Communauté valencienne |
Communauté valencienne
(Comunitat Valenciana)
Pays
valencien - País Valencià
(Espagne)
|
Capitale: Valence
Population: 3,7 millions (2005)
Langue officielle: castillan et valencien (catalan)
Groupe majoritaire: castillan (60 %)
Groupes minoritaires: valencien (40 %)
Système politique: lune des 17 communautés autonomes dEspagne
Articles constitutionnels (langue): art. 3 de la Constitution
espagnole de 1978, art. 7 du Statut
d'autonomie (1982) et art. 7, 12, 16, 29, 33, 46 et 89
du Statut
d'autonomie de 2006
Lois linguistiques:
Loi
sur l'usage et
l'enseignement du valencien (1983);
Règlement du Parlement valencien déclarant dans son article 1er
la co-officialité de la Chambre pour le castillan et le valencien, la
dénomination que reçoit la langue catalane au Pays valencien (1983);
Loi sur la création de la société publique de
Radiotélévision valencienne (RTVV) et la réglementation des services de
radiodiffusion et de télévision de la Generalitat de Valence (1984);
Décret sur la signalisation des voies et des services publics dans le domaine
territorial de la Communauté valencienne (1986);
Décret
établissant la composition et les fonctions de la Commission
interdépartementale pour l'application de l'usage du valencien
(1988);
Loi sur les routes de la
Communauté valencienne (1991);
Décret réglementant la
procédure pour modifier le nom des municipalités (1992);
Ordonnance sur l'usage des langues officielles dans la toponymie, la
signalisation routière et l'affichage des services publics (1993);
Décret réglementant le Journal officiel de la Generalitat de Valence
(1997);
Loi sur la création de
l'Académie valencienne de la langue (1998);
Décret approuvant le Règlement sur la sélection, le pourvoi des postes
et des carrières du personnel administratif prévu dans le cadre
d'application de la Loi sur la fonction publique de Valence (1999);
Loi sur les livres (2002);
Décret approuvant le Règlement de l'Académie valencienne de la langue
(2002);
Loi sur les droits et l'information aux patients de la Communauté
valencienne (2003);
Loi sur la publicité institutionnelle de la Communauté valencienne
(2003);
Décret établissant les contenus éducatifs du premier cycle de
l'éducation enfantine dans la Communauté valencienne (2008).
|
1 Situation générale
 |
La Communauté valencienne ou Comunitat
Valenciana (Pays valencien ou
País Valencià) constitue lune des 17 communautés autonomes
dEspagne. C'est une région de 23 305 km²
(4,6 % de la superficie du pays)
située au sud de la Catalogne, sur la côte est de l’Espagne, face aux îles
Baléares.
Le Pays valencien compte trois provinces administratives:
Alacant/Alicante, Castelló/Castellón et València/Valencià (voir
la carte détaillée). Comme
on le sait, toute la partie nord de cette région de l’Espagne fait partie de laire linguistique du
catalan, une langue
romane. |
Le drapeau valencien, appelé la Reial Senyera, reprend
les couleurs du royaume d'Aragon, comme en Catalogne et aux îles Baléares, soit
les quatre barres rouges sur fond or, mais avec une différence notable avec la
présence d'une bande bleue surmontée d'une couronne.
On utilise deux dénominations différentes
pour désigner cette région : Communauté valencienne
(val.: Comunitat Valenciana; esp.: Comunidad Valenciana) ou
Pays valencien (val.: Pais
València; esp.: País Valencià). De façon générale, l'expression
«Communauté valencienne», une terminologie administrative, désigne une réalité
politique, l'Espagne étant divisée en 17 Communautés autonomes, alors que le
«Pays valencien», une terminologie traditionnelle, renvoie à une réalité
historique, l'ancien royaume de Valence. En fait, les Espagnols ont tendance à
privilégier nettement Comunidad Valenciana, mais les nationalistes
valenciens vont préférer Pais València, parce que l'expression est
liée au particularisme valencien. C'est pourquoi on dit le plus souvent
Comunidad Valenciana en castillan, mais Pais València en
valencien. Bref, les deux expressions ne couvrent pas la même réalité, l'une est
politique, l'autre historique et teintée de nationalisme.
2 Données
démolinguistiques
La population de la Communauté autonome (Pays valencien) était de 3,7 millions
d'habitants en 2005. Les langues officielles de cette région sont le valencien
(variété catalane) et le
castillan. La terminologie officielle pour désigner le catalan dans cette
Communauté autonome, c'est, en castillan, le
valenciano et, en valencien, le valencià.
Au Pays valencien,
le castillan est la langue majoritaire dans une proportion d'au moins 60 %, et
le valencien (catalan) reste la langue minoritaire dans une proportion de
40 %.
Cependant, en raison de l'immigration récente, il existe des minorités parlant
l'anglaise, le portugais, le roumain, l'arabe, le français, l'allemand, etc.,
dans une proportion atteignant les 13 % de la population. Ainsi, la proportion
des castillanophones est sûrement moindre que 60 %, celle des valencianophones,
également moindre que les 40 %. Quoi qu'il en soit, selon une enquête réalisée
en 2005 par le Service de recherche et d'études sociologiques de la Communauté
autonome de Valence, près de 94 % de la population comprendrait le valencien, et
environ 78 % affirment savoir le parler et le lire. De plus, 50 % des Valenciens
sondés disent savoir l'écrire.
2.1 Les variétés valenciennes
 |
La variété catalane parlée au Pays valencien est fragmenté en deux
sous-groupes appartenant au
groupe du catalan occidental: le
valencien du Nord et le
valencien proprement dit.
Les dialectes du valencien du Nord comprennent le dialecte de Tortosa ou tortosine (prov. de Tarragona),
le dialecte de Matarraña (prov. de Teruel) en Aragon et le valencien de Maestrazgo
(prov. de Castelló).
Quant au valencien proprement dit, il comprend le valencien de la Plana (prov. de Castellón), le valencien central ou
apitxat, le valencien méridional, le valencien alicantin et le
majorquin de Tarbena et de la vallée de la Gallinera.
Malgré ses ressemblances évidentes avec le catalan de la Catalogne,
le valencien diffère par un léger accent, certains variantes
phonétiques, morphologiques et lexicales. Par exemple, le mot «oiseau» se dit
ocell en catalan, mais pardal en valencien, le mot «sortie»
sortida en catalan, mais eixida en valencien. Il existe même un
dictionnaire de valencien à part entière, qui n'est pas le même que le
dictionnaire catalan. À la rigueur, un Valenciens et Catalans pourraient ne pas
se comprendre totalement à l'oral, mais ce serait exceptionnel à l'écrit, les
deux variétés étant quasiment semblables, sauf pour certains termes.
|
Il ne faudrait pas croire qu'on parle le catalan, dans sa
variété valencienne, sur toute l'étendue du territoire de la Communauté
valencienne. Les catalanophones ou valencianophones sont surtout concentrés sur la côte est, les
castillanophones, dans l'Ouest.
|
C atalan
méridional (valencien septentrional)
- dialecte de Tortosa ou tortosine (prov.
de Tarragona)
- dialecte de Matarraña (prov. de Teruel)
- valencien de Maestrazgo (prov. de Castellón)
|
Valencien
- valencien de la Plana (prov. de
Castellón)
- valencien central ou apitxat
- valencien méridional
- valencien alicantin
- majorquin de Tarbena et de la vallée de la Gallinera
|
On peut accéder à deux cartes linguistiques du Pays valencien
en cliquant
ICI, s.v.p.
2.2 La norme
orthographique du valencien
Par ailleurs, le gouvernement valencien
préconise une norme du valencien orthographique officiel. Celle-ci est basée sur
ce qu'on appelle en valencien les Normes de Castelló («Règles de Castello»),
c'est-à-dire les Normes
Ortogràfiques de Castelló («Règles orthographiques de
Castello») ou encore les Normes de 32 («Règles de 1932») parce
qu'elles ont été signées en 1932 par les plus importantes institutions
culturelles du Pays valencien, notamment
Lo Rat Penat («la chauve-souris», l’emblème de Valence
apparaissant sur le blason de la Ville), une société consacrée à la
promotion, la défense, l'enseignement et la diffusion de la langue et de la
culture valenciennes,
et la Real Academia de Cultura Valenciana (Académie
royale de la culture valencienne). Le nom de Castelló désigne la ville de Castelló de la Plana,
la capitale de la province de
Castellón (en castillan). Ces fameuses Normes
de Castelló constituent la première «règlementation» linguistique acceptée par des intellectuels valenciens
qui reprenaient les normes établies par le grammairien catalan Pompeu Fabra i
Poch en 1913. Il s'agissait d'une première tentative prônant l'unité de la langue
catalane. À l'époque, on pouvait parler d'une sorte de compromis, du fait que
ces normes paraissaient conformes à l'esprit des règles «fabriennes», tout en respectant
certains principes du valencien. Il faut comprendre que ces Normes ne
constituaient qu'une sorte de «guide» exposant les grands principes de
l'orthographe valencienne. Voici comment Pompeu Fabra i Poch expliquait son
attitude:
|
Nosaltres, els catalans, no
desitjaríem altra cosa sinó que emprenguéssiu una
obra de forta depuració del vostre idioma, encara
que no us preocupéssiu gens d’acostar-vos al nostre
català; que tractéssiu de descastellanitzar el
valencià i, enriquint-lo, procurar acostar-lo al
valencià dels vostres grans escriptors medievals.,
|
Nous, les Catalans,
ne souhaitons rien sinon que vous entrepreniez un
travail de forte épuration de votre langue, et que
vous ne vous occupiez point de vous rapprocher de
notre catalan ; que vous tâchiez de décastillaniser
le valencien et, en l'enrichissant, tenter de le
rapprocher de vos grands écrivains médiévaux. |
En fait, le catalan valencien était
beaucoup plus castillanisé que le catalan de Catalogne. C'est
pourquoi le valencien diffère aujourd'hui quelque peu du
catalan. Mais surtout la question linguistique a dégénéré en
conflits interne entre Valenciens nationalistes et Valenciens
pro-castillan. Après 1932, les règles «fabriennes» ont été respectées durant
une quarantaine d'années
par les écrivains valenciens. Puis, au cours des années
soixante-dix, le monde culturel et politique a contesté cette
norme, bien que la plus grande partie de la
production écrite en valencien ait continué d'être rédigée en
conformité avec ces premières règles plus ou moins développées.
2.3 Le conflit
linguistique valencien
Certains
intellectuels valenciens ont développé une sorte d'anticatalanisme,
car ils croyaient perdre une partie de leur identité valencienne
face à la Catalogne. Les nationalistes valenciens ont soutenu,
contre l'avis de la plupart des linguistes et des philologues, que le catalan
et le valencien étaient deux langues différentes. Par exemple,
le linguiste et philologue Josep Maria Guinot i Galan
(1907-2005) déclarait dans En Torn a la Llengua
valenciana :
|
Le
valencien et le catalan [...] ont tellement de
différences morphologiques, syntaxiques et surtout
phonétiques, en dehors d’un riche vocabulaire propre
et différencié, que honnêtement ils ne peuvent pas
être considérés par les linguistes comme la même
langue [...]; le valencien et catalan sont deux
langues distinctes [...] et il est aussi absurde de
vouloir unifier le valencien et le catalan qu’il le
serait de vouloir unifier le castillan et le
français. |
- Le
blavérisme
Le mouvement à l'origine de
la controverse linguistique fut le «blavérisme», terme valencien
(«blaverisme») faisant référence à la frange de couleur bleue (blau)
dans le drapeau officiel de la Communauté valencienne (voir
tout au haut de cette page). Le mouvement blavériste
commença dans la capitale de Valence. La disparition du
franquisme et l'apparition de la démocratie déstabilisa une
population en général peu instruite et soucieuse de ses frêles
acquis. Le manque de culture politique et la crise économique
des années soixante-dix favorisèrent les mouvements
réactionnaires, dont les blavéristes qui firent de la langue
leur cheval de bataille. À la fin du régime franquiste, le
valencien était associé au monde rural, au folklore et au
peuple, alors que le castillan était relié à l'urbanité, au
modernisme et au pouvoir; le valencien était perçu comme une
résidu du passé en voie de disparition.
Dans cette période de
revendications autonomistes de l'après-franquisme, il se
produisit un éveil de la conscience identitaire, culturelle et
sociale parmi les couches populaires valenciennes, le tout en
réaction aux mouvements castillanisants des classes moyennes. Les blavéristes se lancèrent
dans la polémique en se servant de la langue comme d'un étendard
pour favoriser leurs objectifs politiques, notamment accaparer
le pouvoir local.
- L'anticatalanisme
La controverse prit une forme conflictuelle,
qu'on appela le «conflit linguistique valencien» (Conflicte
lingüístic valencià
/ conflicto lingüístico valenciano),
une expression servant à désigner le conflit existant à
l'origine entre le castillan dominant et le valencien, langue
parlée dotée de peu prestige social. Mais le conflit
linguistique prit une autre tournure, résolument anticatalane ou
plutôt anti-Catalogne. Comme il devenait inutile de s'opposer
aux pro-castillans, largement majoritaire au sein des classes
moyennes, les blavéristes opposèrent le catalan
de la Catalogne et le catalan du Pays valencien. Plus
précisément, ce fut une guerre contre les Catalans eux-mêmes,
préconisée d'abord par les Valenciens partisans d'une langue distincte.
Puis, ces derniers s'opposèrent aux Valenciens qui prônaient l’unité linguistique de la langue catalane.
Il y eut donc une guerre déclarée entre les antivalencianistes et les anticatalanistes.
Pour les anticatalanistes
valenciens, les Catalans furent considérés comme des
envahisseurs prêts à une nouvelle «Reconquête» du Pays valencien
et à supprimer toute «valencianité». On parla même de
catalanofascisme («fascisme catalan»). Des slogans tels que
Tots contra Catalunya (valencien) ou Todos
contra Cataluña (castillan) firent leur apparition et des pro-catalanistes
subirent des exactions. Des librairies catalanes furent
incendiées, des manifestations eurent lieu afin de faire fermer
le canal catalan TV3, considéré
par certains anticatalanistes comme «étranger» et
«incompréhensible». De leur côté, les divers gouvernements qui
se sont succédé dans la Communauté valencienne ont développé une
politique ambigüe à ce sujet. Pour des motifs identitaires, les
gouvernements valenciens ont défendu l'emploi du terme
«valencien» pour désigner la langue catalane. De chaque côté,
les protagonistes tentèrent d'impliquer la population dans leur
guerre linguistique. En fait, la question linguistique portait
essentiellement sur le nom de la langue, sa nature, ses règles.
Autrement dit, le valencien n'est pas du catalan, c'est une
langue différente avec sa phonétique, sa grammaire et son
vocabulaire. Le catalan, contrairement au valencien, n'englobait
pas la «valencianité». Finalement, au lieu d'unifier, la
langue a réussi à diviser profondément la population locale. Les
blavéristes, ces tenants du valencien à tout crin, seraient sans
doute associés aujourd'hui à
des partisans de l'extrême-droite, mais à l'époque ils étaient
perçus comme
nationalistes défendant l'identité valencienne.
- Une
attitude de repliement
Pendant que la Catalogne et les îles
Baléares ont recours au mot «catalan» dans leur législation, la
Communauté valencienne continue d'employer «valencien». Ainsi,
dans la Loi sur l'usage
et l’enseignement du valencien de 1983, laquelle
constitue le document juridique central de toute la politique
linguistique valencienne, il est impossible de trouver une
référence quelconque à la «langue catalane» ou au «catalan». On
trouve plutôt des expressions telles que llengua valenciana
(langue valencienne), llengua
de la Comunitat Autònoma (langue de la Communauté autonome),
lengua pròpia de la Comunitat Valenciana (langue
propre de la Communauté valencienne), llengua històrica i pròpia
del nostre poble (langue historique propre de notre peuple),
nostra llengua (notre langue), llengua habitual
(langue habituelle), llengua
oficial usada (langue officielle utilisée), llengua utilitzada
(langue utilisée) ou simplement valencià
(valencien) ou encore la llengua (la langue). Toute la
législation linguistique valencienne s'est élaborée à avec ce
type de vocabulaire.
Cela étant dit,
la défense d’une «langue valencienne»
distincte du catalan a eu pour effet d'isoler les Valenciens du
monde catalan et de la culture catalane. De nombreux
observateurs ont parlé de «xénophobie» pour décrire le
chauvinisme qui a gagné nombre de Valenciens au cours des années
soixante-dix, ce qui eut pour résultat de réduire au minimum les
relations catalano-valenciennes. Dans les faits, il en est
résulté de nombreuses difficultés dans le
processus de récupération du valencien, alors que la normalisation
n'a connu qu'un demi-succès, pour ne pas parler de demi-échec.
Qui plus est, la langue catalane de Valence fut victime d’une
politique linguistique isolationniste, appelée souvent
«sécessionniste», sinon une politique de repliement sur soi.
- L'avis de l'Académie
valencienne de la langue
Quant à l'Académie valencienne de la
langue (Academia Valenciana de la Lengua),
elle a décidé en décembre 2003 que le terme «valencien» devait
continuer à être employé dans le Pays valencien, tout en
préconisant de ne pas l'utiliser dans la seule intention de
créer des polémiques inutiles ou de se livrer à des
manipulations de nature culturelle, sociale ou politique
contribuant à diviser les Valenciens et à rendre plus difficile
la promotion du valencien. Voici ce texte de la déclaration
adoptée par l'Assemblée plénière de l'Académie
valencienne de la langue (AVL) portant sur le nom et l'identité
valencienne fondés sur les principes suivants»:
|
1.
La denominació de valencià és tradicional, històrica,
legal, estatutària i, per tant, la més adequada al
marc institucional.
2.
Esta denominació no és incompatible ni ha d’entrar
en contradicció amb altres denominacions també
tradicionals, històriques i legals, que rep la
llengua pròpia dels valencians.
3.
El nom de la llengua i la seua naturalesa no han de
ser objecte de polèmiques inútils ni de cap classe
d’instrumentalització cultural, social ni política,
ja que això només contribuïx a fomentar la desunió
entre els parlants, a dificultar la promoció del seu
ús i a obstaculitzar la seua normalitat plena.
4.
La diversitat onomàstica del valencià no pot servir
de base a iniciatives que projecten una imatge
fragmentada del sistema lingüístic que els
valencians compartim amb altres territoris. Les
iniciatives que adopten els poders públics per a
difondre el valencià fora del nostre àmbit
lingüístic tenen tot el reconeixement de l’AVL. En
tot cas, estes han de garantir la difusió de la
nostra peculiaritat idiomàtica i s’han d’ajustar a
criteris conceptuals i onomàstics de caràcter
integrador. |
1.
La dénomination de valencien est traditionnelle,
historique, juridique, statuaire et, par conséquent,
la plus adéquate au cadre
institutionnel.
2.
Cette dénomination n'est pas incompatible ni ne doit
entrer en contradiction avec d'autres dénominations
aussi traditionnelles, historiques et juridiques que
reçoit la langue propre
Valenciens.
3.
Le nom de la langue
et sa nature ne doivent pas faire l'objet de
polémiques inutiles ni d'aucune manipulations de
nature culturelle, sociale ou politique, déjà que
cela a contribué à susciter la désunion entre les
locuteurs de cette langue, à rendre difficile la
promotion de son
usage et à entraver sa pleine
normalisation.
4.
La diversité onomastique du valencien ne peut
pas servir de base à des initiatives qui projettent
une image fragmentée du système linguistique que
nous, les Valenciens, partageons avec d'autres
territoires. Les initiatives qu'adoptent les
pouvoirs publics pour diffuser le valencien hors de
notre aire linguistique ont toute la reconnaissance
de l'AVL. Dans tous les
cas, ces initiatives doivent garantir la diffusion
de notre particularité idiomatique et s'ajuster à
des critères conceptuels et onomastiques à caractère
d'intégration. |
Pour l'AVL,
le fait qu'une langue soit parlée
dans des structures politiques ou administratives différentes ne
constitue pas une caractéristique exclusive du valencien, car
c'est la situation la plus normale dans la plupart des langues
du monde. Ainsi, le portugais est
parlé au Portugal et au Brésil; l'anglais
est la langue de l'Angleterre, de l'Irlande, des
États-Unis d'Amérique et de l'Australie; le castillan (ou
espagnol) est parlé non
seulement en Espagne, mais aussi dans la plupart des pays
hispano-américains (Argentine,
Mexique, etc.). Mais les caractéristiques lexicales et
grammaticales propres au valencien, qui sont différentes des
autres parlers du système catalan —
l'Académie parle de «nostre sistema lingüístic», pas de la
«langue catalane» —, coexistent avec d'autres caractéristiques
partagées majoritairement par
tous ces locuteurs.
En raison de ses particularités
propres, le valencien mériterait d'être préservé. Bref, une attitude encore
bien ambigüe de la part de l'Académie valencienne de la langue!
- Valencianité et
catalanité
Quant aux romanistes et
autres scientifiques
internationaux, qu'ils soient espagnols, français, britanniques
ou allemands, ils ont tous défini le «valencien» —
et le «majorquin», le catalan de l'île Majorque —
comme des «variantes du catalan». En somme, défendre la «catalanité» du
valencien pourrait être une façon de diriger le Pays valencien
vers la Catalogne, tant au plan linguistique que culturel, sinon
économique, et de l'insérer dans un espace plus vaste, celui des
«Pays catalans», ce qui inclut, outre la Catalogne, les îles
Baléares, la principauté d'Andorre et la «Catalogne du Nord»
(département français des Pyrénées-Orientales). Au contraire,
le fait de préconiser une langue catalane distincte équivaut à affirmer un
particularisme identitaire opposé à toute insertion dans les
«Pays catalans» et perpétuer le repliement linguistique et
culturel.
Or, il paraîtrait néanmoins possible que l'intégration de
la Communauté valencienne parmi les «Pays catalans» puisse se
réaliser tout en assurant le respect d'une identité valencienne.
D'ailleurs, pour le grand écrivain Joan Fuster i Ortells
(1922-1992), bien qu'il fût un nationaliste valencien (cf.
Nosaltres, els
valencians paru en 1962: «Nous, les Valenciens»), il
croyait, pour revaloriser la culture valencienne, qu'il fallait
plutôt resserrer les liens avec les autres territoires
catalanophones en créant une communauté culturelle, puis
politique avec l'ensemble des «Pays catalans» (els
països catalans). Pour le moment, ce n'est pas ce qui
se produit.
3 Données historiques
Le Pays valencien connut successivement la domination des Grecs, des
Carthaginois et des Romains, lesquels en firent une colonie militaire dès le IIe
siècle.
Lors de la chute de lEmpire romain, au Ve siècle, les Wisigoths
occupèrent la région jusquà ce quelle passa, en 714, sous la domination
arabe. Pendant quelques siècles, Valence (Valencia) devint la capitale dun royaume
arabe. Après la reconquête de Jacques Ier d'Aragon, qui expulsa les
Arabes en 1238, le Pays valencien fit partie du royaume dAragon qui était allié
aux Catalans.
Ayant acquis une grande autonomie politique (jusquen 1707) au sein du
royaume d'Aragon, les Catalans firent passer sous leur autorité non seulement les îles
Baléares (en 1229 et 1230) dont les habitants adoptèrent la langue, mais aussi le
royaume de Valence (1238), la Sicile (1282) et la Sardaigne (1321). Les Catalans
saffirmèrent alors comme la première puissance de la Méditerranée occidentale.
Sous le règne de Philippe V (1706-1715), le Pays valencien perdit son autonomie, tandis
que la langue catalane (à lexemple de la Catalogne et des Baléares) subit la
domination du castillan. Au XVIIIe siècle, la région fut successivement
occupée par les Espagnols et les Français. En 1978, le Pays valencien fut constitué en
communauté autonome au sein de lEspagne. On peut consulter une
page consacrée à la
description et à l'histoire de la langue catalane.
4 Le statut juridique des langues officielles
Le cadre juridique du Pays valencien repose sur la Constitution espagnole, le
Statut
d'autonomie (2006) et la Loi sur l'usage et l'enseignement du valencien
(1983) ou Llei d'éus i ensenyament del valencià. L'objectif est de
rendre le valencien (catalan) aussi normal et aussi officiel que l'est le castillan dans le reste de
l'Espagne.
Le castillan et le valencien (variété catalane
de Valence appelé officiellement ainsi la Generalitat)
sont les deux langues officielles de la Communauté valencienne. Voici comment était libellé
le seul article (aujourd'hui abrogé) du Statut d'autonomie (Estatut
d'autonomia del País Valencià) de 1982 portant sur la langue:
|
Article 7
[catalan] 1) Els
dos idiomes oficials de la Comunitat Autònoma són el valencià i el castellà.
Tots tenen dret a conéixer-los i a usar-los.
2) La Generalitat
Valenciana garantirà l'ús normal i oficial de les dos llengües, i adoptarà les
mesures necessàries per a assegurar-ne el coneixement.
3) Ningú podrà ser
discriminat per raó de la seua llengua.
4) S'atorgarà protecció i
respecte especials a la recuperació del valencià.
5) La llei establirà els
criteris d'aplicació de la llengua pròpia en l'Administració i l'ensenyança.
6) Es delimitaran per llei
els territoris en els quals predomine l'ús d'una llengua i de l'altra, així com
els que puguen ser exceptuats de l'ensenyança i de l'ús de la llengua pròpia de
la comunitat. |
Article 7
(abrogé)
1) Les deux langues officielles de la Communauté autonome sont le valencien et le
castillan.
2) Tous ont le droit de les connaître et de les utiliser.
3) Nul ne pourra être victime de
discrimination à cause de sa langue.
4) Respect et protection spéciale seront
accordés en vue de la récupération du valencien.
5) La loi établira les critères réglementant
l'usage de la langue propre [à la Communauté valencienne] dans l'Administration
et l'enseignement.
6) Seront déterminés par voie législative les
territoires où prédomine l'usage de l'une et l'autre langue de même que ceux où
il pourra y avoir exemption de l'enseignement et de l'utilisation de la langue
propre à la Communauté. |
Mais le Statut d'autonomie de 2006 (Estatuto
de Autonomía de la Comunidad Valenciana 2006) est beaucoup plus élaboré en
matière de langue. L'ancien article 7 de 1982 a été modifié comme suit:
Article 7
Queda modificat
l'article sext en la següent redacció:
«Article 6
1) La
llengua pròpia de la Comunitat Valenciana és el valencià.
2) L'idioma
valencià és l'oficial a la Comunitat Valenciana, igual que
ho és el castellà, que és l'idioma oficial de l'Estat. Tots
tenen dret a conéixer-los i a usar-los i a rebre l'ensenyament
del, i en, idioma valencià.
3) La
Generalitat garantirà l'ús normal i oficial de les dos
llengües, i adoptarà les mesures necessàries per tal d'assegurar-ne
el coneixement.
4)
Ningú no podrà ser discriminat per raó de la seua llengua.
5) S'atorgarà
especial protecció i respecte a la recuperació del valencià.
6) La
llei establirà els criteris d'aplicació de la llengua pròpia
en l'Administració i l'ensenyament.
7) Es
delimitaran per llei els territoris en els quals predomine
l'ús d'una llengua o de l'altra, així com els que puguen ser
exceptuats de l'ensenyament i de l'ús de la llengua pròpia
de la Comunitat Valenciana.
8) L'Acadèmia
Valenciana de la Llengua és la institució normativa de l'idioma
valencià.»
|
Article 7
Est modifié l'article 6
avec la rédaction suivante :
«Article 6
1) La langue propre de la
Communauté valencienne est le valencien.
2) La langue valencienne
est officielle dans la Communauté valencienne, tout comme le castillan,
qui est la langue officielle de l'État. Tous ont le droit de les connaître
et de les utiliser, et de recevoir leur enseignement dans la langue
valencienne.
3) La Generalitat garantit
l'usage normal et officiel des deux langues, et adopte les mesures
nécessaires pour assurer leur connaissance.
4) Nul ne peut être
discriminé en raison de sa langue.
5) Une protection et un
respect particuliers est accordé à la récupération du valencien.
6) La loi établira les
critères d'application de la langue propre au sein de l'Administration et
de l'enseignement.
7) Sont délimités par loi
les territoires où prédomine l'usage d'une autre langue, ainsi que ceux
qui peuvent être exemptés de l'enseignement et de l'usage de la langue
propre à la Communauté valencienne.
8) L'Académie de la langue
valencienne est l'institution de réglementation de la langue valencienne.» |
La loi 4/1983 du 23 novembre appelée
Loi sur l'usage et l'enseignement du
valencien établit les critères réglementant l'usage de la «langue
propre» de la Communauté valencienne dans l'administration et l'enseignement.
L’article 1er de la loi reprend les grands principes définis dans le Statut d’autonomie
de 1982:
|
Article 1er
1) La présente loi a pour objectif général d'appliquer et de développer
les dispositions de l'article 7 du Statut d'autonomie qui réglemente l'usage
normal et officiel du valencien dans toutes les sphères de la vie en commun,
ainsi que son enseignement.
2) Sur cette base, les buts et les objectifs spécifiques de la présente
loi sont les suivants:
a) Que le droit de tous les citoyens de connaître et de faire usage du
valencien constitue un fait.
b) Protéger la récupération du valencien et garantir son usage normal
et officiel.
c) Réglementer les critères d'application du valencien dans
l'administration, dans les moyens de communication sociale et dans
l'enseignement.
d) Délimiter les territoires sur lesquels prédomine l'usage du
valencien et du castillan.
e) Garantir, selon des principes de progression et de volontariat, la
connaissance et l'usage du valencien sur tout le territoire de la
Communauté.
|
Dans les lignes qui suivent,
le terme «valencien» sera dorénavant utilisé pour désigner la
variété catalane de Valence.
5 Une question de
vocabulaire
Du point de vue du
vocabulaire utilisé dans la Communauté valencienne,
précisons que les termes
Consell /
Conselleria / Conselleries
(fr. «conseil» / «conseillerie» / «conseilleries») et conseller /
consellera (fr. «conseiller»)
servent à désigner les ministères et les ministres
de la Generalitat. On peut, en français, employer l'expression
«ministre-conseiller» (ou «ministre-conseillère») pour rendre
compte adéquatement du terme valencien conseller / consellera.
De plus, les expressions
Conseller Primer (fr.
«premier conseiller») et vicepresident (fr. «vice-président»)
ou vicepresident primer
(«premier vice-président»)
servent d'équivalent à «premier ministre».
En Espagne, les termes ministerio (fr.
«ministère») et ministro / ministra (fr. «ministre»)
désignent les ministères et les ministres du
gouvernement central, et non ceux des
Communautés autonomes. Le premier ministre du gouvernement
espagnol est désigné par l'expression Primer ministro (fr.
«premier ministre»).
Du point de vue des
institutions, signalons que la Generalitat Valenciana (en valencien;
Generalidad Valenciana en castillan; Généralité
valencienne en français)
est formée par l'ensemble des institutions gouvernementales de
la Communauté
autonome valencienne. La Generalitat comprend les
Cortes valenciennes (ou simplement les Corts, en valencien), la présidence
de la Generalitat valencienne et le gouvernement (Consil
en valencien; Consell en castillan). Le nom statutaire et
officiel de cet organisme est appelé simplement la Generalitat.
de son côté, le Parlement de la Communauté autonome de Valence,
les «Corts
Valencianes», est l'appareil législatif principal de la
Generalitat.
6 La législation et la justice
Le Parlement de la
Communauté valencienne doit être officiellement bilingue, de même que la
rédaction et la promulgation des lois. L'article 8 de la
Loi sur l'usage et l'enseignement du
valencien de 1983
précise ainsi les langues utilisées par le Parlement valencien:
|
Article 8
Les lois adoptées par le Parlement valencien seront rédigées et
publiées dans les deux langues.
|
Pour sa part, le
Règlement du Parlement valencien de 1983 déclare en son article 1er
que les langues officielles du Parlement sont le valencien et le castillan,
et que les députés peuvent indistinctement faire usage des deux langues et
que les publications officielles du parlement doivent être bilingues:
|
Article 1er
1) Conformément à l'article 7 du
Statut d'autonomie, les langues officielles du Parlement sont le valencien et le castillan.
2) Les députés peuvent indistinctement faire usage des deux
langues.
3) Les publications officielles du parlement doivent être bilingues.
|
Selon l'article 4 du
décret 6/1997 réglementant le Journal officiel de la Generalitat de Valence,
le Journal officiel de la
Generalitat de Valence (DOGV)
doit être publié dans les deux langues officielles de la Communauté
valencienne, les deux langues ayant le statut officiel et authentique.
| Article 4 1) Le DOGV
est publié dans les deux langues officielles de la Communauté
valencienne. Les deux ont le statut officiel et
authentique. Les erreurs sont corrigées selon la forme prévue à
l'article 16.
|
Dans les débats parlementaires, toutefois, le castillan demeure la langue la plus
favorisée; le valencien, quant à lui, est sous-utilisé, car plusieurs députés
même valencianophones
préfèrent encore sexprimer en castillan.
Dans la domaine de la justice, l'article 12 de la
Loi sur l'usage et
l'enseignement du valencien prévoit que «tous les citoyens ont le droit de
pouvoir s'adresser à l'administration de la justice dans la langue officielle
qu'ils estimeront bon d'utiliser».
|
Article 12
1) Conformément à ce qui est prévu dans la présente
loi, tous les citoyens ont le droit de pouvoir s'adresser à
l'Administration judiciaire dans la langue officielle qu'ils estimeront
bon utiliser, sans qu'on puisse leur requérir de traduction, et sans que
de cela puisse entraîner de retard ou report dans les démarches de leurs
demandes.
2) Tous les actes, documents et écrits réalisés ou
rédigés en valencien devant les tribunaux et ceux que les cours de
justice réaliseront dans cette langue ont pleine validité et efficacité.
|
De plus, le libre choix de la langue
implique, d'une part, qu'on ne puisse recourir à la traduction, d'autre part,
qu'il n'occasionne aucun retard ou report dans les démarches judiciaires.
Toutefois, malgré les initiatives prises par la Direcció General de Política
Lingüística, l’utilisation du catalan dans les cours de justice reste
rarissime. Des interprètes sont quelquefois disponibles, sans qu'aucune mesure
n'ait été prise pour garantir la compétence linguistique des employés des
tribunaux.
Il faut dire aussi que, conformément à la législation espagnole en
vigueur, lorsque toutes les parties comprennent le catalan et en arrivent à un
accord unanime, les avocats peuvent utiliser uniquement le catalan. Étant
donné que cet accord unanime est extrêmement rare au Pays valencien, l'avocat
de la défense et le procureur ont l'obligation de recourir au castillan. De
plus, les juges nommés par Madrid ne connaissent pas toujours le catalan. Et
l'Administration centrale ne les inciterait pas trop à apprendre le catalan.
7
L'Administration valencienne
Plusieurs articles de la
Loi sur l'usage et
l'enseignement du valencien de 1983 traitent de l'usage officiel du
valencien pour lAdministration qui relève de la juridiction de la Generalitat Valenciana:
|
Article 7
1)
Le
valencien, en tant que langue propre à la Communauté valencienne, l'est aussi de la Generalitat et de son administration publique, de
l'administration locale et de toutes les corporations et institutions publiques qui
puissent dépendre de celles-là.
2)
Le valencien et le castillan sont des langues officielles dans la
Communauté valencienne et, en tant que telles, elles seront utilisées par
l'administration conformément à ce qui est réglementé par la loi.
Article 9
1)
Toutes les interventions administratives réalisées en valencien
seront valables dans les limites territoriales de la Communauté valencienne.
2)
Les documents rédigés en
valencien, dans lesquels l'activité
administrative sera réalisée, ainsi que les imprimés et formulaires employés par les
administrations, auront efficacité juridique.
Article 10
Sur le territoire de la Communauté
valencienne, tous les citoyens ont
le droit de s'adresser et de communiquer en valencien avec la Generalitat, les entités
locales et autres organismes à caractère public.
Article 11
1)
Dans toute intervention administrative entamée à l'initiative
d'une des parties ou d'autres parties intéressées qui en manifestent le désir,
l'Administration devra leur communiquer tout ce qui les concerne dans la langue officielle
de leur choix, quelle que soit la langue officielle dans laquelle a commencé la
communication.
2)
De même, quelle que soit la langue officielle employée, dans toute
procédure commencée d'office, les communications et autres interventions seront faites
dans la langue demandée par les personnes intéressées.
|
Afin de promouvoir le catalan
dans la région, la Generalitat Valenciana a créé en 1989 la Direcció
General de Política Lingüística. De façon générale, les résultats
obtenus paraissent modestes. D’une part, le gouvernement de la Generalitat n’utilise
lui-même que fort peu le valencien; d’autre part, l’emploi du catalan dans
l’Administration valencienne varie considérablement d’une municipalité
à une autre, soit de la valencianisation presque totale à l’absence totale,
tout dépendant des territoires à prédominance castillanophone ou valencianophone.
Pourtant, la connaissance du valencien est une obligation pour les
fonctionnaires de l'Administration valencienne. L'article 16 du
décret 33/1999 du 9 mars du gouvernement valencien approuvant le Règlement sur
la sélection, le pourvoi des postes et des carrières du personnel administratif
prévu dans le cadre d'application de la Loi sur la fonction publique de Valence
est précis à ce sujet:
|
Article 16
Connaissance du
valencien
1) L'accréditation des connaissances du valencien pour les
candidats qui ont réussi les tests de sélection, dont dispose le
paragraphe 4 de l'article 9 en vigueur du texte refondu de la Loi
sur la Fonction publique valencienne, peut être effectuée par la
présentation de l'un des documents suivants :
a) Le diplôme de
baccalauréat ou l'équivalent obtenu dans la Communauté autonome de
Valence, avec réussite de la discipline de valencien.
b) Le diplôme de
l'École officielle des langues correspondant à la troisième année de
connaissances du valencien.
c) Le certificat de niveau
moyen du Conseil de qualification de connaissance du valencien.
2) Ceux qui ne peuvent
se faire accréditer ces connaissances sont
engagés à le faire dans un délai de deux ans ou de réussir les
cours que l'Administration autonome organise à cette fin.
3) Les dispositions
prévues aux paragraphes précédents ne suppriment pas l'exigence,
comme condition requise dans les relations de postes, des
connaissances égales ou supérieures du valencien pour l'occupation
de certains postes.
|
Généralement, même dans les régions valencianophones, l'usage du
valencien est très
réduit, parfois même mal accepté. Néanmoins, le valencien demeure plus fréquent
dans les territoire à prédominance valencianophone.
8
L'affichage en valencien
La question de l'affichage en valencien a sûrement
préoccupé les dirigeants politiques. Ainsi, l'article 15 de la
Loi sur l'usage et
l'enseignement du valencien énonce que c'est le Conseil de la
Generalitat (le «ministère» de la Generalitat) qui est le seul responsable des
noms officiels des municipalités, territoires, agglomérations, accidents
géographiques, voies de communication interurbaines et toponymes de la
Communauté valencienne:
|
Article 15 1) Conformément aux dispositions
juridiques prévues, il revient au Conseil de la Generalitat
valencienne de fixer les noms officiels des municipalités,
territoires, agglomérations, accidents géographiques, voies de
communication interurbaines et toponymes de la Communauté
valencienne. Le nom des voies urbaines sera fixé par la mairie
concernée.
2) Conformément aux dispositions du paragraphe précédent,
les appellations adoptées par le Conseil seront considérées légales.
Le texte des panonceaux publics sera composé suivant la
réglementation appropriée, sous réserves du respect dû aux normes
internationales souscrites par l'État en cette matière.
3) Les municipalités qui possèdent une dénomination dans
les deux langues de la Communauté feront figurer leur nom dans ces
deux langues.
4) En accord avec le premier paragraphe et dans la mesure
où le nom officiel le permette, les dénominations adoptées par le
Conseil seront composées dans les deux langues officielles. |
Par ailleurs, l'article 1er
du
décret 145/1986 sur la signalisation des voies et des services publics
impose l'usage du valencien et du castillan dans la signalisation des
autoroutes, routes, chemins,
gares ferroviaires et gares
d'autobus, des foires commerciales, des centres de refuge et de
sport, des dépendances et des services d'intérêt public sous la
juridiction de la Generalitat de Valence, sous réserve des
exemptions possibles:
|
Article 1er
1)
La signalisation des autoroutes, routes, chemins,
gares ferroviaires et gares
d'autobus, des foires commerciales, des centres de refuge et de
sport, des dépendances et des services d'intérêt public sous la
juridiction de la Generalitat de Valence, des organismes locaux
installés dans la Communauté valencienne et des services gérés
au moyen d'une concession, doit être affichée en valencien ainsi
qu'en castillan quand elle
correspondra.
2) La
signalisation des organismes locaux et des services gérés au
moyen d'une concession, dans les territoires à prédominance
linguistique castillane, tel qu'il est prévu à l'article 36 de
la loi 4/1983 du 23 novembre sur l'usage et l'enseignement du
valencien, peut être exemptée des dispositions du paragraphe
précédent. |
Selon l'article 36 de la
Loi sur l'usage et
l'enseignement du valencien, le bilinguisme ne s'applique pas aux
municipalités déclarées «à prédominance linguistique castillane», ni à celles
(art. 35) déclarées «à prédominance linguistique valencienne».
En ce qui a trait aux routes en particulier, l'article 33 de
la
loi 6/1991 sur les routes de la Communauté valencienne oblige l'emploi du
bilinguisme, tout en respectant la réglementation internationale et nationale:
|
Article 33
Zone de protection
8) Dans tous les cas, et en respectant la réglementation
internationale et nationale de base, la signalisation informative
doit être bilingue en recourant à des techniques de conception
telles que l'affiche, le graphisme, la couleur ou moyens similaires,
permettant de distinguer les versions valencienne et castillane. |
Il existe aussi une
ordonnance de 1993 du ministère de l'Éducation et de la Science sur l'usage des
langues officielles dans la toponymie, la signalisation routière et l'affichage
des services publics. L'article 2 énonce que le terme générique qui
accompagne un toponyme doit être utilisé en respectant la langue employée dans le reste des éléments
d'information selon la langue prédominante du territoire dans lequel
est situé le toponyme:
|
Article 2
1) Les toponymes
et le terme générique qui les accompagne doivent être utilisés en
respectant la langue employée dans le reste des éléments
d'information selon la langue prédominante du territoire dans lequel
est situé le toponyme.
2) En ce qui
concerne les noms d'éléments qui se
distinguent dans les deux territoire à prédominance linguistique et
possèdent un
nom dans les deux langues, ils
doivent être utilisés en valencien dans le territoire à
prédominance linguistique valencienne et en castillan dans le
territoire à prédominance linguistique castillane.
|
L'article 5 de la même ordonnance précise aussi quelle doit
être la langue de l'affichage à l'intérieur des édifices administratifs:
|
Article 5
L'affichage à
l'intérieur des dépendances administratives des organismes locaux
doit être au moins en valencien dans les territoires à prédominance
linguistique valencienne et au moins en castillan dans les
territoires à prédominance linguistique castillane.
|
Si le bilinguisme n'est pas obligatoire, la langue à
prédominance linguistique du territoire valencianophone ou castillanophone doit
être au moins employée.
9 L’éducation
Au point de vue juridique, la Generalitat de Valence a pleine compétence
dans tous les niveaux du système scolaire. La politique du gouvernement se veut
un soutien à l’introduction du valencien comme langue véhiculaire dans les
écoles et par la mise en place de méthodes d’immersions linguistique pour
les élèves valencianophones. Les articles 18 à 23 de
Loi sur l'usage et l'enseignement du valencien
réglementent l'utilisation
du valencien dans l'enseignement. Le valencien et le castillan sont les langues
obligatoires dans les programmes d'enseignement aux niveaux primaire et
secondaire (art. 18):
|
Article 18 1) L'incorporation du valencien dans l'enseignement à tous les
niveaux éducatifs est obligatoire. Conformément au Titre V,
sur les territoires castillanophones, cette incorporation sera réalisée de
façon progressive, en tenant compte de leur situation sociolinguistique
particulière, et ce, dans la forme qui sera fixée par règlement.
2) Le Ministère veillera à l'incorporation du valencien, afin
qu'elle soit menée de façon compréhensive en tenant compte des différences
et des niveaux de connaissance et d'usage du valencien qui existent
aujourd'hui, la résolution de ces différences et de ces niveaux demeurant
l'un des objectifs les plus importants de la présente loi.
3) Sous réserve du paragraphe 1, le valencien et le castillan
sont des langues obligatoires dans les programmes d'enseignement des niveaux
non universitaires.
|
La langue d'enseignement prédominante demeure néanmoins le castillan; il n'existe pas d'écoles distinctes pour les groupes
linguistiques. C'est un enseignement bilingue pour environ six heures par
semaine (minimum), tant pour les catalanophones que pour les hispanophones, et
ce, uniquement dans les territoires valencianophones.
Soulignons que la loi prévoit certaines dérogations, même pour ce qui a
trait au minimum d’heures enseignées: territoires à prédominance
linguistique castillane, demandes expresses d'exemption de la part des parents,
situation sociolinguistique particulière. Dans les écoles secondaires, environ
35 % des élèves suivent des cours partiellement ou entièrement en
valencien. De façon générale, les mesures de protection du valencien prévues
dans la Loi sur l'usage et l'enseignement du valencien vont relativement
loin. Mais la réalité dénie souvent les dispositions de la loi.
Dans l'ensemble, la restauration du valencien se fait plus lentement au Pays
valencien qu’en Catalogne, mais il progresse de décennie en décennie. Par
exemple, alors qu’on ne comptait au primaire que 10 établissements scolaires
en 1983-1984, soit après l’adoption de la loi, qui enseignaient partiellement
ou entièrement en valencien, ce nombre avait augmenté à près de 400
établissements dix ans plus tard. Cependant, en raison des résistances de la
part des castillanophones, de nombreux établissement obtiennent des
dérogations ou s’en tiennent le plus souvent, et encore lorsqu'il n'y a
pas de problèmes, au minimum établi par la législation valencienne,
c'est-à-dire à cinq heures de valencien par semaine. En principe, tous les
élèves doivent, à la fin de leurs études secondaires, s'exprimer tant en
valencien qu'en castillan. D’après une étude (avril 1997) du professeur Ferran Colom, seulement 5 % des élèves de
la Communauté valencienne parleraient
couramment le valencien entre eux et 54 % reconnaissent avoir des difficultés à
utiliser cette langue.
Par ailleurs, la Communauté valencienne dispose de quatre universités. Mais
la présence du valencien reste assez faible dans ces établissements supérieurs. On estime qu’environ 10 % des
cours se déroulent en valencien. Pourtant, le valencien semble être plus répandu
comme langue des relations sociales dans le milieu universitaire.
10 L'Académie valencienne de la langue
En 1998, la
loi
7/1998 entérinait la création de l'Académie valencienne de
la Langue (nom officiel:
Acadèmia
Valenciana de la llengua ou
AVL), une institution de la Generalitat de Valence responsable
de déterminer et d'élaborer les normes linguistiques du
valencien, en s'appuyant notamment sur les «Normes de Castelló».
C'est le ministère valencien de la Culture qui a proposé
la création de cet organisme dont les caractéristiques essentielle
sont les suivantes:
I. L'AVL dispose d'une personnalité juridique propre, avec
une indépendance
fonctionnelle et budgétaire.
II. L'AVL a l'aptitude reconnue
par la loi pour déterminer la norme en matière
linguistique; ses décisions en la
matière sont contraignantes pour les administrations publiques, le
système d'éducation, les moyens publics de communication et autres
entités ou organismes de service public ou disposant
d'un financement public.
III. L'AVL compte 21 membres nommés
pour une période de dix ans.
IV. Les membres désignés lors de la
création de l'AVL soient choisis par les Cortes
valenciennes à
la majorité des deux tiers, et au moins les deux tiers de ces membres
doivent être des experts en valencien avec une compétence scientifique et
universitaire reconnue, selon des critères d'évaluation objective.
Le reste des 21 membres sont des
personnalités remarquables des lettres et de l'enseignement avec une
compétence
linguistique et une production reconnues dans le domaine du
valencien.
L'article 7 de la
loi
7/1998 du 16 septembre de la Generalitat de Valence sur la
création de l'Académie valencienne de la langue énumère les
compétences de l'AVL:
|
Article 7
Les compétences de l'AVL sont les suivantes :
a) Déterminer la réglementation officielle du
valencien dans tous ses aspects.
b) Fixer, sur demande de la Generalitat, les formes linguistiquement
correctes de la toponymie et de l'onomastique officielle de la
Communauté valencienne pour son approbation officielle.
c)
Émettre et diffuser des rapports ou des avis et effectuer des études
sur la norme et l'onomastique officielle valencienne, ou à l'initiative propre ou
à la requête des institutions publiques de la
Communauté valencienne.
d) Veiller à l'usage normal du valencien et
défendre son appellation et son entité.
e) Informer sur l'adéquation à la réglementation linguistique de l'AVL
des textes produits par les institutions publiques ou requérant une approbation officielle, ainsi que
sur la production audiovisuelle
de la Communauté valencienne.
f) Élaborer et présenter au ministère de la Generalitat et aux
Cortès valenciennes un mémoire annuel dans lequel, en plus d'exposer ses
activités au cours de l'exercice, rassemble les observations et les
conseils pertinents pour l'usage normal du valencien dans chacune de
ses manifestations.
g) Tout autre élément qui, dans le cadre de
ses compétences, est demandé par le président de la Generalitat, les
Cortes valenciennes ou le
gouvernement valencien. |
On peut consulter aussi le
Décret 158/2002 du 17
septembre approuvant le Règlement de l'Académie
valencienne de la langue (AVL).
Au cours des cinq premières années, l'AVL
a réalisé le Diccionari ortogràfic i de pronunciació del
valencià («Dictionnaire orthographique et de prononciation
du valencien»), la Gramàtica normativa valenciana
(«Grammaire normative du valencien»), la première partie du
Llibre blanc de l'ús del valencià («Livre blanc sur l'usage
du valencien»), le Vocabulari jurídic («Vocabulaire
juridique»), le Vocabulari des noms de persona («Vocabulaire
des noms de personne»), les
Quaderns de toponímia («Cahiers de toponymie») et l'Arxiu
audiovisual («Fichier audiovisuel»).
Sont en préparation le Diccionari
normatiu valencià («Dictionnaire normatif du valencien»), la
Gramàtica bàsica valenciana («Grammaire de base du
valencien»), l'Atles lingüístic («Atlas linguistique»),
l'Atles toponímic («Atlas toponymique»), le Corpus
antroponímic valencià («Corpus
antroponymique du valencien«), la seconde partie du
Llibre blanc de l'ús del valencià («Livre blanc sur l'usage
du valencien»), les Texts litúrgics («Textes
liturgiques»), le Corpus lingüístic informatitzat del
valencià («Corpus linguistique informatisé du valencien»),
l'Anuari («Annuaire») de l'Académie, etc.
11 Les
médias
L’article 25.1 de la
Loi sur l'usage et l'enseignement du valencien a
prévu des dispositions concernant l’emploi du valencien dans les médias:
|
Article 25
1) Le Conseil de la Generalitat valencienne veillera à ce que le valencien
ait une présence adéquate dans les stations de radio et de télévision, et
d'autres moyens de communication gérés par la Generalitat valencienne, ou
sur ceux dont la loi reconnaît les compétences, conformément à ce qui est
prévu dans la présente loi.
2) L'usage du valencien sera encouragé auprès des entreprises de radio et
de télévision.
|
Selon la
Loi 7/1984 du 4 juillet sur la création de la société publique de
Radiotélévision valencienne (RTVV) et la réglementation des services de
radiodiffusion et de télévision, l'article 2.1 énonce que l'activité des
moyens de communication sociale de la Generalitat doit s'inspirer des principes, entre autres, de la «promotion et la
protection linguistique de la langue propre de la Communauté valencienne» et du
«respect du pluralisme politique culturel et linguistique, religieux et social»:
Article 2
1) L'activité des moyens de communication sociale de la
Generalitat doit s'inspirer des principes suivants :
a) La promotion et la protection de la langue propre de la
Communauté valencienne.
b) L'exactitude, l'impartialité et l'objectivité des
informations.
c) La distinction entre les informations et les opinions,
l'identification des personnes qui les soutiennent et la
libre expression de ces dernières.
d) La protection de la jeunesse et de l'enfance, tout en
évitant l'exaltation de la violence et l'apologie des faits
et des conduites attentant à la vie, la liberté et l'égalité
entre les hommes et les femmes.
e) Le respect du pluralisme politique culturel et
linguistique, religieux et social.
f) Le respect du pluralisme, la valeur de l'égalité et
autres principes contenus dans la Constitution, le Statut
d'autonomie et la législation fondamentale de l'État.
|
En ce qui concerne la presse écrite, la Communauté valencienne ne compte aucun
quotidien en valencien, mais il existe trois périodiques principaux en valencien:
l'hebdomadaire El Temps (26 000 exemplaires), le mensuel Saó et
le bulletin interne trimestriel d'Acció Cultural del País Valencià Butlletí
ACPV. D’autres périodiques locaux (littéraires, scientifiques, etc.)
publient une partie de leurs articles en valencien.
Dans les médias électroniques, Canal 9 Ràdio, la station publique de la
Generalitat Valenciana, émet entièrement en valencien. Il existe aussi certaines
stations municipales et locales qui émettent en valencien, mais l’emploi de la
langue valencienne semble avoir régressé depuis ces dernières années.
Pour la
télévision, il existe deux stations régionales qui émettent en valencien. Canal 9 TVV, une station publique de la Generalitat, environ 60 %
des émissions sont en valencien, surtout les programmes d'information, les
émissions pour les enfants et les documentaires. Pour les films et les
téléséries, le doublage est généralement en castillan, non en valencien
(catalan). Selon les sondages, Canal 9
attirerait près de 20 % des téléspectateurs de la région. Quant à la station
Punt 2, elle diffuse presque entièrement en valencien, mais son auditoire reste
plus limitée. Pour le reste, les
chaînes nationales (TVE1, Antena 3 TV, Tele 5 et Canal+) ne diffusent des émissions
qu'en
castillan (espagnol). Bref, la situation ne semble pas très bonne à l'égard du
catalan.

Dans la Communauté valencienne, où le développement industriel est moins
avancé, la pénétration du valencien s'avère difficile, étant donné la
présence majoritaire des castillanophones. Beaucoup de ces derniers s'opposent ouvertement à
toute valencianisation (catalanisation) du territoire parce qu'elle sera perçue
nécessairement comme excessive. Et du côté des valencianophones
eux-mêmes, les revendications linguistiques apparaissent plutôt timides,
comparativement aux Basques et aux Catalans.
La Generalitat Valenciana doit compter
essentiellement sur la persuasion pour promouvoir le valencien. Les progrès tardent à se
matérialiser et le bilinguisme devient la voie obligée. En fait, le manque de prestige
du valencien au sein de la société valencienne aboutit inévitablement à une répartition
diglossique des langues, ce qui accentue le processus de substitution linguistique du
valencien par le castillan.
Pourtant la Communauté valencienne dispose de la même autonomie politique que les autres
Communautés autonomes. Ou bien cette autonomie n'est pas assez grande, ou bien les
principaux intéressés ne savent pas s'en servir. Le problème, tout compte fait, semble
moins politique qu'idéologique. Bien que le sentiment d'identité soit
relativement intense
chez les valencianophones, les revendications linguistiques semblent plus
aléatoires qu'au Pays basque et en Catalogne où les tensions
s'avèrent plus vives. Il est vrai qu'en Espagne il est difficile de concurrencer le
castillan dont les positions sont bien établies depuis plusieurs siècles. De toute
façon, le gouvernement doit aussi tenir compte des positions souvent
anticatalanistes ou antivalencianistes de la part des castillanophones sûrs de
leur supériorité culturelle, politique et économique. L'art du compromis devient
une voie obligée. Forcément, le valencien devient une langue de seconde classe,
d'autant plus qu'il demeure encore coupé de ses racines catalanes et de
l'ensemble des «Pays catalans». Au lieu de se servir des autres communautés
catalanophones comme d'un levier vers la normalisation du catalan de Valence,
c'est le repli sur soi qui perdure avec pour effet d'isoler la communauté
catalanophone la plus vulnérable d'Espagne. Bref, les dirigeants politiques
valenciens ont l'art de se tirer dans le pied!
Dernière mise à jour:
07 sept. 2011
L'Espagne

Europe
