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HaïtiRepiblik d'Ayiti |
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Haïti est un État situé dans la partie
ouest
de l'île d'Haïti (ou île d'Hispaniola) qu'il partage avec la République Dominicaine
(partie est). C'est la seconde plus grande île des Grandes Antilles
après Cuba.
Haïti est donc limité à l'est par la République Dominicaine, mais bordé de tous côtés par l'Atlantique et la mer des Caraïbes. Le pays occupe 36 % de la surface de l'île, soit 27 750 km² dans sa partie occidentale. On constate aussi que Haïti est formé de deux péninsules séparées par le golfe de la Gonâve. Dans le golfe de la Gonâve se trouve l'île de la Gonâve, la plus grande des îles situées au large des côtes d'Haïti. Les autres îles sont (voir la carte) l'île de la Tortue tout au nord du pays (au large de Port-de-Paix), et l'île à Vache, au sud-ouest (au large des Cayes). |
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Haïti est divisé en
dix départements dirigés par un
délégué nommé par
le gouvernement: le Centre, le Nord, le Nord-Est, le Nord-Ouest, l'Artibonite,
les Nippes, l'Ouest, le Sud, le Sud-Est et la Grande-Anse. La capitale, Port-au-Prince, est de loin la ville la plus
importante du pays, avec 1,1 million d'habitants; elle est située au fond du golfe de
la Gonâve.
Les autres agglomérations, bien plus petites, sont Cap-Haïtien au nord, Les
Cayes au sud et Les Gonaïves au nord-ouest. L'île d'Haïti compte donc deux
États: à l'est, la République Dominicaine, à l'ouest, la république
d'Haïti. Par ailleurs, au cours de leur histoire, les deux États n'en ont
formé qu'un seul à trois reprises.
Haïti et la République Dominicaine ont en commun le colonialisme européen et de nombreuses occupations américaines, des régimes politiques corrompus à répétition, la religion catholique mêlée au vaudou, une descendance métissée afro-européenne (plus africaine qu'européenne en Haïti), de graves problèmes de santé publique, une sous-scolarisation et une faible productivité agricole. |
Cependant, les difficultés d'Haïti sont considérablement plus élevées qu'en République Dominicaine, car Haïti demeure le pays le plus pauvre des Amériques.
La population d'Haïti était estimée à 8,3 millions d'habitants en 2005. Environ 74 % de la population vit en zone rurale. La quasi-totalité des Haïtiens, soit 95 %, descendent des esclaves noirs, le reste de la population étant constitué de Mulâtres (issus d'un métissage entre Africains et Français). Aujourd'hui, on estime que presque 400 000 personnes (environ 5 %) parlent le français, à des degrés divers; il s'agit d'abord d'une petite élite de riches qui habitent la banlieue située sur les hauteurs de Pétionville et fréquentent de coûteux restaurants français, mais également une petite classe moyenne plus scolarisée. Quant au créole, c'est pratiquement toute la population d'Haïti qui le parle comme langue maternelle.
2.1 Le créole
Le créole haïtien fait partie des créole français parce que sa base lexicale est en grande partie fondée sur le vocabulaire français, bien que sa grammaire soit restée en grande partie d'origine africaine. Aujourd’hui, on distingue le créole martiniquais, le créole guadeloupéen, le créole haïtien, le créole dominicain, le créole saint-lucien, le créole réunionnais, le créole guyanais, le créole seychellois, le créole mauricien, etc. La population créolophone à base française est estimée à environ 8,5 millions de locuteurs, dont sept millions en Haïti, environ un million à l'île Maurice, 600 000 à la Réunion, 380 000 à la Martinique, 425 000 à la Guadeloupe, 70 000 aux Seychelles, etc.
Lorsque deux créolophones unilingues, d'origine géographique proche (p. ex., Haïti et la Martinique ou la Guadeloupe), communiquent entre eux, il reste que l’accent, l’intonation, un nombre plus ou moins important de termes inconnus, de même que certains éléments grammaticaux et des tournures syntaxiques, peuvent entraver la compréhension, surtout lorsque les créolophones sont moins instruits. Néanmoins, même si l'intercompréhension entre les créoles des Antilles (par ex., la Martinique) et les créoles de l'océan Indien (par ex., La Réunion) est très limitée, pour ne pas dire nulle, ces langues présentent des traits communs si originaux et si spécifiques qu'on ne peut douter d'une origine commune: la langue coloniale des XVIIe et XVIIIe siècles. Évidemment, un créolophone à base de français voit sa marge de compréhension rétrécir considérablement s’il parle à un créolophone à base d’anglais; la compréhension risque de se limiter à des messages extrêmement simples.
En Haïti, 80 % des habitants ne parlent que le créole. Par conséquent, 20 % des Haïtiens parlent le créole et le français. Certains habitants proviennent de la République Dominicaine et parlent l'espagnol ou l'anglais. Il y a quelques travailleurs immigrants d'origine arabe et chinoise.
2.2 Le français
Quant au français, il demeure une langue seconde pour la plupart des Haïtiens. Les individus les moins scolarisés ne l'apprendront à peu près jamais, mais les plus instruits peuvent s'exprimer dans un français non seulement convenable, mais parfois excellent. En général, il est rare qu'un Haïtien ne puisse connaître un minimum de français, mais pour soutenir une conversation dans cette langue il faut avoir été à l'école assez longtemps, au moins tout le primaire et une partie du secondaire. On estime que 10 % de la population haïtienne, soit plus de 830 000 personnes, peut s'exprimer dans un bon français. On peut s'étonner que le français soit encore parlé à Haïti, après deux cens ans d'indépendance, mais ce serait oublier que le créole haïtien est à base de français, qui en raison de ses similitudes avec le créole, restera toujours plus près du créole haïtien que toute autre langue. Théoriquement du moins, il apparaît plus facile pour un Haïtien d'apprendre le français que... l'anglais. C'est un phénomène bien connu à l'île Maurice (océan Indien), alors que les Mauriciens, presque tous créolophones (à base de français) veulent apprendre le français d'abord, l'anglais ensuite. En réalité, tous les Haïtiens s'identifient au créole, ensuite au français parce que c'est la langue du pouvoir (politique, administratif, éducatif et culturel). Du fait que beaucoup d'Haïtiens se sont installés en République Dominicaine et aux États-Unis, de nombreux membres de la diaspora haïtienne parlent également l'espagnol ou l'anglais.
Le français est aussi la langue maternelle de quelque 1600 Français et d'autant de Québécois vivant à Haïti, dont 90 % à Port-au-Prince.
2.3 L'anglais
Cependant, cette sorte d'opposition entre le français et le créole est en train de changer devant les avancées de l'anglais. Alors qu'autrefois, les Haïtiens instruits s'installaient à Paris, aujourd'hui les Haïtiens de la diaspora se réfugient d'abord à New York et à Miami, puis à Montréal (Québec). Les États-Unis accueillent de plus en plus d'Haïtiens qui acquièrent l'anglais comme langue seconde, qu'ils transmettront à leurs enfants qui l'utiliseront éventuellement comme langue maternelle. La langue d'une bonne partie de la diaspora haïtienne risque de changer: le français pour l'anglais. Ceux qui reviendront à Haïti, après avoir séjourné des années aux États-Unis, auront acquis une autre langue. Même le créole qu'ils parlent est maintenant influencé par l'anglo-américain. L'anglais est devenu pour une partie de la diaspora haïtienne la langue de la promotion sociale. Or, les membres de la diaspora, qui regroupent plus de deux millions d'individus, peut devenir le principal agent de la promotion de l'anglais.
Pour le moment, l'anglais ne remplacera pas le français en Haïti même, mais il risque de lui livrer une solide concurrence, surtout si les États-Unis maintiennent leur influence. Par exemple, les cours d'anglais de l'Institut haïtiano-américain de Port-au-Prince sont très courus : l’institut est fréquenté aujourd’hui par plus de 3100 étudiants par semaine et il est considérés comme le plus sûr moyen d'obtenir un visa pour les États-Unis. Le campus de l'Institut haïtiano-américain compte la plus grande librairie en anglais d'Haïti et des salles pour l’organisation des activités culturelles dans cette langue. Depuis les années quatre-vingt, des écoles privées, dont la langue d'enseignement est l'anglais, ont poussé comme des champignons. Ces établissements n'attirent pas encore les classes populaires, mais de plus en plus d'enfants de la classe moyenne les fréquentent.
À l'origine, l'île était peuplée par les Arawaks (ou Taïnos) et les Caraïbes. Les premiers indigènes avaient nommé leur île, selon le cas, Ayiti, c'est-à-dire «Terre des hautes montagnes», Quisqueya et Bohio. Lorsque Christophe Colomb aperçut cette île pour la première fois, l'île d'Ayiti comptait probablement quelques centaines de milliers d'habitants.
Christophe Colomb découvrit l'île en 1492 et la baptisa Española («l'Espagnole») que les cartographes confondront en Hispaniola («Petite Espagne»). L'île d'Hispaniola fut organisée en colonie par Bartolomeo Colomb — le frère de Christophe — qui fonda, en 1496, la Nueva Isabela (la «Nouvelle Isabelle», du nom de la reine de Castille), laquelle deviendra plus tard Santo Domingo (Saint-Domingue, en français).
Les Espagnols soumirent les Arawaks et les Caraïbes à des travaux forcés afin d'extraire l'or des mines. En moins de vingt-cinq ans, les populations autochtones de Santo Domingo furent complètement décimées. Les Espagnols firent alors venir des Noirs d'Afrique pour remplacer les autochtones. Originaires de diverses ethnies, les esclaves noirs parlaient des langues africaines diverses. Durant tout le XVIe siècle, Santo Domingo devint la métropole des colonies espagnoles du Nouveau Monde. Dès que l'île commença à ne plus rapporter de l'or, elle suscita moins d'intérêt pour les Espagnols. Vers 1545, ceux-ci concentrèrent leurs efforts dans la partie orientale de l'île qui recelait d’or avec abondance.
3.1 La colonisation française
C'est alors que les Français s'intéressèrent à la partie occidentale de l'île. Déjà, des flibustiers et des boucaniers français s'étaient établis sur l'île de la Tortue au nord et tentaient périodiquement des incursions sur la «Grande Terre». En dépit des efforts des Espagnols pour repousser les Français, ceux-ci finirent par occuper la partie ouest de la «Grande Terre». Comme la France était alors plus riche et politiquement bien plus puissante que que l'Espagne, elle investit massivement dans l'importation d'esclaves et le développement des plantations.
Sous l'impulsion du ministre Colbert, la nouvelle colonie française prit son essor. La première capitale, Le Cap (qui allait devenir Cap-Haïtien), fut fondée en 1670 par les Français. Lors du traité de Ryswick (1697), l'Espagne reconnut à la France la possession de la partie occidentale de l'île, qui devint alors la colonie de Saint-Domingue (la future Haïti), tandis que l’Espagne conservait la partie orientale qui était toujours appelée Hispaniola (la future République Dominicaine). Dans la partie française, Saint-Domingue, les Français continuèrent d'importer des esclaves noirs pour travailler dans les plantations de canne à sucre. Ces derniers avaient développé une langue particulière qui allait devenir le créole.
Afin de se protéger des Anglais, les Français s'installèrent dans une baie et construisirent un hôpital. La capitaine de vaisseau, de Saint-André, désigna l'endroit comme le «port au Prince» parce que son navire, qui portait le nom de «Le Prince», y était en rade. Mais la région continua d'être appelée «Hôpital». C'est en 1749 que fut fondée par la Français la ville de Port-au-Prince. En 1770, elle remplaça la ville du «Cap français» comme capitale de la colonie. Pendant la Révolution française, Port-au-Prince allait être rebaptisée «Port-Républicain», pour redevenir en 1804 la capitale du nouveau pays sous le nom de «Port-au-Prince», qui sera imposé par l'empereur haïtien Jacques Ier.
C'est au cours de la colonisation française que fut appliqué le fameux Code noir, une ordonnance de Louis XIV destinée à réglementer le régime de l’esclavage et précisant les devoirs des maîtres et des esclaves. Ce Code noir, qui resta en vigueur dans toutes les Antilles, et en Guyane française jusqu'en 1848 (date de l'abolition définitive de l'esclavage par la France), fut rarement respecté. Bien que ce code ne traitât pas des questions de langue, il dépouillait l’esclave de toute son identité. En effet, après le baptême catholique obligatoire, l'Africain devenait un Nègre et changeait de nom, abandonnant ses habitudes vestimentaires et sa langue, puis était marqué au fer rouge et affecté au travail servile.
La colonie de Saint-Domingue, qu'on appelait souvent «la Saint-Domingue française», devint la colonie européenne la plus riche de tout le Nouveau Monde. À la fin du XVIIIe siècle, la valeur des exportations de Saint-Domingue (Haïti) dépassait même celle des États-Unis; cette prospérité reposait sur les cultures commerciales de sucre et de café pratiquées dans de grandes plantations employant près de 500 000 esclaves noirs et encadrés par quelque 30 000 Blancs. En 1789, à la veille de la Révolution française, la colonie de Saint-Domingue comptait plus de 700 000 esclaves, ce qui était un nombre nettement supérieur par rapport au nombre des Blancs (moins de 50 000); dans la partie espagnole de l'île, on ne comptait que 30 000 esclaves. Les idées de la Révolution française gagnèrent Saint-Domingue. D'abord, les «Grands Blancs» envisagèrent l'indépendance de l'île, puis les «Petits Blancs» revendiquèrent l'égalité avec les «Grands Blancs», tandis que les Noirs et Mulâtres libres exigèrent l'égalité avec les «Petits Blancs».
La révolte des Noirs débuta dès 1791, alors que plus de 1000 Blancs furent assassinés, et les sucreries et les caféteries, saccagées. Sous la conduite de leurs chefs — Toussaint Louverture (dit Toussaint Bréda), Jean-Jacques Dessalines, Henri Christophe et Alexandre Pétion —, les Noirs menèrent une guerre de libération. Craignant «de voir passer dans des mains ennemies la propriété de Saint-Domingue», le représentant de la Convention à Paris, le commissaire Santhonax, proclama la liberté des esclaves le 29 août 1793, pour la Province du Nord, et le 4 septembre dans la Province du Sud. Le 2 février 1794, la Convention confirma cette déclaration et étendit l'abolition de l'esclavage à toutes les colonies françaises.
| La Convention déclare l'esclavage des nègres aboli dans toutes les colonies ; en conséquence, elle décrète que tous les hommes, sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens français et jouiront de tous les droits assurés par la Constitution. |
En réalité, le décret ne devait être
appliqué qu'en Guadeloupe, avant d'être abrogé par le premier consul
(Bonaparte) en 1802.
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Toussaint Louverture, l'un des rares Noirs
à savoir lire et écrire, se
rallia au gouvernement français, et il fut nommé général de la République et gouverneur de l’île.
Mais la menace du rétablissement de l'esclavage par Napoléon amena Toussaint Louverture à reprendre les armes contre la France.
En 1801, Toussaint Louverture prit même possession de la partie espagnole de l'île qu'il souhaitait rattacher à Saint-Domingue (Haïti). Le 29 octobre 1801, Bonaparte publiera un arrêté avec ces mots: «La prise de possession de la partie espagnole faite par Toussaint Louverture est nulle et non avenue» (art. 3). |
En 1802, Bonaparte envoya à Saint-Domingue son beau-frère — il avait épousé Pauline Bonaparte —, le général Charles Victor Emmanuel Leclerc (1772-1802), avec 35 000 hommes et 96 navires (dont 60 prêtés par la Hollande), ce qui constituait la plus grande force expéditionnaire de l'histoire de France, avec l'ordre formel de «faire respecter la souveraineté du peuple français». Toussaint Louverture pratiqua une politique de la terre brûlée, une guerre d’usure, véritable guérilla usant les troupes françaises qui ne tenaient que la côte. Après trois mois d'une sale campagne pleine d’atrocités, Toussaint-Louverture offrit sa reddition (le 2 mai 1802) au général Leclerc, contre sa liberté et l'intégration de ses troupes dans l'armée française. Il fut capturé par ruse le 7 juin et interné au château de Joux, dans le Jura, avec son fidèle serviteur Mars Plaisir. Pendant son incarcération, Toussaint Louverture fit l'objet d'une étroite surveillance et ne pouvait communiquer qu'avec son serviteur. Finalement, malade de froid, on le trouva mort le 7 avril 1803, assis sur une chaise. Il fut enterré comme un obscur prisonnier dans une fosse commune au cimetière du village de Saint-Pierre, près du château.
Le surnom de Louverture (ou L'Ouverture) lui serait venu des «brèches» qu'il ouvrait dans les rangs de ses ennemis (français, britanniques ou espagnols). Conscient de sa valeur comme militaire, il n'avait pas hésité à envoyer à Bonaparte une lettre en commençant par ces mots: «Du Premier des Noirs au Premier des Blancs.» À Paris, on baptisera Toussaint «le Napoléon noir». Lors de son exil à Sainte-Hélène, Napoléon se reprocha d'avoir été entraîné à soumettre la colonie de Saint-Domingue par la force. Il admit qu'il aurait été préférable de se contenter de gouverner Saint-Domingue «par l'intermédiaire de Toussaint»:
| J'ai à me reprocher une tentative sur la colonie de Saint-Domingue pendant le Consulat. C'était une grande faute que d'avoir voulu la soumettre par la force. Je devais me contenter de la gouverner par l'intermédiaire de Toussaint [...]. Je n'avais fait que céder à l'opinion du Conseil d'État et à celle de ses ministres, entraînés par les criailleries des colons, qui formaient à Paris un gros parti et qui, de plus, étaient presque tous royalistes et vendus à la cause anglaise. |
Voici ce que pensait le célèbre prisonnier de Sainte-Hélène dit (Mémorial de Sainte-Hélène, chap. VI) de Toussaint Louverture:
| Toussaint n'était pas un homme sans mérite bien qu'il ne fût pas ce qu'on a essayé de peindre dans le temps. Son caractère prêtait peu, il faut le dire, à inspirer une véritable confiance; il était fier, astucieux; nous avons eu fort à nous en plaindre; il fallut toujours s'en défier [...]. |
Le général Leclerc était décédé le 2 novembre 1802 de la fièvre jaune, l'année précédente. Avec l'aide des Britanniques et des Espagnols, la longue guerre de libération de Saint-Domingue aboutit à la capitulation de l'armée française le 19 novembre 1803, décimée par la fièvre jaune. Dans une guerre futile et inutile, Napoléon avait perdu 55 000 soldats. C'est pour cette raison que, le 30 avril 1803, Bonaparte a vendu toute la Grande Louisiane aux États-Unis, parce qu'il n'était plus en mesure de défendre la colonie, ses troupes étant complètement décimées. Ainsi, si Bonaparte n'avait pas envoyé son armée périr en Haïti, il aurait conservé la Grande Louisiane à la France qu'il aurait pu défendre contre les Américains. L'indépendance de la colonie de Saint-Domingue fut proclamée le 1er janvier 1804, qui devint officiellement Haïti, la première république noire libre. Voici la déclaration de l'Acte d'indépendance:
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L'appellation Haïti proviendrait d'un terme amérindien ayiti, aïtij ou ahitij. Plusieurs auteurs affirment qu'il s'agit d'un dérivé de l’arawak aetti signifiant «pierre» et lui donnent comme définition «terre» ou «pays» qualifié de «pierreux», «rocheux», «escarpé», c'est-à-dire «terre élevée» ou «terre de hautes montagnes».
3.2 L'indépendance
En Haïti, une période confuse ne faisait que commencer, quand on sait que, entre 1804 et 1957, quelque 24 chefs d'État sur 36 seront renversés ou assassinés. L'élite mulâtre s'appropria les terres des colons français, reproduisant ainsi l'ordre colonial avec quelques aménagements. Or, les esclaves s'étaient révoltés pour avoir accès à la terre et ils se voyaient propriétaires à la place des anciens maîtres. L'élite ne l'a jamais perçu ainsi: les anciens esclaves devaient devenir des travailleurs agricoles.
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C'est Jean-Jacques Dessalines qui avait expulsé les derniers Français et proclamé l’indépendance de Saint-Domingue devenu Haïti. Lors de son accession à l'indépendance, Haïti était encore la partie la plus riche, la plus puissante et la plus peuplée de l'île d'Hispaniola. Mais aucun pays n'appuya le nouvel État noir, qui fut abandonné à son sort. La France ne reconnaîtra Haïti qu'en 1838. Ce fut la seule «république de nègres» de tout le XIXe siècle. Dessalines prit aussitôt le titre d’empereur en 1804 sous le nom de Jacques Ier. Le français fut utilisé comme langue officielle de facto, et ce, même si la totalité de la population noire parlait le créole. Seule l'élite mulâtre parlait français. |
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Après l’assassinat de Dessalines, en 1806, le pays se
scinda en deux: au nord, un royaume dirigé par Henri Christophe (1767-1820), au sud une république gouvernée par un
Mulâtre Alexandre Sabès, dit Pétion. En 1807, Henri Christophe, un ancien
esclave, se
proclama président et généralissime des forces de terre et de mer de
l'État d'Haïti. En 1811, il se fit couronné «roi d'Haïti», mais il
ne contrôla que le Nord, le fief traditionnel des factions noires
radicales. Malgré ses efforts pour promouvoir l'éducation et
codifier les lois (le «Code Henri» comme le «Code Napoléon), Henri
Ier fut un
roi peu populaire et son royaume entra constamment en conflit avec
le Sud républicain.
De son côté, Alexandre Piéton (1770-1818), un Mulâtre, fut en principe un partisan de la démocratie constitutionnelle. En 1816, il se proclama «président à vie» et suspendit la législature. Il décéda de la fièvre jaune en 1818; son protégé, Jean Pierre Boyer, lui succéda. Les Haïtiens ne parvinrent à se maintenir que dans la partie occidentale de l’île. Le traité de Paris de 1814 rattacha à nouveau Santo Domingo à l’Espagne. La dictature imposée par l'Espagne provoqua, en décembre 1821, la révolte des Dominicains qui proclamèrent à leur tour leur indépendance. |
En 1818, Jean-Pierre Boyer, un Mulâtre, fut reconnu président sans opposition. En 1822, il annexa la partie espagnole de l'île et gouverna toute l'île d'Haïti pendant vingt-cinq ans, ce qui constitue jusqu'à ce jour le record de longévité d'un président dans ce pays. Les Haïtiens espéraient ainsi unifier l'île pour se protéger contre les Français qui auraient pu revenir et mettre fin à l'indépendance. En 1825, le roi de France, Charles X, accepta de reconnaître l'indépendance de la république d'Haïti moyennant une indemnité de 150 millions de francs-or. Le président J.-P. Boyer réussit à réduire la somme à 90 millions. Pour honorer cette dette, il dut instaurer de lourds impôts, mais ses mesures suscitèrent une hostilité populaire. C'est sous sa présidence que furent émis en 1827 les premiers billets de banque, la gourde (mot originaire de l'espagnol gordo signifiant «gros» ou «gras»). Ce terme référait au peso, une monnaie d'échange acceptée à l'époque dans toutes les colonies françaises des Antilles. Puis l’antagonisme entre les Noirs d’Haïti, les Créoles et les Métis hispanophones rendit l’unification de l’île pratiquement impossible. Une insurrection chassa en 1844 la garnison haïtienne de Saint-Domingue et entraîna la proclamation de la «république de Santo Domingo» (partie orientale). Les Dominicains ont toujours gardé de cette occupation haïtienne un souvenir extrêmement douloureux. Pour eux, il s'agissait d'Africains qui avaient voulu les asservir. En 1843, le président Boyer démissionna et se retira à la Jamaïque, puis en France où il termina ses jours. Fragilisée par la menace d’une invasion haïtienne, la nouvelle république de Santo Domingo demanda l'aide de l’Espagne qui annexa à nouveau le pays (lequel redeviendra définitivement indépendant en 1865 sous le nom de República Dominicana ou République Dominicaine).
En 1849, Faustin Soulouque, un Noir, se proclama empereur (Faustin Ier) d'Haïti et se lança dans une sévère répression contre les Mulâtres; il régna en despote sur le pays pendant dix ans, avant d’être renversé, en 1859, par le Mulâtre Nicolas Geffrard, qui restaura la République et gouverna le pays jusqu’en 1867. Après avoir été mis au ban des nations, Haïti fut progressivement reconnu par la France, puis par le Saint-Siège et les États-Unis.
3.3 L'occupation américaine
Le pays fut, dans les faits, gouverné exclusivement par des Mulâtres jusqu'en 1910 et
connut une période de prospérité relative. Dès 1906, les compagnies
américaines commencèrent à construire des voies ferrées et à exproprier les paysans sans titres de propriété.
Les Américains finirent par occuper militairement Haïti, le 28 juillet 1915. En 1918, tout le pays
fut en état d’insurrection. On estime que la guérilla a fait au moins 15 000 morts.
Washington mit alors en place un gouvernement soumis à ses volontés et s’engagea en contrepartie à fournir
à Haïti une aide politique et économique. Au cours de cette période, les
Américains firent adopter trois lois restreignant la liberté de la presse.
Les travaux de modernisation, dont la mise en place d’une infrastructure routière,
l'amélioration des techniques agricoles et le développement du réseau
téléphonique furent accélérés. Toutefois, cette marche forcée vers la modernité se
fit aux dépens des couches les plus défavorisées de la population. Les
Haïtiens conservèrent une forte hostilité envers l'occupant américain qui
n'hésitait pas, si la situation semblait l'exiger, à fusiller des
Haïtiens par centaines à la fois. En
août 1934, les États-Unis quittèrent Haïti. La fin de l’occupation, ajoutée aux conséquences de la crise économique mondiale,
engendra le retour à l’instabilité et encouragea les velléités
dictatoriales des dirigeants locaux.
3.4 La dictature des Duvalier
Arrivé au pouvoir en août 1945, Dumarsais Estimé, un militant de la cause noire, fut renversé en novembre 1949 par une junte militaire. L'exercice effectif du pouvoir resta entre les mains de l’armée jusqu’en septembre 1957, date à laquelle François Duvalier, dit «Papa Doc», un ancien membre du gouvernement d'Estimé, fut élu président de la République, grâce au soutien des Noirs qui virent en lui le moyen de mettre fin au règne des Mulâtres.
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Dès le départ, François Duvalier imposa une politique répressive en
interdisant les partis d’opposition, en instaurant l’état de siège et en
exigeant du Parlement l’autorisation de gouverner par décrets (31
juillet 1958). Le 8 avril 1961, il prononça la dissolution du
Parlement. Le régime s’appuya sur une milice paramilitaire, les Volontaires de la sécurité nationale surnommés les «tontons macoutes». Avec cette garde prétorienne personnelle, il neutralisa l’armée, sema la terreur dans tout le pays et parvint à étouffer toute résistance. Après des rumeurs de complot, il renforça la répression et, en 1964, il se proclama «président à vie». Il exerça jusqu'à sa mort une implacable dictature (on compta 2000 exécutions pour la seule année 1967). |
En janvier 1971, une modification de la Constitution permit à François
Duvalier de désigner son fils, Jean-Claude, comme successeur.
À la mort (de façon naturelle) de Papa Doc, le 21 avril 1971,
Jean-Claude Duvalier, 19 ans (d’où son surnom de «Baby Doc»),
accéda à la présidence de la République. Amorçant une timide libéralisation du
régime, Jean-Claude Duvalier exerça une dictature dont son père aurait été
fier. Puis, son régime s'enfonça dans la corruption et l'incompétence. En
1986, un soulèvement populaire renversa le fils Duvalier qui partit se
réfugier dans le sud de la France et... dépenser sa fortune (ce qui est
maintenant fait).
Toutefois, la fin de la dictature des Duvalier ne signifia pas la fin de
la répression. Une junte militaire dirigée par le général
Henri Namphy s'empara aussitôt du pouvoir. Un nouveau coup d'État remplaça la junte par le général
Prosper Avril qui demeura au pouvoir de 1988 à1990. Acculé
au départ en mars 1990, il démissionna pour ouvrir la voie à des élections sous contrôle
international.
2.5 Le retour à la démocratie
Madame Ertha Trouillot, choisie par la Cour de cassation, exerça la
présidence d'un gouvernement civil de transition. Jean-Bertrand Aristide, un prêtre catholique qui s’était fait l’avocat des pauvres,
remporta la victoire en décembre 1990. Son accession à la présidence de la République
redonna un peu d'espoir au peuple haïtien, mais, en septembre 1991, il fut renversé par une
junte militaire dirigée par le général Raoul Cédras (1993); il se réfugia
alors aux États-Unis.
Après que la situation politique et économique se fut passablement
dégradée, les États-Unis décidèrent d'intervenir militairement. Les troupes américaines
débarquèrent en Haïti le 19 septembre 1994. Le 15 octobre 1994, le
président Aristide fut rétabli dans ses fonctions, qu'il laissa à René
Préval, élu à la présidence de la République en 1995. Le mandat
d'Aristide touchait à sa fin et la Constitution ne l’autorisait pas à en briguer un
second consécutivement.
Élu en décembre 1995, l’ancien premier ministre René Préval entra en
fonction en février 1996. Il
tenta de remettre en état les infrastructures du pays. Le gouvernement haïtien
dut faire face à une opposition constituée de ses anciens alliés. Cependant, ce ne fut qu'après deux années marquées de graves incidents (plusieurs assassinats
politiques) que le président René Préval et cinq partis d’opposition
parvinrent à un accord pour former un nouveau gouvernement.
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Des
élections législatives ont été organisées pour mai 2000. En novembre de la
même année, Jean-Bertrand Aristide fut
proclamé vainqueur de l’élection présidentielle avec 91 % des suffrages
exprimés. Compte tenu des irrégularités commises lors des élections, le
président Aristide (seconde manière) commença un mandat controversé. Ce
scrutin fut marqué par de multiples malversations et plongea à nouveau
le pays dans une situation des plus confuses. De plus, le trafic de
drogue a dépassé les records atteints sous la junte militaire. Quant à
la classe moyenne, elle n'a pas semblé apprécier l'ancien «petit curé».
Elle lui a reproché ses sermons, ses origines, son caractère
imprévisible et son emprise sur les masses. Ses adversaires
considéraient Aristide comme un dangereux démagogue, voire le champion
de la duplicité et du vol.
Enfin, «Titid», comme l'appelait le peuple, n'a jamais accepté les trois années volées lors de son exil forcé à Washington. Par peur, il s'est défendu et a eu tendance à devenir plus autoritaire, comme bien d'autres présidents l'avaient fait avant lui! Depuis les élections de 2000, c'était l'impasse entre le Lafanmi Lavalas, le parti du président, et l'Organisation du peuple en lutte, qui contrôlait le Parlement. C'est un véritable régime d'anarchie qui s'est de nouveau installé en Haïti. |
Puis, le 29 avril 2004, Jean Bertrand Aristide a fini par démissionner de la présidence haïtienne, alors que sont arrivés les premiers marines américains, avant-garde d'une force internationale envoyée par l'ONU pour ramener l'ordre dans la capitale, Port-au-Prince. Ces forces comprenaient des troupes américaines, françaises, canadiennes et autres en provenance des Caraïbes. Peu après le départ d'Aristide, le président de la Cour de cassation d'Haïti, Boniface Alexandre, a annoncé qu'il assurait l'intérim en vertu de la Constitution. À l'issue de neuf jours d'un dépouillement chaotique, René Préval a finalement été déclaré, le 16 février 2006, vainqueur de l'élection présidentielle d'Haïti, avec 51,5 % des voix. Le jour de son investiture, le 14 mai suivant, le nouveau président déclarait en créole: «Je promets de me dévouer à la Constitution, de respecter les lois haïtiennes et de protéger la souveraineté du pays.»
Malheureusement, Haïti est resté l'un des pays les plus pauvres du monde et une partie importante de sa population survit dans des conditions très précaires. Le pays a atteint un chômage officiel de 60 % et un produit intérieur brut par habitant de 469 $ US par année, une espérance de vie de moins de 50 ans pour les hommes et de 54 ans pour les femmes. D'après l'indice de développement humain des Nations unies, Haïti se classe 150e sur les 173 pays recensés. Pourtant, le temps presse pour redresser ce pays, car on estime que le nombre d'habitants pourrait atteindre les 20 millions en 2019. Le problème, c'est que 20 millions de personnes vivant dans un état de misère inacceptable, aux portes des États-Unis, cela constitue une bombe à retardement qu'il faudrait désamorcer tout de suite. Mais dans l'état actuel des choses, Haïti a un avenir sans issue. Ce pays est si pauvre et si démuni de ressources naturelles et en citoyens instruits ou formés qu'il apparaît très difficile de voir pointer quel que progrès que ce soit à l'horizon. Pourtant, les Haïtiens aiment leur pays. Ils sont encore galvanisés par leur histoire et leur statut de «première république noire» du monde et obsédés par leur indépendance arrachée à la France en 1804. L'avenir d'Haïti passera par l'éducation ou il n'y en aura pas.
Comme si ce n'était pas assez, Haïti est constamment aux prises avec des catastrophes naturelles. Selon une étude menée en 2006 par la Banque mondiale (Natural Disaster Hotspots : «Cartographie des catastrophes naturelles»), Haïti est l’un des pays les plus vulnérables aux catastrophes naturelles. Son extrême vulnérabilité face à ce genre d'événements provient, en plus d'un degré élevé de pauvreté, d’une infrastructure inadaptée, d’un environnement dégradé et d’une série de gouvernements inefficaces confrontés à de graves problèmes fiscaux. La convergence de ces différents facteurs amplifierait l’impact et la portée de toute catastrophe naturelle. Autrement dit, les Haïtiens seraient aussi partie prenante de leurs propres malheurs. Par passivité! On l'a vu en 2004 durant la saison des ouragans, au cours de laquelle plus de 5000 Haïtiens sont morts à la suite du passage de la tempête tropicale Jeanne. En 2008, ce furent la tempête tropicale Fay et les ouragans Gustav, Hanna et Ike, qui ont causé d'importants dommages et entraîné de nombreux décès. Mais le pire attendait les Haïtiens: le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Cette autre catastrophe naturelle qui a détruit presque tout le pays, dont la capitale Port-au-Prince, et occasionné plus de 200 000 morts, 300 000 blessés et probablement un million de déplacés. Le pays en aura pour dix à quinze ans à s'en remettre, et ce, grâce à l'aide internationale!
Or, l'État haïtien est extrêmement faible. En temps normal (sans tremblement de terre), le gouvernement haïtien est techniquement en faillite, avec le résultat que les employés de l'État sont régulièrement privés de leur salaire, parfois durant des mois. Depuis longtemps, 80 % du budget de l'État provient de l'aide internationale, le reste de la diaspora. Après le tremblement de terre, c'est l'ONU qui a assuré la sécurité du pays par les armes; c'est une puissance étrangère, les États-Unis, qui a fait atterrir les avions à l'aéroport; ce sont les «amis de Jésus» qui ont soigné les citoyens. Les ONG vont finir par prendre la relève — il y en a plus de 900 qui ont été enregistrées, des plus grosse aux plus petites) —, mais le gouvernement haïtien demeurera invisible, dépassé et impuissant. Le Parlement haïtien a même rédigé un rapport provisoire condamnant l'incurie du gouvernement dans cette crise.
L'homme le plus puissant en Haïti, ce n'est pas le président Préval, mais bien l'ambassadeur des États-Unis, Kenneth H. Merten. À voir l'imposante ambassade, évidemment demeurée intacte lors du séisme, et à constater l'omniprésence des troupes américaines (16 000 soldats), il vaut mieux comprendre que Haïti est déjà sous la tutelle de Washington. En raison de la militarisation dont les États-Unis ont pris la tête en Haïti, la communauté internationale exprime ses inquiétudes parce que cette situation pourrait se transformer en une nouvelle ingérence de l'Amérique sur Haïti. Si tel était le cas, ce ne serait surtout pas le moment de s'en plaindre, car seuls les États-Unis possèdent les moyens de répondre à une telle situation d'urgence. Il leur faut en même temps éviter que des dizaines de milliers d'Haïtiens n'aillent se réfugier en Floride par la mer. D'où l'importance de l'armada américaine! Quant au peuple haïtien, il n'a aucune confiance dans son gouvernement; il voit bien que celui-ci ne décide rien et, lorsqu'il s'y risque, c'est pour donner des contrats aux «ti zamis». Les parlementaires ont condamné la pratique du parti du président d'utiliser des candidats clairement identifiés dans des opérations de distributions de vivres. La corruption, c'est tout ce que contrôle gouvernement, celle-ci étant l'une des gangrènes qui ronge le pays depuis des décennies. Dans ces conditions, continuer à aider Haïti comme on l'a fait jusqu'à présent, soit comme avant le 12 janvier 2010, ce serait créer une autre génération de miséreux. C'est pourquoi il faudra dorénavant procéder autrement. Si l'on répète les mêmes erreurs que par le passé, Haïti aura encore besoin d'aide dans cinq cents ans. Mais comment reconstruire un pays qui était déjà démoli avant le tremblement de terre? Avec une population traumatisée, extrêmement pauvre, sous-instruite et sans chef de file!
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Article 35 Le français est la langue officielle. Son emploi est obligatoire dans les services publics. Néanmoins, la loi détermine les cas et conditions dans lesquels l'usage du créole est permis et même recommandé pour la sauvegarde des intérêts matériels et moraux des citoyens qui ne connaissent pas suffisamment la langue française. |
La Constitution du 24 août 1983 accordait (art. 62), pour sa part,
au créole le statut de langue co-nationale, avec le français:
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Article 62 Le français est la langue officielle. Son emploi est obligatoire dans les servies publics. Néanmoins, la loi détermine les cas et conditions dans lesquels l'usage du créole est permis et même recommandé pour la sauvegarde des intérêts matériels et moraux des citoyens qui ne connaissent pas suffisamment la langue française. Les langues nationales sont le français et le créole. Le français tient lieu de langue officielle de la république d'Haïti. |
C'est la Constitution de mars 1987 qui rendra
rend co-officiels le français et le créole (art. 5), mais le texte créole n'est
pas officiel (c'est une version traduite par un militant haïtien):
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Nimewo
5 1) Sèl lang ki simante tout Ayisyen ansanm, se lang kreyòl. 2) Kreyòl ak franse, se lang ofisyèl Repiblik d Ayiti. |
Article 5 1) Tous les Haïtiens sont unis par une langue commune: le créole. 2) Le créole et le français sont les langues officielles de la République. |
La république d'Haïti est donc juridiquement bilingue avec le français et le créole comme langues officielles. En vertu de cette proclamation, les deux langues devraient, en principe, être employées dans tous les organismes de l'État. En réalité, le bilinguisme d'Haïti relève plus du symbole, car même la Constitution a été rédigée uniquement en français et il n'existe aucune version officielle en créole de la loi fondamentale. Toute version créole du texte constitutionnel ne relève que d'une initiative personnelle de la part de traducteurs bévévoles.
L'article 213 de la Constitution a prévu une Académie
haïtienne afin de normaliser la langue créole et de permettre son
développement scientifique:
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Nimewo
213 Yo mete yon Akademi Ayisyen pou li fikse lang kreyòl la e pou li fè l kaplab devlope anfòm, ann òd epi selon prensip lasyans. |
Article 213 Une Académie haïtienne est instituée en vue de fixer la langue créole et de permettre son développement scientifique et harmonieux. |
Il faut comprendre que le bilinguisme institutionnel d'Haïti est fondamentalement différent de celui institué, par exemple, qui existe au Canada, lequel compte deux peuples principaux, sans oublier les autochtones. Haïti, pour sa part, ne comprend qu'un seul peuple, qui parle le créole, car le français est une langue héritée du colonialisme. Au Canada, les deux langues officielles sont des langues maternelles parlées par la grande majorité des habitants. La situation d'Haïti se compare davantage au Burundi et au Rwanda; dans ces deux pays, le français est co-officiel, mais la population parle le kirundi (Burundi) ou le kinyarwanda (Rwanda).
On peut consulter des extraits de la Constitution haïtienne, sous sa forme bilingue français-créole, en cliquant ICI. Évidemment, il ne s'agit pas d'une version officielle, mais d'une simple traduction (de Pòl Dejan).
Le programme pédagogique diffusé par le ministère de l'Éducation nationale (1987-1988) définissait les rôles respectifs du créole et du français dans la formation fondamentale des enfants et leur place dans le système scolaire (niveau primaire). La fonction instrumentale du créole, première langue nationale, dans le processus d'apprentissage est de jouer «un rôle d'intégration sociale et culturelle»; il assure également «la base sociolinguistique de l'unité nationale». Quant au français, il constitue la seconde «langue nationale» des Haïtiens: «Sa place privilégiée dans le programme de l'École fondamentale au même titre que le créole vise à l'instauration d'un bilinguisme équilibré». L'enseignement du français doit permettre notamment l'acquisition des connaissances scientifiques et l'accès à la culture universelle.
6.1 La législation et la justice
Au Parlement haïtien, le français et le créole sont effectivement utilisées par les députés, mais le français demeure très nettement prédominant; il arrive parfois qu'un même parlementaire emploie les deux langues alternativement. Les textes de lois sont presque tous rédigés et promulgués exclusivement en français; néanmoins, certains d'entre eux peuvent très exceptionnellement être traduits en créole. Rappelons qu'il n'existe même pas de version officielle de la Constitution en créole. Diverses considérations politiques interviennent de sorte que le créole n'obtient presque aucune place dans les documents juridiques. Il faut dire aussi que le pays est très pauvre et qu'un organisme officiel de traduction relevant de l'État — du type au Canada «Bureau de la traduction» (ou «Translation Bureau») — semble pour le moment exclus en Haïti.En ce qui a trait aux tribunaux, les délibérations peuvent se dérouler en créole, mais les procès-verbaux ne paraissent qu'en français; hors de la capitale, les juges utilisent en priorité le créole. Précisons que les articles 24.2 et 24.3 de la Constitution traitent des arrestations et des détentions. Selon l'article 24.3 (par. a), il faut qu'on exprime formellement, en créole et en français, les motifs de l'arrestation ou de la détention:
Nimewo 24-2
Yo pa gen dwa arete pèsonn ni yo pa gen dwa fèmen pèsonn moun nan prizon san se pa ak manda yon otorite ekri, selon pouvwa lalwa ba li, sòf si yo ta bare moun nan, nan men.
Nimewo 24-3
Men sa ki nesesè, pou yo gen dwa sèvi ak manda sa a:
a) Rezon ki fè yo arete yon moun, oubyen rezon ki fè yo fèmen yon moun nan prizon, se pou manda a esplike sa klè, ni an kreyòl, ni an franse. Manda a dwe deklare a dwe deklare tou, ki sa lalwa di sou jan yo dwe pini zak yo repwoche moun nan. [...]Article 24.2 L'arrestation et la détention, sauf en cas de flagrant délit, n'auront lieu que sur un mandat écrit d'un fonctionnaire légalement compétent.
Article 24.3:Pour que ce mandat puisse être exécuté, il faut:
a) Qu'il exprime formellement en créole et en français le ou les motifs de l'arrestation ou de la détention et la disposition de loi qui punit le fait imputé; [...]
6.2 Les services publics
Dans les services publics, le français est la première langue utilisée tant par les fonctionnaires que par le citoyen à la condition que ce dernier connaisse le français; une fois établie, la communication peut se poursuivre uniquement en créole. Un créolophone unilingue se fait toujours servir dans la langue qu'il connaît, mais la plupart des documents écrits ne sont rédigés qu'en français. Certaines missives ou communiqués d'extrême importance peuvent néanmoins être traduits en créole.
6.3 L'école
Selon le Bilan commun de pays pour Haïti, une étude publiée en 2000 par les Nations unies et le gouvernement haïtien, un tiers des enfants d'âge scolaire n'a pas accès à l'école. Qui plus est, seule une petite minorité d'enfants restera à l'école au moins quatre années consécutives. Quant aux installations, la majorité des écoles sont improvisées dans des bâtiments qui n'ont pas été conçus à cette fin. Seules 21 % d'entre elles ont l'électricité et 42 % possèdent l'eau courante. Or, le changement en Haïti passe par l'éducation. Plus de 70 % de la population est analphabète et 500 00 enfants ne vont pas aller à l'école, faute de moyens. Par comparaison, le Nicaragua est tout aussi pauvre, mais il compte beaucoup moins d'analphabètes. L'État haïtien ne débourse que 13 % des coûts associés à l'éducation, le reste étant assumé par les parents. Si l'école en Haïti est obligatoire, elle n'est pas vraiment gratuite, et de moins en moins publique. La qualité variable de l'enseignement, les problèmes de malnutrition, les piètres conditions matérielles, l'analphabétisme des parents (au moins de 70 %), l'absence de bibliothèques publiques ou scolaires, l'éloignement des écoles et l'absence d'électricité dans les foyers sont d'autres éléments responsables du taux de scolarisation peu élevé. C'est que l'élite haïtienne a toujours considéré que l'éducation, comme les soins de santé, était un privilège réservé à une minorité, non un droit pour tous.Dans les six années du primaire, le français et le créole constituent les deux langues d'enseignement à égalité, théoriquement du moins. Les enfants reçoivent leur enseignement tantôt en français tantôt en créole. Il s'agit d'un enseignement bilingue, mais les pratiques scolaires ne semblent pas uniformes. Selon les villes, les villages, les quartiers ou les professeurs, la langue d'enseignement peut être presque exclusivement le français ou presque exclusivement le créole. Ainsi, dans la capitale, l'enseignement se fait surtout en français; dans les petites villes et les villages de province, il se fait en créole; dans les écoles des milieux favorisés de la capitale, on n'enseigne qu'en français. La langue d'enseignement au secondaire et à l'université reste le français. Dans toutes les écoles, les manuels scolaires sont presque tous rédigés en français, à l'exception des grammaires du créole.
En ce qui a trait aux études supérieures, l'article 211 de la Constitution précise que tout établissement doit être subordonnée à l'approbation technique du Conseil de l'Université d'État et à une participation majoritaire haïtienne au niveau du corps professoral ainsi qu'à l'obligation d'enseigner «en langue officielle du pays» (sans en mentionner aucune d'elles):
|
Nimewo 211 Anvan pou inivèsite ak lekòl siperyè prive konsmanse mache nan peyi a, fòk yo jwenn pèmisyon pou sa nan men konsèy inivèsite deta a. Men lòt kondisyon toujou: se Ayisyen ki dwe Ayisyen. Pi fò kou yo, dwe fèt nan lang ofisyèl peyi a. |
Article 211 L'autorisation de fonctionner des universités et des écoles supérieures privées est subordonnée à l'approbation technique du Conseil de l'Université d'État, à une participation majoritaire haïtienne au niveau du capital et du corps professoral ainsi qu'à l'obligation d'enseigner notamment en langue officielle du pays. |
Dans les faits, la langue officielle dont il s'agit ici est le français, pas le créole, l'autre langue officielle. Manifestement, les rédacteurs de la Constitution n'ont pas vu l'incohérence de cette disposition. Seul 1,2 % de la population s’engage dans des études supérieures.
6.4 Les médias
L'article 40 de la Constitution porte sur la question des médias, ou plutôt de la publicité. L'État s'engage à diffuser à la fois en français et en créole les informations relavant de la vie de l'État:|
Nimewo
40 Leta dwe sèvi ak radyo, ak jounal, ak televizyon pou li gaye bon enfòmasyon, an kreyòl ak an franse, sou tou sa ki an rapò ak vi peyi a. Anwetan sa ki ta yon danje pou peyi a, Leta dwe bvay enfòmasyon sou lwa, sou dekrè ak sou regleman li mete deyò. Menm jan tou, pou antant, kontra, ak papye li syen ak lòt peyi. |
Article 40 Obligation est faite à l'État de donner publicité par voie de presse parlée, écrite et télévisée, en langues créole et française aux lois, arrêtés, décrets, accords internationaux, traités, conventions, à tout ce qui touche la vie nationale, exception faite pour les informations relevant de la sécurité nationale. |
Dans les médias, le créole est la langue la plus utilisée
à la radio. C'est l'un des rares domaines où la progression
du créole a connu un véritable succès. Dans les années
soixante, la presque totalité des stations de radio diffusaient
en français. La situation s'est complètement inversée.
Parmi la cinquantaine de stations radiophoniques — les stations de radio sont
généralement petites en Haïti, mais elles sont très
nombreuses et possèdent un faible rayon de diffusion — que compte
Haïti, la plupart ne diffusent qu'en créole, même dans
la capitale, Port-au-Prince. Si la plupart des stations portent un nom français (parfois en
créole), c'est le créole qui domine les ondes: Radyo Atlantik (Cap-Haitien),
Radio 4VEH (Cap-Haïtien: français-anglais), Radio Nirvana (Cap-Haïtien),
Radio Lumière (Cap-Haïtien), Radio Gamma (Fort-Liberté), Radio Vénus
FM (Cap-Haïtien), Radio Télé Paradis (Cap-Haïtien), Radio Vision 2000
(Cap-Haitien), Radio Sans Souci FM (Cap-Haïtien), Radio Papillon (Gonaïves),
Radio Media 89 (Saint-Marc), Radio Centrale (Liancourt), Radio Jupiter Plus
(Liancourt), Radio Provinciale (Gonaïves), RTC-Radio Télé-Caleb (Saint-Marc),
Radyo LeveKanpe (Hinche), Radio Super Gemini (Saint-Marc), Radio Delta
Stereo (Saint-Marc), Radio Sonic Plus (Saint-Marc), Radio Télé-Express (Jacmel),
Radio Vision 2000 (Jacmel), Radio Négritude (Jacmel),
Radio Hispaniola (Jacmel), Radio Shekina (Les Cayes), Radio Vibration (Les
Cayes), Radio Macaya (Les Cayes), Radyo Timoun|on (Port-au-Prince), Kiskeya|on
FM (Port-au-Prince), Radyo Ginen (Port-au-Prince), Radio-Métropole
(Port-au-Prince), Radio Lakansyèl (Port-au-Prince), Voix de l'Espérance
(Port-au-Prince), Radio One ( Pétionville), Radyo Timoun (Port-au-Prince),
Radio Nouvelle Génération (Port-au-Prince), Mégastar (Port-au-Prince), Radio
Lakansyèl (Port-au-Prince), Radio Soleil (Port-au-Prince), Radio Balade
(Port-de-Paix), etc. Aucune station de radio n'est unilingue française, mais
certaines diffusent en français et en espagnol (Radio-Métropole), d'autres
en français et en anglais (Radio Lumière FM).
Quant à la télévision, c'est l'anglais qui y domine, suivi du français; le créole est bon dernier. Voici les principales stations de télévisions: Canal 11 4VTKT (Port-au-Prince), Galaxy 2 (Jacmel), PVS Antenne 16 (Port-au-Prince), Télé Caraibes (Port-au-Prince), Télé Eclair (Port-au-Prince), Télé Express Continentale (Jacmel), Télé Haiti (Port-au-Prince), Télé Ginen (Port-au-Prince), Télé Métropole (Port-au-Prince), Télé Smart (Hinche), Télé Soleil (Port-au-Prince), Télé Timoun (Tabarre), Télé Voix du Bonheur (Port-de-Paix), Télédiffusion Jacmélienne (Jacmel), Télémax (Port-au-Prince), Télévision Nationale (Port-au-Prince), Trans-América (Gonaives), TV Magik (Jacmel), TVA (Gonaives). La prédominance de l'anglais s'explique par le fait que la majorité des chaînes de télévision privées diffusent des émissions américaines.
La presse écrite est très majoritairement en langue française. Les quotidiens tels que Le Matin et Le Nouvelliste ne paraissent qu'en français. Parmi les revues, hebdomadaires et mensuels (Haïti en Marche, Haïti Observateur, Haïti Progrès, Le Messager du Nord-Ouest, Le Moniteur, L'Union, etc.), quelques rares journaux sont publiés en créole, parmi lesquels Jounal Libèté, Boukan, Bon Nouvèl, Solèy Leve, etc. Quelques périodiques consacrent régulièrement au créole une ou deux pages. Un périodique paraît en anglais, le Haitian Times.
6.5 L'affichage
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La liberté complète d'expression et d'usage règne
dans le domaine de l'affichage en Haïti. Les pratiques sont réparties
de façon fonctionnelle. L'affichage des édifices gouvernementaux
ne paraît qu'en français. Les édifices et organismes
municipaux portent des inscriptions unilingues françaises dans la
capitale (Port-au-Prince) et parfois bilingues (français-créole)
dans les villes de provinces. La monnaie, les timbres, la toponymie et
la signalisation routière sont également en français.
La diversité est très grande en ce qui concerne l'affichage commercial. Les grands magasins et les grandes entreprises de la capitale affichent seulement en français, les moyennes entreprises en français et en créole, les petites en créole. Les entreprises d'import-export et toutes les entreprises faisant du commerce international utilisent l'anglais et le français de même que les boutiques pour touristes; c'est donc dire que le trilinguisme est relativement fréquent en Haïti, particulièrement dans la capitale. Cependant, on peut aussi trouver des affiches unilingues anglais à Port-au-Prince. Photo: Whereislarry.com (http://www.whereislarry.com/haiti.htm). |
Haïti est un État officiellement bilingue. Ce bilinguisme est réel, mais inégal, voire déséquilibré dans certains rôles sociopolitiques. Malgré son statut de langue officielle, le créole n'apparaît pas davantage comme un idiome prestigieux. On ne peut parler de diglossie en Haïti dans la mesure où la répartition inégale des langues n'est pas assurée par l'ensemble de la société. La société haïtienne n'est pas une société bilingue (moins de 10 %), mais l'État l'est, de même qu'une petite élite. Il s'agit donc d'un bilinguisme qui semble favoriser indûment le français aux dépens du créole, langue de l'immense majorité de la population. Au plan de l'État, le bilinguisme reste non seulement déséquilibré, mais diglossique, sinon symbolique. Bref, Haïti, comme bien d'autres pays d'Afrique francophone, est resté à un stade colonial, mais avec cette différence que tout le pays parle une même langue, le créole.
Mais Haïti pourrait se doter d'une véritable politique linguistique, qui ferait une place au créole tout en menant parallèlement «le combat» de la francophonie. Pour ce faire, la politique linguistique haïtienne devra viser un bilinguisme équilibré, ainsi que la réconciliation des différentes forces politiques, économiques nationales. À l'heure actuelle, la politique linguistique haïtienne ne concorde pas avec la Constitution qui a formellement reconnu le créole comme l'une des langues officielles d'Haïti. Mais, avant toute chose, il faudra régler le plus grave problème: le fait que plus de 70 % de la population du pays, parlant et comprenant uniquement le créole, est analphabète. Le pays aura toujours de graves problèmes tant qu'il n'aura pas trouver une solution à cette grande inégalité. Il faut dire aussi que, face à la pauvreté endémique du pays, les questions linguistiques ne font pas le poids. Il ne saurait en être autrement.
Bibliographie
BENTOLILA, Alain. «Le créole haïtien : l'interpellation éducative» dans Diogène, Paris, n° 137, 1987, p. 69-82.
- BENTOLILA, Alain et Léon Gani. «Langues et problèmes d'éducation en Haïti» dans Langages, no 61, Paris, Larousse, 1981, p. 117-127.
- BERRY, P.C. «Literacy and the Question of Creole» dans Research and Resources of Haïti, New York, Papers of the Conference on Resources of Haïti, Research Institute for the Study of Man, 1969, p.104-280.
- CHAUDENSON, Robert , et Pierre VERNET. L'école en créole, étude comparée des réformes des systèmes éducatifs en Haïti et aux Seychelles, Paris, ACCT, 1983, 161 p.
- ENCYCLOPÉDIE MICROSOFT ENCARTA, 2004, art. «Haïti», pour la partie historique.
GAUTHIER, François, Jacques LECLERC et Jacques MAURAIS. Langues et constitutions, Montréal/Paris, Office de la langue française / Conseil international de la langue française, 1993, 131 p.
LECLERC, Jacques. Langue et société, Laval, Mondia Éditeur, coll. "Synthèse", 1992, 708 p.
PREVILOR, W. «Implications de l'introduction du créole dans l'enseignement» dans Créole et enseignement primaire en Haïti, Bloomington, Éditions Valdman, Creole Institute, 1980 p. 160-169.
SAINT-GERMAIN, Michel. La situation linguistique en Haïti, Québec, Éditeur officiel du Québec, 1988, 375 p.
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Accueil: l'aménagement linguistique dans le monde