Non seulement la Turquie a catégoriquement refusé d’appliquer l’article 14 du traité de Lausanne, mais elle a de plus multiplié les efforts pour effacer tout caractère grec des deux îles. Les îles furent affublées d’une dénomination turque: Gökçeada (Imbros) et Bozcaada (Tenedos). De façon générale, l’enseignement en grec fut interdit, sauf pour une courte période, soit de 1951 à 1963. Par la suite, le gouvernement turc entreprit la construction d’une «prison ouverte» à l’île d’Imbros. Cet événement eut pour effet d’expulser la population grecque des îles. Ankara déposséda de leurs biens les Grecs d’Imbros, propriétaires de 95 % des terres arables de l'île, et fit venir de nombreux colons turcs. Ces mesures constituaient une violation flagrante des dispositions du traité de Lausanne. Il en résulte que cette politique de minorisation occasionna une chute dramatique de la population grecque. À Imbros, la population grecque passa de 9200 habitants à 370 (aujourd'hui). Quant à l’île de Tenedos, de 6420 habitants en 1922, elle chuta à quelque 30 personnes (aujourd'hui). La population turque atteint maintenant les 10 000 habitants à Gökçeada (Imbros) et les 4000 à Bozcaada (Tenedos). Le gouvernement grec a eu beau en appeler aux Nations unies afin d'attirer l’attention du public sur les violations du traité de Lausanne, ses efforts restèrent vains. On peut dire que la politique d'assimilation de la Turquie a réussi.
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