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L'existence de la famille dravidienne a été proposée en 1816, pendant le régime de l'Empire britannique, par Alexander D. Campbell dans sa Grammar of the Teloogoo Language. Campbell avait alors soutenu que le tamoul et le télougou provenaient d'un fonds commun ancêtre non indo-européen. Toutefois, c'est uniquement en 1856 que le Britannique Francis W. Ellis décrivit décrit les langues du sud de l'Inde en les considérant comme membres d'une seule famille. Il créa alors le mot «dravidien» ("dravidian" en anglais) qui provenait du sanskrit dravida déjà employé pour désigner l'Inde du Sud, ses habitants et ses langues. Il existe une controverse au sujet de l'origine du mot dravida qui, pour les uns, viendrait du tamoul (tamil > tamizha > dramila > dravida), pour les autres, c'est le tamoul qui l'aurait emprunté au sanskrit (dravida > dramila > tamizha > tamil). On croit aussi que le terme dravida tire son origine de la racine drava signifiant «eau» ou «mer», par allusion à cette région entourée par la mer sur trois côtés.
La famille dravidienne, cinquième par le nombre de ses locuteurs (près de 250 millions), réunit près d'une trentaine de langues parlées principalement dans le sud de l'Inde et au Sri Lanka (environ 16 % de locuteurs du tamoul). On peut visualiser la carte linguistique de l'Inde dans laquelle on peut distinguer clairement les aires des langues indo-iraniennes, dravidiennes et tibéto-birmanes. L'une des langues dravidiennes, le brahui, isolé au Pakistan, laisse croire que ces langues étaient parlées dans toute l'Inde avant l'expansion indo-iranienne, laquelle a eu pour effet de refouler les langues dravidiennes vers le sud.
Quatre de ces langues regroupent presque toute la population (196 millions sur moins de 200 millions) parlant l'une des langues dravidiennes: télougou, tamoul, kannada, malayalam.
1) Télougou: 69,7 millions de locuteurs
- État de lAndhra Pradesh (Inde)
- État du Tamil Nadu (Inde)
- État de Karnataka3) Malayalam: 35,8 millions de locuteurs
- État du Kerala (Inde)
2) Tamoul: 65,6 millions de locuteurs
- État du Tamil Nadu (Inde)
- Pondichéry (Inde)
- Sri Lanka
- Singapour
- Malaisie
- Maurice (île)4) Kannada: 35,3 millions de locuteurs
- État du Karnataka (Inde)
- État de l'Andhra Pradesh (Inde)
- État du Tamil Nadu (Inde)
- État de Maharashtra (Inde)
En Inde et au Pakistan, les langues indo-iraniennes et dravidiennes sont entrées en contact. Les langues dravidiennes ont apporté aux premières des traits consonantiques tels que les rétroflexes et une position finale stricte du verbe; en revanche, les langues dravidiennes ont emprunté beaucoup au vocabulaire indo-iranien. Par exemple, le tamoul utilise de nombreux vocables issus du sanskrit.
Des quatre langues importantes de la famille dravidienne, c'est le tamoul qui connaît la plus grande aire d'extension. En effet, cette langue est parlée non seulement dans l'État du Tamil Nadu (Inde) et au Sri Lanka, mais aussi à Singapour, en Malaisie, en Indonésie, dans le Sud-Est asiatique, ainsi qu'au îles Fidji, à l'île Maurice, à l'île de La Réunion et à Madagascar.
Quant aux autres langues dravidiennes (toulou, malto, gondi, kuvi, kui, kharia, etc.), seuls le toulou et le gondi dépassent le million de locuteurs. Toutes ces langues sont parlées principalement dans le sud de l'Inde et au Sri Lanka. Certaines langues sont exceptionnellement parlées hors de cette aire linguistiques, comme le brahui (1,5 million de locuteurs) de la province du Balouchistan au Pakistan, le kurux (quelques locuteurs) au Népal et le tamoul à lîle Maurice et en Malaisie.