Nixon et de Gerald Ford, explique ainsi
cette vocation quasi religieuse dans son pays:
|
Dépositaire du principe de
liberté, l'Amérique estimait normal de voir dans la sécurité que lui
assuraient deux océans l'expression de la Providence, et d'imputer ses
actions à une intuition morale supérieure et non à une marge de sécurité
dont ne jouissaient pas les autres nations. |
C'est ce qui explique en partie pourquoi les dirigeants du
pays estiment généralement que la plus grande contribution que
peuvent apporter les États-Unis au reste du monde serait d'en
exporter les valeurs, un phénomène qui découlerait de leur
«destinée manifeste».
- Les croyants
Selon les données recueillies en 2001 par l'institut Gallup,
environ 95 % des Américains affirment croire en Dieu et plus
de la moitié de ceux-ci seraient pratiquants; les sondages
fournis par l'institut Gallup révèlent que le fréquentation des
églises se situerait autour de 40 %, mais des estimations de
2003 laissent croire que le taux de fréquentation hebdomadaire
des lieux de culte serait plutôt de 20 % à 28 %, voire plus
faible.
Les deux tiers des
Américains pratiquants sont des chrétiens protestants, ce qui
équivaut à 52 % de tous les Américains. Suivent les catholiques (23,9 % en
2008), les juifs (1,7 %), les bouddhistes (0,7 %), les musulmans (0,6 %) et les
indous (0,4 %). Parmi les protestants, citons les baptistes (17,1 %), les
méthodistes (6,1 %), les pentecôtistes (4.9 %), les luthériens (4,6 %), les
presbytériens (2,7 %), les mormons (1,7 %), les épiscopaliens (1,5 %), les congrégationnalistes
(0,8 %), les évangéliques (0,3 %), etc. En général, les États les plus religieux
sont ceux du Sud, hormis la Californie; ceux de la Nouvelle-Angleterre comptent
parmi les moins religieux. Certaines religions sont plus conservatrices que
d'autres, dont les mormons, les quakers et les évangéliques. les Les athées et les
agnostiques représenteraient 6,6 % des Américains. Cela étant dit,
le gouvernement américain ne recense pas
ses citoyens par religion. Toute statistique sur ce sujet relève de sondages ou
d'approximations.
- Les changements de croyance
Déjà au XIXe siècle,
Alexis de Tocqueville avait remarqué qu'aux États-Unis la liberté et la religion
étaient «intimement unies l'un à l'autre» (De la démocratie en Amérique).
Le croyant américain d'aujourd'hui se veut libre de choisir sa foi; c'est pourquoi il est
enclin au switching, donc au changement de croyance ou d'appartenance
religieuse, et ce, d'autant plus qu'il existe au moins 2150 confessions
religieuses organisées aux États-Unis. Certaines considérations pratiques favorisent le switching.
Par besoin d'insertion sociale, tout Américain qui déménage de ville ou d'État
est susceptible de changer en même temps de religion. Précisons aussi que les
institutions religieuses des États-Unis sont toutes confrontées à la
concurrence, ce qui se reflète dans différentes formes de religiosité: le
zapping religieux, la spiritualité alternative, l'attrait de l'évangélisme
postdénominationnel, etc.
- L'empire du mal
Malgré cette présence de la religiosité aux États-Unis, le
pays est le champion du monde pour la production de films pornographiques et
le taux de divorce est l'un des plus élevés au monde. C'est un pays de
contradictions! La rhétorique actuelle
américaine, qui tourne autour de l'«empire du mal», de l'«axe du mal» ou de
toute autre manifestation diabolique, peut faire sourire
ou hurler d'indignation par son ineptie évidente. Après le drame du
11 septembre 2001, George W. Bush, dans un climat de religiosité extrême,
a fait appel à l'esprit de croisade contre l'«axe du mal», ce qui
apparaîtrait comme une incongruité inacceptable en Europe.
C'est exactement ce genre de comportement que
l'ex-président Bush reprochait aux fondamentalistes musulmans. En voici un témoignage de
la droite chrétienne américaine, par exemple l'organisme "Wake Up America",
qui croit que le déclin moral du pays est la conséquence directe du rejet de
Dieu (2001):
|
There is a storm
raging across America. Alcoholism, drug abuse, teen pregnancy,
abortion, homosexuality, school violence, child abuse,
pornography, rape, robbery and murder pervade our nation.
America is drowning in wickedness and immorality. By all
measures, this storm threatens to erode the moral and political
foundations of America.
As God and His
principles continue to be systematically and incrementally
removed from America, our nation and individuals will continue
to experience even greater moral decay. |
Une tempête fait
rage dans toute l'Amérique. Alcoolisme, abus de drogue,
grossesses adolescentes, avortement, homosexualité, violences
scolaires, enfants maltraités, pornographie, viol, vol et
meurtre ont envahi notre nation. L'Amérique se noie dans le mal
et l'immoralité. Tout indique que cette tempête menace d'éroder
les fondements moraux et politiques de l'Amérique.
Comme Dieu et ses
principes continuent d'être systématiquement et progressivement
supprimés de l'Amérique, notre nation et les individus
continueront l'expérience d'une plus grande décrépitude morale. |
Les attentats du 11 septembre seraient une punition que Dieu
infligerait aux Américains pour avoir toléré, par exemple, les féministes,
les gais et les lesbiennes, les athées, les libertaires et même les juges
fédéraux. Cette idéologie de l'intolérance devrait être néanmoins être prise au sérieux,
car elle exprime une sorte d'obsession américaine du mal qui viendrait
apparemment de l'extérieur, mais qui provient en fait de l'intérieur même
des États-Unis. Cette menace du mal s'affiche partout, que ce soit dans
l'intolérance face au multilinguisme, l'analphabétisme et l'illettrisme, les
injustices sociales entre les gens de couleur et les Blancs, le retour
périodique de
l'obsession raciale, l'application de plus en plus fréquente de la peine de
mort, la montée d'une ploutocratie irresponsable, l'omniprésence de
l'obésité et la vie à crédit pour la société de surconsommation, sans
oublier les armes en vente libre et la quasi-absence de sécurité sociale.
Rappelons aussi que la «question linguistique» est
souvent perçue aux États-Unis comme une «question religieuse», car la Bible
révélerait que, avant la construction de la tour de Babel (interprétée comme
«une punition de Dieu»), le monde ne
parlait qu'une seule langue! L'Amérique doit revenir aux sources de la Bible
et l'usage exclusif de l'anglais traduirait le mieux l'héritage culturel du
peuple américain. N'oublions pas que le patriotisme américain véhicule l'idée que
l'Amérique est la nouvelle Terre promise bénie par Dieu!
3 Le statut juridique de l'anglais aux
États-Unis
Sur le plan constitutionnel, il n'existe
pas de langue officielle aux États-Unis, du moins en ce qui concerne
le gouvernement fédéral américain. La Constitution
américaine de 1787 (toujours en vigueur mais plusieurs fois modifiée
depuis) ne contient, en effet, aucune disposition linguistique.
Or, on le sait, le fait de ne pas avoir de
langue officielle n'est pas dû à un oubli de la part des auteurs de la
Constitution, car il s'agissait d'une volonté délibérée de planification
linguistique: ne pas intervenir par voie législative afin que l'anglais puisse
s'imposer par lui-même. Étant
donné que, selon la Constitution, les pouvoirs résiduels,
c'est-à-dire ceux qui ne sont pas expressément dévolus
à l'État fédéral ou aux États membres,
sont dits «conservés par les États et par le Peuple»,
la question de la langue fait partie de ces pouvoirs résiduels.
Néanmoins, l'anglais a acquis, au plan fédéral, le
statut de langue officielle dans les faits (de facto).
Il n'en est pas de même pour les États membres
de la fédération américaine; là, les législations linguistiques peuvent être
relativement importantes parce que les États y ont exercé leur «pouvoir résiduel».
Plusieurs États se sont d'ailleurs dotés d'une constitution déclarant l'anglais
langue officielle et quelques-uns d'entre eux ont même adopté des lois pour
la promotion de l'anglais ou pour le maintien de certains services en d'autres
langues. En ce moment même, 2
9
États américains
ont adopté l'anglais comme langue officielle. Toutefois,
bien que 21
États n'aient pas adopté l'anglais comme langue officielle,
ils peuvent quand même légiférer en matière de langue.

De façon générale,
on peut affirmer que les Américains ont toujours maintenu dans le
passé des politiques linguistiques restrictives à l'égard
des langues minoritaires sans qu'il n'ait été nécessaire
d'adopter des lois en ce sens. En réalité, bien que la plupart
des Américains ont toujours pensé que l'anglais était
la langue officielle des États-Unis, il n'a existé, avant
1980, aucune loi faisant de l'anglais la langue officielle de la
nation. La situation a bien changé depuis quelques années,
surtout devant la progression démographique des hispanophones.
Dernière mise à jour:
27 juillet, 2009

Amérique du Nord
