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PortugalRépública portuguesa |
République portugaise |
Capitale:
Lisbonne
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Le Portugal, officiellement désigné comme la Répública portuguesa (ou République portugaise), est un pays de 92 391 km² (équivalant à la Hongrie ou à la Jordanie) bordé au sud et à l’ouest par l’océan Atlantique, limité au nord et à l'est par l'Espagne (504 748 km²). Le Portugal continental comprend 18 circonscriptions administratives ou distritos («districts»): Aveiro, Beja, Braga, Bragança, Castelo Branco, Coimbra, Evora, Faro (Algarve), Guarda, Leiria, Lisbonne, Porto, Portalegre, Santarém, Setúbal, Viana do Castelo, Vila Real et Viseu. Chacun des distritos a sa capitale et est divisé en conselhos («agglomérations») eux-mêmes divisés en freguesias («paroisses»). Le Portugal possède aussi deux archipels dans lAtlantique, les Açores et Madère (Madeira), situés au sud-ouest dans locéan Atlantique, plus près du Maroc que du Portugal. Les archipels de Madère et des Açores constituent deux régions autonomes depuis 1976. La capitale du Portugal est Lisbonne (Lisboa). Enfin, depuis les années soixante, le Portugal a perdu toutes ses anciennes colonies doutre-mer en Afrique (Mozambique, Angola, Guinée-Bissau, Cap-Vert, São Tomé et Principe). En 1975, on sait aussi que lIndonésie a purement et simplement annexé par la force le Timor oriental qui était sous administration portugaise; il est devenu aujourd'hui un État indépendant, le Timor Lorosae. Quant à la petite enclave chinoise de Macao (en portugais: Macau), sa rétrocession à la Chine a eu lieu le 20 décembre 1999. |
En 1999, la population du Portugal était répartie comme suit:
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À ce nombre, il faudrait ajouter quelque 4,7 millions de Portugais ayant quitté leur pays pour s'installer à l'étranger (France, Luxembourg, Allemagne, Canada, USA, etc.). Ce pays de 10,4 millions (est. 2001) dhabitants apparaît très homogène sur le plan linguistique. En effet, 96 % des locuteurs parlent le portugais comme langue maternelle. Toutefois, il existe plusieurs variétés dialectales de portugais, notamment l'açorien, l'algarvio, l'alentejano, le dialecte du Minho, le dialecte du Beir, le dialecte de Madère (madérien), le dialecte du Haut-Vouga et du Mondego, le dialecte de Castelo Branco et de Portalegre, le dialecte du Trás-os-Montes. Ces variétés sont aisément intelligibles entre elles. |
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2.1 Les dialectes portugais
Il n'est pas aisé de classer les différents dialectes portugais. Plusieurs linguistes portugais, dont Leité Vasconcellos, Manuel de Paiva Boléo, Maria Helena Santos Silva, Pilar Vasquez Cuesta, Maria Albertina Mendes da Luz et et Luís Filipe Lindley Cintra, ont proposé des classements, mais il y a eu souvent des controverses à ce sujet. Les opposants ne remettent pas en cause l'existence de ces dialectes (et sous-dialectes), mais les bases de leurs regroupements. Le professeur Luís Filipe Lindley Cintra (Centre de linguistique de l'Université de Lisbonne) semble l'un des rares linguistes à avoir présenté un classement des dialectes portugais continentaux de façon simple et seulement en deux grandes catégories: les dialectes septentrionaux ("dialectos portugueses setentrionais") et les dialectes centro-méridionaux ("dialectos portugueses centro-meridionais"), le centre étant considéré comme une «zone de transition» entre le Nord et le Sud. À cela il convient d'ajouter une catégorie supplémentaire distincte: les dialectes insulaires ("dialectos insulares") des Açores et de Madère, qui proviennent des dialectes méridionaux, notamment l'Algarve (district de Faro).
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Source: «Les dialectes portugais», selon Luís Filipe Lindley Cintra (1925-1991), Centre de linguistique de l'Université de Lisbonne. |
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Outre les nombreuses différences phonétiques et parfois morphologies entre ces dialectes, il existe aussi des divergences au point de vue lexical. C'est le dialecte estremenho (variété de Lisbonne) qui sert de portugais standard.
2.2 Les minorités linguistiques
Le pays ne compte donc que quelques petites minorités autochtones parlant soit des langues romanes, dont le galicien (15 000), le mirandais (10 000), le calo ou gitan (10 000), soit une langue indo-iranienne comme le tsigane (500).
Rappelons que le galicien est à l'origine de la langue portugaise. Jusqu'au XIIIe siècle, il s'agissait de la même langue. Ce n'est que vers 1500 que l'on a commencé à distinguer le galicien du portugais. Au point de vue historique, le portugais est issu du galicien, et les deux langues, qui sont demeurées relativement proches l'une de l'autre, font partie des langues romanes. Aujourd'hui, le galicien est parlé en Galice (Espagne) ainsi que dans les régions autonomes espagnoles des Asturies (50 000), de Castille-et-Léon (15 000) et d'Extrémadura (5000).
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Le
mirandais (en portugais: mirandês
ou língua mirandesa) est une langue parlée romane dans le nord-est du
Portugal par environ 10 000 locuteurs dans les villages du concelho (sorte
d'arrondissement de district) de Miranda du
Douro, dans trois villages du concelho de Vimioso et quelques autres des
concelhos de Mogadouro, Macedo de Cavaleiros et Bragança.
La presque totalité
des locuteurs de langue mirandaise est concentrée dans de petits villages
comptant moins de 3000 habitants. Depuis les années soixante, le nombre des
locuteurs du mirandais n'a cessé de diminuer. L'aire mirandaise occupe une superficie de quelque 485 km². Le mirandais est fragmenté en trois dialectes: le mirandais central ou standard, le mirandais du Nord ou Raiano, le mirandais méridional ou Sendinês). La plupart des locuteurs de cette langue sont bilingues (mirandais-portugais) ou trilingues (mirandais-portugais-espagnol). C'est une langue protégée par l'État en matière de droits scolaires. |
2.3 Les langues immigrantes
Par ailleurs, en tant qu'ancienne puissance coloniale, le Portugal a reçu beaucoup d'immigrants venus de l'Angola, du Cap-Vert, du Brésil, de la Guinée-Bissau, du Mozambique, de São-Tomé-et-Príncipe et de l'Inde. La plupart de ces gens ont changé de langue maternelle pour adopter le portugais. Cependant, d'autres groupes ont conservé leur langue maternelle: les Espagnols, les Arabes, les Britanniques et autres anglophones, les Français et autres francophones, les Timorais, les Italiens, les Chinois, etc.
| Ethnie | Langue maternelle | Groupe linguistique | Population |
| Portugais | portugais | langue romane | 9 500 000 |
| Espagnols | espagnol | langue romane | 42 000 |
| Angolais | portugais | langue romane | 40 000 |
| Capverdiens | portugais | langue romane | 35 000 |
| Arabes leventins | arabe leventin | famille chamito-sémitique | 21 000 |
| Brésiliens | portugais | langue romane | 19 860 |
| Galiciens | galicien | langue romane | 15 000 |
| Bissau-Guinéens | portugais | langue romane | 12 894 |
| Britanniques | anglais | langue germanique | 12 000 |
| Mirandais | mirandais | langue romane | 10 000 |
| Anglophones (divers) | anglais | langue germanique | 10 565 |
| Allemands | allemand | langue germanique | 8 846 |
| Arabes marocains | arabe marocain | famille chamito-sémitique | 6 300 |
| Français | français | langue romane | 5 804 |
| Tsiganes noirs | calo | langue romane | 5 000 |
| Gitans (Calos) | calo (gitan) | langue romane | 5 000 |
| Santoméens | portugais | langue romane | 4 795 |
| Mozambicains | portugais | langue romane | 4 429 |
| Timorais | atoni (timorais) | famille austronésienne |
3 100 |
| Chinois han | chinois mandarin | famille sino-tibétaine | 2 477 |
| Italiens | italien | langue romane | 2 371 |
| Canadiens français | français | langue romane | 2083 |
| Wallons | français | langue romane | 1 766 |
| Indo-Portugais | portugais | langue romane | 1 116 |
| Suisses alémaniques | alémanique | langue germanique | 1 130 |
| Japonais | japonais | famille japonaise | 757 |
| Danois | danois | langue germanique | 694 |
| Tsiganes valaques | tsigane | langue indo-iranienne | 500 |
| Finnois | finnois | famille ouralienne | 454 |
| Autrichiens | allemand | langue germanique | 449 |
| Grecs | grec | langue grecque | 107 |
| Luxembourgeois |
luxembourgeois |
langue germanique | 64 |
Ajoutons aussi que le Portugal a toujours été une terre démigration. Par exemple, entre 1960 et 1974, plus dun million de Portugais ont quitté leur pays dont la moitié vers la France, dautres au Brésil, en Belgique, au Canada, etc. Toutefois, dans les années 1970, l'arrivée de réfugiés des anciennes colonies africaines (Angola, Mozambique, Guinée-Bissau, îles du Cap-Vert et îles de Sao Tomé et Principe) a représenté un apport d'environ 500 000 nouveaux arrivants. La majorité des réfugiés, environ 400 000, étaient des Portugais dorigine de race blanche ou des Brésiliens (env. 20 000), qui ont fini par sintégrer à la société portugaise.
Le problème a été fort différent pour les quelque 100 000 autres réfugiés de race noire en provenance du Cap-Vert (près de 40 000), de lAngola, du Mozambique, de la Guinée-Bissau et du Timor oriental, qui ont connu et connaissent encore dénormes difficultés dintégration aux plans économique, social, scolaire, linguistique, etc. La plupart dentre eux résident dans le Grand Lisbonne.
La Constitution du 2 avril 1976 (révisée en 1982, 1989, 1992 et 1997) ne contenait aucune proclamation du portugais comme langue officielle, ce qui inclut les quatre révisions constitutionnelles ultérieures. Cependant, le cinquième révision constitutionnelle («Ve revisão constitucional») du 12 décembre 2001 a modifié l'article 11 en ajoutant un paragraphe 3 portant sur la langue officielle. Il en est ainsi de la VIe révision constitutionnelle de 2004:
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Artigo 11 Símbolos nacionais e língua oficial 1) A Bandeira Nacional, símbolo da soberania da República, da independência, unidade e integridade de Portugal, é a adoptada pela República instaurada pela Revolução de 5 de Outubro de 1910. 2) O Hino Nacional é A Portuguesa. 3) A língua oficial é o Português. |
Article 11 Symboles nationaux et langue officielle 1) Le drapeau national, symbole de la souveraineté de la République, de l'indépendance, de l'unité et de l'intégrité du Portugal, est adopté par la République instaurée lors de la révolution du 5 octobre 1910. 2) L'hymne national est «La Portugaise». 3) La langue officielle est le portugais. |
Cette langue a donc cessé d'être la langue officielle dans les faits (de facto) pour le devenir de par la loi (de jure), ce qui démontre aussi le peu de problèmes vécus jusqu'ici dans le domaine linguistique. Étant donné que 96 % de la population parle portugais, toute la vie politique, sociale, éducative, économique, etc., ne se déroule qu’en portugais.
À l'article 13 il est précisé que tous les citoyens sont égaux devant la loi et qu'aucune discrimination n'est tolérée pour des motifs de sexe, de race de langue, de religion, etc.:
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Artigo 13 Princípio da igualdade 1) Todos os cidadãos têm a mesma dignidade social e são iguais perante a lei. 2) Ninguém pode ser privilegiado, beneficiado, prejudicado, privado de qualquer direito ou isento de qualquer dever em razão de ascendência, sexo, raça, língua, território de origem, religião, convicções políticas ou ideológicas, instrução, situação económica, condição social ou orientação sexual. |
Article 13 Principe de l'égalité 1) Tous les citoyens ont le même dignité sociale et sont égaux devant la loi. 2) Nul ne peut accorder ni recevoir de privilège ou de préjudice, ni être privé d'un droit ou être exempté d'une obligation pour des motifs d'ascendance, de sexe, de race, de langue, de territoire d'origine, de religion, de convictions politiques ou idéologiques, d'instruction, de situation économique, de condition sociale ou d'orientation sexuelle. |
L'article 15 de la Constitution de 2004 précise que les «citoyens des États de langue portugaise» ayant une une résidence permanente au Portugal ont des droits non conférés à des étrangers:
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Artigo 15 Estrangeiros, apátridas, cidadãos europeus 1) Os estrangeiros e os apátridas que se encontrem ou residam em Portugal gozam dos direitos e estão sujeitos aos deveres do cidadão português. 3) Aos cidadãos dos Estados de língua portuguesa com residência permanente em Portugal são reconhecidos, nos termos da lei e em condições de reciprocidade, direitos não conferidos a estrangeiros, salvo o acesso aos cargos de Presidente da República, Presidente da Assembleia da República, Primeiro-Ministro, Presidentes dos tribunais supremos e o serviço nas Forças Armadas e na carreira diplomática. [...] |
Article 15 Étrangers, apatrides, citoyens européens 1) Les étrangers et les apatrides qui se trouvent ou habitent au Portugal jouissent des mêmes droits et sont soumis aux obligations du citoyen portugais. 3) Aux citoyens des États de langue portugaise ayant une résidence permanente au Portugal il leur est reconnu, conformément à la loi et dans des conditions de réciprocité, des droits non conférés à des étrangers, sauf pour l'accès aux postes de président de la République, de président de l'Assemblée de la République, de premier ministre, de présidents des cours suprêmes et le service dans les Forces armées et la carrière diplomatique. [...] |
Outre son volet international, la politique linguistique du Portugal savère relativement simple parce que les problèmes sur le plan linguistique sont relativement limités à léducation. On doit distinguer, dune part, les problèmes liés aux minorités ethniques parlant le galicien, le mirandais, le romani ou le gitan, dautre part, ceux reliés aux minorités immigrantes, surtout les réfugiés africains provenant des îles du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau, sans parler des Mélanésiens du Timor-Est. La difficulté est de trouver des moyens permettant aux enfants de ces citoyens dutiliser leur langue tout en apprenant la langue officielle, le portugais.
4.1 Les minorités nationales
En ce qui a trait aux minorités nationales, cest-à-dire les locuteurs parlant le galicien (15 000), le mirandais (10 000), le romani (500) ou le gitan (5000), il existe des écoles — plutôt généralement des classes — où les enfants appartenant à ces minorités peuvent faire leurs études primaires dans leur langue.
La résolution no 29 de 1991 du Conseil des ministres sur le Programme d'éducation pour tous préconise l'adoption de mesures d'intervention tendant à aider ceux qui ont des besoins pédagogiques particuliers, notamment les membres des minorités linguistiques. Larrêté normatif (Despacho Normativo) no 104 du 16 novembre 1989 veille à ce que les différentes confessions aient les mêmes possibilités d'enseigner les principes fondamentaux de leur religion. Ainsi, des mesures éducatives spéciales ont été prises en faveur des enfants gitans nomades, afin qu'ils soient admis dans les différentes écoles et que les enseignants soient formés pour leur apporter une aide spécifique. Si lon fait exception des quelques journaux et revues disponibles, ce sont là les seuls droits des minorités nationales au Portugal.
- Le statut du mirandais
En ce qui concerne plus spécifiquement le mirandais, le Parlement portugais a adopté à l’unanimité, en novembre 1998, une loi relative au statut officiel du mirandais: il s’agit de la loi no 7/99 du 29 janvier 1999 portant sur la reconnaissance officielle des droits linguistiques de la Communauté mirandaise (district de Bragança). En vertu de cette loi, le mirandais, une variété d’asturien parlée par 7000 à 10 000 locuteurs, est reconnu avec le portugais comme co-officiel dans un territoire de moins de 500 km²; et inclut les villes de Miranda du Douro et de Sendín (à la frontière nord-est du Portugal). Le statut de co-officialité s’applique en principe dans l'administration locale, les écoles et un certain nombre d’organismes publics.
En vertu de l’article 3 de la loi no 7/99 du 29 janvier 1999: «L'État reconnaît le droit aux enfants d’apprendre le mirandais, conformément aux dispositions de la réglementation.» À l’article 4, il est précisé que «les institutions publiques placées sous la responsabilité du Conseil de Miranda del Douro pourront publier leurs documents dans leur version mirandaise».
Cette loi a été suivi de l'arrêté no 35 du 5 juillet 1999. L'article 1er précise: «Aux élèves des établissements d'enseignement primaire et secondaire de la commune de Miranda de Douro l'étude du mirandais est autorisé en tant que source d'enrichissement du curriculum scolaire.» Cependant, la disponibilité des cours en mirandais appartient aux établissements d'enseignement primaire et secondaire de la commune de Miranda de Douro, moyennant le développement de projets en vertu desquels ceux-ci visent à préserver et promouvoir la langue mirandaise.
- La normalisation du mirandais
Le processus de normalisation de la langue a commencé en 1995, avec la publication de la proposition de Convention orthographique mirandaise (Proposta de Convenção Ortográfica Mirandesa) et consolidé en 1999, avec la la publication de la Convention orthographique de la langue mirandaise. L'État portugais a adopté en 2002 la Convenção Ortográfica da Língua Mirandesa, dont l'objectif est d'établir des règles pour l'éventuelle adaptation des emprunts traitant le cas particulier des mots qui, en portugais, s'écrivent avec un [x]: ambidextro > ambidestro, contexto > cuntesto, dextro > destro, dextralidade > destralidade, pretexto > pretesto, sexto > sesto, sextante > sestante, texto > testo, textual > testual, etc.Le nom de «langue» est légitimé par le fait que le mirandais a été reconnu comme langue officielle par la loi no 7 du du 29 janvier 1999.
- L'enseignement du mirandais
Dans les faits, le mirandais est enseigné dans les écoles primaires et comme matière facultative au premier cycle du secondaire dans les lycées de la région. De plus, l'enseignement du mirandais n’est soumis à aucun organisme d'inspection et les professeurs sont laissés à eux-mêmes. Quant aux tribunaux, la seule langue officielle demeure le portugais, mais il arrive que le mirandais soit utilisé et que des interprètes soient disponibles. Dans les services publics, le portugais est la seule langue employée, sauf lorsque le fonctionnaire de service est un Mirandais. Les autorités portugaises se montrent généralement réticentes à utiliser le mirandais, même dans les indications toponymiques de la région, notamment dans la partie spécifique d’un nom de lieu. Enfin, à l’exception de quelques rares articles parus dans la presse locale, le mirandais n'a aucune place dans les médias.
On comprendra que dans ces conditions les locuteurs du mirandais soient assez pessimistes quant à l’avenir de leur langue. Comme la langue mirandaise est au surplus considérée comme «arriérée» par rapport au portugais, son usage social, généralement limité aux manifestations folkloriques, apparaît en nette régression. Sans un soutien important de la part de l’État portugais, cette langue semble en voie d’extinction, et ce, d’autant plus que la distance linguistique qui la sépare du portugais s’avère relativement faible.
4.2 Les minorités immigrantes
Avec larrivée importante dimmigrants de race noire, le Portugal a commencé à vivre ses premiers conflits raciaux. Les Portugais blancs se méfient des Noirs et la discrimination à légard de ces derniers était devenue à ce point considérable quil a fallu que le gouvernement adopte des mesures législatives pour limiter et éliminer si possible les abus. Ainsi, larrêté normatif (Despacho Normativo) no 63 du 13 mars 1991 coordonne et encourage, dans le cadre du système éducatif, les campagnes en faveur de la tolérance, du dialogue et de la solidarité entre les différentes ethnies et cultures. De façon plus particulière, le programme gouvernemental voulait promouvoir:
1) la coordination de projets d'éducation multiculturelle déjà en place concernant les enfants originaires du Timor, du Cap-Vert et de la communauté tsigane;
2) la coopération avec l'Institut d'innovation culturelle pour l'élaboration de programmes d'éducation multiculturelle et d'intégration ethnique;
3) la promotion d'une campagne de dialogue interculturel valorisant la diversité ethnique dans les écoles;
4) l'extension des enquêtes de la Commission pour la promotion des droits de l'homme et l'égalité dans l'éducation, qui pourraient s'intéresser à la diversité ethnique, linguistique et culturelle dans le système éducatif;
5) la réalisation d'une enquête nationale sur les valeurs de la jeunesse portugaise scolarisée en matière de tolérance et convivialité multiraciale et multiculturelle;
6) la réalisation d'études visant à cerner les zones exposées à des conflits ou à des violences à caractère racial, et l'adoption des mesures préventives nécessaires.
En fait, les seules difficultés réelles concernent lintégration des immigrants sur le plan linguistique, notamment dans lapprentissage du portugais dans les écoles. Il nest pas surprenant quun article de la Constitution en fasse mention. Larticle 74 (par. 2, alinéa i) a trait à la langue de lenseignement du portugais aux minorités immigrantes:
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Artigo 74 Ensino 1) Todos têm direito ao ensino com garantia do direito à igualdade de oportunidades de acesso e êxito escolar. 2) Na realização da política de ensino incumbe ao Estado:
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Article 74 Enseignement 1) Tous ont droit à l'éducation avec la garantie du droit à l'égalité des chances d'accès et de réussite à l'école. 2) L'application de la politique d'éducation incombe à l'État :
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De plus, la résolution no 38 de 1993 prescrit des mesures favorisant la pleine intégration sociale et professionnelle des immigrés et des minorités ethniques. Il sagit de la part du gouvernement daider les immigrés et les minorités ethniques afin de favoriser leur pleine intégration socioprofessionnelle, notamment par l'adoption de mesures en matière d'éducation, de formation professionnelle et d'intervention sociale. Une commission interministérielle pour l'intégration des immigrés et des minorités ethniques a été chargée de rendre compte des conditions de vie des immigrés, de proposer aux pouvoirs publics des mesures et stratégies en leur faveur, d'évaluer les actions et leurs résultats et de coordonner et suivre les campagnes et programmes menés sur ce terrain.
Par ailleurs, un médiateur du ministère de la Justice, le Provedor de Justiça («médiateur judiciaire»), conformément à larticle 23 de la Constitution, a été nommé, et sa fonction a été précisée par la loi no 9 du 9 avril 1991. La principale tâche de ce «médiateur» consiste à défendre et à promouvoir les droits, libertés et intérêts des citoyens portugais. Le médiateur judiciaire est saisi des plaintes des particuliers; il intervient par voie de recommandations adressées aux autorités compétentes pour empêcher et réparer les injustices. Par exemple, après qu'un conseil municipal du nord du Portugal eut décidé d'interdire l'établissement de gitans en refusant l'installation de tout type de caravane ou tente, le procureur général de la République et le médiateur judiciaire ont immédiatement réagi: le parquet a demandé l'annulation du règlement municipal au motif qu'il était illégal, car il allait à lencontre, entre autres, du principe d'égalité.
Dans les faits, la politique portugaise en est une déducation bilingue afin de faciliter lintégration sociolinguistique des enfants dimmigrants. La Loi sur le système déducation de 1986 établit les principes généraux pour la réorganisation du système portugais d'éducation, et la plupart des dispositions juridiques réglementant le système déducation sont basés sur cette loi. Depuis 1993, le ministère de lÉducation a été restructuré et la publication de plusieurs de décrets-lois définissant les compétences des services éducatifs tant nationaux que régionaux ont été précisés. Mentionnons le décret-loi nº 133 de 1993, qui est la loi organique du ministère de lÉducation, le décret-loi nº 138 de 1993 qui décrit la structure du Département de léducation primaire (Departamento da Educação Básica). Quant à l'arrêté normatif no 63 du 13 mars 1994, il a institué un Secrétariat coordinateur des programmes d'éducation multiculturelle, auquel revient la coordination, l'encouragement et la promotion, dans le domaine du système éducatif, des programmes qui visent l'éducation dans les valeurs de la convivialité, de la tolérance, du dialogue et de la solidarité entre les différents peuples, ethnies et cultures.
En fournissant un appui aux groupes défavorisés tels que les minorités ethniques et immigrantes ainsi que les réfugiés (ressortissants du Cap-Vert, Tsiganes, jeunes en situation d'exclusion, adultes analphabètes, etc.), le ministère de l'Éducation, par le biais de la Direction générale de l'enseignement du primaire et du secondaire, a mis sur pied des programmes spécifiques de formation des maîtres d'enfants et de jeunes issus de ces groupes. Leur objectif est de rendre effectif le droit à la scolarité et à la réussite scolaire de tous les enfants, sans aucune discrimination fondée sur leur origine ethnique ou leurs conditions socio-économiques.
De façon générale, lenfant est alphabétisé dans sa langue maternelle lors du tout premier cycle du primaire (Ensino básico), qui dure quatre ans, pour passer graduellement à lenseignement du portugais. Au cours des deux autres cycles (deux ans pour chacun), lenseignement devient systématiquement bilingue. Ce système se poursuit au secondaire (Ensino secundario), mais le temps consacré au portugais comme langue denseignement devient prépondérant. Pour léducation supérieure, seul lenseignement en portugais est accessible.
Ajoutons aussi que, dans les médias électroniques, le Portugal oblige les radiodiffuseurs à avoir au moins 60 % de leurs chansons en portugais, ce qui peut comprendre les chansons provenant en langue portugaise des autres pays (Brésil, Cap-Vert, etc.).
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Le Portugal
compte deux régions autonomes, les archipels des Açores et de Madère. Les
Açores
constituent un
archipel de neuf îles (et de plusieurs îlots) au milieu de l'océan
Atlantique, soit à environ 1200 km à l'ouest du continent européen; sa
superficie est de 2335 km². Quant à Madère, c'est un archipel situé à 1000 km au sud-est de Lisbonne, donc plus près du Maroc, avec une superficie totale des terres de 794 km². Plus au sud, on trouve l'archipel des Canaries, appartenant à l'Espagne, situé à quelque 150 km des côtes africaines. |
Conformément à l’article 6 de la Constitution, le Portugal demeure un État unitaire, même avec ses deux régions autonomes:
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Artigo 6 1) O Estado é unitário e respeita na sua organização e funcionamento o regime autonómico insular e os princípios da subsidiariedade, da autonomia das autarquias locais e da descentralização democrática da administração pública. 2) Os arquipélagos dos Açores e da Madeira constituem regiões autónomas dotadas de estatutos político-administrativos e de órgãos de governo próprio. |
Article 6 1) L'État est unitaire et respecte dans son organisation les principes de l'autonomie des collectivités locales et de la décentralisation démocratique de l'administration publique. 2) Les archipels des Açores et de Madère constituent des régions autonomes dotées de statuts politiques et administratifs et d'organes de gouvernement qui leur sont propres. |
Selon larticle 225, le régime politique et administratif propre aux archipels des Açores et de Madère est «fondé sur les caractéristiques géographiques, économiques, sociales et culturelles de ces régions et sur les aspirations historiques autonomistes des populations insulaires». Mais cest le troisième paragraphe qui doit retenir notre attention:
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Artigo Regime político-administrativo dos Açores e da Madeira 1) O regime político-administrativo próprio dos arquipélagos dos Açores e da Madeira fundamenta-se nas suas características geográficas, económicas, sociais e culturais e nas históricas aspirações autonomistas das populações
insulares. |
Article 225 Régime politico-administratif des Açores et de Madère 1) Le régime politico-administratif propre aux archipels des Açores et de Madère est fondé sur les caractéristiques géographiques, économiques, sociales et culturelles de ces régions et sur les aspirations historiques autonomistes des populations insulaires. 2) La vie des régions vise la participation démocratique des citoyens, le développement socio-économique et la promotion et la défense des intérêts régionaux, ainsi que le renforcement de l'unité nationale et des circuits de solidarité entre les tous les Portugais. 3) L'autonomie politique et administrative régionale ne porte pas atteinte à la souveraineté de l'État et s'exerce dans le cadre de la Constitution. |
Cela signifie que les deux archipels doivent respecter toutes les dispositions constitutionnelles du Portugal, y compris en matière de langue.
5.1 Les Açores
Larchipel des Açores (capitale: Ponta Delgada) est constitué de neuf îles et de plusieurs îlots, au milieu de l'océan Atlantique, à environ 1200 km à l'ouest du Portugal. Larchipel compte quelque 240 000 habitants. Presque tous les habitants des Açores parlent le portugais comme langue maternelle; cest également la langue officielle.
Dans larchipel des Açores, la politique linguistique est la même quau Portugal. Toute la vie politique, judiciaire, culturelle et économique se déroule dans cette seule langue à lexception des classes daccueil destinées aux quelques enfants dimmigrants. Depuis 1975, il sest développé dans cet archipel un mouvement autonomiste et indépendantiste, mais quoi quil arrive à ce sujet le portugais demeurera la seule langue dusage.
On peut consulter une page spécifique consacrée à la politique linguistique des Açores en cliquant ICI, s.v.p.
5.2 L'archipel de Madère
Larchipel de Madère (capitale: Funchal) est situé à 1000 km au sud-est de Lisbonne, face au Maroc, et compte une population de 263 000 habitants qui parlent presque tous le portugais comme langue maternelle.
Conformément à la Constitution qui soumet larchipel aux mêmes obligations, le portugais est la langue officielle. Toute la vie politique, judiciaire, culturelle et économique se déroule dans cette seule langue à lexception des classes daccueil destinées aux quelques enfants dimmigrants. Comme aux Açores, larchipel manifeste également des velléités autonomistes, lesquelles nont rien à voir avec la langue.
Il est possible de consulter une page spécifique consacrée à la politique linguistique de Madère en cliquant ICI, s.v.p.
Fort homogène au point de vue linguistique aujourd'hui, le Portugal a longtemps été dialectophone. Jusqu'au XXe siècle, le portugais officiel n'était parlé que par l'élite, alors que les populations rurales continuaient de parler leur langue locale. Les progrès du portugais comme langue nationale ont suivi le progrès de la scolarisation, de l'urbanisation et de la démocratisation de la vie sociale. Ainsi, la diffusion du portugais comme langue normalisée pour toute la nation ne s'est achevée que dans le courant du XXe siècle.
En réalité, le Portugal semble avoir développé davantage des ambitions au plan de la diffusion internationale de sa langue. D’ailleurs, trois articles de la Constitution traitent de cette question (art. 7-9-78):
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Artigo 7
[...] 4) Portugal mantém laços privilegiados de amizade e cooperação com os países de língua portuguesa. |
Article 7
Relations internationales |
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Artigo 9. Tarefas fundamentais do Estado São tarefas fundamentais do Estado e) Proteger e valorizar o património cultural do povo português, defender a natureza e o ambiente, preservar os recursos naturais e assegurar um correcto ordenamento do território; f) Assegurar o ensino e a valorização permanente, defender o uso e promover a difusão internacional da língua portuguesa; g) Promover o desenvolvimento harmonioso de todo o território nacional, tendo em conta, designadamente, o carácter ultraperiférico dos arquipélagos dos Açores e da Madeira; |
Article 9 Tâches fondamentales de l'État Les tâches fondamentales de l'État sont les suivantes: e) Protéger et renforcer le patrimoine culturel du peuple portugais, défendre la nature et l'environnement, préserver les ressources naturelles et assurer un bon aménagement du territoire ; f) Assurer l'enseignement et l'évaluation permanente, défendre l'usage et promouvoir la diffusion internationale de la langue portugaise ; g) Promouvoir le développement harmonieux de tout le territoire national, en tenant compte notamment du caractère ultrapériphérique des archipels des Açores et de Madère; |
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Artigo 78. Fruição e criação cultural 1) Todos têm direito à fruição e criação cultural, bem como o dever de preservar, defender e valorizar o património cultural. 2) Incumbe ao Estado, em colaboração com todos os agentes culturais: a) Incentivar e assegurar o acesso de todos os cidadãos aos meios e instrumentos de acção cultural, bem como corrigir as assimetrias existentes no país em tal domínio; b) Apoiar as iniciativas que estimulem a criação individual e colectiva, nas suas múltiplas formas e expressões, e uma maior circulação das obras e dos bens culturais de qualidade; c) Promover a salvaguarda e a valorização do património cultural, tornando-o elemento vivificador da identidade cultural comum; d) Desenvolver as relações culturais com todos os povos, especialmente os de língua portuguesa, e assegurar a defesa e a promoção da cultura portuguesa no estrangeiro; e) Articular a política cultural e as demais políticas sectoriais. |
Article 78 Avantages et création culturelle 1) Tous ont droit aux avantages et à la création culturelle, ainsi qu'au devoir de préserver, défendre et valoriser le patrimoine culturel. 2) Il appartient à l'État, en collaboration avec tous les agents culturels : a) D'encourager et assurer l'accès pour tous les citoyens aux moyens et instruments d'action culturelle, ainsi que corriger les déséquilibres existant dans le pays dans ce domaine ; b) De soutenir les initiatives qui stimulent la création individuelle et collective dans ses multiples formes et expressions, ainsi qu'une plus grande circulation des œuvres et des biens culturels de qualité ; c) De promouvoir la sauvegarde et le développement du patrimoine culturel en rendant vivifiant l'élément de l'identité culturelle commune ; d) De développer les relations culturelles avec tous les peuples, surtout ceux de langue portugaise, et assurer la défense et la promotion de la culture portugaise à l'étranger ; e) D'articuler la politique culturelle et les autres politiques sectorielles. |
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Cette politique de valorisation du portugais comme langue internationale se veut le prolongement de lancienne politique coloniale du Portugal. On ne dénombre aujourdhui que deux pays où le portugais est la langue maternelle de la grande majorité de la population, le Portugal et le Brésil, ainsi que cinq pays dAfrique, sans compter quelques îlots symboliquement lusophones en Asie, tel Macao. Une anecdote mérite d'être soulignée: il s'agit de l'effigie du championnat d'Europe de 2004. Les députés socialistes portugais ont réagi avec vigueur, car ils n'ont pas semblé pas apprécier le choix du nom de la mascotte de l'Euro 2004, Kinas. Selon eux, elle aurait dû s'appeler Quinas («écusson» en français), puisque la lettre K ne fait pas partie de l'alphabet portugais et ne doit être utilisée que dans les mots étrangers. Pour les socialistes, ce choix constituait une attaque à la «dignité de la langue portugaise et des symboles nationaux». |
Dès le 18 décembre 1971, une convention internationale avec le Portugal liait l'Académie brésilienne des lettres (Academia Brasileira de Letras) dont le but était de maintenir la parité orthographique et lexicale avec la langue portugaise du Portugal. En vertu de l’entente, le portugais brésilien devait demeurer aligné sur la forme de prestige préconisée par l'Académie des sciences de Lisbonne (Academia das Ciências de Lisboa). Pour beaucoup de Brasileiros, la langue portugaise du Brésil n'a jamais pu devenir tout à fait autonome.
6.1 L’accord orthographique de 1990
Depuis 1990, de nombreux accords de coopération scientifique et technique ont été signés entre le Portugal et le Brésil, ce qui a donné lieu à plusieurs commissions communes de terminologie. Le traité le plus important concerne l'Accord orthographique sur la langue portugaise de 1990 — Acordo Ortográfico da língua Portuguesa — qui a pris en compte les différences linguistiques afin de réduire les difficultés liées à la tendance naturelle à la différenciation et de préserver les intérêts de la langue portugaise dans les pays lusophones.
À la suite des délibérations entre les délégations de l'Angola, du Cap-Vert, de la Guiné-Bissau, du Mozambique et de São Tomé et Príncipe, ainsi que des observateurs de la Galice (Espagne), les États signataires — la République populaire d'Angola, la République fédérative du Brésil, la république du Cap-Vert, la république du Guiné-Bissau, la république de Mozambique, la république du Portugal et la République démocratique de São Tomé et Príncipe — ont convenu des dispositions qui suivent (l’accord comptant quatre articles).
L’article 1 ne fait que proclamer l’adoption de l’accord orthographique de 1990, mais l’article 2 énonce que les États signataires prendront, au moyen des institutions et agences compétentes, les mesures nécessaires en vue d'élaborer, d’ici le 1er janvier 1993, un vocabulaire orthographique commun de la langue portugaise, aussi complet que cela est souhaitable et aussi normalisé que possible en ce qui concerne les terminologies scientifiques et techniques. Selon l’article 3, l’Acordo Ortográfico da língua Portuguesa devait entrer en vigueur le 1er janvier 1994, une fois que seront déposés les instruments de ratification de tous les États signataires auprès du gouvernement de la république du Portugal. Quant à l’article 4, il oblige les États signataires à prendre les mesures appropriées pour assurer le respect effectif de la date d'entrée en vigueur établie à l’article précédent. Le document fut signé par les sept États, à Lisbonne, le 16 décembre 1990. Le traité est accompagné d’annexes décrivant les points orthographiques et/ou grammaticaux sur lesquels porte l’accord: alphabet, h initial et final, homophonie, séquences consonantique, voyelles atones, voyelles nasales, accentuation des oxytons/paroxytons, accent grave, tréma, trait d’union, apostrophe, minuscules et majuscules, divisions syllabiques, etc.
Cela dit, cet accord orthographique a été bien accueilli au Portugal, ce qui n'a guère été le cas au Brésil, qui ne l'applique que du bout des lèvres; d'ailleurs, des campagnes de presse ont tout fait pour discréditer le traité. C’est que l’Acordo Ortográfico da Língua Portuguesa ne fait pas l’unanimité au Brésil, car beaucoup craignent de perdre le caractère brésilien de la langue portugaise. Les partisans de l’Accord considèrent que l'accord renforce la langue portugaise dans le monde en réduisant son hétérogénéité, fruit de sa dispersion géographique entre trois continents.
6.2 La Communauté des pays de langue portugaise
En 1996, le Portugal ainsi que sept de ses anciennes colonies ont fondé la Comunidade dos Países de Língua Portuguesa (CPLP), la Communauté des pays de langue portugaise. Les pays membres étaient les suivants: outre le Portugal, l'Angola, le Brésil, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, le Mozambique et Sao Tomé-et-Principe. Après son indépendance, le Timor oriental a rejoint l’organisation comme 8e pays membre. La CPLP veut promouvoir la langue portugaise ainsi que la culture commune qui unit les pays membres. Plus particulièrement, les pays lusophones désirent collaborer dans le domaine de l'éducation, mais chercheront aussi à renforcer les liens culturels, politiques et économiques. La CPLP a son siège social à Lisbonne.
Grosso modo, les pays de la CPLP veulent encourager la diffusion et l'enrichissement de la langue portugaise, accroître les échanges culturels dans l’espace lusophone, renforcer la coopération entre les pays de langue portugaise dans le domaine de la concertation politique et diplomatique, encourager le développement d'actions de coopération interparlementaire, développer la coopération économique, dynamiser et approfondir la coopération dans le domaine universitaire, de la formation professionnelle et dans les différents secteurs de la recherche scientifique et technologique, mobiliser des efforts et des ressources en appui solidaire aux programmes de reconstruction et de réhabilitation, promouvoir la coordination des activités des institutions publiques et entités privées, associations de nature économique et organisations non gouvernementales œuvrant au développement de la coopération entre les pays lusophones, etc.
- La Déclaration constitutive des pays de langue portugaise
Deux documents ont été signés par les États de la CPLP: la Déclaration constitutive des pays de langue portugaise (du 17 juillet 1996) et les Statuts de la Communauté des pays de langue portugaise, également du 17 juillet 1996.
La Déclaration constitutive a institutionnalisé la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP). L'article 3 de la Charte de la Communauté des pays de langue portugaise exprime clairement les objectifs de ces sept pays :
1) concertation politique et diplomatique entre ses membres en matière de relations internationales, principalement dans le but d'affirmer sa présence (de la CPLP) dans les congrès internationaux ;
2) la coopération, particulièrement dans les domaines économique, social, culturel, juridique, technique et scientifique;
3) la mise en oeuvre de projets destinés à promouvoir et à diffuser la langue portugaise.
On peut consulter une version française de la Déclaration constitutive des pays de langue portugaise en cliquant ICI.
- Les statuts des pays de langue portugaise (CPLP)
La Déclaration constitutive est accompagnée des Statuts de la CPLP, qui comptent 22 articles. Seul l'article 3 traite de la langue portugaise, les autres articles concernent le fonctionnement de la CPLP. Voici les objectifs tels qu'énoncés par l'article 3:
a) la concertation politique et diplomatique entre ses membres en matière de relations internationales, nommément en vue de renforcer leur présence aux fora internationaux;
b) la coopération, nommément dans les domaines économique, social, culturel, juridique, technique et scientifique;
c) la matérialisation de projets visant à la promotion et à la diffusion de la langue portugaise.
On peut consulter une version française du texte complet des Statuts de la Communauté des pays de langue portugaise en cliquant ICI.
Bien que le Timor oriental, cette ancienne colonie portugaise, ait été envahi par les forces indonésiennes en 1975, les Nations unies nont jamais entériné lannexion forcée du territoire et, au point de vue du droit international, le Portugal demeure toujours la "Puissance administrante". Le 5 mai 1999, sous l'égide de l'Onu, l'Indonésie et le Portugal ont signé un accord qui, en prévoyant un référendum pour le 30 août, ouvrait la voie à l'indépendance: 78,5 % des Timorais ont refusé l'autonomie interne proposée par le gouvernement de lIndonésie.
Par la suite, le Timor oriental a été mis à feu et à sang aussitôt par des milices pro-indonésiennes ne dépendant pas du gouvernement mais jouissant d'une impunité totale, et qui ont refusé de reconnaître l'écrasante victoire au référendum en faveur de l'indépendance. Dans une démonstration de force sans précédent, les milices indonésiennes se sont emparés de Dili, la capitale, et ont lancé une chasse sanglante aux indépendantistes tout en détruisant 90 % de la ville. Après plusieurs jours de tueries, de déportations et de pillages, lOnu a réussi à envoyer une force dinterposition de 8500 Casques bleus (INTERFET) afin dimposer une forme de paix. Le 20 septembre 1999, le Timor oriental devenait un territoire sous administration provisoire des Nations unies.
Il restait au Portugal, considéré alors comme la «Puissance administrante», à abroger larticle 293 de la Constitution relatif au Timor oriental:
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Artigo 293 Autodeterminação e independência de Timor Leste 1) Portugal continua vinculado às responsabilidades que lhe incumbem, de harmonia com o direito internacional, de promover e garantir o direito à autodeterminação e independência de Timor Leste. 2) Compete ao Presidente da República e ao Governo praticar todos os actos necessários à realização dos objectivos expressos no número anterior. |
Article 293 Autodétermination et indépendance du Timor oriental 1) Le Portugal continue à assumer les responsabilités qui lui incombent, conformément au droit international, visant à promouvoir et à garantir le droit à l'autodétermination et à l'indépendance du Timor oriental. 2) Il appartient au président de la République et au gouvernement dappliquer toutes les mesures nécessaires à la réalisation des objectifs indiqués au paragraphe précédent. |
La révision constitutionnelle de 2001 n'avait pas encore modifié cette partie de la Constitution portugaise, le Timor oriental étant un État souverain depuis le 20 mai 2002. Cependant, la révision constitutionnelle de 2004 a supprimé cette partie de la Constitution. On peut consulter la page Web consacrée au Timor oriental.
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En somme, le Portugal ne maltraite pas ses minorités. Il ne leur accorde que des droits visant à faciliter leur intégration sur les plans linguistique, éducatif, social et politique. Il faut dire que ces minorités sont en très petit nombre et quil serait probablement illusoire de leur donner des droits linguistiques importants, qui impliqueraient des frais disproportionnés. Si lon sen tient au domaine de léducation, le Portugal a fait des efforts que très peu de pays dans la même situation seraient prêts à faire. Pensons à des pays aussi démocratiques que le Luxembourg et lIslande où des problèmes identiques se font encore attendre. Au Portugal, ce sont là les seuls problèmes relativement à la question linguistique. LÉtat sen tire assez bien dans la mesure où l'on accepte quil ne sagit là que dune politique denseignement bilingue destinée à faciliter linsertion sociale et non la conservation de la langue maternelle. En ce sens, c'est une politique qui se rapproche de celle des États-Unis.
DIRECÇÃO REGIONAL DE EDUCAÇÃO. The
Education System in Portugal, Lisbonne, 1997, EUROMOSAIC. Le mirandais au Portugal, Barcelone, Institut de
Sociolingüística Catalana, sans date, LECLERC, Jacques. Langue et société, Laval, Mondia Éditeur, coll. "Synthèse", 1992, 708 p. SOMBRA SARAIVA, José Flávio. CPLP Comunidade dos Países de Língua Portuguesa, Brasilia, Instituto Brasileiro de Relações Internacionais (IBRI), 2001, 203 p. VASCONCELLOS, José Leite. Esquisse d'une dialectologie portugaise, Lisbonne, édiction en fac-similé, Instituto Nacional de Investigação Científica, 1987, 3e édition. YACOUB, Joseph. «La péninsule Ibérique» dans Les minorités dans le monde, Paris, Desclée de Brouwer, 1998, p. 289-306. |