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SingapourRepublic of Singapore
(anglais)
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Singapour (officiellement: république de Singapour) est un petit État du Sud-Est
asiatique de 693 km² (près de cinq fois plus petit que la
Belgique)
situé à lextrémité sud de la péninsule de Malacca
en Malaisie. Cette île minuscule de 40 km sur 60 est tout simplement l'un
des plus petits pays au monde.
À titre de comparaison, l'île de Montréal (Québec, Canada)
s'étend sur 500
km².
Singapour est une cité-État. Cest un archipel formé dune île principale (île de Singapour) et de près d'une soixantaine d'îlots (voir la carte détaillée). L'île de Singapour est séparée de la Malaisie, au nord, par le détroit de Johor. Au sud, elle est séparée de l'archipel de Riau (Indonésie) par le détroit de Singapour, une importante voie navigable qui relie l'océan Indien, à l'ouest, à la mer de Chine méridionale, à l'est. |
Ce petit pays dont la population est très concentrée comptait 4,6 millions dhabitants en 2003, et renferme une grande nombre d'ethnies et de langues. De tous les groupes ethniques, les Chinois constituent l'ethnie la plus importante, même si l'on distingue divers groupes de Chinois (les Min nan ou Taiwanais, les Mandarins, les Hakka, les Cantonais, les Pu-Xian, les Min bei, les Baba, les Hui, etc.): 59,3 % de la population. Ensuite, ce sont les Malais avec 11,5 %, les Indiens (Tamouls, Anglo-Indiens, Malayali, Punjabi, Cinghalais, Kanarais, Sinds, etc.) avec 6 %, les Occidentaux (Australiens, Britanniques, Américains, Néo-Zélandais, Allemands) avec 6 %. Il y a aussi de nombreux autres étrangers tels que les Japonais, les Philippins, les Thaïs, les Siamois et un grand nombre d'autres petites communautés.
On peut résumer la situation la situation ethnique de la façon suivante: il y a les Chinois, les Malais, les Indiens et les étrangers. Les Chinois ne sont pas des Singapouriens d'origine; ils ont fui le sud de la Chine pour immigrer à Singapour avant ou immédiatement après la Seconde Guerre mondiale. Historiquement parlant, les Malais sont les «vrais» Singapouriens, car ils font partie d'une grande ère linguistique réunissant Singapour, la Malaisie et l'Indonésie; ils ont été minorisés sur leur territoire, mais ils ont bénéficié de l'apport des Indonésiens très proches parents des malais. Les Indiens sont en principe le troisième groupe ethnique majeur, et ils sont à majorité. Pour simplifier, on peut dire que tous les autres sont des étrangers, dont une grande partie de ceux qui parlent anglais. N'oublions pas que les Chinois, les Malais, les Indiens et les autres ne partagent ni les mêmes valeurs, ni les mêmes coutumes, ni les mêmes langues, ni les même religions.
| Groupe ethnique | Langue maternelle | Affiliation linguistique | Population | % |
| Chinois min nan (Taiwanais) | min nan | langue sino-tibétaine | 1 034 300 | 23,6 % |
| Chinois teochew | min nan | langue sino-tibétaine | 532 450 | 12,1 % |
| Malais | malais | langue austronésienne | 459 340 | 10,5 % |
| Chinois cantonais | cantonais | langue sino-tibétaine | 389 370 | 8,9 % |
| Anglo-Australiens | anglais | langue germanique | 230 180 | 5,2 % |
| Chinois mandarins | chinois mandarin | langue sino-tibétaine | 202 800 | 4,6 % |
| Chinois hakka | hakka | langue sino-tibétaine | 197 730 | 4,5 % |
| Chinois de Hainan | min nan | langue sino-tibétaine | 169 030 | 3,8 % |
| Tamouls | tamoul | langue dravidienne | 152 100 | 3,4 % |
| Philippins | filipino (tagalog) | langue austronésienne | 70 980 | 1,6 % |
| Anglo-Indiens | anglais | langue germanique | 50 600 | 1,1 % |
| Métis (Eurasiens) | anglais | langue germanique | 42 590 | 0,9 % |
| Siamois (Thaïs) | thaï | famille thaï-kadai | 40 560 | 0,9 % |
| Créoles bazaar | malais | langue austronésienne | 35 666 | 0,8 % |
| Indonésiens | malais indonésien | langue austronésienne | 35 660 | 0,8 % |
| Javanais | javanais | langue austronésienne | 35 490 | 0,8 % |
| Japonais | japonais | famille japonaise | 25 537 | 0,5 % |
| Chinois de Pu-Xian | pu-xian | langue sino-tibétaine | 23 320 | 0,5 % |
| Madourais | madura | langue austronésienne | 19 937 | 0,4 % |
| Anglo-Indonésiens | anglais | langue germanique | 18 050 | 0,4 % |
| Britanniques | anglais | langue germanique | 17 833 | 0,4 % |
| Malayali | malayalam | langue dravidienne | 16 977 | 0,3 % |
| Punjabi | penjabi | langue indo-iranienne | 16 406 | 0,3 % |
| Créoles de Malacca | créole portugais de Malacca | créole (portugais) | 16 050 | 0,3 % |
| Cinghalais | cinghalais | langue indo-iranienne | 15 336 | 0,3 % |
| Chinois min bei | min bei | langue sino-tibétaine | 15 210 | 0,3 % |
| Chinois malais baba | baba malais | créole (malais) | 15 210 | 0,3 % |
| Kanarais | kannada | langue dravidienne | 14 266 | 0,3 % |
| Hui (Dounganes) | chinois mandarin | langue sino-tibétaine | 13 803 | 0,3 % |
| Bouguinais | bouguinais | langue austronésienne | 10 700 | 0,2 % |
| Palembangais | palembang | langue austronésienne | 10 700 | 0,2 % |
| Malais de Riau | malais | langue austronésienne | 10 700 | 0,2 % |
| Indiens (Hindis) | hindi | langue indo-iranienne | 8 596 | 0,2 % |
| Sinds | sindhi | langue indo-iranienne | 7 610 | 0,1 % |
| Coréens | coréen | famille coréenne | 7 240 | 0,1 % |
| Arabes | arabe | langue chamito-sémitique | 7 133 | 0,1 % |
| Américains | anglais | langue germanique | 5 350 | 0,1 % |
| Chinois min dong | min dong | langue sino-tibétaine | 4 640 | 0,1 % |
| Goujarates | gujarati | langue indo-iranienne | 2 247 | 0,0 % |
| Bengalis | bengali | langue indo-iranienne | 1 819 | 0,0 % |
| Anglo-Néo-Zélandais | anglais | langue germanique | 1 783 | 0,0 % |
| Allemands | allemand | langue germanique | 1 070 | 0,0 % |
| Bataks | batak toba | langue austronésienne | 713 | 0,0 % |
| Juifs | anglais | langue germanique | 713 | 0,0 % |
| Orang seletar | orang seletar | langue austronésienne | 785 | 0,0 % |
| Télougous | télougou | langue dravidienne | 535 | 0,0 % |
| Arméniens | arménien | isolat indo-européen | 357 | 0,0 % |
| Autres (non classés) | ---- | ---- | 385 290 | 8,8 % |
| Total = 4 374 762 habitants (2004) | ||||
2.1 La multiplicité des langues
C'est encore plus compliqué pour les langues. Aucune langue n'est majoritaire, la langue la plus parlée rassemble les locuteurs du min nan (ou chinois taiwanais), c'est-à-dire 39,5 % de la population totale. Le malais est la langue qui suit avec 11,5 % des locuteurs, puis le cantonais (8,9 ), l'anglais (7,3 %), le mandarin (4,6 %), le hakka (4,5 %), le tamoul (3,4 %), le filipino (1,6 %), le thaï (0,9 %). Ajoutons d'autres langues très minoritaires telles que le javanais, le japonais, le pu-xian, le madura, le malayalam, le penjabi, le créole portugais de Malacca, le cinghalais, le min bei, le baba malais, le kannada, le bouguinais, le palembang, l'hindi, le sindhi, le coréen, l'arabe, le min dong, le gujarati, le bengali, l'allemand, le batak toba, l'orang seletar, le télougou, l'arménien, etc. Bref, Singapour compte donc des langues austronésiennes comme le malais (groupe malayo-polynésien occidental), sino-tibétaines comme les langues chinoises, indo-iraniennes comme l'hindi et le panjabi, dravidiennes comme le tamoul, le télougou et le malayalam, sans oublier les langues germaniques comme l'anglais et l'allemand, une langue thaï-kadai (thaï), japonaise (japonais), coréenne (coréen), chamito-sémitique (arabe), etc.
2.2 Les quatre langues officielles
Comment font tous ces gens pour se comprendre? Ils ont recours à l'une ou l'autre des quatre langues officielles du pays: le chinois mandarin est la langue véhiculaire pour tous les sinophones, le malais pour tous les Malais, Indonésiens et Philippins, le tamoul pour environ 60 % des Indo-Pakistanais, l'anglais pour tous les autres. L'ennui, c'est que les langues officielles sont surtout parlées comme langues secondes, beaucoup moins souvent comme langue maternelle: malais (11,5 %), anglais (7,3 %), mandarin (4,6 %), tamoul (3,4 %). Autrement dit, ces quatre langues comptent pour 26,8 % des langues maternelles du pays, mais permettent la communication avec la quasi-totalité des groupes ethniques, l'anglais ayant une longueur d'avance sur les autres langues. D'ailleurs, entre deux recensements, force est de constater la tendance des foyers à utiliser de plus en plus l'anglais à la maison, surtout de la part des Chinois. Bien que le malais soit considéré symboliquement comme la «langue nationale» de Singapour (et utilisé pour l'hymne national), les autorités au pouvoir ont toujours préféré promouvoir l'usage de l'anglais.
2.3 L'anglais
La langue anglaise est une langue incontournable à Singapour. C'est la langue des transactions commerciales et la langue véhiculaire entre les ethnies de la cité-État. Toutefois, l'anglais généralement parlé comme langue véhiculaire à Singapour n'est pas l'«anglais colonial» (britannique), mais l’«anglais de Singapour», également appelé le singlish (contraction de Singapore et d'English). C'est un anglais légèrement différent de l'anglais standard. Il est est issu du mélange des populations: il a subi notamment l'influence des tons du hakka et du min, développé une grammaire et une syntaxe simplifiée, et emprunté des mots au chinois, au malais et à d'autres langues parlées dans l'île. C'est l'importante minorité chinoise qui explique cette influence linguistique dans l'anglais. De plus, l'anglais parlé par les Chinois peut différer de l'anglais parlé par les Malais et celui parlé par les Indiens. Il semble que le développement du singlish ait été favorisé par deux facteurs: le fait que le gouvernement ait voulu se distancier de la Grande-Bretagne en construisant une nation indépendante et le fait qu'il a désiré promouvoir le commerce avec la Chine. On estime qu'environ 15 % des anglophones de Singapour utilisent l'anglais standard dans leurs communications quotidiennes.
L'emploi du singlish fait maintenant peur au gouvernement singapourien qui croit que cet anglais peu prestigieux fasse du tort à l'économie de l'île. C'est pourquoi le gouvernement fait régulièrement des campagnes d'information dont il a le secret avec des messages du genre «Parlez l'anglais correctement», de façon à minimiser l'importance grandissante du singlish. On le fait aussi avec le chinois mandarin: «Parlez moins les dialectes et davantage le mandarin.» Le qualificatif «dialecte» sert à décrire le min, le hakka, le cantonais et autres langues chinoises à l'exception du mandarin. En août 1999, le premier ministre Goh de Singapour a pris plusieurs minutes de son discours lors de la fête nationale soutenant que, si les Singapouriens veulent être compris par le monde extérieur, ils doivent remplacer le singlish par l'anglais standard. Le problème, c'est que le besoin des gens d'exprimer leur identité linguistique locale est trop bien enraciné pour penser à faire disparaître cette variété d'anglais.
2.4 Le cas du malais
Il convient d'ajouter quelques mots sur le malais, l'une des quatre langues officielles de Singapour. C'est que c'est aussi la langue officielle de trois États voisins: le Brunei, l'Indonésie et la Malaisie. Singapour fait également partie de cet ensemble linguistique malais. Cependant, le malais parlé en Malaisie (Singapour et Brunei) et en Indonésie est légèrement différent, surtout dans le lexique. On distingue le Bahasa Malaysia et le Bahasa Indonesia; le mot bahasa provient du sanskrit et signifie «langue».
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Ce sont des
raisons historiques qui expliquent ces différences entre les deux variétés
de malais: l'Indonésie a été colonisée par les Hollandais; la Malaisie,
par les Britanniques. Alors que le malais indonésien a été influencé par
la néerlandais, le malais de Malaisie l'a été par l'anglais. Le malais a traditionnellement été écrit avec l'alphabet arabe, mais l'écriture a été latinisée dans les années soixante-dix. Il a fallu aussi développer une norme commune aux deux grandes variétés de malais. La norme linguistique officielle, définie par le Dewan Bahasa dan Pustaka (ou Conseil de la langue et de l'écriture), a été acceptée par l'Indonésie, la Malaisie et le Brunei; il s'agit de la variété dite Bahasa Riau, c'est-à-dire la langue de l'archipel de Riau (face à Singapour), celui-ci étant considéré comme «le berceau du malais». Malgré les divergences, l'intercompréhension demeure aisée entre les variétés de malais (à l'exemple de l'anglo-américain et l'anglo-britannique). |
Dans le tableau qui suit, on peut comparer quelques mots en Bahasa Nalaysia (malais malaisien) et en Bahasa Indonesia (malais indonésien) de façon à évaluer quelque peu l'influence soit de l'anglais (Bahasa Malaysia) et du néerlandais (Bahasa Indonesia), dans la mesure où des mots ont été empruntés à l'une ou l'autre de ces langues (E):
| Français | Bahasa malaysia | Anglais | Bahasa indonesia | Néerlandais |
| Mars | Mac (E) | March | Maret (E) | Maart |
| Août | Ogos (E) | August | Agustus (E) | Augustus |
| Défi | cabaran | Challenge | tantangan | Uitdaging |
| Parler | bercakap | To speak | berbicara | Spreken |
| Boutique | kedai | Shop | toko | Winkel |
| ticket - billet | tiket (E) | Ticket | karcis (E) | Kaartje |
| Pharmacie | farmasi (E) | Pharmacy | apotik (E) | Apotheek |
| Lundi | Isnin | Monday | Senin | Maandag |
| Restaurant | restoran (E) | Restaurant | rumah makan (salle à manger) | Restaurant |
| Parce que | kerana | Because | karena | Omdat |
| Hôpital | hospital (E) | Hospital | rumah sakit (E) | Ziekenhuis (dérivé) |
| Zoo | zoo (E) | Zoo | kebun binatang (E) | Dierentuin (dérivé) |
| Télévision | televisyen (E) | Television | televisi (E) | Televisie |
| Université | universiti (E) | University | universitas (E) | Universiteit |
| Bureau de poste | pejabat pos (E) | Post office | kantor pos (E) | Postkantoor |
| Voiture | kereta | Car | mobil (E) | Auto |
On peut constater que certains mots malais ont été empruntés à l'anglais et au néerlandais: Mac/Maret, Ogos/Agustus, tiket/karcis, farmasi/apotik, televisyen/televisi, universiti/universitas. Au cours de l'histoire du malais, les mots d'origine européenne (néerlandais, anglais, portugais et espagnol) et arabe ne représentent qu'environ 5 % du total des mots; ceux d'origine sanskrite, près de 2 %. Tous les autres mots proviennent de diverses souches locales (malaises).
Singapour fut d'abord connue d'abord sous le nom de
Tumasik, puis au XIVe siècle
Singapura signifiant «la ville du lion», date à laquelle
elle passa vraisemblablement sous la dépendance du royaume de Melaka (Malacca), puis du
sultanat de Johor-Riau.
3.1 La colonisation européenne
La ville moderne de Singapour fut fondée en 1819 sur le site d'un village de
pêcheurs par l'administrateur colonial sir Thomas Stamford Raffles, qui
cherchait pour le compte de la Compagnie des Indes orientales un site commercial
favorable. En 1826, Singapour fut incorporée à la colonie des Établissements des
détroits. Sa situation avantageuse de débouché entre l'océan Indien et la mer de
Chine méridionale, ainsi que son statut de port franc firent sa fortune, surtout
après l'ouverture du canal de Suez, en 1869.
La population s'accrut grâce à une émigration encouragée par les Britanniques, les Chinois originaires du Guangdong et du Fujian devenant majoritaires à Singapour par rapport aux Malais et aux Indiens tamouls. Quelque 227 000 Chinois y débarquèrent en 1907, puis 270 000 autres en 1911. En 1921, la Grande-Bretagne fit de l'île sa principale base navale en Asie du Sud-Est, mais les Japonais s'en emparèrent au cours de la Seconde Guerre mondiale (février 1942), ce qui entraîna la perte de quelque 10 000 civils. Les troupes britanniques libérèrent la ville le 6 septembre 1945. L'année suivante, Singapour fut érigée en colonie de la Couronne distincte de la Malaisie.
3.2 La république
Dans la cadre du processus de décolonisation, Lee Kuan Yew dirigeait le PAP
(Parti de l'action du peuple) fondé en 1954 dans le but de se consacrer à l'autonomie de
Singapour. En 1955, la responsabilité de la politique intérieure fut transférée
aux ministres et à l'Assemblée législative locale. À la suite des élections de
1959, Lee Kuan Yew accéda au poste de premier ministre. Le 3 juin 1959,
Singapour devint un État autonome au sein du Commonwealth. Le 16 septembre 1963,
Singapour, la Malaisie, le Bornéo du Nord (renommé Sabah) et le Sarawak s'unirent
pour former la fédération de Malaisie.
Toutefois, la nouvelle fédération se révéla difficile à gérer. Alors que
Singapour, une cité-État presque entièrement chinoise, voulait poursuivre une
politique d'une stricte neutralité au plan ethnique, la Malaisie dirigée par
Abdul Rahman, pour sa part, entendait adopter une politique très ferme de
discrimination positive en faveur de la majorité malaise. Or, les Malais
de la Fédération craignaient que, avec Singapour, leur majorité numérique soit
plus limitée et puisse porter ombrage à l'élite malaise. Après l'échec de 23 mois d'union
politique et le retrait de la Fédération, Lee Kuan Yew se résigna
«à contrecœur» à
proclamer l'indépendance de la cité-État de Singapour en 1965 pour devenir une république.
Cette indépendance forcée de la cité-État allait marquer à jamais les relations
entre la Malaisie et Singapour.
Par la suite, Lee Kuan Yew dirigea son pays d'une main de fer, avec le souci constant de maintenir l'harmonie raciale et d'éviter la répétition des conflits interethniques, comme celui de 1964. Autoritaire, ne tolérant aucune opposition, Lee Kuan Yew fit de ce petit territoire qu'est Singapour un pays prospère. Les régies d'État et les technocrates ont toujours surveillé de près le port, les banques, les télécommunications, l'aéroport de Changi et Singapores Airlines. Totalement urbanisés, les Singapouriens sont hautement scolarisés et jouissent du meilleur revenu moyen par habitant devançant le Japon.
Le premier ministre Lee Kuan Yew démissionna en 1990 et désigna Goh Chok Tong pour lui succéder, tout en conservant un poste de "senior minister" («ministre émérite») dans le gouvernement, ce qui lui permet de rester un «conseiller» très écouté. En 2004, le fils de Lee Kuan Yew, Lee Hsien Loong, un ancien général de l'armée de Singapour, est devenu premier ministre du pays. Toutefois, malgré la réussite incontestable de la cité-État, les Singapouriens ressentent le besoin d'une certaine libéralisation du régime, afin de laisser place à l'initiative et à la créativité face aux défis du XXIe siècle. C'est que Singapour fait figure de paradoxe en Asie: le pays est devenu l'un des plus prospères de la région, mais en même temps il multiplie les entorses aux droits de l’homme.
La république de Singapour est le seul État souverain au monde à avoir adopté quatre langues officielles: il sagit du malais (11,5 %), de l'anglais (7,3 %), du mandarin (4,6 %) et du tamoul (3,4 %). L'un des rares autres États à être aussi multilingue demeure sans nul doute la province serbe de la Voïvodine avec cinq langues: serbe, hongrois, slovaque, roumain, croate et ruthène.
Le
statut de ces quatre langues officielles de Singapour est défini de façon précise dans la Constitution de 1965, qui a été modifiée de nombreuses fois (1985, 1993, 1994, 1995, 1996, 1999, 2001, 2002, 2004, 2007 et 2008). C'est l'article 153A qui proclame le statut officiel des quatre langues, tout en précisant que le malais constitue «la langue nationale» :|
Article 153A Official languages and national language
1) Malay, Mandarin, Tamil and English shall be the 4
official languages in Singapore.
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Article 153A Langues officielles et langue nationale
1) Le malais, le mandarin, le tamoul et l'anglais
sont les quatre langues officielles de Singapour.
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Autrement dit, le malais a le double statut de langue officielle et de langue nationale en raison de la proximité de la cité-État avec le monde malais. En effet, Singapour est enclavé complètement par la Malaisie et l'Indonésie, deux pays dont la langue officielle est le malais, soit le
«malais malaisien» (Bahasa Malaysia) et le «malais indonésien» (Bahasa Indonesia). Cela étant dit, le fait d'avoir quatre langues officielles ne signifie pas nécessairement que les quatre langues soient à égalité dans les faits. C'est ce qu'il reste à vérifier.La politique linguistique de Singapour en est une de multilinguisme. C'est même cette volonté du multilinguisme qui a causé la rupture de la cité-État au sein de la fédération de Malaisie en 1965. Depuis lors, Singapour est une république autonome. Il n'existe pas de loi linguistique à Singapour, mais plusieurs lois contiennent néanmoins des dispositions linguistiques. Dans les faits, c'est dans la Constitution qu'on trouve les plus importantes mesures concernant les langues en usage dans la cité-État.
5.1 Les langues de la législation
Au Parlement, les langues admises dans les débats sont les quatre langues officielles: l'anglais, le malais, le mandarin et le tamoul. C'est d'ailleurs ce que reconnaît la Constitution:
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Section
44
Qualifications for Membership of Parliament
Section 53 Use of Languages in Parliament Until the Legislature otherwise provides, all debates and discussions in Parliament shall be conducted in Malay, English, Mandarin, or Tamil. |
Article 44
Aptitudes pour devenir membre du Parlement
Article 53 Utilisation des langues au Parlement Jusqu'à ce que la Législature n'en décide autrement, tous les débats et toutes les discussions au Parlement doivent être menés en malais, en anglais, en mandarin ou en tamoul. |
Dans les faits, la langue la plus utilisée par les parlementaires demeure langlais, suivie de près par le mandarin, puis plus rarement par le malais et le tamoul. Si lon accepte les quatre langues dans les débats oraux, seul langlais reste la langue de la rédaction et de la promulgation des lois. Le système de traduction simultanée adopté au Parlement ne sert quà passer du chinois, du malais ou du tamoul vers langlais; il n'y a pas de traduction de l'anglais vers les autres langues. Ce privilège de langlais ne découle pas des prescriptions constitutionnelles puisquon lit à larticle 53 les dispositions suivantes: «Jusqu'à ce que la Législature en dispose autrement, tous les débats et toutes les discussions du Parlement doivent être menés en malais, en anglais, en mandarin ou en tamoul.» LÉtat a probablement jugé plus économique et plus efficace de rédiger les lois seulement en anglais, langue comprise par tout le monde, plutôt que dutiliser simultanément les quatre langues écrites.
5.2 Les tribunaux
Compte tenu des quatre langues officielles, tout citoyen a le droit de demander un procès dans la langue de son choix: anglais, mandarin, malais ou tamoul. Tous les documents dans lune ou lautre de ces langues sont permis, mais la cour peut obliger une traduction en anglais. Quant au juge, il rend sa sentence dans la langue dans laquelle est engagé le procès. Lors dun procès bilingue impliquant une autre langue que langlais (p. ex., mandarin-malais), on fera intervenir un juge pouvant sexprimer dans ces deux langues. Tous les juges sont tenus de connaître l’anglais parce que c’est la langue dans laquelle sont rédigées les lois.
Dans les cours d’appel, l’anglais est généralement la seule langue utilisée. L'article 109 du Code de procédure criminelle (version de 1985) énonce que tout témoignage rapporté dans une langue qui n'est pas comprise par l'accusé doit lui être traduit immédiatement dans une langue qu'il comprend:|
Section 209 Interpretation of evidence to accused. 1) Whenever any evidence is given in a language not
understood by the accused and he is present in person, it shall be
interpreted to him forthwith in a language which he understands. Section 218 Judgment to be explained to accused and copy supplied. The judgment shall be explained to the accused and, on his application, a copy of the judgment or, when he so desires, a translation in his own language, if practicable, shall be given to him without delay. |
Article 109 Interprétation du témoignage à l'accusé 1) Chaque fois qu'un témoignage est rapporté dans une langue non comprise par l'accusé et qu'il est présent physiquement, il doit lui être traduit immédiatement dans une langue qu'il comprend. 2) Lorsque des documents sont apportés comme témoignage formel, il relève de la discrétion de la Cour de les traduire si cela semble nécessaire. Article 218 Explication de la sentence à l'accusé et présentation d'un fac-similé La sentence doit être expliquée à l'accusé et, à sa demande, il reçoit un fac-similé de la sentence ou, s'il le désire, une traduction dans sa propre langue, si possible, sans délai. |
Le juge est tenu de savoir l'anglais, pas nécessairement les trois autres langues officielles, mais en général ils connaissent aussi le malais, la langue nationale, et/ou le chinois, plus rarement le tamoul, il faut l'admettre.
Évidemment, les langues non officielles, incluant les langues chinoises autres le mandarin, ne sont pas admises dans les tribunaux. Voici deux articles tirés de la Loi sur l'administration du droit musulman (1968), qui précisent bien que les tribunaux islamiques sont en malais et en anglais avec l'alphabet jawi ou rumi:
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Administration of Muslim Law Act, 1968 Section 38 Language and record 1) The languages of the Court shall be the national language
and English. Section 21 1) The Secretary shall keep minutes of all meetings of the
Majlis in the national language and in English. Order of business and voting
1) The chairman shall determine the order of business at any
meeting. |
Loi sur l'administration du droit musulman (1968) Article 38 Langue et compte rendu 1) Les langues de la Cour sont la langue nationale et
l'anglais. Article 21
1) Le secrétaire tient
le procès-verbal de toutes les réunions
du Majlis dans la langue nationale et en anglais. Ordre de la cause et vote 1) Le président détermine l'ordre de la cause de toute assemblée. 4) La procédure du Majlis doit être rapportée dans la langue nationale ou en anglais. |
Rappelons que le jawi est du malais transcrit en alphabet arabe, alors que le rumi est du malais en alphabet latin.
5.3 LAdministration publique
LAdministration publique utilise, en principe, les quatre langues officielles dans ses relations avec les citoyens, mais la tendance est de privilégier langlais et le mandarin, surtout l'anglais. Toutefois, tout citoyen peut exiger quon lui réponde à loral et à lécrit dans la langue de son choix. La plupart des ministères et des agences de lÉtat se contentent de diffuser les documents officiels uniquement en anglais. Sur demande, les documents sont fournis dans la langue demandée. Bref, tous les services gouvernementaux offrent des services en quatre langues, mais la pratique dénie parfois cette offre de service, notamment pour le malais et le tamoul. Comme on peut le présumer, lÉtat noffre aucun service dans les langues non officielles.
Néanmoins, lorsquon lit larticle 152 de la Constitution, on peut y retrouver cette disposition qui oblige le gouvernement de veiller aux intérêts des minorités (raciales et religieuses) de Singapour: «Le gouvernement sera constamment responsable de voir aux intérêts des minorités raciales et religieuses de Singapour.» Dans le même article, la Constitution mentionne même une minorité en particulier, les Malais qui constituent la population autochtone du territoire:
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Section
152
Minorities and Special Position of Malays 2) The Government shall exercise its functions in such manner as to recognize the special position of the Malays, who are the indigenous people of Singapore, and accordingly it shall be the responsibility of the Government to protect, safeguard, support, foster and promote their political, educational, religious, economic, social and cultural interests and the Malay language. |
Article 152
Minorités et situation particulière des Malais 2) Le gouvernement doit exercer ses fonctions de manière à reconnaître la situation particulière des Malais, qui forment la population indigène de Singapour; en conséquence, il a la responsabilité de protéger, sauvegarder, soutenir, encourager et promouvoir leurs intérêts politiques, éducatifs, religieux, économiques, sociaux et culturels ainsi que la langue malaise. |
5.4 Léducation
LÉtat a adopté une politique dégalité dans laccès à la langue denseignement. Tous les parents envoient leurs enfants dans les écoles maternelles et primaires de leur choix. De la maternelle à la fin du secondaire, il est possible de recevoir son enseignement en anglais, en mandarin, en malais ou en tamoul. Il existe aussi des écoles publiques et des écoles privées, mais toutes doivent respecter les programmes d'enseignement du gouvernement. Dès le primaire, lenfant doit apprendre une langue seconde. Tous les élèves apprennent dabord langlais, puis une autre langue au choix. À la fin du secondaire, la plupart des élèves savent au moins trois langues parce que langlais est devenu la seule langue denseignement lors de la dernière année. Si, à la fin de leurs études secondaires, plus de 87 % des élèves savent langlais, on estime que plus de 65 % des élèves savent et langlais et le chinois. En somme, Singapour favorise au moins léducation bilingue. On constate aussi que plus les élèves avancent dans leur cursus scolaire, plus les parents ont tendance à les envoyer à lécole de langue anglaise. Les nombreuses écoles internationales ont l'anglais comme langue d'enseignement. Dans les faits, toutes les écoles primaires et secondaires sont officiellement anglophones. Cependant, dans toutes les écoles, les élèves peuvent étudier l'une des trois
«langues secondes maternelles», le mandarin, le malais ou le tamoul. La plupart choisissent d'en étudier deux.Dans les écoles secondaires, le programme normal le plus courant comporte les disciplines suivantes: la langue maternelle (malais, chinois mandarin ou tamoul), l'anglais, les mathématiques, les sciences, l'histoire, la géographie, les arts visuels, l'économie, l'éducation morale, l'éducation physique. Une troisième langue peut être enseignée: l'allemand, le français, le japonais ou le malais. Depuis longtemps, il existe au sein de la population chinoise entre ceux dont les enfants fréquentent des écoles secondaires chinoises et ceux dont les enfants fréquentent des écoles anglaises. Les premiers, parce qu'ils sont majoritaires, veulent rendre obligatoires les écoles chinoises à toute la communauté chinoise. Mais les autorités singapouriennes ne sont pas prêtes à autoriser cette pratique, sans doute parce qu'elles ont conscience que les communautés tamoule et malaise réclameraient des mesures similaires.
Étant donné la population plus restreinte des Malais et, surtout, des Tamouls, laccès à luniversité dans ces langues demeure strictement théorique. Depuis la colonisation britannique, la langue denseignement a toujours été langlais. Depuis 1978, les examens doivent être rédigés en anglais. Par ailleurs, depuis lannée scolaire 1983-1984, le chinois est devenu la seconde langue obligatoire pour obtenir un diplôme universitaire.
5.5 La vie économique
Grand centre économique de cette partie du Sud-Est asiatique, Singapour utilise langlais comme principale langue des affaires. Cest la langue dominante dans la vie économique du pays. Beaucoup dentreprises exigent même la connaissance de langlais comme condition incontournable demploi; parfois, on ajoute le chinois mandarin. D'ailleurs, il existe plusieurs lois singapouriennes qui prévoient des dispositions à l'égard de l'anglais dans les entreprises. Ainsi, la Loi sur les sociétés (1961) énonce que les sociétés commerciales doivent produire leurs documents en anglais et, dans le cas contraire, une traduction certifiée est nécessaire:
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Companies Act (1961) Section 397 Translations of instruments, etc. 1) Where under this Act a corporation is required to lodge with the Registrar any instrument, certificate, contract or document or a certified copy thereof and the same is not written in the English language, the corporation shall lodge at the same time with the Registrar a certified translation thereof in the English language. |
Loi sur les sociétés (1961) Article 397 Traduction des documents et autres 1) Lorsqu'en vertu de la présente loi, une société est dans l'obligation de déposer auprès du greffier un document, un certificat, un contrat ou une copie conforme certifiée ou similaire, qui n'est pas rédigé en anglais, cette société doit déposer en même temps auprès du greffier une traduction certifiée de ces documents en anglais. |
La
Loi sur les valeurs mobilières et les contrats (2003) prévoient des mesures identiques pour l'anglais:|
Securities and Futures Act 2003 Section 318A Translation of instruments 1) Where a person submits or furnishes to or lodges with the Authority any book, application, return, report, prospectus, statement or other information or document under this Act (other than Subdivision (3) of Division 3 of Part IX) which is not in the English language, the person shall, at the same time or at such other time as may be permitted by the Authority, submit or furnish to or lodge with the Authority, as the case may be, an accurate translation thereof in the English language. |
Loi sur les valeurs mobilières et les contrats (2003) Article 318A Traduction des instruments 1) Lorsqu'une personne présente, fournit ou dépose auprès des autorités un livre, une demande, un compte rendu, un rapport, un prospectus, une déclaration ou toute autre information ou un document en vertu de la présente loi (autre que la subdivision 3) du chapitre 3 de la partie IX), qui n'est pas en anglais, la personne doit, en même temps ou à tout autre moment qui peut être permis par les autorités, présenter, fournir ou déposer, selon le cas, une traduction précise de ces documents en anglais. |
Il en est ainsi pour la Loi sur les fiducies commerciales de 2004 :
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Business Trusts Act 2004 Section 99 Translation of instruments 1) Where a person submits or furnishes to or lodges with the Authority any book, application, return, report, statement or other information or document under this Act which is not in the English language, the person shall, at the same time or at such other time as may be permitted by the Authority, submit or furnish to or lodge with the Authority, as the case may be, an accurate translation thereof in the English language. |
Loi sur les fiducies commerciales (2004) Article 99 Traduction des documents 1) Lorsqu'une personne présente, fournit ou dépose auprès des autorités un document, une demande, un rapport, un compte rendu, une déclaration, un renseignement ou toute autre information en vertu de la présente loi, qui n'est pas en anglais, la personne doit en même temps ou à tout autre moment permis par les autorités soumettre, fournir ou déposer auprès des autorités, selon le cas, une traduction précise de ces documents en anglais. |
En vertu de la
Loi sur le contrôle des pourriels (spam) de 2007, tout expéditeur peut être poursuivi en justice pour le montant de 25 $ par courriel, jusqu'à un total d'un million de dollars de Singapour pour avoir envoyé des courriels non sollicités. La loi s'applique si l'expéditeur du réside à Singapour, si l'appareil est à Singapour, si la société d'affaires est à Singapour et que le destinataire réside aussi à Singapour. L'expéditeur, en ce cas, doit prévoir une adresse de «désabonnement» facile et aisé. Le désabonnement doit être traité dans les dix jours. L'article 2 de la loi oblige à ce que la déclaration soit présentée en anglais et, lorsque celle-ci est présentée en deux langues ou plus, l'anglais doit être l'une d'elles:|
Spam Control Act 2008 Section 2 Unsubscribe facility 4) The statement referred to in sub-paragraph (1)(b) shall be presented —
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Loi sur le contrôle des pourriels (2007) Article 2 Désabonnement aisé 4) La déclaration visée à l'alinéa 1 (b) doit être présentée:
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La Loi sur les prêteurs (2008) prévoit que, outre l'anglais, l'emprunteur doit connaître les termes du contrat dans une langue qu'il comprend avant qu'il ne signe la note du contrat de prêt:
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Moneylenders Act 2008 Section 20 Note of moneylender’s contract to be given to borrower 1) No contract for a loan granted by a licensee, and no guarantee or security given by or on behalf of a borrower for the loan, shall be enforceable and no money paid by or on behalf of the licensee pursuant to the contract for the loan shall be recoverable in any court of law unless—
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Loi sur les prêteurs (2008) Article 20 Note du contrat de prêteur transmis à l'emprunteur 1) Aucun contrat sur un prêt accordé par un concessionnaire, ni aucune garantie ou sécurité donnée par ou au nom de l'emprunteur pour le prêt n'est exécutoire; et aucune somme payée par ou au nom du titulaire de licence en vertu du contrat sur le prêt n'est récupérable dans un tribunal, sauf:
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La
Loi sur les prêteurs sur gages (1994) est intéressante à plus d'un
titre.
L'article 14 précise qu'un prêteur sur gages doit
toujours exposer ou sur la porte extérieure de son
magasin une enseigne une inscription en anglais, en malais, en chinois et en
tamoul, portant les mots «Échoppe de
prêteur sur gages» (“Pawnbroker’s Shop”) et présenter à la vue du
public les taux de bénéfice légalement acceptés et indiquant les mêmes
informations en anglais, en malais, en chinois et en tamoul :
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Pawnbrokers Act 1994 Section 14 1) Every pawnbroker shall —
[...] (b) always exhibit at or over the outer door of his shop a signboard
of such size and in such position as the Registrar directs having
printed thereon, in the English, Malay, Chinese and Tamil languages,
the words “Pawnbroker’s Shop”; and (c) exhibit in some convenient place in the shop, so as to be near to and visible to all comers, a legible copy of the rates of profit he may lawfully take under this Act, and also the same information in the English, Malay, Chinese and Tamil languages as is by rules required to be printed on pawn tickets. |
Loi sur les prêteurs sur gages (1994) Article 14 1) Chaque prêteur sur gages
doit : [...] (b) Toujours exposer ou sur la porte extérieure de son magasin une enseigne avec une taille et une position que le greffier prévoit en imprimant sur cette enseigne, en anglais, en malais, en chinois et en tamoul, les mots «Échoppe de prêteur sur gages»; et Copie de taux à présenter (c) Exposer dans un endroit adéquat du magasin, afin d'être à proximité et et visible pour tous les clients, une copie lisible des taux de bénéfice qu'il peut légalement prendre en vertu de la présente loi et également avec les mêmes informations en anglais, en malais, en chinois et en tamoul, tel qu'il est prévu par les règlements pour être imprimés sur des reconnaissances de dépôt. |
Tout prêteur sur gages qui ne réussit pas
à se conformer aux dispositions de l'article 14 est coupable d'une
infraction. Enfin, la
Loi sur les banques
(2008) énonce que les banques qui désirent fusionner doivent publier un avis
d'approbation, au moins une fois, dans un quotidien local en malais, en
anglais, en chinois et en tamoul:
Banking Act 2008 Section 14A Approval by Minister for merger of certain banks 6) Where a certificate of approval is issued under subsection
(1) merging the banks, those banks shall publish a notice of the
approval of the merger at least once in a local Malay, English,
Chinese and Tamil language daily newspaper within one week from the
date of the certificate of approval.
Loi sur les banques (2008)
Article 14A Approbation par le Ministre
pour la fusion de certaines banques 6) Lorsqu'un
certificat d'approbation est émis en vertu du paragraphe 1 sur la
fusion des banques, celles-ci doivent publier un avis d'approbation
de la fusion au moins une fois dans un quotidien local en malais, en
anglais, en chinois et en tamoul dans la semaine de la date de
l'attestation de l'approbation.
Rappelons que près dun million de personnes peuvent, à un degré ou à un autre, sexprimer en anglais. Cest par cette langue que Singapour peut se permettre de souvrir aux marchés internationaux, mais cest aussi par la connaissance des langues chinoise et malaise, voire tamoule, que les gens daffaires de Singapour peuvent aussi prendre leur place dans les marchés économiques de la région. Langlais accapare, il est vrai, la première place, mais le mandarin, le malais et le tamoul conservent, tour à tour, une position non négligeable au plan des échanges commerciaux avec les pays voisins. Ainsi, aucune langue nest exclue: la plupart des produits manufacturés portent des étiquettes en quatre langues, les modes demploi apparaissent en quatre langues, les raisons sociales peuvent être en anglais, mais elles également être bilingues, trilingues ou quadrilingues. Il existe des médias (presse écrite et électronique) en anglais, en mandarin, en malais et en tamoul. Il ne faut tout de même pas oublier que langlais reste la première langue véhiculaire pour l'ensemble des groupes ethniques.
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L’État de Singapour pratique une politique linguistique fondée sur une égalité constitutionnelle entre les quatre langues officielles. En fait, les langues ne sont pas vraiment égales. L’anglais est devenu, depuis l’indépendance, la superlangue : on pourrait même dire qu’il est devenu la langue identitaire de Singapour. Certains affirment même que la politique réelle du gouvernement consisterait à pourchasser non seulement les langues non officielles, mais également les trois autres langues officielles. C’est là le résultat de la politique volontariste du gouvernement.
Parmi les autres langues officielles, le chinois mandarin servirait surtout à cimenter toutes les ethnies chinoises. Le malais, pour sa part, est la langue de la première ethnie originaire de l’archipel et celle du sous-continent (Singapour, Malaisie et Indonésie). Quant au tamoul, c’est la langue-phare des citoyens originaire de l’Inde.
Par ailleurs, il ne faudrait pas croire que l’État pratique une politique de non-intervention en ce qui a trait aux autres langues, les langues non officielles. L’État fait tout pour en décourager leur utilisation et les pourchasser. On les interdit même à la radio depuis de nombreuses années. La propagande gouvernementale fait en sorte que les langues chinoises autres que la mandarin sont considérées comme des dialectes et proscrites dans tout usage officiel. De plus, le gouvernement organise des campagnes afin d'obliger la grande communauté chinoise de Singapour à utiliser l’alphabet pinyin, c’est-à-dire la romanisation de l’écriture chinoise. C’est pourquoi cette écriture est enseignée à l'école primaire concurremment avec les idéogrammes chinois. L’un des messages en pinyin les plus connus est le suivant: Juing huà, y, bié yóu yù («N’hésitez pas, parlez mandarin»). Il est néanmoins clair que l’État de Singapour veut promouvoir l’usage de l’anglais comme superlangue, ce qui servirait à maintenir plus aisément l’unité nationale.
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Bibliographie
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