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République de Bosnie-Herzégovine

Informations générales


Capitale: Sarajevo 
Population: 3,6 millions
Langue officielle: bosniaque, serbe et croate (une seule langue)  
Groupe «majoritaire»: bosniaque (44%)
Groupes minoritaires: serbe (31%), croate (17%), tsigane (8%), turc, etc.
Système politique: république démocratique comprenant la Fédération de Bosnie-Herzégovine et la République serbe
Articles constitutionnels (langue): préambule, art 1 et 2 de la Constitution de 1995 (accords de Dayton); art. 6 de la Constitution de la fédération de Bosnie-Herzégovine (accords de Washington de 1994)
Lois linguistiques: décrets-lois de la Fédération croato-musulmane et de la République serbe

1 Situation géographique

La Bosnie-Herzégovine (en serbo-croate: Bosna i Hercegovina), parfois appelée simplement «la Bosnie», est un État du sud-est de l'Europe situé dans les Balkans. Sa superficie est de 51 129 km², soit presque l'équivalent de la Croatie (56 542  km²) ou de la Slovaquie (48 845  km²). Sarajevo est la capitale et la plus grande ville du pays.

La Bosnie est limitée au nord, à l'ouest et au sud-ouest par la Croatie, à l'est par la Serbie et au sud-est par le Monténégro. On peut visualiser la carte no 1 du pays.

La Bosnie-Herzégovine est une ancienne partie constituante de l'ex-République fédérale socialiste de Yougoslavie qui comptait alors six républiques: la Serbie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine, la Slovénie et le Monténégro. La Bosnie-Herzégovine déclara son indépendance en mars 1992. Une guerre civile éclata alors dans le pays mettant aux prises les Serbes, les Croates et les Musulmans. Le conflit s'est arrêté à la fin de 1995, grâce à la signature des accords de Dayton.

Aujourd'hui, en vertu des accords de Dayton, la république de Bosnie-Herzégovine est séparée en deux entités distinctes, c’est-à-dire en deux entités politiques autonomes regroupées en une fédéation: la Fédération croato-musulmane et, d’autre part, la Republika Srpska (ou République serbe de Bosnie).

Parce que la fédération de Bosnie-Herzégovine regroupe les Croates et les Bosniaques/Musulmans, elle est aussi appelée «la Fédération» ou encore la «Fédération croato-musulmane». Quant à la Republika Srpska, c’est-à-dire la «République serbe de Bosnie», elle ne compte officiellement que des Serbes orthodoxes. 

2 Données démolinguistiques

Avant la guerre civile, soit en 1991 alors que le pays faisait encore partie de l’ancienne Yougoslavie, la population de la république de Bosnie-Herzégovine était estimée à 4,1 millions d’habitants. Depuis le XIXe siècle, la population est composée de trois groupes slaves principaux : les Musulmans (avec un M majuscule pour désigner l'ethnie), les Serbes (orthodoxes) et les Croates (catholiques)

En Bosnie-Herzégovine, on utilise le terme Bosniens (Bosanci) pour nommer tous les habitants du pays, qu'ils soient de nationalité musulmane (les Musulmans ou Bosniaques), serbe (les Serbes) ou croate (les Croates). À l'origine, les Musulmans étaient des Serbes ou des Croates qui se sont islamisés sous l'Empire ottoman et qui ont obtenu un statut de «nationalité» distinct sous le régime de la Yougoslavie titiste. Il est maintenant d'usage de nommer Bosniaques (Bošnjak au singulier, Bošnjaci au pluriel) ce que la terminologie titiste avait désigné comme des Musulmans; autrement dit, les Bosniaques désignent les seuls Musulmans.

Les Musulmans constituaient à l'époque de l’ex-Yougoslavie de 1991 le groupe le plus important et représentaient près de 44 % de la population totale. Les Serbes représentaient alors le deuxième groupe ethnique avec près de 31 % de la population, tandis que les Croates formaient le troisième groupe avec 17 % de la population. Les autres ethnies, surtout les Tsiganes, les Turcs et les Juifs, comptaient pour 8 % des habitants du pays; les Turcs et les Juifs étaient concentrés à Sarajevo, Banjaluka, Zenica et Tuzla, alors que les Tsiganes étaient plus ou moins répartis sur l’ensemble du territoire. En somme, la Bosnie-Herzégovine ne comptait apparemment que des minorités, puisque aucun groupe n’atteignait la majorité absolue sur l’ensemble du territoire.

2.1 De la mixité à l'homogénéité ethnique

Toutes ces populations de la Bosnie-Herzégovine  — maintenant tous des Bosniens  — ont toujours été très mélangées géographiquement, particulièrement dans les centres urbains. Ainsi, le tableau qui suit (Répartition multiethnique des 12 plus grandes villes) révèle que les Musulmans étaient légèrement majoritaires dans trois villes de plus de 70 000 habitants (Zenica, Zvornik et Bihac), alors que les Serbes l’étaient dans une seule (Banjaluka). Cette multiethnicité des zones urbaines ne contredit pas celle des zones rurales: sur les 110 districts administratifs que comptait la Bosnie-Herzégovine, seulement sept était homogènes sur le plan ethnique: cinq croates, un bosniaque et un serbe.

Répartition multiethnique des 12 plus grandes villes

Villes

Bosniaques

Croates

Serbes

Autres

Sarajevo

49 %

7 %

30 %

14 %

Banjaluka

15 %

15 %

54 %

16 %

Zenica

55 %

16 %

16 %

14 %

Tuzla

48 %

16 %

15 %

21 %

Mostar

35 %

33 %

19 %

13 %

Prijedor

44 %

5 %

43 %

9 %

Doboj

40 %

13 %

39 %

8 %

Bijeljina

1 %

1 %

60 %

8 %

Brcko

45 %

25 %

21 %

9 %

Zvornik

60 %

38 %

2 %

0 %

Bihac

66 %

7 %

18 %

8 %

Travnik

46 %

37 %

11 %

6 %

SOURCE: HOARE, Quintin. Bosnie-Herzégovine, Londres, Alliance de défense de la Bosnie-Herzégovine, 27 mai 1998, [http://www.col.fr/cera/Texte/Albanie.html].

Consultons les deux cartes ci-dessous, qui représentent la composition ethnique de la Bosnie-Herzégovine en 1991, soit AVANT la guerre de 1992-1995, et celle APRÈS la guerre, soit en 1997. La carte de 1991 montre bien cette véritable mosaïque ethnique sur le plan géographique. On peut observer que les Croates vivaient légèrement concentrés surtout au sud-ouest près de la Croatie; les Musulmans représentaient parfois la majorité dans les plus grandes villes, mais habitaient surtout au nord-ouest ainsi qu’à l’ouest près de la Serbie; quant aux Serbes, ils se concentraient surtout au nord et au sud-est de la Bosnie, près de la Serbie et du Monténégro. Cette répartition des groupes ethniques est fondamentale, car elle montre clairement que la Bosnie-Herzégovine pouvait très difficilement être partagée selon des frontières «ethniques».

Composition ethnique en 1991

Source: d'après http://xenohistorian.faithweb.com/europe/Bosnia.gif

Composition ethnique en 1997

Source: d'après http://xenohistorian.faithweb.com/europe/Bosnia.

Pourtant, lorsqu’on compare la carte de 1991 (composition ethnique de la Bosnie-Herzégovine AVANT la guerre de 1992-1995) et la carte de 1997 (composition ethnique de la Bosnie-Herzégovine APRÈS la guerre de 1992-1995), force est de constater que les mouvements de population ont été très importants. En 1997, la population de la république de Bosnie-Herzégovine était tombée à 3,6 millions d'habitants et, bien que l’épuration ethnique ait fait son oeuvre, les trois principales communautés (les Musulmans ou Bosniaques, les Serbes et les Croates) semblent encore inégalement réparties sur le territoire. Cependant, 22 municipalités sur un total de 110 ont changé de mains. Tout l'Est (la vallée de la Drina), qui était auparavant majoritairement musulman, ainsi que tout le Nord (la vallée de la Save) qui était ici musulman, là croate, sont aujourd'hui aux mains des Serbes. Les Croates dominent aujourd’hui l'Ouest où vivaient auparavant surtout les Serbes. Les populations mixtes (carte de 1991) sont disparues (carte de 1997). Cette nouvelle répartition des groupes ethniques est le résultat des guerres et du génocide à l’égard des Musulmans. Là est la clé qui permet de comprendre la tragédie bosniaque de ces dernières années. Les Serbes et les Croates ont réussi à forger des «frontières ethniques» au prix de la destruction du tissu social. Qu’en est-il de cette population composée de Bosniaques, de Serbes et de Croates?

2.2 Les Bosniaques

Les Bosniaques sont les descendants des Slaves, des Serbes comme des Croates, qui se convertirent à l'islam (sunnite) lorsque la région passa sous l'autorité de l'Empire ottoman (1463-1878). Aujourd’hui, les Bosniaques ne se perçoivent comme musulmans que d’un point de vue culturel et historique. Leur appartenance à l’islam semble même être relativement souple, car ils ne répugneraient pas à boire de l’alcool et à manger du porc. D’ailleurs, des militants arabes, afghans et pakistanais venus en Bosnie aider leurs «frères musulmans» en sont repartis rapidement, apparemment déçus par le manque de conviction religieuse des Bosniaques. Cela dit, il faut comprendre que dans l’ex-Yougoslavie de Tito les Musulmans étaient ouvertement méprisés et insultés, tant par les Serbes que par les Croates; ils avaient donc intérêt, par peur, à ne pas trop vivre comme des musulmans et à se comporter plutôt comme des orthodoxes (Serbes) ou des catholiques (Croates).

2.3 Serbes et Croates

Quant aux Serbes, ils sont de religion orthodoxe et méprisent souverainement les Bosniaques qu’ils considèrent comme des traîtres et de véritables ennemis. Les Croates, pour leur part, sont de religion catholique, et ils se méfient davantage des Serbes que des Musulmans : les Serbes sont des adversaires et des rivaux, les Bosniaques, des faibles qui ont le malheur d’être de religion musulmane. D’ailleurs, dans la nouvelle structure politique découlant des accords de Dayton de 1995, les Croates ont formé avec les Bosniaques une fédération (Fédération de Bosnie-Herzégovine) constituant une entité politique distincte de celle des Serbes (Republika Srpska).

Dernière mise à jour: 05 oct. 2010  

 


Bosnie-Herzégovine

 
(1) Informations générales
(2) Serbe, croate et bosniaque: trois langues en une
(3) Données historiques
(4) Les accords de Dayton (1995) (1995)
(5) Les politiques linguistiques
(6) Bibliographie

Europe

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