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FranceSituation géopolitique
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La France (543 965 km²) est bordée au nord par la mer du Nord et
la Manche, à l'ouest par l'océan Atlantique, au sud par la Méditerranée. Elle
est limitée à l'est par la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse et
l'Italie, au sud par l'Espagne et la petite principauté d'Andorre.
Avec ses voisins, la France possède 56,6 km de frontière
commune avec
Andorre, 620 km avec la Belgique, 451 km avec l'Allemagne,
488 km avec l'Italie, 73 km avec le Luxembourg 73 km, 4,4 km
avec Monaco, 623 km avec l'Espagne et 573 km avec la Suisse. Si
l'on prend en considération les DOM-TOM, la superficie de la
République atteint 1 007 329 km².
Le pays est administrativement découpé en 96 départements métropolitains, regroupés en 22 régions métropolitaines (incluant la Corse), mais 26 régions si l'on compte les quatre départements d'outre-mer devenus des régions monodépartemantales. On compte généralement plusieurs départements dans une région (voir la carte). La France comprend également ce qu'on appelait jusqu'à récemment des DOM-TOM. Depuis la réforme de 2003, on distingue quatre DROM ou «départements et régions d'outre-mer» (Martinique, Guadeloupe, Guyane et La Réunion), deux POM ou «pays d'outre-mer au sein de la République» (Nouvelle-Calédonie et Polynésie), un TOM ou «territoire d'outre-mer» (les Terres australes et antarctiques françaises) et trois COM ou «collectivités d'outre-mer», dont une «collectivité spécifique» (Corse), une «collectivité d'outre-mer départementale» (Mayotte) et une «collectivité d'outre-mer territoriale» (Saint-Pierre-et-Miquelon). |
De plus, depuis le 14 juillet 2007, les îles de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin ne font plus partie des communes de la Guadeloupe. Elles ont cessé d’appartenir à la catégorie des DOM et sont érigées en «collectivité d'outre-mer» (COM) et quittent également l’Union européenne. Ces nouvelles collectivités d'outre-mer assument maintenant les compétences qui étaient hier exercées par les communes de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin ainsi que par le département et la région de la Guadeloupe.
Les départements ou territoires français d'outre-mer français représentent seulement de 23 % de la superficie totale de la République française, mais 93 % des 11 millions de kilomètres carrés de la zone économique exclusive (ZEE) de la France. Parce que les territoires d'outre-mer font partie intégrante de la France, celle-ci est voisine du Canada, des États-Unis, du Brésil, de l'Australie et de Madagascar, ce qui lui donne voix au chapitre presque partout. Grâce à ces territoires d'outre-mer, la France demeure une grande puissance maritime dans le monde. Il est manifeste que ces territoires d’outre-mer sont essentiels à l'influence de la France, en raison de leurs intérêts politiques, économiques, stratégiques, militaires, scientifiques, etc. On peut comprendre pourquoi la France désire conserver et maintenir ces territoires sans lesquels elle serait une puissance de seconde zone dans le monde d’aujourd’hui. De plus, en tant que pilier de la Francophonie, la France agit aussi comme une sorte de «club» à l'intérieur de l'ONU. Et son influence passe par l'Agence France-Presse qui diffuse en plusieurs langues (français, anglais, allemand, russe, espagnol, portugais et arabe).
La population de la France était de 58,6 millions en 1998, mais estimée à 61,4 millions en juillet 2004. La majorité (82 %) des Français parlent le français comme langue maternelle, mais on compte un certain nombre de «minorités historiques» dont les membres parlent une «langue régionale» comme langue maternelle (voir à ce sujet la carte des parlers régionaux).
En France, les expressions telles que minorités nationales, minorités historiques et langues minoritaires sont exclues du vocabulaire «politiquement correct» français et du discours officiel, mais l’expression langues régionales est d’usage courant, ce qui les différencie des «langues étrangères» et des «langues immigrantes». Officiellement, que le français n'est pas «la langue d'un groupe distinct des autres», mais celle de tous les multiples groupes qui vivent et parlent en France. Autrement dit, il n'y a pas de «minorités» en France, puisque tous les individus sont des Français. En 1977, alors qu'il était maire de Paris, le futur président Chirac avait fait cette déclaration au journal Le Monde: le 3 septembre 1977) en employant les mots «minorités» et «phénomène minoritaire», mais ce n'est guère courant:
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À cet égard, le problème le plus délicat qui reste à résoudre au sein de la nation française est celui du droit à l'identité et à l'expression culturelle des minorités. À juste titre, notre système démocratique ignore le phénomène minoritaire. Un Français vaut un Français, quelle que soit sa personnalité propre ou son identification collective. |
Évidemment, il est habile d'affirmer qu'il n'y a pas de «minorités» sur son territoire, ce qui implique qu'il n'est pas nécessaire de les protéger. De plus, pour bien des politiciens français, les langues régionales auraient perdu de toute façon leur statut de langue maternelle, car elles ne seraient plus parlées; pour ces politiciens, il s'agit là de «langues apprises» (des langues secondes) et dont les structures grammaticales auraient été largement modifiées «afin de répondre à des impératifs politiques autonomistes, voire séparatistes». Voilà, le problème est réglé! Par ailleurs, comme la plupart des langues régionales ne sont réellement «maternelles» que pour les personnes déjà très âgées et en milieu rural... on comprend que la Nation ne soit pas très motivée à réagir et à revendiquer des droits linguistiques.
Cette conception française des langues régionales est le résultat d’une uniformisation linguistique toujours présente non seulement dans l’Administration, mais encore dans l’esprit de nombreux fonctionnaires et d’une bonne partie de la population. C'est pourquoi beaucoup de Français seraient eux-mêmes surpris d’apprendre que leur pays est, après l’Italie, le pays d’Europe occidentale qui compte le plus grand nombre de «langues minoritaires» sur son territoire.
En réalité, seuls les militants des partis nationalistes à base ethnique revendiquent un statut de «minorités opprimées», mais c'est infiniment marginal et le fait, le plus souvent, de fonctionnaires, surtout en éducation, trop heureux d'avoir la subsistance assurée par l'État «colonisateur». Comme les politiques savent que ces revendications n'ont aucun écho dans la masse de la population, elles n'ont pratiquement aucune chance d'aboutir à des réalisations concrètes.
2.1 La question des recensements linguistiques
Comme il n’existe pas de recensement linguistique officiel en France, il faut se reporter sur des données approximatives transmises par diverses associations, ce qui est en soi un indice du faible intérêt que portent aux langues régionales, depuis longtemps, les dirigeants français. En juillet 1998 et en avril 1999, deux rapports sur les langues régionales furent remis successivement au gouvernement français. Le premier, celui de Bernard Poignant, maire de Quimper, ne nous permet pas de recenser le nombre des locuteurs des langues régionales. Il dresse néanmoins la nomenclature des langues régionales parlées sur l’ensemble du territoire métropolitain; le rapport «Langues et cultures régionales» de B. Poignant a surtout le mérite de nous présenter un tableau de la situation de ces langues employées dans l’enseignement et les médias. Quant au rapport de Bernard Cerquiglini (avril 1999), directeur de l'Institut national de la langue française (CNRS), il ne nous informe pas plus sur le dénombrement des locuteurs des langues régionales. À ce sujet, l’auteur semble affirmer presque à regret ce qui suit au sujet des «langues régionales» (qu'on n'hésiterait pas à appeler dans un autre pays «langues minoritaires»):
| En tant que linguiste, le rapporteur ne peut s'empêcher de noter combien faible est notre connaissance de nombreuses langues que parlent des citoyens français. Il se permet de suggérer que la France se donne l'intention et les moyens d'une description scientifique de ses langues, aboutissant à une publication de synthèse. La dernière grande enquête sur le patrimoine linguistique de la République, menée il est vrai dans un esprit assez différent, est celle de l'abbé Grégoire (1790-1792). |
Cela dit, M. Bernard Cerquiglini a retenu 75 langues différentes considérées comme des «langues régionales» (voir à ce sujet la carte des parlers régionaux). Cependant, en 2008, les 75 langues inventoriées par Bernard Cerquiglini sont passées à 79 dans un texte de la ministre de la Culture et de la Communication devant le Sénat: l'occitan (-1) a été remplacé par chacune de ses composante, soit l'auvergnat, le gascon, le languedocien, le limousin et le provençal (+5). Or, cette «richesse exceptionnelle» du patrimoine linguistique est reliée en partie à l'appartenance à la France de départements et de territoires d'outre-mer. En effet, les deux tiers de ces langues, soit 51 au total, sont parlées principalement dans les DOM-TOM. Néanmoins, la publication en mars 2003 du volume Les langues de France (Presses Universitaires de France), sous la direction de Bernard Cerquiglini, donne un aperçu d'un dénombrement partiel de la plupart des langues régionales non seulement dans l'Hexagone, mais aussi dans les DOM-TOM (appelés aujourd'hui DOM et COM). C'est à partir de ces sources que nous pourrons nous baser pour présenter le nombre (approximatif) des locuteurs des langues régionales.
En guise de rappel, l'internaute est prié de consulter le TABLEAU récapitulatif des langues régionales de France. Il s'agit des 24 langues régionales parlée sur le territoire français (Hexagone) et répertoriées en 1999 par Bernard Cerquiglini, directeur de l'Institut national de la langue française (CNRS), dans un rapport remis au ministre de l'Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie, ainsi qu’à la ministre de la Culture et de la Communication.
2.2 Le classement des langues régionales
N'oublions pas que les langues régionales de France sont nombreuses et qu'on peut les classer en fonction de leur origine «génétique». La plupart proviennent du latin (les langues d'oïl, l'occitan et ses variétés, le catalan, le franco-provençal et le corse), d'autres du germanique initial (francique, flamand, alsacien) ou du celtique (breton); seul le basque est une langue isolée (famille basque). On distingue les langues gallo-romanes (langues d'oïl et langues d'oc) et les langues non gallo-romanes, mais le catalan et le corse demeurent des langues romanes. On peut également consulter une carte historique représentant les aires linguistiques de toutes les langues de France en cliquant ICI. On constatera que les langues non gallo-romanes parlées au nord-est et au sud font partie d'une autre aire linguistique (langues germaniques, catalan et basque).
Selon la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), les langues de France sont «les langues régionales ou minoritaires parlées traditionnellement par des citoyens français sur le territoire de la République, et qui ne sont langue officielle d’aucun État.» On peut les désigner comme «régionales» ou «non territoriales», mais elles constituent un bien commun et une partie du patrimoine de l’humanité.
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Les rapports
Poignant (1998) et
Cerquiglini (1999) mentionnent précisément
l’alsacien, le basque,
le breton, le catalan,
le corse, le
francique, le flamand
occidental,
le franco-provençal, l’occitan
ou langue d'oc (partagé entre le gascon, le languedocien, le provençal, l'auvergnat-limousin et
l'alpin-dauphinois)
et huit langues d'oïl: le franc-comtois,
le wallon, le picard,
le normand, le gallo,
le poitevin, le saintongeais
et le
bourguignon-morvandiau (voir
la carte des langues d'oïl).
Les «langues transfrontalières» sont les suivantes: l'alsacien, le francique (souvent lorrain sur les cartes), le basque, le catalan, le flamand (occidental) et le franco-provençal. On peut consulter le TABLEAU récapitulatif des langues régionales de France. Beaucoup de ces langues régionales sont considérées comme des «langues en péril», c'est-à-dire en voie d'extinction, sauf pour l'alsacien, le breton et le catalan. |
À ces langues dites «historiques» (voir à ce sujet la carte des parlers régionaux) s’ajoutent des langues immigrantes telles que le berbère, l’arabe dialectal, le yiddish, le tsigane (ou romani chib) et l’arménien occidental. Évidemment, exception faite des minorités immigrantes très récentes, tous les Français parlent aussi la langue nationale en tant que langue seconde.
Le problème fondamental réside surtout dans le nombre des locuteurs de toutes ces langues, les sources non officielles ayant la fâcheuse tendance à se contredire et à présenter des données statistiques souvent discordantes. En guise de référence, nous allons nous servir des données relevées en 1999 par l’Agence France-Presse en ce qui a trait aux langues régionales plus importantes (voir la carte) en usage sur le territoire de la Métropole:
| Alsacien | environ 900 000 locuteurs sur 1,7 million d'habitants. |
| Breton | 172 000 locuteurs sur 1,5 million d'habitants, dans la zone dite bretonnante (Finistère, une partie des Côtes d'Armor et du Morbihan) contre 1,2 million au début du siècle. |
| Langue d'oc | 2 millions de locuteurs, sur 13-14 millions d'habitants, contre 10 millions en 1920. |
| Basque | 40 000 locuteurs sur 260 000 habitants; près de 100 % de la population parlait la langue au début du siècle. |
| Corse | entre 100 000 et 150 000 locuteurs sur 250 000 habitants; près de 100 % de la population parlait corse au début du siècle. |
| Catalan | 34 % de la population des Pyrénées Orientales (370 000 habitants) ont déclaré le parler, dans une enquête récente; parmi ces 34 %, quelque 17 % ont déclaré le parler «bien». |
On peut consulter aussi le tableau des langues régionales en cliquant ICI, s.v.p.
On compte en France trois langues régionales d’origine germanique: l’alsacien, le francique et le flamand du Westhoek (ou flamand occidental).
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- L’alsacien
(ou Elsässerditsch),
qui fait partie des langues alémaniques, est parlé par environ 900 000
locuteurs en Alsace (sur
une population régionale — Haut-Rhin et Bas-Rhin — de 1,7 million d’habitants).
Le sondage DNA/CSA Opinion de 1998 révèle qu'un Alsacien sur deux
déclare parler couramment l'alsacien («dialecte parlé couramment»). Au point de vue historique, l’alsacien
appartient à l’«allemand supérieur» (l’Oberdeutsch), parce qu'il
s’agit de langues ou de dialectes généralement en usage dans les régions
montagneuses de la partie méridionale de l’Allemagne. Voir à ce sujet la
carte
des dialectes allemands. - Le francique mosellan (ou francique de Moselle: Lothringer Platt ou Lothringer Deitsch) fait partie des parlers franciques de l’Ouest (le Westmitteldeutsch) et était parlé par quelque 360 000 locuteurs en 1962; Une enquête effectuée par l'Institut national des études démographiques, dans le cadre du recensement de 1999, confirme le recul du francique, qui compterait encore 78 000 locuteurs dans le département de la Moselle (no 57), notamment dans la région de Thionville et l'extrême-nord du département (Sarreguemines-Bitche). On y distingue le francique luxembourgeois, le francique mosellan et le francique rhénan. La langue semble se transmettre de moins en moins chez les jeunes générations, puisque seulement 20 % des jeunes de moins de 15 ans la parlerait. Cette langue serait donc particulièrement en grand danger de disparition. |
Les dialectes franciques font partie du moyen allemand : francique rhénan (lorrain), hessois, francique mosellan, luxembourgeois, francique ripuaire, thuringien et haut-saxon. Trois formes de francique sont parlées en France (Moselle): le francique mosellan (dans le «pays de Nied»: Bouzonville et Boulay); le francique rhénan (du bassin houiller jusqu'à l'Alsace) et le francique luxembourgeois (dans le «pays thionvillois»: Thionville, Sierck-les-Bains, Cattenom et la vallée de la Fensch, ainsi que dans le grand-duché de Luxembourg, la région belge d'Arlon et certaines régions allemandes du Land de Sarre à la frontière ouest, au nord d'Echternach, dans les arrondissements de Prüm et de Bitburg. N'oublions pas que l'aire du francique est coupée en deux par la frontière linguistique séparant les langues romanes et germaniques. En France, les locuteurs du francique disent parler le platt (mir redde platt : «nous parlons le platt»), même si celui-ci ne coïncide pas avec le Platt Deutsch d'Allemagne. Ils n'emploient jamais le mot fränkisch dans l'expression mir redde fränkisch («nous parlons le francique»).
Quant au francique ripuaire, il n'est pas parlé en France, mais dans la région allemande de Cologne (Dusseldorf et Bonn) et dans les cantons belges germanophones, son aire d'influence s'étendant essentiellement dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, avec quelques influences mineures sur le nord du Land de Rhénanie-Palatinat et la région d'Eupen en Belgique. On peut consulter une carte linguistique de toutes les variétés de francique (France, Luxembourg, Belgique et Allemagne) en cliquant ICI, s.v.p.
Les dialectes franciques (rhénan, mosellan, luxembourgeois, ripuaire, etc.) sont liés par des éléments communs issus du francique initial, une ancienne langue germanique parlée par les Francs qui ont conquis les Romains en Gaule au Ve siècle. Le francique demeure donc un vestige linguistique des Francs qui ont fondé la France, même s'il est peu probable que ce soit la même langue. En effet, la langue du roi Clovis et de sa cour était le «francique salien», un francique plus proche du francique ripuaire, dont il n'existe pas de trace en France. Néanmoins, l'influence francique a été considérable en français, et cette langue (incluant ses variantes) a laissé quelque 400 mots encore en usage aujourd'hui.
- Le flamand (flamand occidental), appelé le flamand du Westhoek, est utilisé par environ 20 000 ou 40 000 locuteurs dans le département du Nord (no 59) de la France (région de Dunkerque), sur une population près de quatre millions d'habitants. En réalité, il est très difficile de savoir exactement combien de locuteurs parlent le flamand: les chiffres varient de 30 000 à 100 000 locuteurs (dans les visions les plus optimistes) et on ignore tout du degré de connaissance de la langue. Le flamand encore parlé en France est un dialecte du néerlandais associé au flamand occidental (le West-Vlaams); il est également parlé en Flandre et aux Pays-Bas (voir la carte linguistique à ce sujet). Le flamand du Westhoek est aujourd’hui en nette régression.
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Le
breton
(appelé brezoneg ou brezhoneg) est la
seule langue celtique parlée en France. Selon l'Institut TMO Région, 172 000
locuteurs parleraient actuellement le breton, contre 246 000 en 1999. Il
s'agit d'une population totale de 1,5 million d’habitants dans la «zone
bretonnante» de l’Ouest appelée Basse-Bretagne
ou Breizh Izel. À l’est, se trouve la partie francophone dite
Haute-Bretagne (ou Breizh Uhel) appelée également «le pays gallo»,
où l'on parle le gallo et le français. On considère généralement
qu'il existe quatre variétés de breton: 1) le léonais
(au nord-ouest); 2) le trégorrois
(au nord-est); 3) le cornouaillais
(au sud-ouest); 4) le vannetais
(au sud-est). Les jeunes ne savent pratiquement plus le breton, car deux
bretonnants sur trois se situent dans la catégorie des plus de 60 ans. Le breton a pour origine le gallois et le cornique, introduits au Ve siècle par les immigrants venus du pays de Galles et de Cornouailles (dans l’île de Grande-Bretagne), après l’invasion de la Grande-Bretagne par les Saxons. Le breton reste l'une des quatre langues celtiques qui subsistent encore aujourd'hui, avec le gallois, l'irlandais et l'écossais, le gaulois, le mannois et le cornique étant éteints (malgré les efforts de restauration pour le mannois et le cornique). |
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Le
basque appartient
à une famille linguistique isolée (famille basque) et
est parlé en France par quelque 67 000 locuteurs sur une population de 260 000
habitants. Les Basques sont répartis en Espagne et en France, soit dans sept
provinces historiques. Pour la France, les Basques habitent le département
des Pyrénées-Atlantiques (no 64), qui comprend les provinces du Labourd, de la
Basse-Navarre et de la Soule. Quant à la langue basque, elle se compose de plusieurs variétés dialectales dont les plus importantes sont, pour la France, le labourdin et le bas-navarrais, pour l’Espagne, le guipúzcoan, le biscayen et le haut-navarrais. |
Alors que la plupart des Basques espagnols reçoivent un enseignement en basque, seulement 20 % des enfants basques-français apprennent cette langue dans les écoles primaires (deux à trois heures hebdomadaires).
Le corse est une langue romane apparentée au groupe italien (groupe italo-roman) et est parlé par moins de 150 000 locuteurs sur 250 000 habitants (dans l'île de Corse, une collectivité territoriale spécifique). Cette langue a longtemps été considérée comme une forme dialectale de l'italien. Bien que le corse ait subi une forte influence du toscan, il est apparu dans l'histoire avant la naissance de l'italien standard, ce qui en fait une langue bien distincte, et ce, d'autant plus que son vocabulaire comporte une part importante de mots d'origine ligure. Aujourd’hui, le corse demeure la seule des langues minoritaires «françaises» à bénéficier d'un statut particulier, lui-même étroitement lié au statut administratif de l'île. En 1999, quelque 20 % des élèves scolarisé en corse ont passé l'épreuve de corse à l'examen. À l’extérieur de l'île de Corse, l’enseignement de cette langue est dispensé dans les villes d’Aix-en-Provence, Marseille, Nice et Paris.
On peut lire la page Web qui est consacrée exclusivement à la Corse en cliquant ICI, s.v.p.
La langue d'oc, tout comme le français, fait partie des langues romanes, toutes issues du latin populaire. Le mot «occitan» est une francisation savante du latin occitanus, alors que la forme populaire française aurait été «occitain» (1886). Il semble que «occitanus» ait été formé parallèlement avec «aquitanus». L'écrivain Frédéric Mistral, pour sa part, écrivait «óucitan».
- Les catégories de Dante
L'une des premières attestations de l'expression langue d'oc est attribuée à l'écrivain florentin Dante Alighieri (1265-1321). Dans son De Vulgari Eloquentia («De l'éloquence vulgaire») rédigé vers 1305 en latin, celui-ci classait les trois langues romanes qu'il connaissait d'après la façon de dire oui dans chacune d'elles (par exemple, oïl, oc, si), d'où la distinction «langue d'oc» (< lat. hoc) au sud et «langue d'oïl» (< lat. hoc ille) au nord, pour ensuite désigner les parlers italiens (sì < lat. sic). Le célèbre Florentin distinguait dans leur façon de dire «oui» les trois grandes branches des langues romanes (issues du latin) connues: «Nam alii Oc; alii Oil, alii Sì, affirmando loquuntur, ut puta Yispani, Franci et Latini», ce qui signifie «les uns disent oc, les autres oïl, et les autres si, pour affirmer, par exemple, comme les Espagnols, les Français et les Latins». Dante ajoute aussi :
| Istorum vero proferentes oc meridionalis Europe tenent partem occidentalem, a Ianuensium finibus incipientes. Qui autem sì dicunt a predictis finibus orientalem tenent, videlicet usque ad promuntorium illud Ytalie qua sinus Adriatici maris incipit, et Siciliam. Sed loquentes oil quodam modo septentrionales sunt respectu istorum: nam ab oriente Alamannos habent et ab occidente et settentrione anglico mari vallati sunt et montibus Aragonie terminati; a meridie quoque Provincialibus et Apenini devexione clauduntur. | [Ceux qui disent «oc» tiennent la partie occidentale de l’Europe, à partir des frontières des Génois. Ceux qui disent «si» tiennent la partie orientale de ces frontières, soit jusqu’à ce promontoire d’Italie, d’où commence le golfe de la mer Adriatique jusqu’à la Sicile. Et ceux qui disent «oïl» sont en quelque sorte septentrionaux par rapport à ceux-ci; ils ont en effet les Allemands à l’orient, ils sont protégés au septentrion et à l’occident par la mer anglaise ou gauloise, et ils sont bornés par les montagnes d’Aragon; au sud, ils sont enfermés par les Provençaux et la courbe des Apennins.] |
Ces termes sont employés par Dante pour désigner respectivement les Espagnols (oc), les Français (oïl) et les Italiens (sì). Pour lui, les Franci (Français) qu'il situe au nord des montagnes d'Aragon, donc à partir de la Navarre, parlent le français d'oïl, ce qui, on le sait aujourd'hui, étend considérablement l'aire linguistique des langues d'oïl. De plus, lorsque Dante affirme que les Yispani (Espagnols) disent «oc», il fait allusion uniquement au royaume d'Aragon, ce qui correspondait aux Aragonais («Aragoniae») et aux Catalans qu'ils associait aux Espagnols. À cette époque, les Catalans employaient «oc» (jusque vers 1500) et ils se sont ensuite castillanisés en adoptant «si», comme les Castillans.
Dans un passage de Vita Nuova («Vie nouvelle»), Dante opposait
déjà (vers 1293) la littérature catalane de «lingua d'oco» à celle en italien de langue
«di sì». Dante parlait donc de
littérature: il avait en haute estime la langue italienne
(florentin) et, dans Il Convivio
(«Le Banquet», vers 1303-1304), il reprochait à ses
compatriotes — «a perpetuale infamia»
— de préférer des langues vulgaires
«di lingua d'ocho» (de langue d'oc)
comme le provençal («prouenza»). Il considérait que l'italien («lo
parlare italicho» était plus précieux et plus beau que le
provençal.
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Or, «provençal» est le nom donné par Dante à la langue employée dans la célèbre Chronique de Jacques Ier d’Aragon, dit le Conquérant (catalan : "Jaume I el Conqueridor"), comte de Barcelone et seigneur de Montpellier, une chronique littéraire rédigée en catalan et connue comme le Livre des faits (catalan: Llivre dels feïts). Ce livre était célèbre en Italie, comme d'ailleurs les chansons des troubadours provençaux. Dante a totalement ignoré le castillan des Espagnols pour lesquels oui se disait sí, alors que les Catalans et les Aragonais employaient oc. Dans ces conditions, il devient difficile de distinguer à l'écrit le sì de l'espagnol et le sí de l'italien. Bref, le point de vue de Dante était littéraire et teinté de partialité. Pour le grand écrivain florentin, il n'existait alors que trois langues littéraires issues du latin:
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Si Dante ne s'est pas trompé pour désigner l'aire linguistique des langues italiennes, il a considérablement erré en ce qui concerne les langues d'oïl et d'oc en France et en Espagne. Néanmoins, les termes oïl, oc et si utilisés par Dante ont connu beaucoup de succès, bien que ces termes ne recouvrent pas les mêmes aires linguistiques ni les mêmes régions que pour nous. Dante n'était pas linguiste et il n'avait pas les connaissances qui se sont développées depuis la fin du XIXe siècle. On peut consulter aussi le texte «Les domaines d’oc, si et oïl, selon Dante» de MM. Jean Lafitte et Guilhem Pépin, en cliquant ICI, s.v.p.
Heureusement que d'autres termes ont servi à désigner cette langue d'oc: roman, limousin, provençal, gascon, catalan, etc., mais le mot provençal semble avoir été plus populaire. C'est à partir du milieu du XIXe siècle que le mot occitan a commencé à désigner l'ensemble des langues d'oc. Il existe aujourd'hui une controverse en France au sujet de l'emploi du singulier ou du pluriel pour l'expression «langue d'oc» / «langues d'oc». Dans le premier cas, on considère qu'il n'existe qu'une seule langue d'oc, l'occitan; dans le second, plusieurs (limousin, provençal, gascon, languedocien, etc.). Cette controverse semble plus idéologique — l'unicité de la France — que vraiment linguistique, mais les partisans de l'unicité de la langue occitane semblent les plus nombreux.
- La répartition de l'occitan
L'aire linguistique de l'occitan comprend pratiquement le tiers de la France, c'est-à-dire un territoire très vaste dans toute la partie sud du pays. Au point de vue du découpage administratif, l'occitan englobe les départements suivants (voir la carte):
- Série ne concernant que le gascon: Pyrénées-Atlantiques (sauf le Pays basque), Hautes Pyrénées, Gers, Landes et Gironde (à l'exception de la Grande et de la Petite Gavacherie);
- Série partagée entre le gascon et le languedocien: Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne, Haute-Garonne et Ariège;
- Une faible partie des Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Tarn, Aveyron, Lot; Dordogne (sauf quelques communes de l'ouest); Corrèze; Haute-Vienne (sauf l'extrême-nord); une partie de la Charente; plus de la moitié orientale de la Creuse, Puy-de-Dôme (à l'exception de quelques communes du Nord-Ouest); quelques communes de l'Allier autour de Gannat; une région au sud-ouest de la Loire, autour de Saint-Bonnet-le-Château; Cantal; Haute-Loire, Lozère, Gard; Ardèche (sauf dans la partie nord), le sud-est de l'Isère; Drôme (sauf le nord du département); Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence, Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Var et Alpes-Maritimes.
Hors de France, l'occitan dans sa variété gasconne est parlé dans le Val-d'Aran (en Catalogne, Espagne); le provençal et le provençal alpin sont parlés dans quelques vallées alpines italiennes de Torino et Cuneo (Piémont), ainsi que dans la principauté de Monaco (excepté les quartiers ligures de la capitale).
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La langue d'oc est fragmentée
linguistiquement entre le gascon
(appelé aranais en Espagne), le
languedocien, le provençal, l’auvergnat-limousin et l’alpin-dauphinois (voir la carte
linguistique détaillée des variétés occitanes). L'auvergnat et le limousin sont considérés généralement comme
deux dialectes différents. Le vivaro-alpin,
une appellation controversée, est la variété de occitane du Nord parlée
dans une partie du Velay, le nord du Vivarais, le Dauphiné méridional et
les Alpes (de langue occitane) en France et en Italie (noter que le
bas-vivarois, occitan du Nord lui aussi, est du languedocien cévenol du
Nord). Ceci étant dit, l'expression «auvergnat-limousin» de
M. Cerquiglini ne paraît pas
vraiment gênante, puisque personne n'oserait affirmer parler
«l'auvergnat-limousin», mais l'auvergnat et/ou le limousin.
Certains linguistes croient que ces différentes formes d'occitan sont relativement intelligibles entre elles. D'autres, comme le linguiste Jean Lafitte, considèrent que l'intercompréhension n'est pas si aisée et qu'elle repose sur une idéologie bien plus politique que sur les résultats d'études sérieuses. |
Rappelons que même l'écrivain Frédéric que Mistral (1830-1914) a éprouvé le besoin de traduire en provençal un conte gascon de Jean-François Bladé («Lou mau-parlant in Armana prouvençau», de 1868). Quoi qu'il en soit, un Provençal comprendra difficilement un Gascon sans apprentissage (dont la langue est la plus différenciée du groupe), tout en lui trouvant un petit accent «exotique» (le [f] en [h] aspiré), quelques tournures imagées, mais compréhensibles (pr'amor à la place de perqué) ou encore de rares mots issus par inversion de consonnes (craba au lieu de cabra). On peut consulter une petite liste de mots occitans pour des fins de comparaison en cliquant ICI.
- Le nombre des locuteurs
Il est difficile de déterminer avec précision le nombre des occitanophones, mais ceux-ci peuvent être estimés à environ deux millions de locuteurs (la plupart étant âgés de plus de 50 ans) sur une population locale de 14 à 15 millions d’habitants, dont entre 700 000 et un million de locuteurs (passifs compris) pour le seul provençal. Compte tenu de la «désoccitanisation» des villes de grande et moyenne importance, il est vraisemblable de fixer à environ deux à trois millions de locuteurs ayant, à des degrés variables, une certaine connaissance de l'occitan. L'occitan est la principale langue d'enseignement dans quelques écoles primaires (les Calandretas) et une matière facultative dans d'autres. L'occitan n'est jamais employé dans l'administration française et dans les rapports de celle-ci avec les citoyens. Il est permis d'utiliser les noms de famille en occitan, mais les réticences demeurent encore très fortes en ce qui a trait à l'occitanisation des toponymes officiels, des panneaux de signalisation routière et des affiches et communications des services publics.
- Les problèmes de classement
Dans le groupe occitan, on classe parfois le catalan. En fait, jusqu'au Moyen Âge, ces deux langues (l'occitan et le catalan) ne faisaient qu'une: ce sont des destins politiques différents et deux rattachement à des blocs dominants opposés qui les ont fait évoluer chacune de leur côté. Ce n'est qu'en 1934 que les intellectuels catalans ont fini par proclamer solennellement que le catalan était distinct de l'occitan. C'est pourquoi, aujourd'hui, on a plutôt tendance à en faire deux groupes distincts, mais certains linguistes placent délibérément le catalan au nombre des «langues d'oc» (au pluriel). Ainsi, ce sont souvent des raisons politiques qui servent de critère pour classer les langues. Du point de vue strictement linguistique, le catalan est plus proche de l’occitan qu’il ne l’est du castillan (espagnol); par ailleurs, l’occitan est plus proche du catalan que du français. Peu importe les classements officiels et non officiels, il existe néanmoins une bonne intercompréhension entre les locuteurs du catalan et ceux de l'occitan.
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Le catalan est une langue romane parlée par quelque 126 000 locuteurs sur une population 370 000 habitants dans le département des Pyrénées-Orientales (no 66). Cette langue a acquis un statut officiel dans la principauté d’Andorre et en Espagne (Catalogne, Pays valencien et Baléares) où l'on retrouve cette aire linguistique. Le catalan forme un groupe particulier parmi les langues romanes, bien que historiquement catalan et occitan ont déjà constitué une seule et même langue. En France, le catalan est principalement parlé dans ce qu'on appelle la Catalogne du Nord (Catalunya del Nord), tout autour de Perpignan. La variante géographique du catalan parlée en France a été traditionnellement connue sous le nom de catalan septentrional ou plus souvent roussillonnais. |
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La Catalogne du Nord ou Catalunya
del Nord (par opposition à
la Catalogne du Sud), plus souvent
appelée le Roussillon, correspond globalement à l’actuel
département des Pyrénées-Orientales,
bien que la région des Fenouillèdes (Fenolleda) et celle des
Corberes, toutes deux situées au nord; elle est
occitane et faisait partie à l'origine du
Languedoc. Cette région compte sept zones géographiques (d'ouest en
est): l'Alta
Cerdanya (Haute-Cerdagne), le Capcir, le Conflent, le Vallespir,
le Rosselló (Roussillon), les Aspres
et
les Corberes (Corbières). Bien que
le catalan soit considéré comme une des langues régionales de France,
il ne bénéficie d'aucun statut juridique spécifique.
Perpignan (Perpinyà
en catalan) est la capitale de la Catalogne du Nord. On peut consulter une page particulière consacrée à la description et à l'histoire de la langue catalane en cliquant ICI, sv.p. |
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Le
franco-provençal (lire
le texte de Manuel Meune à ce sujet)
est une autre langue romane parlée à l'origine dans
les régions qui s'étendaient des environs de Neuchâtel en Suisse jusqu'au
sud de l'Isère et de la Savoie (France), en passant par le
Val-d'Aoste en
Italie. Cette langue, ou l'une de ses variétés, est encore parlée dans
certains villages
de la région Rhône-Alpes, ainsi que dans les
canton de Fribourg et du
Valais et dans le
Val-d’Aoste. Sauf pour le Val-d’Aoste (et encore!), il
est difficile de connaître le nombre exact des locuteurs de cette langue en
France même. On
estime le nombre de ses locuteurs à environ 60 000, la plupart âgés de
plus de 60 ans, pour une population totale de quelque six millions d'habitants. La langue est en voie d'extinction en
France et en Suisse, mais elle est demeurée vivante jusqu'à récemment au Val-d'Aoste
(Italie). Le nombre total des locuteurs du franco-provençal pourrait
être d'environ 150 000 (voir le
tableau). Dans ce dernier cas, l'absence de recensement linguistique depuis 1921 masque certainement la réalité. Il est donc possible que le franco-provençal ne soit plus une langue utilisée par beaucoup de locuteurs, même au Val-d'Aoste où il est réputé avoir survécu. Le sondage de la Fondation Émile-Chanoux de 2001 révèle qu'environ 5 % des Valdôtains utilisent le franco-provençal comme langue maternelle (patois confondus), alors qu'il n'est parlé que par 7 % des habitants de la vallée. |
Si cette tendance devait continuer — ce qui est probable —, le franco-provençal du Val-d'Aoste serait sur la voie de l'extinction d'ici une décennie. Théoriquement, en France, le franco-provençal serait encore parlé dans la plus grande partie du Dauphiné, dans le Lyonnais, le Forez, la Savoie, le Bugey, la Bresse, le sud de la Franche-Comté.
Le terme de franco-provençal a été créé au XIXe siècle par un linguiste italien du nom de Ascoli qui, le premier, a identifié cette langue (franco-provenzale) comme un ensemble linguistique spécifique. Le terme est parfois contesté et semble relativement impropre dans la mesure où il cette langue n'est même pas en contact à proprement parler avec le provençal et n'a pas grand-chose à voir avec le français. Le franco-provençal est plus proche des langues d'oïl que de la langue d'oc. On utilise parfois les termes savoyard, dauphinois, lyonnais, bressan, forézien et arpitan (en France, de ar-, signifiant «montagnes» ou «rochers», de pe au sens de «sous» et de tan signifiant «pour»: la langue de celui qui vit au pied des montagnes), romand, valaisan, fribourgeois (en Suisse), valdôtain (en Italie) ou assez généralement le mot patois (partout), ce qui, en ce cas, ne désigne pas particulièrement le «franco-provençal».
Par ailleurs, il existe une tendance à remplacer le terme de franco-provençal avec trait d'union (comme dans toute graphie française du type franco-québécois, franco-américain ou anglo-américain) par celui de francoprovençal sans trait d'union, ceci pour éviter la fréquente confusion qui amène à penser que les idiomes de ce type (savoyard, valdôtain, etc.) forment un «mélange» de français et d'occitan (provençal), alors qu'elles constituent un groupe linguistique roman distinct. Autrement dit, la graphie francoprovençal (sans trait d'union) ne repose pas sur une règle typographique, mais idéologique. Tout au cours de son histoire, le franco-provençal est resté une langue essentiellement orale.
Pour prendre la mesure de sa diversité, on peut consulter quelques textes illustrant diverses variantes du franco-provençal:
- France: la variante bressane (Bresse), la variante bugiste (Bugey), la variante dauphinoise (Dauphiné), la variante forézienne (région historique du Forez) et la variante lyonnaise (Lyon);
- Italie: la variante valdôtaine (Val-d'Aoste, Italie);
- Suisse: la variante genevoise† (Genève), la variante gruérienne (Fribourg), la variante vaudoise (Vaud), la variante neuchâteloise† (Neuchâtel) et la variante valaisanne (Valais).
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Il est malaisé de parler des «langues
d'oïl» en raison de notre ignorance en général à leur sujet et du
fait que le français en est issu. Les locuteurs des langues
d’oïl (voir la carte) sont aujourd’hui peu
nombreux en France et la plupart de ces idiomes ont pratiquement disparu.
Il sont associés maintenant à des parlers français régionaux.
Autrement dit, certains parlers régionaux tels que le picard (au nord, près de la Belgique), le gallo (à l'ouest, près de la Bretagne), le poitevin, le saintongeais, le normand, le morvandiau, le champenois, et d'autres encore (wallon, lorrain, franc-comtois, bourguignon), constituent aujourd’hui des formes régionales du français. Ces parlers — en réalité des langues — sont relativement intelligibles entre eux: un locuteur de l'orléanais comprend assez bien un locuteur du tourangeau et un Québécois comprendrait encore plus facilement un locuteur du normand, si tant est qu'il en rencontre un! |
Dans certains établissements d'enseignement, ces parlers régionaux bénéficient d'un horaire spécifique sous l’appellation de «langues régionales». Il n’existe pas de statistiques sur le nombre de ces locuteurs, mais une enquête de l'INSEE estime à 204 000 pour l'ensemble des locuteurs de ces langues. On peut consulter aussi la carte de Mikael Parkvall intitulée La France dialectale.
Une enquête de l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques), publiée le 21 février 2002 et intitulée Langues régionales, langues étrangères: de l'héritage à la pratique, montre que la place du français progresse continuellement et que les autres langues, surtout régionales, se transmettent de moins en moins. Cette a été réalisée auprès de 380 000 personnes vivant «en Métropole» et porte sur les langues parlées aux gens pendant leur petite enfance. Ainsi, pour 74 % de l'ensemble des adultes, on ne leur a parlé qu'en français. Pour les 26 % restant, 10 % parlent habituellement le français et occasionnellement une autre langue, 2 % habituellement deux langues, 6 % habituellement une autre langue et occasionnellement le français et 8 % ne parlent pas le français du tout. L'étude montre également que les langues étrangères se transmettent mieux que les langues régionales. Parmi ces dernières, les plus en usage sont l'alsacien, le breton, le basque, le corse, le «Platt mosellan» et le catalan.
L'enquête de l'INSEE montre aussi que l'usage des langues régionales est l'apanage des générations nées avant 1940 et semble particulièrement fréquent chez les agriculteurs, mais très rare chez les cadres. La situation semble particulièrement critique pour le franco-provençal, le breton, le flamand et les langues d'oc, dont le nombre des locuteurs paraît avoir subi un recul très important, par rapport à la génération précédente; ces langues semblent se pratiquer entre adultes, sans être retransmises aux enfants. Par ailleurs, cette enquête révèle que, dans l'échantillonnage, près de 400 langues ont été identifiées.
L'enquête «Famille» de 1999 (de l'INSEE) montre que la plupart des langues régionales semblent avoir été transmises presque toujours de façon occasionnelle, en accompagnement du français, et plus souvent par un seul des parents. C'est particulièrement vrai de la «langue d'oc» et des «langues d'oïl», déjà en nette régression. Ces langues (voir la figure 1) ont accompagné l'enfance de très nombreux adultes, soit respectivement 610 000 à titre habituel et 1 060 000 à titre secondaire pour la «langue d'oc» (l'occitan et ses variétés : nissart, provençal, languedocien, rouergat, limousin, gascon, etc., 570 000 et 850 000 pour les «langues d'oïl» (picard, chtimi ou «patois du Nord», lorrain roman, normand, gallo de Bretagne, vendéen, bourbonnais, etc.). Quelque 280 000 personnes se souviennent d'avoir parlé, lorsqu'ils étaient enfants, le breton et 400 000 autres l'ont reçu «en complément du français». Avec le corse, le catalan ou les créoles (sachant que l'enquête est limitée à la Métropole), le breton figure parmi les langues dont la transmission était déjà plus souvent occasionnelle qu'habituelle, sans que le décalage soit toutefois aussi avancé que pour les langues d'oïl et d'oc. Le cas est différent avec l'alsacien, car il semble reçu plus souvent sur un mode habituel (660 000 personnes) qu'occasionnel (240 000). Rappelons que l'alsacien était encore, il y a une génération, la langue régionale la mieux transmise. De même, dans une bonne partie de la Moselle voisine, le francique (ou «Platt lorrain») était transmis habituellement dans la famille. Dans le reste de la France, seul le basque semble avoir connu une situation similaire.
Figure 1 -
Principales langues autres que le français reçues
dans l'enfance et retransmises à la génération suivante

La connaissance des langues régionales est généralement perçue par bien des Français comme peu utile pour l'avenir, étant donné leur manque de prestige. Malheureusement, il semble que l'intérêt pour ces langues importe beaucoup plus en raison de leur valeur culturelle et symbolique pour l'identité régionale que pour leur utilité pratique. Bref, l'État français aurait beaucoup de travail à faire pour redonner un certain souffle à ces langues qui font toutes partie du patrimoine français.
Distinguons les langues parlées dans les départements d'outre-mer (DOM) et celles parlées dans les territoires (TOM):

Rappelons que, depuis la réforme constitutionnelle de 2003, les DOM sont devenus techniquement des DROM (pour «Département et région d'outre-mer», mais DOM pour «Département d'outre-mer») et les TOM sont disparus, sauf pour les Terres australes, afin de faire place aux COM (pour «Collectivité d'outre-mer»). Quant à la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie, elles forment maintenant des POM (pour «Pays d'outre-mer» au sein de la République); la Polynésie française est néanmoins une «collectivité d'outre-mer», tandis que la Nouvelle-Calédonie a un statut provisoire de «collectivité spécifique» en attendant que, vers 2014, un référendum local décide de son indépendance ou de son maintien au sein de la République.
4.1 Les départements d'outre-mer (DOM)
Dans les départements d’outre-mer ou DOM (Martinique, Guadeloupe, La Réunion et Guyane: voir la carte cliquable) il faut d’abord distinguer les créoles à base lexicale française (créole martiniquais, créole guadeloupéen, créole guyanais et créole réunionnais), les créoles bushinengés (à base lexicale anglo-portugaise) de Guyane (saramaca, aluku, njuka, paramaca), les langues amérindiennes de Guyane (galibi ou kalina, wayana, palikour, arawak proprement dit ou lokono, wayampi et émerillon) ainsi que le hmong (parlé par les Laotiens).
4.2 Les «pays d'outre-mer» (POM)
Dans les pays d'outre-mer, on a recensé en Nouvelle-Calédonie 28 langues kanakes (groupe mélanésien de la famille austronésienne): nyelâyu, kumak, caac, yuaga, jawe, nemi, fwâi, pije, pwaamei, pwapwâ, dialectes de la région de Voh-Koné, cèmuhî, paicî, ajië, arhâ, arhö, ôrôwe, neku, sîchë, tîrî, xârâcùù, xârâgùrè, drubéa, numèè; nengone, drehu, iaai, fagauvea).
En Polynésie française, on a répertorié les langues polynésiennes suivantes: tahitien, marquisien, langue des Tuamotu, langue mangarévienne, langue de Ruturu (îles Australes), langue de Ra'ivavae (îles Australes), langue de Rapa (îles Australes).
4.3 Les collectivités territoriales (COM)
Dans l'océan Indien, à Mayotte on distingue le shimaoré (ou mahorais) et le shibushi, c'est-à-dire des langues comoriennes dérivées du swahili appartenant à la famille bantoue.
Dans le Pacifique, plus précisément l'archipel de Wallis-et-Futuna, mentionnons le wallisien et le futunien, des langues appartenant au groupe malayo-polynésien oriental de la famille austronésienne.
Les autres COM sont les suivantes: la Corse, l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, l'île de Saint-Barthélemy et l'île de Saint-Martin.
Pour une présentation plus exhaustive de toutes ces langues, il suffit de consulter le fichier DOM-TOM ou cliquer sur l’une des pages consacrées à la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane française, l’île de La Réunion, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, les îles Wallis-et-Futuna et l’île Mayotte.
La France actuelle compte beaucoup d'immigrants, ce qui les distingue des «vrais Français de souche». Il n'existe pas de statistiques officielles sur les populations immigrantes. Les statistiques françaises ne font pas la distinction entre un Mohamed né de parents ouvriers en banlieue de Paris et un Didier du XVIe arrondissement. Ce sont des Français!
5.1 Les étrangers
On estime à quelque 3,6 millions d'étrangers et 4,2 millions d'immigrants incluant les étrangers (69 %) et les personnes nées à l'étranger et qui ont obtenu la citoyenneté française (env. 100 000 annuellement). C'est près de 10 millions de personnes! Avant 1990, plus ou moins 55 % des immigrants provenaient d'autres pays d'Europe, surtout l'Espagne, le Portugal, l'Italie, etc. Depuis 1990, les origines géographiques des immigrants se sont diversifiées, aux dépens des personnes d’origine européenne. D'ailleurs, la part des immigrants venus d’un pays de l’Union européenne est en baisse constante depuis un quart de siècle. Ils représentaient 57 % de la population étrangère en 1975, 49 % en 1990, puis 45 % en 1999. Au milieu de 2004, la France métropolitaine comptait 4,9 millions d’immigrés, d’après l’INSEE, soit 760 000 de plus qu’en 1999 et 8,1 % de la population totale. Quarante pour cent d’entre eux avaient la nationalité française, qu’ils ont pu acquérir par naturalisation ou par mariage.
En résumé, on trouve:
- 1,7 million d’immigrants, soit 35 % des immigrants et 2,7 % de la population totale étaient originaires d’un pays de l'Union européenne
- 1,5 million d’immigrants, soit 31 % des immigrants et 2,4% de la population totale, sont originaires du Maghreb. Ce nombre est en hausse de 220 000 par rapport à 1999.
- 570 000 immigrants, soit 12 % des immigrants et moins de 1 % de la population totale, proviennent d'Afrique sub-saharienne. Ce chiffre est en hausse de 45 % par rapport à 1999.
- 830 000 personnes, soit 17 % des immigrants et 1,3 % de la population totale, viennent du reste du monde, principalement d'Asie.
Avec les années, les pays d'origine semblent de plus en plus lointains. Par exemple, les Maghrébins installés en France sont en forte augmentation (6 % de plus qu’en 1990, une hausse due pour les trois quarts aux Marocains). Les Turcs sont également en nette progression (plus de 16 %), tout comme les Asiatiques (plus de 35 %) et les personnes originaires d’Afrique subsaharienne (plus de 43 %).
En 1996, les principales nationalités admises au titre du regroupement familial étaient les Marocains (28,5 %), les Algériens (19,7 %), les Turcs (18,6 %), les Tunisiens (6,3 %), les Chinois (2,58 %), Polonais (1,98 %), les Haïtiens (1,85 %), Sénégalais (1,68 %), etc. La très grande majorité de ces immigrants habitent les villes, la concentration étant particulièrement sensible à Paris où plus d’un habitant sur six est étranger et en Seine-Saint-Denis où la proportion atteint une personne sur cinq.5.2 Les langues immigrantes
Évidemment, ce flux d'étrangers entraîne l'arrivée et le maintien des langues étrangères. Au moins 660 000 locuteurs parleraient l'arabe algérien; 492 000 l'arabe marocain; 212 900 l'arabe tunisien; 537 000 le kabyle (berbère); 150 000 le tamazight (berbère); un million l'italien; 260 000 l'espagnol; 150 000 le portugais; 150 000 le créole (antillais); 135 000 le turc; 70 000 l'arménien; 40 000 le farsi (iranien); 50 000 le khmer; 35 000 le wolof; 10 000 le vietnamien; etc. Par le fait même, on compterait entre trois et cinq millions de musulmans en France. Comme il n’existe guère de statistiques fiables en ce qui a trait à ces langues, il s'agit là de données bien approximatives. Cependant, l'enquête de l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) du 21 février 2002 — Langues régionales, langues étrangères: de l'héritage à la pratique — révèle que les langues les plus utilisées dans les foyers sont d'abord l'arabe (toutes variétés confondues), puis l'espagnol, le portugais et l'italien, ensuite l'allemand, le polonais et le turc.
En 1999, l'enquête «Famille», réalisée auprès de 380 000 personnes, révélait que la transmission des langues d'immigration dans l'enfance semble avoir été plutôt habituelle qu'occasionnelle. En effet, quelque 940 000 adultes vivant en métropole se souviennent que leurs parents leur parlaient d'abord l'arabe dans leur prime enfance, contre seulement 230 000 qui évoquent une transmission occasionnelle généralement associée au français. La situation est la même pour le portugais : 580 000 adultes l'ont reçu à titre habituel, contre 100 000 à titre occasionnel. Cependant, l'espagnol et l'italien, langues dont l'immigration est plus ancienne, voient augmenter la part de la transmission de «second rang». Enfin, la diversification des courants migratoires se traduit par l'apparition de nouvelles familles de langues, africaines ou asiatiques, dont le mode de transmission (presque toujours habituel) témoigne d'une installation récente : l'enfant les a généralement reçues de ses deux parents au pays d'origine, avant la migration. Le turc présente un autre exemple de cette situation similaire.
Figure 2 -
Principales langues autres que le français reçues
dans l'enfance et retransmises à la génération suivante

D’ici quelques décennies, il est probable que beaucoup d'immigrants actuels feront aussi partie des «minorités historiques». Dans la mesure où quelques-uns de ces groupes auront conservé leur langue, il serait logique qu’ils bénéficient des mêmes droits linguistiques que les autres.
5.2 La difficile intégration
En attendant, la France semble connaître des difficultés à intégrer ses millions d'immigrants et enfants d'immigrants, souvent disséminés autour des banlieues des grandes villes. En réalité, la plupart d'entre eux sont établis en France depuis au moins deux générations. N'oublions pas que près d’un tiers de la population française d'aujourd'hui descend des immigrants du XXe siècle. Si la France a su intégrer ses immigrants au cours des siècles passés, elle éprouve des difficultés avec les dernières générations arrivées, surtout depuis que les deux tiers des nouveaux arrivants sont de confession musulmane. Or, lorsqu'il existe ce type de divergence entre les nouveaux venus et la population autochtone, il peut s'ensuivre une certaine période d'incompréhension en raison des méfiances et des craintes que cette différence suscite. Par ailleurs, il n'est pas réaliste de demander que les immigrants renoncent complètement leur héritage passé pour être français; il faut du temps. Quoi qu'il en soit, beaucoup d'anciens immigrants ou enfants d'immigrants ne sont plus des immigrants: ce sont maintenant des «Français», mais certains Français plus conservateurs ... l'ignorent! Il existe encore en France une minorité de citoyens qui demeurent plus craintifs lorsqu'ils voient arriver des immigrants différents d'eux par la couleur de la peau ou la religion, surtout lorsque ces immigrants ont tendance à habiter les mêmes quartiers. La France est aujourd'hui, proportionnellement à sa superficie et à sa population (61 millions), le plus important foyer musulman du monde occidental (avec cinq millions de musulmans). Plusieurs siècles de colonisation intensive à travers le monde n'ont pas encore banalisé la présence des «basanés» sur le sol français. En ce sens, le «modèle français» n'est pas forcément une réussite, mais il n'est pas non plus un échec considérable. Il faut admettre qu'il est nettement plus facile d'intégrer trois Papous dans une société que des millions de personnes, plus ou moins toutes du même groupe ethnique, habitant plus ou moins dans les mêmes régions.
De plus, l'intégration des immigrants dans la société d'accueil peut devenir un mélange explosif si la situation est mal gérée! Or, selon une étude de 2006 sur les ressortissants de pays tiers (INTI), les immigrants séjournant en France sont ceux qui ont le moins accès au marché du travail parmi les 28 pays étudiés: ils sont exclus de l'emploi, de la création d'entreprise, ou bien leurs qualifications obtenues en dehors de l'Union européenne ne sont pas reconnues dans plusieurs secteurs. La mauvaise gestion est une expérience que les États-Unis connaissent fort bien: il n'est pas facile d'intégrer des millions de Latinos qui ont la peau basanée, mangent des tacos, parlent l'espagnol et sont catholiques dans un monde de Blancs, mangeant des hamburgers, parlant l'anglais et professant le protestantisme. Au contraire, il paraît plus aisé d'intégrer des milliers de Coréens ou de Japonais répartis dans l'ensemble du territoire américain.
En France, la loi no 2005-32 de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005 contient des mesures prévoyant la généralisation des contrats d’accueil et d’intégration. En cas de besoin, une formation à la langue française d’une durée comprise entre deux cents et cinq cents heures est proposée. De plus, la loi no 2006-911 du 24 juillet 2006 relative à l’immigration et à l’intégration, instaure une «immigration choisie», c’est-à-dire la possibilité de sélectionner la main-d’œuvre selon les besoins de l’économie française et d’accueillir des étrangers «porteurs d’un projet économique, scientifique, culturel ou humanitaire»; la loi veut aussi favoriser l’accueil des étudiants étrangers.
Enfin, la loi no 2007-1631 du 20 novembre 2007 relative à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile a pour objets de lutter contre l’immigration irrégulière, de limiter les conditions d’entrée et de séjour en France, de maîtriser l’immigration familiale et d’encourager l’immigration pour des raisons professionnelles.
Toutefois, on ne voit pas pourquoi la France ne trouverait pas de solution à long terme. Ce pays demeure une grande démocratie et dispose de moyens financiers et sociaux considérables.
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