République de Corée |
Corée du SudTaehanminguk |
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La Corée du Sud (en coréen:
Hankuk, «le pays des Han»), officiellement appelée
république de Corée
(Taehanminkuk), est un pays
d’Asie (Extrême-Orient) occupant la partie méridionale de la péninsule coréenne.
La Corée du Sud est limitée au nord par la Corée du Nord, à l’est par la mer du
Japon, au sud et au sud-est par le détroit de Corée, qui sépare le pays du
Japon, et à l’ouest par la mer Jaune. De nombreuses îles, au sud et à l’ouest,
lui sont rattachées, dont Chejudo ou île Cheju (1845 km²), au sud-ouest. La superficie
totale de la Corée du Sud est de 99 268 km², soit trois fois la Belgique, deux
fois le Danemark et trois fois plus petit que l'Italie.
La superficie de la Corée du Nord, pour sa part, est de 120 538 km². Séoul, la capitale
de la Corée du Sud, est la ville la
plus importante du pays. La Corée du Sud est divisée en neuf provinces (appelées do) : Kyongki, Kangwon, Tchungtcheong-Nord, Tchungtcheong-Sud, Cholla-Nord, Cholla-Sud, Kyongsang-Sud, Kyongsang-Nord et Cheju. Six villes (sept avec Séoul) ont le statut de «villes métropolitaines» (kwangyoksi): Pusan, Taegu, Taejon, Kwangju, Inchon et Ulsan (voir la carte administrative). |
La Ville de Séoul , qui a le statut particulier de «capitale métropolitaine» (thukpyolsi), est directement administrée par le gouvernement sud-coréen. Les provinces sont elles-mêmes divisées en villes (si), en arrondissements (gun), en bourgs (up) et en communes (myon).
En 2001, la Corée du Sud comptait 46,8 millions d'habitants. Les provinces de Séoul, Kyeongki, Pusan et Kyeongsangnam sont les plus populeuses.
| Province | Population (2003) | Superficie |
| Cheju | 516 100 | 1 845 km2 |
| Chollabuk | 1 875 900 | 8 058 km2 |
| Chollanam | 1 950 000 | 11 911 km2 |
| Tchungtcheongbuk (Nord) | 1 501 500 | 7 433 km2 |
| Tchungtcheongnam (Sud) | 1 883 500 | 8 546 km2 |
| Incheon | 263 800 | 955 km2 |
| Kangwon | 1 493 300 | 16 534 km2 |
| Kwangchu | 1 407 600 | 501 km2 |
| Kyongki | 9 757 800 | 10 114 km2 |
| Kyongsangbuk (Nord) | 2 737 500 | 19 021 km2 |
| Kyongsangnam (Sud) | 3 024 600 | 10 510 km2 |
| Pusan | 3 562 200 | 748 km2 |
| Séoul | 9 630 600 | 605 km2 |
| Taegu | 2 486 600 | 885 km2 |
| Taejeon | 1 423 400 | 539 km2 |
| Ulsan | 1 037 900 | 1 055 km2 |
| Corée du Sud | 46 852 000 |
99 268,36 km2 |
La Corée du Sud, comme la Corée du Nord, est un pays remarquablement homogène au plan ethnique et linguistique. C'est un pays pratiquement sans minorité linguistique. En effet, la Corée du Sud parle le coréen dans une proportion de 99 % (selon les sources officielles; mais probablement 91 %), les minorités étant essentiellement des Chinois. La moitié de la population (49 %) est de religion chrétienne (protestants et catholiques), 47 % bouddhiste, 3 % confucianiste (officiellement, mais pour les Coréens: un tiers de la population pour chacune des trois religions). Officiellement, il n'existe pas de minorités linguistique en Corée du Sud, seulement des minorités religieuses.
De plus, outre la Corée du Nord (20 millions de locuteurs du coréen), la langue coréenne est parlée par environ deux millions de locuteurs en Chine, principalement dans les provinces bordant la Corée du Nord. On compte un demi-million de locuteurs du coréen au Japon et en Russie, et au moins 600 000 aux États-Unis. D'autres communautés vivent à Singapour, en Thaïlande, à l'île de Guam et au Paraguay. Le nombre total des locuteurs de cette langue serait de 78 millions de locuteurs.
Soulignons que la Corée du Sud abrite près de 40 000 militaires américains, qui constituent un État dans l'État, avec leur propre administration et leurs propres médias, en anglais.
2.1 La langue coréenne
La langue coréenne est une langue isolée, elle constitue une famille à elle seule, la famille coréenne. Il existe plusieurs variétés dialectales, notamment celui de Séoul, le
phyojunmal, devenu langue officielle en Corée du Sud et celui de Pyongyang, le munhwaeo, devenu langue officielle en Corée du Nord. On distingue aussi le tchungtchongdoeo (tchungtchongdoeo du Nord et tchungtchongdoeo du Sud), le kyongsangdoeo (kyongsangdoeo du Nord et kyongsangdoeo du Sud), le cholladoeo (cholladoeo du Nord et cholladoeo du Sud) et le cheju, le dialecte de l'île Cheju. Les différences entre ces variétés sont relativement minimes, mais néanmoins importants entre les variétés du Nord et celles du Sud, notamment entre le phyojunmal (Sud) et le munhwaeo (Nord). Les éléments -mal et -eo signifient tous deux «langue», mais le premier est d'origine coréenne, l'autre d'origine chinoise.Il n'en demeure pas moins que la division politique (depuis 1948) entre le Nord et le Sud a favorisé la différenciation de la langue nationale des deux Corées. Dans le Sud, le vocabulaire emprunté et l'usage de mots chinois ne subit que de faibles restrictions, mais dans le Nord, la politique linguistique, plus volontariste, a eu pour effet d'«épurer» la langue et d'imposer une norme dite de «langue cultivée», qui privilégie les mots d'origine coréenne indigène plutôt que les mots sino-coréens ou anglais. Il existe donc un certain nombre de différences de vocabulaire entre le Nord et le Sud, car le lexique est influencé par la politique et les contacts extérieurs différents (p. ex., le russe au nord, l'anglais au sud). Comme les Coréens n'ont pratiquement pas de contact entre le Nord et le Sud, il peut arriver qu'ils éprouvent certaines difficultés mineures à se comprendre lorsqu'ils ont à communiquer entre eux. Dans les deux États, la langue coréenne constitue une puissant instrument d'identité nationale.
2.2 L'alphabet coréen
La langue coréenne s'écrit avec l'alphabet coréen, appelé Hangul (-gul signifiant «alphabet»). Il fut créé au XVe siècle par un groupe de savants sous le règne du roi Sejong le Grand (de 1418 à1450), le quatrième monarque de la dynastie Chosun (1392-1910). Auparavant, le coréen s'écrivait au moyen de caractères chinois. L'alphabet coréen utilisé aujourd'hui est considéré comme l'un des systèmes d'écriture les plus rationnels utilisés dans le monde. Il est basé sur une observation et une analyse minutieuse de la langue coréenne. Il compte 19 consonnes et 21 voyelles.
Alphabet Hangul (voyelles)

Alphabet Hangul (consonnes)

Le coréen possède un alphabet assez complexe. Il connaît des consonnes simples (k, t, p, ch, s, n, m, l, h, -ng), aspirées (kh, th, ph, tch) et redoublées (pp, kk, ch-ch, ss) et un grand nombre de voyelles, dont 10 simples et 11 combinées (deux semi-voyelles [w ] et [j]). En coréen, l'opposition des consonnes sourdes/sonores n'est pas pertinente. Voici un exemple d'écriture coréenne (à l'horizontale de gauche à droite). Il s'agit de l'article 1 de la Déclaration universelle des droits de l'homme:
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Traduction:
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1) Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en
droits.
2) Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. |
En principe, la langue écrite entre le Nord et le Sud est identique. Mais en Corée du Nord on n'utilise plus que l'alphabet Hangul, alors qu'en Corée du Sud les gens instruits et certains journaux ont encore recours simultanément aux idéogrammes chinois. L'écriture coréenne est appelée Hangul en Corée du Sud, mais Chosonkul (en référence à la dynastie Choson) en Corée du Nord.
N'oublions pas que les Sud-Coréens utilisent encore les idéogrammes chinois en plus de leur alphabet. Ils estiment que l'usage d'environ 1500 idéogrammes chinois est nécessaire, par exemple, pour la lecture des journaux (contre au moins 3000 pour les Japonais). En Corée du Nord, l'emploi des idéogrammes a totalement disparu en raison du rejet par le gouvernement de toute référence au passé. Les idéogrammes chinois sont toujours enseignés dans les écoles de la Corée du Sud, mais demeurent très peu employées dans la vie quotidienne, sauf dans les journaux. Un projet de réintroduire en 1999 les idéogrammes dans les documents officiels et les panneaux de signalisations a déjà provoqué des manifestations populaires anti-gouvernementales.
Entre le Nord et le Sud, la façon de prononcer les mots d'origine chinoise est devenue relativement importante (rapportés par Kin Ha-Su):
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Signification française |
Coréen du Nord |
Coréen du Sud |
| «repentir» | kaejun | kaejôn |
| «balivernes» | kaktam | kaektam |
| «déformation» | oegok | waegok |
| «erreur» | oyu | oryu |
| «instigation» | sach'ok | saju |
Il faut souligner aussi que la division idéologique entre les régimes politiques a entraîné des termes différents et des politiques linguistiques différentes, tant au nord qu'au sud. C'est d'ailleurs surtout dans le vocabulaire que résident les plus grandes différences entre le nord-coréen et le sud-coréen. La «purification» linguistique ne s'est pas faite à partir des mêmes sources: les mots sont plus souvent d'origine dialectale dans le Sud que dans le Nord. En voici quelques exemples (rapportés par Kin Ha-Su):
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Signification française |
Coréen du Nord |
Coréen du Sud |
| «toilettes» | wisaegshil | hwajangshil |
| «observatoire» | kisangsumunguk | kwansangdae |
| «monologue» | honjamal | tokpaek |
| «rechercher» (informatique) | chajabogi | saegin |
| «impartialité» | kkyôullim | kongmyôn |
Il existe aussi des injures propres à la société sud-coréenne telles que «rouge», «sale Jap», «Chinetoque communiste», etc. Dans le Nord, on préfère «salauds d'impérialistes japonais», «chacals d'impérialistes américains», etc.
La plus grande partie de l'histoire de la Corée du Sud est la même que celle de la Corée du Nord. En raison de cette histoire commune jusqu'à la partition des deux Corées en 1948, il a semblé préférable d'en faire une seule page: il suffit de cliquer ICI pour prendre connaissance de l'
Histoire de la Corée, des origines jusqu'en 1948.La république de Corée (Corée du Sud), proclamée le 15 août 1948, se donna comme premier président Li Sungman (1948-1960). Puis, très tôt, la guerre oppose les deux États coréens, de juin 1950 à juillet 1953. Après le conflit, le despote Li Sungman, qui avait été réélu en 1952, se révéla incapable d’assurer une véritable croissance du pays malgré les nombreuses aides financières des États-Unis. Après avoir remporté les élections de 1956, il fut conduit à démissionner.
3.1 La purification linguistique
Dans le domaine de la langue, l'utilisation des caractères chinois fut en principe supprimée dès 1948, mais resta tolérée pendant une période transitoire. Celle-ci s'est avérée assez longue en Corée du Sud, puisqu'on trouve encore aujourd'hui des caractères chinois dans plusieurs journaux. Néanmoins presque tous les ouvrages de littérature, les manuels scolaires et les documents administratifs du gouvernement furent progressivement publiés en Hangul. Au plan du vocabulaire, la «purification linguistique» (guerre aux japonismes) commença, car beaucoup de mots avaient été empruntés au japonais durant l'occupation nippone. La langue — appelée «langue standard», mais «langue cultivée au Nord» — devint une affaire d'État, car elle correspondait à une affirmation d'identité collective face au Japon. Au cours des années qui suivirent, de nombreux mots japonais disparurent de l'usage et furent remplacés par des vocables «purs coréens». En fait, certains mots régionaux se sont imposés dans le coréen du Sud.
C'est ainsi que la «mer du Japon» fut changée par «mer de l'Est». Pourtant, la dénomination mer du Japon existe depuis 1602; dans certaines cartes rarissimes datées de 1720, on trouve parfois «mer orientale» et en 1749 «mer de Corée», mais pour 97 % des cartes du monde il s'agit bel et bien de la «mer du Japon», sauf en Corée du Nord et en Corée du Sud qui, pour des raisons politiques, préfèrent encore «mer de l'Est». Néanmoins, c'est la dénomination mer du Japon qui est internationalement acceptée.
Le coréen est devenu la langue officielle de la République, mais il s'agit de la variété parlée à Séoul, le phyojunmal, alors que la Corée du Nord privilégia celle parlée à Pyongyang, le munhwaeo. Les programmes d'études conservèrent l'apprentissage des idéogrammes chinois à partir du premier cycle de l'enseignement secondaire. Jusque dans les années soixante-dix, les écoliers durent aussi les apprendre. Dès 1945, la réorganisation du système éducatif par le commandement militaire américain rétablit la suprématie de l'anglais dans les écoles et accorda aux autres langues occidentales le statut de «secondes langues étrangères». La langue japonaise fut supprimée dans les écoles et n'a recommencé à être enseignée dans les lycées qu'à partir de 1973, mais il fut toujours interdit de diffuser des variétés japonaises à la radio coréenne et de passer des films japonais dans les salles ou sur les écrans de télévision; il en fut de même pour les spectacles sur scène (tours de chant, théâtre, danse, etc.). Déjà, à cette époque, les politiques adoptées en Corée du Sud eurent pour effet de rendre beaucoup de mots différents par rapport au coréen utilisé en Corée du Nord.
3.2 D'une dictature à l'autre
Parvenu au pouvoir à la suite d'un coup d'État en 1961, le général Pak Chunghui [Park Chung-hee] (1962-1979) gouverna par décrets jusqu’en octobre 1963, date à laquelle il fut élu (de justesse) président. Il mit en œuvre d’importantes réformes économiques, en particulier le premier plan quinquennal, qui marqua le début du décollage économique du pays. Il normalisa les relations avec le Japon en juin 1965. L’industrialisation et les exportations du pays connurent un bond spectaculaire, le produit intérieur brut (PIB) augmentant de 10 %. Mais, en même temps, le général Pak Chunghui instaura, jusqu'en 1979, un régime dictatorial. Multipliant les arrestations d'opposants, il interdit le multipartisme en 1972 et proclama une loi martiale qui conférait à l'armée tous les pouvoirs. Suivirent 15 années d'oscillation entre des régimes autoritaires et de timides tentatives de démocratisation. Dans le domaine de la langue, le ministère de l'Éducation nationale réduisit en 1972 le nombre des caractères de base chinois à 1800, car leur emploi s'est poursuivi dans les journaux et autres publications. Par la suite, ce nombre fut augmenté jusqu'à 3600 dans les lycées.
En 1979, des manifestations organisées dans les villes de Pusan et de Masan furent violemment réprimées. Profitant de ce climat tendu, Kim Chaekyu, directeur du service central de renseignements, assassina le général Pak Chunghui (26 octobre 1979), ce qui mit fin à un autre régime autoritaire. Le premier ministre Tchoe Kyuha succéda au général Chunghui au poste de président.
Toutefois, un autre général,
Chon Tuhwan (1980-1988), s’imposa à la tête du pays. À Kwangju, capitale de la
province de Cholla, dont était originaire le principal leader de l’opposition (Kim
Taechung), les rassemblements populaires se transformèrent en insurrection. Les commandos de
parachutistes intervinrent. Après quelques jours de sanglants combats de rue,
l’armée reprit le contrôle de la ville. Puis des manifestations étudiantes d’une
grande ampleur ajoutèrent aux conflits. En 1981, après l’adoption d’une nouvelle
constitution, le général Chon Tuhwan devint président de la Corée du Sud et
gouverna, lui aussi, de façon autoritaire.
En 1987, la Corée du Sud connut une nouvelle crise sociale, déclenchée par la
mort d’un étudiant au cours d’un interrogatoire de police. Pour répondre aux
protestations de masse, le président
No Thaewu
[Roh Tae-woo] (1988-1993)
promit des réformes. La nouvelle
Constitution, approuvée à 93 % des voix lors d’un référendum national
organisé en 1987, entra en vigueur en février 1988. Elle marqua le début de la VIe République
et entraîna un réel processus de démocratisation. Le président tint ses promesses et libéralisa le
régime. À la fin des années 1980, le gouvernement continua d'interdire la
distribution de films japonais, ainsi que la musique populaire, afin d'empêcher
les «influences indésirables» du Japon de traverser en Corée.
3.3 Un début de démocratie
Les élections nationales de décembre 1992 permirent aux Sud-Coréens d’élire
leur premier président civil,
Kim Yongsam (1993-1997). Celui-ci prit officiellement ses
fonctions le 25 février 1993. Il lança une vague de mesures contre la
corruption et mit en place de vastes
réformes économiques visant à assouplir les réglementations nationales, à
favoriser les investissements étrangers et à promouvoir la concurrence. Kim Yongsam
sut imposer une remise en ordre de l’armée et de
la classe politique après trente années de régime militaire, mais il ne put
éviter la défaite de son parti (le Parti démocratique libéral) aux élections
locales de 1995.
En décembre 1995, l’ancien président
No Thaewu et son prédécesseur, le général
Chon Tuhwan, furent inculpés et emprisonnés pour corruption. Ils durent également
répondre du massacre de Kwangchu. En août 1996, ils furent condamnés
respectivement à une peine de prison de vingt-deux ans et demi et à la peine de
mort, peines réduites et commuées en décembre 1996 à cinq ans et demi de prison
et à la prison à vie. Tous deux furent libérés en décembre 1997, après l’élection
de
Kim Taejung (1997-2002).
Le gouvernement et les syndicats conclurent, en février 1998, un pacte de
réforme du système social, qui visait à une plus grande flexibilité du marché de
l’emploi par une série de dispositions facilitant le licenciement, en échange
d’une reconnaissance complète des droits syndicaux et de la création d’un
système d’assurance chômage.
Les relations avec la Corée du Nord connurent un début d’amélioration au
printemps 1998, mais la situation bloqua à nouveau en juillet, lorsque la
Corée du Nord mena des opérations d’infiltration vers la Corée du Sud. En juin
1999, cette situation s’aggrava encore avec une «bataille navale» dans la mer
Jaune, au cours de laquelle un bateau nord-coréen fut coulé par la marine
sud-coréenne.
En 2000, la victoire de l’opposition (Grand
Parti national ou Hannara Dang) aux élections législatives contraignit le
président Kim Taejung à trouver des alliances pour poursuivre sa politique de
réformes économiques et de dialogue avec la Corée du Nord. En juin de la
même année, Kim Taejung rencontra, à Pyangyang en Corée du Nord, Kim Jongil, secrétaire général du
Parti de la Corée du Nord, afin de
chercher à améliorer les relations entre les deux partis, notamment en ce qui
a trait à la réunion des familles séparées et l’assistance de la Corée du Sud à
celle du Nord. L’action de Kim Taejung fut récompensée en octobre 2000 avec le
prix Nobel de la paix qu’il reçut «pour son travail pour la démocratie et les
droits de l'homme en Corée du Sud et en Asie du Sud-Est, en général, et pour la
paix et la réconciliation avec la Corée du Nord en particulier».
Sur le plan intérieur, la Corée du Sud s'est trouvée confrontée à la grave crise
financière asiatique, ce qui défavorisa l'économie sud-coréenne et remit en
cause sa situation de puissance moderne.
En juin 2002, un accord était signé entre Pékin et Séoul pour autoriser les réfugiés nord-coréens de Chine à se rendre en Corée du Sud. Le 15 septembre 2002 était également signé un accord intercoréen sur le rétablissement des voies de communication entre les deux Corées, qui étaient totalement coupées depuis la Seconde Guerre mondiale. En décembre, Roh Moo-hyun, centriste de gauche, candidat du parti au pouvoir, remporta les élections présidentielles. Pays encore en voie de développement dans les années cinquante, la Corée du Sud se classe maintenant au onzième rang des puissances économiques dans le monde. Enfin, rappelons que, au plan linguistique, la partition politique de la péninsule coréenne entre le Nord et le Sud a favorisé la différenciation progressive des langues nationales des deux Corées.
La Constitution sud-coréenne a d'abord été promulguée le 17 juillet 1948, puis fut modifiée neuf fois: en 1952, 1954, 1960 (juin et novembre), 1962, 1969, 1972, 1980 et 1987. Les modifications de 1987 prévoient l'élection directe du président pour la première fois en Corée, supprime des pouvoirs extraordinaires présidentiels tout en accordant l'autorité pour dissoudre l'Assemblée nationale et étend des droits fondamentaux en matière de droits de l'homme. La Constitution actuelle compte un préambule, 130 articles et six annexes.
Cependant, la Constitution du 29 octobre 1987 ne contient aucune disposition linguistique. Comme 99 % de la population parle le coréen, il a semblé inutile de légiférer pour imposer une langue nationale que tout le monde parle. En réalité, la politique linguistique de la Corée du Sud porte davantage sur le code lui-même que sur le statut de la langue nationale, qui ne saurait être contesté. L'
Académie nationale de la langue coréenne (Kuknip Kugo Yonkuwon) a été fondée pour élaborer la politique linguistique sud-coréenne et promouvoir l'usage correct de la langue coréenne par le grand public. Placée sous la juridiction du ministère de la Culture, cet organisme a été fondé en 1984 avec les objectifs officiels suivants: élaborer une politique linguistique, éditer un dictionnaire du coréen, réglementer l'usage du coréen (le coréen standard, la romanisation, etc.), promouvoir le coréen à l'étranger, etc.En 2000, le gouvernement a décidé de présenter un nouveau système d'écriture romanisée, mais il n'est pas encore répandu. Le nouveau système est basé sur le principe une lettre/un son et donne une transcription assez distante: par exemple, Kimpo – plus exactement Kimpho – est devenu Gimpo; bballi pour [ppalli]; ddal pour [ttal], etc. Par ailleurs, certains politiciens songent à demander une modification constitutionnelle afin de désigner l'anglais comme «seconde langue officielle».
4.1 La langue de l'État
Le coréen est la langue de l'État, tant dans les débats parlementaires, la rédaction et la promulgation des lois que dans les cours de justice et les services administratifs. Cependant, l'anglais est admis dans certaines cours de justice pour les étrangers et certains documents administratifs sont publiés en anglais.
4.2 Les langues d'enseignement
Le système éducatif coréen se compose de six années d'enseignement primaire, de trois années d'enseignement secondaire du premier cycle (le collège), de trois années d'enseignement secondaire du second cycle (le lycée), de quatre année
s d'enseignement supérieur, ainsi que d'un troisième cycle débouchant sur un doctorat d'État. Il existe également des collèges universitaires professionnels en deux ans, ainsi que des écoles professionnelles. Conformément à la Loi sur l'éducation et aux décrets qui y sont liés, tous les établissements d'enseignement supérieur, qu'ils soient publics ou privés, sont placés sous l'autorité du ministère de l'Éducation.Le s
ystème éducatif coréen emploie exclusivement la langue nationale comme véhicule d'enseignement. À tous les échelons, le coréen sert de langue d'enseignement. Le système éducatif coréen semble assez performant puisque le taux d’alphabétisation atteint presque les 100 %.Comme les échanges économiques occupent un rôle très important en Corée du Sud, le gouvernement encourage activement l'étude de la langue anglaise, voire de plusieurs langues étrangères. La connaissance de langues est considérée en Corée du Sud comme un enrichissement personnel sur le plan culturel et intellectuel et elle constitue aujourd'hui l'un des objectifs essentiels des études.
Ainsi, l'anglais est enseigné comme langue seconde à tous les niveaux, du primaire à l'université. À partir du secondaire (lycée), les élèves peuvent apprendre, en plus de l'anglais, le chinois, le japonais, le français, l'allemand ou l'espagnol. Dans l'enseignement secondaire, le japonais vient en seconde position après l'allemand, mais devant le français. Dans les universités, le japonais arrive seulement en cinquième position
après l'anglais, l'allemand, le français et le chinois.Cela dit, l'anglais est enseigné à tous les Coréens dès l'âge de 12 ans à raison de six à sept heures par semaine. En Corée du Sud, l'anglais constitue une matière fondamentale, presque au même titre que la langue nationale et les mathématiques. Les autres langues étrangères, considérées comme des «matières mineures», sont abordées seulement en deuxième partie du second cycle du secondaire, à raison d'une à trois heures hebdomadaires.
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En principe, les élèves du secondaire (lycée) peuvent choisir deux langues parmi les six suivantes: anglais, allemand, français, chinois, japonais et espagnol. Dans les faits, la plupart des établissements d'enseignement secondaire n'offrent que deux langues: l'anglais et l'allemand dans les écoles de garçons, le français dans les écoles de filles, puis le japonais dans les établissements techniques. Pour le moment, le chinois et l'espagnol sont peu dispensés. | |||||||||||||||||||||
Par ailleurs, une réforme de l'éducation datant du mois de mars 1995 prévoyait intégrer l'anglais à partir de 1997 parmi les matières régulières et obligatoires des quatre dernières années de l'école primaire et d'ajouter en 2001 le russe et l'arabe dans l'enseignement des langues secondes dans les écoles secondaires.
Il existe beaucoup d'écoles privées (les hakwon) d'enseignement des langues, et ce, partout en Corée, bien que la plupart soient établies à Séoul. Certaines d'entre elles sont très réputées et possèdent de nombreuses succursales, alors que d'autres sont de petites entreprises dont l'existence est éphémère. En Corée du Sud, l'enseignement de l'anglais langue seconde (ASL) constitue un marché où les sociétés se livrent une concurrence acharnée et où les faillites sont fréquentes. La plupart des hakwon emploient du personnel étranger, des Américains, mais aussi des Canadiens, des Britanniques et des Australiens), qui donnent des cours de conversation. Certains des meilleurs hakwon leur fournissent le logement. La plupart des classes de langues comptent de 10 à 15 étudiants, en général des universitaires ou des gens d'affaires qui se préparent pour aller à l'étranger ou simplement qui désirent améliorer leur pratique de l'anglais. De nombreux hakwon donnent aussi des cours aux enfants de cinq ans et plus après l'école. Dans les écoles privées, le japonais a autant de poids que l'anglais, car la puissance économique du Japon crée le besoin de négocier les affaires dans cette langue. Dans le futur, de nombreux
experts prévoient que la Chine sera la grande puissance des prochaines décennies en Asie. La Corée serait alors bien placée pour renouer des relations privilégiées avec son partenaire de toujours et le rôle de la langue chinoise ne pourrait que se renforcer.4.3 Les médias
À la fin de 1998, la Corée du Sud comptait 107 quotidiens et 4200 publications hebdomadaires et mensuelles. En y ajoutant les bimensuels et les trimestriels, ainsi que plus de 1465 publications non commerciales, le nombre total des journaux et périodiques s'élève à 7393. Parmi les nombreux quotidiens sud-coréens, trois tirent à plus de deux millions d'exemplaires: Chosun Ilbo et Tonga Ilbo. On peut affirmer que la presse coréenne est dynamique et influente. La plupart des journaux (Chosun Ilbo, Chungang Ilbo, Toŋa Ilbo, Hankuk Ilbo, Hankyoreh Sinmun, Ilgan Muyeok, Kyunghyang Sinmun, Maeil Sinmun, Munhwa Ilbo, Seoul Sinmun, Taejon Ilbo, etc.) sont en langue coréenne, mais quelques-uns sont en anglais: Chungang Daily News, Korea Economic Daily, Korea Herald, etc. La presse américaine est également très répandue (Life, Washington Post, New-York Times, etc.), y compris des revues féminines comme Cosmopolitan, Glamour, etc.
La radio coréenne a débuté en 1927, alors que les Japonais avaient installé une station à Séoul; jusqu'à la libération en 1945, cette station ne fut que le porte-parole de la politique coloniale japonaise. Le gouvernement militaire américain en prit le relais en septembre 1945 et créa la station KBS (Korean Broadcasting System). Ce fut la seule station de radio du pays jusqu'en 1954, lorsqu'un réseau privé, la station CBS (Christian Broadcasting System), commença à diffuser des émissions éducatives et religieuses, ainsi que des informations et des programmes de divertissement.
En décembre 2000, on comptait 145 stations de radio en Corée, dont 86 stations en modulation de fréquence et 59 station de radio à ondes courtes. Le réseau public KBS (Korean Broadcasting System) qui était déjà le plus étendu avec ses 25 stations locales, a absorbé deux des quatre principales sociétés privées de radiodiffusion de Séoul — la Tonga Broadcasting System et la Tongyang Broadcasting Company — ainsi que trois autres stations de radio privées de province. L'AFKN (American Forces Korean Network), renommé AFN (American Forces Network) depuis 1997, propose un réseau de radiodiffusion ainsi qu'une chaîne de télévision au personnel militaire américain et à leur famille résidant en Corée; l'AFN diffuse 24 heures sur 24, en anglais exclusivement, et propose un bulletin d'informations toutes les heures. La Corée du Sud dispose aussi de 46 chaînes de télévision qui émettent toutes en coréen. Signalons aussi l'AFN-TV, une télévision gérée par l'armée américaine (en anglais) et destinée à son personnel ainsi qu'aux familles de celui-ci. Tous les Coréens peuvent capter la station de radio et de télévision américaine (AFN).
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On constatera que la politique linguistique de la Corée du Sud est toute orientée sur le code, non sur le statut de la langue. Il est vrai que les minorités linguistiques ne constituent qu'une infime partie de la population (entre 1 % à 9 %). La Corée du Sud, rappelons-le, est certainement l'un des pays les plus homogènes qui soient au plan linguistique. C'est pourquoi elle oriente ses interventions presque uniquement sur la langue coréenne par le moyen des organismes linguistiques et des prescriptions sur la qualité de la langue. Compte tenu de l'homogénéité linguistique de la population, on ne peut pas s'étonner d'une telle orientation, surtout lorsqu'on connaît quelque peu l'histoire de ce pays, notamment l'histoire de sa langue nationale. Au point de vue du statut, on peut dire que la politique est axée sur la promotion et la valorisation de la langue officielle, bien que cette reconnaissance ne soit pas inscrite ni dans la Constitution ni dans aucune loi, seules les pratiques faisant foi de son officialisation.
Bibliographie
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