Grand-duché de Luxembourg

Luxembourg

Grossherzogtum Luxemburg

Capitale: Luxembourg 
Population: 460 000 (2005)  
Langues officielles (de facto): luxembourgeois, français et allemand
Groupe majoritaire: luxembourgeois (76,3 %) 
Groupes minoritaires: français (4,1 %), allemand (2,7 %), italien, portugais, espagnol, russe, serbe, etc. 
Système politique: monarchie constitutionnelle (grand-duché)
Articles constitutionnels (langue): art. 29 de la Constitution de 2006
Lois linguistiques: loi du 24 février 1984 sur le régime des langues; règlement grand-ducal du 30 juillet 1999 portant réforme du système officiel d’orthographe luxembourgeoise.

1 Situation historique et démolinguistique 

Le grand-duché de Luxembourg est un petit État de 2586 km², soit environ 11 fois plus petit que la Belgique; il est limité au nord-ouest par la Belgique (et la province de Luxembourg), à l’est par l’Allemagne et au sud-est par la France (voir la carte détaillée). Luxembourg-Ville est la capitale du grand-duché.

Le nom de Luxembourg serait apparu en 963, alors que le comte Sigefroi avait fait construire sur le rocher du Bock le «Lucilinburhuc», un petit château qui donna son nom à la ville. Aujourd'hui, avec la Belgique et les Pays-Bas, le Luxembourg forme la communauté du Benelux.

Le grand-duché de Luxembourg est une monarchie héréditaire constitutionnelle depuis 1868. Le grand-duc est le chef de l’État et il exerce le pouvoir exécutif et prend part au pouvoir judiciaire. Le souverain forme le gouvernement (un ministre d’État et trois ministres au moins). Mais l’initiative et le contrôle des lois appartiennent à la Chambre des députés, laquelle est composée de 60 représentants élus pour cinq ans au suffrage universel direct à la représentation proportionnelle.

2 Données démolinguistiques

La population du grand-duché de Luxembourg était de 451 600 habitants lors du recensement de 2001, mais elle était estimée à 460 000 au 1er janvier 2006. Cette population est caractérisée par une forte présence d’étrangers. En effet, près de 39 % de la population est de nationalité étrangère (174 000 personnes en 2001). Les étrangers les plus représentés sont les Portugais (14,1), puis les Français (4,8 %), les Italiens (4,1 %), les Belges (3,5 %) et les Allemands (2,2 %). On compte aussi d’importantes communautés scandinaves et anglo-américaines, serbes, russes, etc., pour un total de plus de 150 nationalités différentes présentes sur le territoire, ce qui donne au pays et à sa capitale, Luxembourg, une ambiance très cosmopolite; cette ville compte 85 000 habitants, mais gonfle de 125 000 employés les jours ouvrables.
 

Population totale (2001) 451 600 100 %
  Hommes 223 000 49,3 %
  Femmes 228 000 50,4 %
Étrangers 174 200 38,5 %
  Portugais 63 800 14,1 %
  Italiens 18 900 4,1 %
  Français 21 900 4,8 %
  Belges 16 000 3,5 %
  Allemands 10 300 2,2 %
  Britanniques   4 600 1,0 %
  Néerlandais   3 600 0,8 %
  Autres Union européenne   9 600 2,1 %
  Autres 25 500 5,6 %

Source: Le Luxembourg en chiffres, publication du Statec, 2004

2.1 Le luxembourgeois

La majorité de la population, soit 61,5 %, parle le luxembourgeois (appelé Lëtzebuergesch en luxembourgeois) comme langue maternelle; le luxembourgeois est une langue germanique de l'Ouest. Il s'agit en réalité du francique mosellan (occidental) ou Moselfränkisch (Westmoselfränkisch), qui était à l'origine la langue des Francs Saliens et des Ripuaires, auxquels nous devons la création du royaume de France. De toutes les langues franciques, le luxembourgeois est le seul idiome bénéficiant d'un statut juridique officiel. On peut visualiser une carte linguistique de toutes les variétés de francique en cliquant ICI, s.v.p.

Dans le paysage linguistique de l'Europe, la langue luxembourgeoise se situe géographiquement à un point de rencontre et différenciation bien particulier. En effet, il se parle dans un région qui est le point d'aboutissement de la frontière entre, d’une part, les langues germaniques et, d’autre part, les langues romanes qui, depuis huit siècles, traverse cette partie de l’Europe. Le luxembourgeois fait donc partie, répétons-le, des langues germaniques de l'Ouest, plus précisément du moyen allemand

En dehors du grand-duché, le luxembourgeois est également parlé en Belgique (région d'Arlon dans la province de Luxembourg), en France (département de la Moselle (no 57), dans la région de Thionville) et en Allemagne (Land de Sarre à la frontière ouest, au nord d'Echternach, dans les arrondissements de Prüm et de Bitburg). On peut visualiser une carte linguistique de toutes les variétés de francique en cliquant ICI, s.v.p. Voici l'article 1er de la Déclaration universelle des droits de l'Homme en luxembourgeois, en allemand, en néerlandais et en français.
 

Luxembourgeois Allemand Néerlandais Français
Artikel 1

All Mënsch kënnt fräi a mat deer selwechter Dignitéit an deene selwechte Rechter op d'Welt. Jiddereen huet säi Verstand a säi Gewësse krut a soll an engem Geescht vu Bridderlechkeet deenen anere géintiwwer handelen.
Artikel 1

Alle Menschen sind frei und gleich an Würde und Rechten geboren. Sie sind mit Vernunft und Gewissen begabt und sollen einander im Geist der Brüderlichkeit begegnen.

Artikel 1

Alle mensen worden vrij en gelijk in waardigheid en rechten geboren. Zij zijn begiftigd met verstand en geweten, en behoren zich jegens elkander in een geest van broederschap te gedragen.

Article 1

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Contrairement aux autres langues germaniques (allemand, néerlandais, danois, etc.), le luxembourgeois n'a qu'une courte tradition écrite, qui a commencé seulement en 1825, mais c’est en 1850 qu’une orthographe officielle a été proposée. Elle a tenté de rapprocher les principes de l'orthographe de l'allemand et ceux du français, qui sont les deux langues principales du régime scolaire au Luxembourg. Citons à cet égard le règlement grand-ducal du 30 juillet 1999, qui porte sur la réforme du système officiel d'orthographe luxembourgeoise.

2.2 Le français et l'allemand

Le grand-duché compte un certain nombre de francophones originaires de la France et de la Belgique, probablement plus de 30 000, mais ils constituent une petite minorité. Il en est ainsi pour les locuteurs de l'allemand (langue maternelle), qui sont au nombre d'une dizaine de milliers; ils proviennent pour la plupart d'Allemagne.

C'est depuis le XIVe siècle que le Luxembourg connaît une longue tradition française, car les souverains du grand-duché ont toujours été instruits à la cour des rois de France. Les chancelleries des comtes du Luxembourg avaient même abandonné assez tôt le latin pour le français et l'allemand, et elles avaient établi un bilinguisme écrit dès l'époque où, en 1354, le Luxembourg était devenu un duché. Ce bilinguisme de l'écrit s'est perpétué de nos jours, où il est même devenu aujourd'hui un trilinguisme avec le luxembourgeois. Le français parlé par les Luxembourgeois est grandement influencé par le français des Wallons de Belgique.

La plupart des Luxembourgeois parlent aussi le français et l'allemand, sinon l'anglais. C'est donc dire que les Luxembourgeois sont trilingues ou quadrilingues.

2.3 Les autres langues et le multilinguisme

Le grand-duché de Luxembourg compte un grand nombre de résidents étrangers, près de 175 000, qui parlent d'autres langues que le luxembourgeois, le français ou l'allemand: le portugais, l'italien, l'anglais, le néerlandais, le russe, le serbe, l'espagnol, etc.

Selon une enquête gouvernementale de 1998, quelque 17 % des Luxembourgeois parlent plus d'une langue avec leurs enfants, 53 % parlent plus d'une langue avec leurs amis et 70 % parlent plus d'une langue au travail. Le luxembourgeois serait utilisé dans une proportion de 45 % dans la capitale, 54 % dans le reste de la région du Centre et à 68 % dans le Nord. Quant aux agriculteurs, ils utilisent tous le luxembourgeois comme langue de travail, mais cette proportion monte à 75 % chez le personnel enseignant. Pour ce qui est des travailleurs manuels sans formation particulière, c’est le français qui sert de langue véhiculaire dans une proportion de 46 %. Cependant, dans le milieu des banques et des affaires, du commerce et de l’industrie, l’anglais peut remplacer le français comme langue véhiculaire. Enfin, au sein des grandes communautés immigrantes telles que les Italiens, les Portugais ou les Espagnols, l'italien, le portugais et l'espagnol sont couramment utilisées dans les associations, les amicales, certains cafés et restaurants, ainsi que sur les lieux de travail (bâtiment, hôtellerie, nettoyage, etc.).

Un sondage réalisé il y a plusieurs années (en 1986) révélait que le luxembourgeois était la langue la plus utilisée dans la vie privée, les spectacles, les cérémonies religieuses, les conférences et les tribunaux. Le français restait la langue dominante au travail, dans les relations professionnelles et administratives, à l’école secondaire, dans les cafés et restaurants en général, ainsi que dans les magasins. Par ailleurs, les Luxembourgeois préféraient l'allemand pour les journaux, les périodiques, la radio, la télévision et la lecture en général, de même que l’école primaire. Dans les faits, la grande presse du pays donne les nouvelles et les analyses politiques en allemand et en français, présente les annonces administratives ou officielles uniquement en français, tandis que les annonces publicitaires et le carnet mondain ainsi que le courrier des lecteurs sont rédigés indifféremment dans les trois langues du pays. Dans les médias électroniques, la télévision et la radio du Luxembourg est massivement luxembourgeoise, si l'on fait exception des stations de radio en provenance de France, d'Allemagne ou d'autres pays de l'Union européenne. Évidemment, les Luxembourgeois peuvent consommer les médias électroniques en trois langues (luxembourgeois, français et allemand).

C'est donc dire que les Luxembourgeois ne sont guère arrêtés par la barrière des langues! Il semble même qu'un Luxembourgeois réaliserait tout un exploit s'il parvenait à passer une journée en utilisant une seule langue. Évidemment, les Luxembourgeois empruntent massivement des mots au français et à l'allemand, voire à l'anglais, dans leurs conversations quotidiennes.

3 Bref historique

Le grand-duché de Luxembourg ne représente plus de nos jours qu'une portion de ses territoires historiques.

La région qui correspond aujourd’hui au grand-duché de Luxembourg fut à l'origine occupée par des peuples gaulois et germaniques. Lors de la conquête romaine, la région fut intégrée à la province de la Belgique (Belgica Prima) avant de faire partie du royaume franc d’Austrasie, puis de l’Empire carolingien. En 843, lors du traité de Verdun, le territoire devint un comté du royaume de Lotharingie.

Le nom de Luxembourg serait apparu en 963, alors que le comte Sigefroi fit construire sur le rocher du Bock le «Lucilinburhuc», un petit château qui donna son nom à la ville. En 1060, le comté fut gouverné par le comte Conrad, le fondateur de la maison de Luxembourg. Il passa par la suite sous la domination de la maison de Namur et de Limbourg. Dès cette époque, une double influence, romane et germanique, caractérisait le comté. Celui-ci fut érigé en duché du Saint Empire romain germanique en 1354. Après être passé à la maison de Bourgogne (de 1443 à 1506), puis aux Habsbourg, il devint espagnol en 1506 (jusqu'en 1684), autrichien en 1714 (jusqu'en 1795) et français de 1795 à 1814 sous le nom de «département des Forêts» tout en conservant une certaine autonomie. 

À la fin des guerres napoléoniennes en 1815, l’acte final du Congrès de Vienne créa un nouveau pays autour de la forteresse de Luxembourg: l'ancien département français fut érigé en grand-duché de Luxembourg. Par calcul stratégique, le roi des Pays-Bas, Guillaume Ier d’Orange-Nassau, fut nommé grand-duc de Luxembourg et, en même temps, le pays dut faire partie de la Confédération germanique (jusqu’en 1867).

Lors de la Révolution belge de 1830, la partie wallonne du grand-duché de Luxembourg prit fait et cause pour les révolutionnaires belges et fut intégrée à la Belgique, formant la province belge de Luxembourg avec Arlon comme capitale provinciale, une situation que reconnut le premier traité de Londres en 1838. La partie germanique, qui forme l'actuel grand-duché de Luxembourg, demeura une possession privée de la famille d'Orange-Nassau des Pays-Bas tant que celle-ci avait des héritiers mâles : après Guillaume Ier, il y eut encore Guillaume II et Guillaume III comme rois des Pays-Bas et grands-ducs de Luxembourg. En 1868, le Luxembourg devint un pays souverain dont l’indépendance fut garantie par un nouveau traité signé à Londres, qui prévoyait une neutralité désarmée et perpétuelle du pays. S'agissant d'une «neutralité non armée», les murs de la forteresse de Luxembourg furent abattus et la garnison prussienne se retira.

Guillaume III mourut en 1890. Faute d'héritier mâle, sa fille Wilhelmina devint reine des Pays-Bas, mais en montant sur le trône elle dut céder le Luxembourg en vertu d'un contrat d'héritage passé en 1793 entre les branches ottonienne et walramienne de la maison de Nassau, à un cousin de la branche walramienne. C'est ainsi qu'Adolphe de Nassau-Weilburg devint le premier monarque de la dynastie luxembourgeoise actuelle et quatrième monarque du grand-duché de Luxembourg; il régna de 1890 à 1905. Son fils Guillaume IV lui succéda. En 1907, Guillaume IV abolit la loi salique qui empêchait les femmes de monter sur le trône. Ses deux filles, Marie-Adélaïde (1912-1918) et la grande-duchesse Charlotte (1919-1964), purent ainsi régner, et le pays se dota alors d’une constitution démocratique.

En 1912, l'enseignement du luxembourgeois fut introduit à l'école primaire. La neutralité luxembourgeoise fut violée une première fois par l’Allemagne en 1914, puis en 1940 par les nazis qui, en dépit du refus des Luxembourgeois (référendum du 10 octobre 1941), annexèrent le Luxembourg au Reich. La grande duchesse choisit courageusement de former un gouvernement en exil à Londres. Le pays fut libéré par les Alliés en septembre 1944.

Le 26 juin 1945, le pays devint membre des Nations unies et il intégra l’OTAN en 1949. Au cours des années 1950, le Luxembourg devint membre de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), de la Communauté européenne et d’Euratom. La grande-duchesse Charlotte abdiqua le 12 novembre 1964 et, aussitôt après, Jean devient grand-duc de Luxembourg. C'est sous son règne que le régime des langues fut modifié. Jusqu'alors, l'usage officiel des langues se fondait sur les arrêtés grand-ducaux de 1830, 1832 et 1834, lesquels consacraient le libre choix entre l'allemand et le français. Mais, en 1984, le luxembourgeois fut proclamé langue nationale du grand-duché.

La Chambre des députés ratifia le traité de Maastricht en juillet 1992. Les clauses du traité relatives aux droits électoraux des étrangers et à l’union monétaire imposèrent une nouvelle révision de la Constitution du Luxembourg. Grâce à ses activités financières, le grand-duché connut toujours une bonne santé économique. Le 7 octobre 2000, le grand-duc Jean abdiqua en faveur de son fils aîné Henri. Le portrait de ce dernier orne les pièces en euros émises par le Luxembourg à partir de la mise en circulation de la monnaie unique européenne le 1er janvier 2002.

4 La politique linguistique luxembourgeoise 

L'usage des langues n'est pas réglementé par la Constitution, mais par une loi adoptée le 24 février 1984. En effet, la Constitution de 2008 ne compte qu'un seul article qui prévoit que «la loi réglera l'emploi des langues en matière administrative et judiciaire»:
 

Article 29

La loi réglera l'emploi des langues en matière administrative et judiciaire.

Cette loi, appelée la loi du 24 février 1984 sur le régime des langues, est conforme au droit constitutionnel non écrit qui prescrit l'usage des langues dans le grand-duché du Luxembourg. 

Selon l'article 1er de la loi du 24 février 1984: «Le luxembourgeois est la langue nationale des Luxembourgeois.» Il n'y a pas, au sens juridique du terme, de langue officielle dans le grand-duché, mais la langue de la législation écrite est le français (art. 2), alors que les langues administratives et judiciaires sont le français, le luxembourgeois et l'allemand (art. 3). Dans les faits, le français est la langue courante de l'Administration surtout à l'écrit et dans les écoles de niveau secondaire. On peut consulter le texte intégral de la loi du 24 février 1984 sur le régime des langues. On peut dire que le Luxembourg a, dans les faits (même si cela n'est pas reconnu juridiquement), trois langues officielles.

4.1 La langue de la législation

Au Parlement, les députés s'expriment presque uniquement en luxembourgeois et parfois en français dans certains déclarations officielles, mais tous les procès-verbaux et toutes les lois ne sont rédigés qu'en français. Autrement dit, le transcripteur entend les délibérations en luxembourgeois, mais les traduit instantanément en français. Les comptes rendus des délibérations de la Chambre des députés sont transcrits en français, même si les questions sont posées en luxembourgeois.

Toutes les réunions de l'Exécutif (ou Conseil des ministres) ne se déroulent qu'en luxembourgeois, alors que les procès-verbaux sont instantanément traduits en français et consignés dans cette langue. Les ministres utilisent le plus souvent le luxembourgeois, mais le français est employé de préférence lors de leurs grandes déclarations officielles. Dans ces conditions, la langue luxembourgeoise emprunte un grand nombre de mots au français (de Congé Pénal, en Débat an der Chamber, etc.) et à l'allemand (d'Gleichberechtitung). En ce sens, ces pratiques sont conformes à l'article 2 de la loi du 24 février 1984 sur le régime des langues:
 

Article 2

Langue de la législation

Les actes législatifs et leurs règlements d'exécution sont rédigés en français. Lorsque les actes législatifs et réglementaires sont accompagnés d'une traduction, seul le texte français fait foi.

Au cas où des règlements non visés à l'alinéa qui précède sont édictés par un organe de l'État, des communes ou des établissements publics dans une autre langue que la française, seul le texte dans la langue employée par cet organe fait foi.

Le présent article ne déroge pas aux dispositions applicables en matière de conventions internationales.

Cet usage de la langue française dans la législation semble être l'une des conséquences de l'application du Code civil napoléonien.

4.2  La justice

L'administration de la justice se fait également en luxembourgeois bien que les compte rendus et les jugements ne soient rédigés qu'en français. En fait, lors des séances dans les tribunaux, les témoignages y sont souvent prononcés en luxembourgeois, les plaidoiries se poursuivent en français, tandis que le verdict est rédigé en allemand. Bref, les trois langues admises (cf. l'art. 3 de la loi du 24 février 1984 sur le régime des langues) dans les tribunaux sont le luxembourgeois, le français et l'allemand. Dans le cas des immigrants ignorant l'une de ces langues, il faut recourir à un interprète.

4.3 L'Administration publique

Le luxembourgeois, le français et l'allemand sont couramment utilisés par l'Administration gouvernementale, mais le français demeure privilégié à l'écrit, alors que le luxembourgeois est prépondérant à l'oral avec l'allemand. Dans les administrations communales, l'allemand est souvent utilisé à l'oral comme à l'écrit. Les articles 3 et 4 de la loi du 24 février 1984 sur le régime des langues autorise l'emploi des trois langues:
 

Article 3

Langues administratives et judiciaires

En matière administrative, contentieuse ou non contentieuse, et en matière judiciaire, il peut être fait usage des langues française, allemande ou luxembourgeoise, sans préjudices des dispositions spéciales concernant certaines matières.

Article 4

Requêtes administratives

Lorsqu'une requête est rédigée en luxembourgeois, en français ou en allemand, l'administration doit se servir, dans la mesure du possible, pour sa réponse de la langue choisie par le requérant.

Soulignons que le trilinguisme peut être freiné par l'article 3 de la loi, qui énonce que l'administration doit se servir, dans la mesure du possible, pour sa réponse de la langue choisie par le requérant. Autrement dit, l'Administration n'est pas tenue de répondre dans la langue de l'administré; dans les faits, il est rare que celle-ci l'Administration n'acquiesce pas à cette demande, mais si tel est le cas ce sera pour l'allemand, jamais pour le luxembourgeois ou le français.

Par ailleurs, la connaissance de la langue est considérée par les autorités comme une condition obligatoire à la citoyenneté luxembourgeoise. Ainsi, tout  candidat à la double nationalité doit obligatoirement se soumettre à un test oral en luxembourgeois. Selon un représentant du ministère de l'Éducation: «Le candidat devra être capable de tenir une conversation en luxembourgeois ou de comprendre les informations à la radio.» Plus précisément, tout candidat doit avoir une connaissance active et passive d’une des trois langues (allemand, français et luxembourgeois), mais aussi une connaissance de base certifiée du luxembourgeois. Ainsi, un étranger qui maîtrise parfaitement le français doit néanmoins prouver qu’il connaît les bases du luxembourgeois, cette dernière langue justifiant d'une intégration suffisante. Par contre, un candidat qui maîtrise le luxembourgeois ne doit pas nécessairement avoir des connaissances en français ou en allemand pour être admissible à la citoyenneté. De plus, la participation obligatoire à des cours d’instruction civique constitue la deuxième de ces conditions : six à huit heures axées sur le fonctionnement des institutions et sur les droits et devoirs des citoyens. Les autorités luxembourgeoises désirent que les immigrants s'intègrent linguistiquement et qu'ils évitent de se regrouper en «îlots nationaux» un peu partout dans le pays. Dans certaines agglomérations , le nombre des immigrants est très élevé, jusqu’à 25 % et plus. Rapidement, les immigrants du grand-duché ont eu tendance à fermer des communautés presque autonomes, regroupées dans peu de villes et proches du lieu de travail. Cette façon de faire ne favorisait guère une véritable intégration sociale. 

4.4 L'enseignement des langues à l'école

Le cycle préscolaire fait partie intégrante du système scolaire luxembourgeois; il comprend les groupes d’«éducation précoce» et les classes de l’«éducation préscolaire». L’éducation précoce, dont la fréquentation est facultative, s’adresse aux enfants âgés de trois ans. Quant à l’éducation préscolaire, elle s’adresse aux enfants âgés de quatre et de cinq ans. La fréquentation en est obligatoire et gratuite. Le luxembourgeois est la langue d'enseignement dans les groupes d’éducation précoce et dans les classes de l’éducation préscolaire.

- Les écoles primaires

Au primaire, le luxembourgeois est considéré comme langue auxiliaire pour l'alphabétisation pendant les trois premiers semestres du programme scolaire, mais l'alphabétisation elle-même se fait en allemand qui est considéré comme la version écrite du lëtzebuergesch (luxembourgeois). Au deuxième semestre de la 2e année de l'enseignement primaire, on commence avec l'enseignement oral du français; l'écrit est introduit à partir de la 3e année du primaire, alors que l’enseignement de l’allemand n’est jamais interrompu. Selon la composition des classes, les enseignants parlent généralement l'allemand, mais ils alternent parfois avec le luxembourgeois et le français. Dès l’âge de sept ans, l’enseignement se poursuit en français et en allemand. De façon générale, près de 50 % du temps consacré à l'enseignement est accordé à l'apprentissage des langues.

Citons l'article 23 de la loi du 10 juillet 1998 concernant l'enseignement des langues:
 

Article 23

L’enseignement primaire comprend:

– la langue allemande, la langue française, les mathématiques;
– les activités créatrices, l'éducation artistique, l'éducation musicale, l'éducation physique et sportive, l'éveil aux sciences, l'éducation morale et sociale, la géographie, l'histoire, l'instruction religieuse et morale, la langue luxembourgeoise, les sciences naturelles, les technologies de l'information.

Le conseil communal peut, sous l'approbation du Gouvernement, introduire dans ce programme d'autres matières d'enseignement, eu égard surtout aux besoins locaux.

- Les écoles secondaires

C'est à l'école secondaire que s'opère le passage de l'unilinguisme (tout luxembourgeois) au trilinguisme (luxembourgeois-allemand-français).  En principe, le luxembourgeois n'est enseigné qu'une heure par semaine à l'école secondaire, et ce, dans les premières années. En somme, on n’enseigne pas officiellement en luxembourgeois, mais cette langue est enseignée comme une matière indépendante depuis quatre-vingts ans à l'école primaire et, depuis environ une cinquantaine d'années, au secondaire. Lors des premières années du secondaire, la plupart des matières sont dispensées en allemand, mais c'est en français qu'on enseigne l'histoire et les mathématiques. Par ailleurs, l'anglais est également enseigné à partir du secondaire technique, ainsi que, au choix, le latin, l'espagnol ou l'italien. Il en résulte que, à la fin de ses études, un jeune Luxembourgeois connaît, en principe, le luxembourgeois, l'allemand, le français et l'anglais.

- L'enseignement post-secondaire

Le Luxembourg dispose d'une université, l'Université du Luxembourg créée par la loi du 12 août 2003. Celle-ci remplace quelques établissements post-secondaires dont le Centre Universitaire. Parmi les principes fondamentaux de l’université figure le «caractère multilingue de son enseignement». Après deux années, les étudiants ont la possibilité de poursuivre leurs cours dans les universités des pays voisins, que ce soit en français, en allemand ou en anglais.

- L'immigration

Jusqu'à la fin XIXe siècle, le Luxembourg avait été un pays rural plutôt fermé sur lui-même. Toutefois sa population avait accepté sans difficultés l'arrivée massive des immigrés allemands et belges, dont elle comprenait la langue. Mais en ce début du XXIe siècle, l’arrivée d’immigrants en provenance de l’Italie, du Portugal et de l’Espagne a bousculé le système scolaire luxembourgeois et celui-ci tarde à s'adapter à une situation nouvelle. Les parents portugais, espagnols ou italiens se concentrent sur ce qui leur est familier, à savoir les cours de portugais, d’espagnol ou d’italien organisés par les autorités du pays d’origine pendant les après-midi libres. Les immigrants perçoivent l'école luxembourgeoise comme immobile et sans issue pour leurs enfants. Les problèmes sont connus: comment concilier l'apprentissage de la langue allemande et le rôle de la langue d’origine des enfants d’immigrants?

En effet, les enfants des immigrants portugais, italiens ou espagnols ont des problèmes avec l'alphabétisation en langue allemande dès la première année. L'allemand constitue pour eux un obstacle non négligeable tout au long de leur carrière scolaire, ce qui n’est pas le cas du français en raison des liens de parenté plus étroits avec leur langue d’origine. Or, l’allemand et le français sont obligatoires pour toute la scolarité au Luxembourg et ceux qui veulent éviter un échec répété (avec l’allemand) fréquentent souvent les écoles dans les pays limitrophes, notamment les établissements belges. Le bilinguisme scolaire et le trilinguisme de la vie quotidienne constituent des barrières systématiques pour les élèves immigrés qui doivent assumer les trois langues du Luxembourg ainsi que celle du pays d'origine. Dès 1989, le Conseil économique et social avait pourtant souligné la nécessité d'adapter l'école pour tenir compte des contingences économiques. Il semble bien que le problème s’aggravera avec le temps, car les solutions tardent.

- Les écoles privées

Il existe aujourd'hui de nombreuses écoles privées où l'enseignement est dispensé dans les langues maternelles des immigrants, mais des immigrants économiquement aisés en raison des frais de scolarité élevés.  Moins de 10 % des élèves reçoivent leur enseignement dans ces écoles dont la langue d'enseignement est généralement le français ou l'anglais, plus rarement l'allemand ou le luxembourgeois.

- La formation des enseignants

La formation des enseignants est réglementée par l'État. Ainsi, l'article 2 du Règlement grand-ducal du 9 mai 1996 énonce l'obligation pour les enseignants de maîtriser les trois langues officielles du pays :
 

Article 2

Un jury à désigner par le Ministre de l’Éducation Nationale et de la Formation professionnelle procède, préalablement au classement, à des épreuves écrites préliminaires visant à vérifier la connaissance des trois langues usuelles du pays: le luxembourgeois, le français et l’allemand. Les candidats qui ne réussissent pas dans une des épreuves préliminaires ne sont pas admis.

Pour les candidats de l'option «éducation préscolaire», un cours de portugais d'une durée de soixante heures est exigée.

En vertu du Règlement grand-ducal du 17 février 1998 déterminant les modalités du concours réglant l’accès à la fonction d’instituteur de l’éducation préscolaire et à celle d’instituteur de l’enseignement primaire, les épreuves réglant l'accès à la fonction d'instituteur de l'éducation préscolaire et à celle d'instituteur de l'enseignement primaire portent sur les trois langues usuelles du pays:
 

Article 1er

Les épreuves du concours réglant l'accès à la fonction d'instituteur de l'éducation préscolaire et à celle d'instituteur de l'enseignement primaire portent sur les trois langues usuelles du pays: le luxembourgeois, le français et l'allemand ainsi que sur les objectifs, les contenus, les méthodes et les aspects spécifiques soit de l'éducation préscolaire soit de l'enseignement primaire luxembourgeois.

Selon le Règlement grand-ducal du 22 juin 1992 concernant les modalités de l’épreuve d’aptitude et du stage d’adaptation prévus pour les candidats détenteurs d’un diplôme étranger d’instituteur pour être admis à la fonction d’instituteur, certaines dispenses peuvent être accordées aux candidats ayant obtenu un diplôme dans une autre pays:

Article  2

Tous les candidats, qu’ils optent pour l’épreuve d’aptitude ou le stage d’adaptation, doivent se soumettre à une épreuve permettant de vérifier leurs connaissances dans les trois langues usuelles du pays: le luxembourgeois, le français et l’allemand.

Article 3

Les dispenses suivantes peuvent être accordées par décision du ministre de l’Éducation nationale:

a) le candidat ayant obtenu dans un pays de langue française ou allemande, un diplôme d’enseignement supérieur sanctionnant un cycle d’études d’au moins trois ans à temps plein est dispensé de l’épreuve respectivement de français ou d’allemand;

b) le candidat ayant suivi régulièrement l’enseignement primaire proprement dit et l’enseignement secondaire, pendant au moins treize ans, dans le système scolaire luxembourgeois est dispensé de l’épreuve de luxembourgeois.
 

4.5 L'affichage

Il n'y a pas de législation concernant l'emploi des langues dans l'affichage. Toutefois, les pratiques actuelles semblent conformes aux dispositions de la loi du 24 février 1984 sur le régime des langues. Toutes les inscriptions officielles du grand-duché apparaissent seulement en français, qu'il s'agisse des plaques identifiant les édifices gouvernementaux, les organismes internationaux, les gares ou l'aéroport de Luxembourg. Les municipalités n'utilisent généralement que le français, mais certains messages ponctuels peuvent apparaître en luxembourgeois et/ou en allemand (p. ex. Besichtigen Sie die Kasematten) ou en anglais (p. ex. Tourist information). Les noms de rues sont toutes en français (toujours le générique: rue, avenue, place, montée, boulevard) même si le terme spécifique est souvent en luxembourgeois ou en allemand. Les toponymes du grand-duché peuvent donc être d'origine française, luxembourgeoise ou allemande.

L'affichage commercial est presque exclusivement en langue française, mais beaucoup de raisons sociales portent un nom luxembourgeois (p. ex. Pâtissier Kampff-Kohler); il peut arriver que l'affichage se fasse en luxembourgeois ou en anglais. Par ailleurs, la publicité, tout en étant généralement en français, apparaît souvent en luxembourgeois, parfois en anglais. Le bilinguisme français-luxembourgeois demeure rare et, de toute façon, il est devancé par l'unilinguisme luxembourgeois; dans un cas comme dans l'autre, il s'agit de textes publicitaires et de messages ponctuels destinés à la clientèle locale. Même les restaurants McDonald's préfèrent la publicité unilingue luxembourgeoise à la publicité bilingue (français-luxembourgois).

De façon générale, le paysage linguistique apparaît français avec de nombreux termes spécifiques en luxembourgeois. Suivent quelques inscriptions en anglais et, loin derrière, d'autres en allemand. Le bilinguisme dans l'affichage n'est pas une pratique courante au Luxembourg.

4.6 Les médias

Les médias reflètent la pluralité des langues vécue au Luxembourg. Malgré sa petite taille, le Luxembourg offre six journaux quotidiens nationaux: Luxemburger Wort, La Voix du Luxembourg, Tageblatt, Le Quotidien, Editions Letzeburger Journal SA et Zeitung vum Lëtzebuerger Vollek. Les articles sont rédigés surtout en allemand, mais aussi français, parfois en luxembourgeois. Deux quotidiens (La Voix du Luxembourg et Le Quotidien) présentent l'actualité uniquement en français, afin de toucher particulièrement les lecteurs frontaliers belges et français. En ce qui a trait au journaux hebdomadaires, citons d'Letzeburger Land, Le Jeudi, Revue, Télécran Magazine, Contacto, Correio, etc. Par ailleurs, le pays dispose d'un grand nombre de périodiques en tout genre publiés en allemand, en français, en anglais, en portugais, en italien, etc. De façon générale, la presse écrite allemande a toujours été la préférée des Luxembourgeois, mais le français occupe néanmoins entre 20 % et 30 % des espaces rédactionnels et publicitaires. Bine que l'allemand fasse encore la «Une» des actualités, d'autres langues sont largement employées, dont le français, l'anglais, voire le portugais (à l'intention des immigrants).

Au Luxembourg, le paysage radiophonique est très riche. On y compte deux radios nationales (RTL et RTL Radio), quatre radios régionales (Radio Latina, RTL Radio Lëtzebuerg, Honnert 7, Den Neie Radio) et une vingtaine de radios locales (Radio Challenger, Sunshine Radio, Radio Lora, Radio LNW, Radio Diddeleng, Radio Gudd Laun, Radio Belle Vallée, etc.). À l'instar de la presse écrite, la radio se caractérise par son multilinguisme (allemand, français et luxembourgeois), mais l'allemand semble prédominer.

La population luxembourgeoise peut compter sur les chaînes nationales et les chaînes étrangères. Parmi les chaînes nationales, RTL Télé Lëtzebuerg reste la première chaîne du Luxembourg avec près de 130 000 spectateurs par jour. La langue principale est le luxembourgeois, mais il existe une traduction simultanée en français du journal télévisé. Les informations journalières de cette chaîne sont suivies par une grande majorité des Luxembourgeois (environ 70 %). Parmi les chaînes étrangères, seules RTL Television, ARD, TF1 et PRO7 s'imposent tout en restant loin derrière la télévision luxembourgeoise. Les autres chaînes commerciales allemandes ont des taux instantanés inférieurs à 5 % et les chaînes publiques sont regardées surtout à partir de 20 heures; à l'exception de TF1, les chaînes francophones sont relativement peu populaires. De façon générale, les Luxembourgeois «de souche» regardent des émissions télévisées en allemand dans des proportions de 50 %, de 24 % en luxembourgeois et de 24 % en français. Pour l'ensemble des résidents du pays, ces proportions sont les suivantes: 40 % en allemand, 34 % en français, 18 % en luxembourgeois et 8 % dans d'autres langues.  

Partageant des frontières communes avec la Belgique, la France et l'Allemagne, le Luxembourg est en contact avec le français et l'allemand, voire le néerlandais. Si l'on en croit des études récentes, la dynamique des langues jouerait lentement en faveur du français, notamment du fait de la forte immigration majoritairement d'origine «romane» (Italiens, Espagnols, Portugais et Français ou Belges francophones) qui préfère s'intégrer par l'usage du français plutôt que de l'allemand, alors que le luxembourgeois reste réservé à l'usage des seuls «autochtones de souche».

Contrairement à la Belgique, constamment secouée par les querelles linguistiques, le contraste est grand au Luxembourg, pays par excellence de la coexistence pacifique des langues. De plus, parlé par moins de 300 000 locuteurs dans un tout petit pays de 2580 km², le luxembourgeois jouit d'une sécurité linguistique presque aussi grande que l'allemand dans le pays voisin (l'Allemagne). Il en est ainsi lorsqu'un pays est protégé par des frontières linguistiques sécurisantes, bien que perméables. Il faut dire que le cas du Luxembourg demeure un cas relativement unique. Pays de la cohabitation linguistique sereine, le Luxembourg pourrait sans doute servir de modèle pour bien des pays attachés à la diversité de leurs langues.

Dernière mise à jour: 27 mai 2009
 
 

 

Bibliographie

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[http://www.restena.lu/asti/cdaic/PoLu/plf2.html]. 

ASTI/CDAIC. «École» dans Portugais au Luxembourg, Luxembourg, 26 janv. 1996, 
[http://www.restena.lu/asti/cdaic/PoLu/plf10.html].

CLERICO, Geneviève. «Le Luxembourg, un modèle pour l’enseignement des langues étrangères», dans L’enseignement des langues étrangères dans les pays de l’Union Européenne, José Carlos Herreras (éd.), Bibliothèque des Cahiers de l’Institut de Linguistique de Louvain, 92, 1998.

EURYDICE. «The Education System in Luxembourg» dans Eurydice, The Information Network on Education in Europe, Eurybase 1997, 3 Ko, 25 mars 1998,
[http://www.eurydice.org/Eurybase/files/dossier.htm].  

HAGÈGE, Claude. Le souffle de la langue, Paris, Éditions Odile Jacob, coll. "Opus", 1994, 288 p

GOUVERNEMENT DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG. «La situation linguistique» dans Informations et actualités du gouvernement luxembourgeois, Luxembourg, décembre 2002, [http://www.gouvernement.lu/tout_savoir/population_langues/situling.html].

GOUVERNEMENT DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG. À propos des langues, Luxembourg, Service Information et Presse, ministère d'État, grand-duché de Luxembourg, janvier 2003, 8 p.

LECLERC, Jacques. La guerre des langues dans l'affichage, Montréal, VLB Éditeur, 1989, 420 p.
  
LECLERC, Jacques. Les droits linguistiques dans 129 États du monde, tome I: «Description schématique par pays», Montréal, rapport déposé à l’Office de la langue française, 1992, 392 p.
  
LECLERC, Jacques. Les droits linguistiques dans 129 États du monde, tome II: «Description thématique», Montréal, rapport déposé à l’Office de la langue française, 1992, 402 p.   

 

 

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