Nouvelle-Calédonie

(2) Données démolinguistiques

 

[Drapeau kanak

Drapeau caldoche (non officiel)

Drapeau kanak
Drapeau caldoche
Remarque:

Il n'y a pas de drapeau officiel local pour l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie, si ce n'est celui de la République française. Dans ce cas-ci, il s'agit de drapeaux représentant les deux grandes communautés: les Kanaks (autochtones) et les Caldoches (Européens). Le drapeau kanak est appelé «drapeau Kanaky»: c'est celui du parti indépendantiste FLNKS (Front de libération national kanak socialiste);  quant au drapeau caldoche reproduit ci-dessus, il n'est reconnu par aucune organisation et a existé durant les «événements».  

Capitale: Nouméa
Population: 196 000 
Langue officielle: français 
Groupe «majoritaire»: 43 % de Kanaks (Mélanésiens)
Groupes minoritaires: 37 % de Français, 20 % d’Asiatiques et de Polynésiens
Système politique: territoire français d’outre-mer depuis 1946, mais doté d'un statut particulier depuis la loi du 9 novembre 1988; en voie d'acquérir le statut de POM (pays d'outre-mer)
Articles constitutionnels (langue): art. 2 de la Constitution de 1958 (modifiée) 
Lois linguistiques: plusieurs lois françaises dont la loi no 84-821 du 6 septembre portant statut du territoire de la Nouvelle-Calédonie; la loi no 75-620 du 11 juillet 1975 relative à l'éducation; la loi no 84-52 du 26 janvier 1984 sur l'enseignement supérieur; la loi d'orientation no 89-486 du 10 juillet 1989 sur l'éducation; le décret no 93-535 du 27 mars 1993 portant approbation du cahier des missions et des charges de la Société nationale de radiodiffusion et de télévision française pour l'outre-mer (RFO); la loi no 88-1028 du 9 novembre 1988 portant dispositions statutaires et préparatoires à l'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie en 1998; la loi organique no 99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie.

La population de la Nouvelle-Calédonie est de 196 836 habitants (recensement de 1996) dont 44,1 % de Mélanésiens (appelés Kanaks, 34,1 % d'Européens (appelés, selon le cas, Caldoches  ou Métropolitains), 9 % de Wallisiens et de Futuniens, 2,6 % d’Indonésiens, 2,5 % de Polynésiens (sans inclure les Wallisiens et les Futuniens), 1,4 % de Vietnamiens, 1,1 % de Vanuatais (appelés plutôt Ni-Vanuatu); le reste de la population est composé de diverses ethnies (voir le tableau 1). Cela dit, en matière de composition ethnique, la particularité de la Nouvelle-Calédonie réside dans le fait qu’elle est formée principalement de deux grandes entités ethniques: les Kanaks, une population autochtone aux traits plus ou moins négroïdes, et les Européens, une population d'origine européenne (Caldoches), voire française (Métropolitains).

1 La composition ethnique

La population autochtone est constituée de Mélanésiens (44,1 %), dont un petit nombre de Fidjiens, mais ils sont minoritaires par rapport à la population totale du pays. Néanmoins, les Mélanésiens sont majoritaires dans la province Nord et dans les îles Loyauté.

Les Européens constituent la seconde ethnie en importance (34,1 %). On distingue les Caldoches, les descendants des colons français, et les Métropolitains (ou «Métros» ou «Zoreilles») qui demeurent dans le territoire depuis plus de 20 ans ou qui y résident pour le temps d’une mutation ou la durée d’un contrat relativement court (trois ans ou moins). Les Caldoches (env. 42 000) et les Métros (env. 25 000) sont massivement concentrés à Nouméa, de telle sorte que la ville a été surnommée «la Blanche» par les Kanaks et que ces derniers y font presque figure d’étrangers parmi les Blancs, Asiatiques et Polynésiens.

En plus des Kanaks et des Européens, la Nouvelle-Calédonie comprend plusieurs autres communautés qui, pour la plupart, immigrèrent vers la Grande Terre lors de l’exploitation du nickel dans les années cinquante et soixante. Le troisième groupe ethnique important est constitué des quelque 22 700 Polynésiens (11,5 %), mais les Wallisiens et les Futuniens, originaires du territoire français de Wallis-et-Futuna, forment à eux seuls plus de 80 % de ce groupe; les autres Polynésiens sont répartis entre Tahitiens, Tuamotu et Marquisiens. Les autres ethnies sont représentées par plusieurs petites communautés dont les Javanais et les Malais (Indonésiens), les Vietnamiens, les Vanuatais, les Chinois hakka, etc.

2 La répartition par province

La province Sud est la plus peuplée (134 546 hab.), car elle compte pour 68,4 % de la population totale. La capitale, Nouméa, accueille à elle seule 38,8 % de la population néo-calédonienne, mais l’agglomération dite du Grand-Nouméa (communes de Nouméa, Dumbéa, Païta et Mont-Dore) en regroupe environ 60 %; le Grand-Nouméa compte pour 88,3 % de la population de la province Sud (voir la carte par province). La province est habitée majoritairement par les Blancs (44,3 %) suivis des Mélanésiens (25,7 %). Dans l’île des Pins au sud de la Grande Terre, on compte une petite population d’un peu plus de 1000 habitants dont une faible proportion de Blancs.

La province Nord, avec 41 413 habitants, compte pour 21 % de la population néo-calédonienne. Les Kanaks y sont massivement majoritaires (78,7 %), mais de nombreux Blancs métropolitains (15,7 %) ont récemment immigré dans la région afin de fonder des entreprises. Parfois métissés — une grand-mère ou une arrière-grand-mère kanake — dans cette province, certains Caldoches qui y habitent descendent des bagnards ou de ceux qu’on a appelés les "colons Feillet", du nom du gouverneur qui encouragea l'immigration française à la fin du siècle dernier. Tout au nord de la province, dans l’archipel de Bélep, on compte environ 1000 habitants, presque tous mélanésiens (voir la carte par province).

La province des Îles-Loyauté n’abrite que 10,6 % des Néo-Calédoniens (20 877 hab.). Lifou reste l’île la plus importante, non seulement parce qu’elle compte plus d’habitants (10 000), mais parce que la ville de Wé sert de chef-lieu de la province et que toutes les activités commerciales y sont concentrées (voir la carte par province). Les deux autres îles d’importance sont Maré (7000 hab.) et Ouvéa (4000 hab.). Quant à la petite île Tiga, elle ne compte que 414 habitants. La plupart des insulaires de cette province sont des Kanaks, mais l’île Ouvéa compte une population non négligeable de Wallisiens dont les ancêtres sont arrivés à la fin du XVIIe siècle; mais ils sont aujourd’hui assimilés aux Kanaks, car ils n’ont plus rien de commun avec les Wallisiens de l’île Wallis, leurs coutumes étant semblables aux Mélanésiens. Les Européens sont peu nombreux dans cette province: 1,3 %, environ 2500 personnes au total. Le tableau 2 présente la population et les langues de la province des Îles.

Cartographie du monde
http://carto.eu.org/article629.html?var_recherche=calédonie

Enfin, pour ce qui a trait à la religion, les catholiques sont nettement majoritaires et regroupent la plupart des Européens et des Caldoches, plus de la moitié des Kanaks, presque tous les Wallisiens et Futuniens. Suivent les protestants, surtout évangélistes, avec les Kanaks et les Tahitiens, et les musulmans avec les Indonésiens et les Algériens.

3 Les langues des populations mélanésiennes

Les 87 000 Kanaks vivent à près de 80 % au sein de 328 tribus qui se partagent une grand nombre de langues mélanésiennes appartenant au groupe malayo-polynésien oriental (sous-groupe océanien) de la grande famille austronésienne. Les linguistes font état de plus de 30 langues, dites vernaculaires, fort différentes les unes des autres. Toutes ces langues sont de traditions orales et sont parlées dans des aires linguistiques bien déterminées.

Les langues autochtones les plus importantes sont le drehu (10 000 locuteurs à l’île Lifou et 5000 à Nouméa), le nengone (6100 locuteurs à l’île Maré), le paicî (5500 locuteurs à Poindimié, Ponérihouen et Koné), l'ajië (5000 locuteurs à Houailou) et le xârâcùù (5000 locuteurs à Canala et Thio). On peut consulter la liste des 28 langues mélanésiennes de la Nouvelle-Calédonie du tableau 3 citées dans le Rapport Cerquiglini rédigé à la demande du ministre français de l'Éducation nationale. Le nombre de locuteurs de ces langues provient du recensement du Summer Institute of Linguistics de Dallas (Texas), Ethnologue.

À l’opposé de celles énumérées précédemment, la plupart de ces langues ne sont parlées que par un tout petit nombre de locuteurs, notamment le pwapwâ (130), le vamale (150), l’arhö (100), etc., alors que quelques-unes sont en voie d’extinction. Quelques-uns sont présentement menacées du fait de leur faible nombre de locuteurs: le arhâ (35 locuteurs), le pwapwâ (16), le sîshë (seulement quatre); le wamwang est déjà considéré comme éteint. Certaines langues, dont l’aijië, le drehu, l’ïaaï et le nengone, sont dotées d'une écriture généralement diffusée et normalisée grâce à la traduction de la Bible ou d'autres écrits religieux (p. ex., le paicî). Contrairement à la situation linguistique des Kanaks habitant le "Caillou", celle vécue dans les îles Loyauté est généralement plus satisfaisante pour les Kanaks parce que, d’une part, les Européens sont très peu nombreux (env. 150 au total), d’autre part, les autochtones parlent quotidiennement leur langue maternelle qui est, par le force des choses, demeurée très vivace; mais c’est également le cas dans la province Nord et la province Sud (y compris le Grand-Nouméa). Par ailleurs, il faut souligner la grande homogénéité linguistique dans les îles contrairement à la Grande Terre très morcelée linguistiquement.

Attention, selon le recensement du gouvernement français de 1996, quelque 33 222 kanak (53 566 locuteurs pour une population kanak de 86 788) ne parleraient plus leur langue d'origine, soit plus de 38 %. L'inégalité de statut des langues en présence a favorisé un type précis de bilinguisme qu'on appelle diglossie: chacune des langues se voient conférer des fonctions communicatives et des rôles sociaux distincts. On peut constater une progression du français parmi les jeunes qui s'accompagne d'un net recul des langues maternelles. En effet, les jeunes parlent de moins en moins leur langue et de moins en moins bien. Mais s'ils parlent plus souvent français entre eux, cela ne se traduit pas forcément par de meilleurs résultats scolaires.

Toutes les langues autochtones de la Nouvelle-Calédonie appartiennent au groupe mélanésien de la famille austronésienne, sauf le faga-uvea parlé à l’île Ouvéa et classé dans le groupe polynésien, à l’exemple du wallisien de l’île Wallis, du futunien de l’île Futuna, du tongien à Tonga, du samoan aux Samoa occidentales et Samoa américaines, du tokelauan à Tokelau, du tahitien et du tuamotu de la Polynésie française, du maori en Nouvelle-Zélande, de l’hawaïen à Hawaï, etc. Le faga-uvea provient des Wallisiens qui y ont immigré à la fin du XVIIe siècle; il est utilisé quotidiennement par près de 1600 locuteurs au nord et au sud de l’île Ouvéa et par plus de 1000 locuteurs à Nouméa. Soulignons que le faga-uvea ne ressemble plus au wallisien actuel de l’archipel Wallis, et ce, d’autant plus le faga-uvea a énormément emprunté à l’ïaaï alors que le wallisien a subi l’influence du tongien.

Cependant, lorsqu’on examine la liste des 28 langues mélanésiennes du tableau 3, on arrive au compte de 46 000 à 50 000 locuteurs parlant une langue mélanésienne sur une population totale de 88 000 Kanaks. Il manque environ 28 000 locuteurs dans cette liste. Selon toute probabilité, la plupart des 28 000 locuteurs qui n’y apparaissent pas résident dans l’agglomération de Nouméa, ce qui laisserait croire que plus de 30 % des Kanaks ne parleraient plus leur langue ancestrale. Selon le recensement français de 1996, quelque 33 222 kanak (53 566 locuteurs pour une population kanak de 86 788) ne parleraient plus leur langue d'origine, soit plus de 38 %. Même si, à Nouméa ainsi que dans les zones qui commencent à s'urbaniser, on note une certaine absence de motivation de la part des parents et des enfants pour conserver la pratique de leur langue maternelle, les langues mélanésiennes sont toujours parlées à la maison, lors des conversations entre locuteurs du même groupe linguistique et dans les cérémonies religieuses.

Voici une carte représentant les langues parlées en Nouvelle-Calédonie:

Source: Le portail des langues de France, http://www.languesdefrance.com/HTML/Divers/Carte_caledonie.htm

Lorsque les Kanaks s’adressent à des membres d’une autre communauté linguistique que la leur, ils utilisent alors le français comme langue véhiculaire. Il s’agit en ce cas du français calédonien, et la maîtrise de cette langue peut varier dans l'ensemble de la population autochtone, car l’accès des Kanaks à l’école publique ne s’est généralisé qu’à partir de 1953. Dans les années qui suivirent, beaucoup de Kanaks âgés ne connaissaient pas encore le français. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, mais un grand nombre de Kanaks peut n’en posséder qu’une connaissance assez approximative. Cela dit, la plupart des Kanaks adultes sont considérés comme bilingues.

4 Le français des Caldoches et des Métropolitains

On compte 67 000 Blancs en Nouvelle-Calédonie dont 42 000 Caldoches, soit 62,6 %, et 25 000 Métropolitains (en 1995), soit 37,3 %. Les membres de la communauté blanche parlent le français, mais les Caldoches utilisent aussi une variété de français local appelé par certains linguistes le français calédonien. Ce français est caractérisé notamment par des particularités phonétiques, quelques constructions grammaticales spécifiques calquées sur les langues kanakes et le recours à des expressions tirées des mines, des prisons, de l’élevage du bétail ou de la vie des pêcheurs. Néanmoins, ce français calédonien diffère moins du français standard que, par exemple, le français parlé au Canada. C’est ce français régional qui sert de langue véhiculaire entre tous les Néo-Calédoniens — mais pas pour les Métros —, plutôt que le «français de France» ou le créole (comme à La Réunion, à la Martinique, à la Guadeloupe ou à la Guyane française).

Évidemment, le «français de France» est la langue officielle de la Nouvelle-Calédonie. C’est la langue de prestige et la langue utilisée partout dans l’Administration, les tribunaux, les écoles, les médias, etc. Cependant, les autochtones, surtout ceux d’origine mélanésienne et polynésienne, peuvent en faire un usage fort différent des Européens. Les immigrants wallisiens, futiniens, indochinois, javanais, etc., le parlent, eux aussi, en y introduisant des traits révélant leur origine ethnique. C’est là la très grande diversité des groupes ethniques — non assimilés — vivant en Nouvelle-Calédonie, ce qui explique cette variété dans l’usage du français parlé. Il n’en demeure pas moins que, au-delà des différences ethniques, le français est parlé autant par les Kanaks, les Wallisiens, les Javanais, les Vietnamiens, etc., que par les Caldoches eux-mêmes. La langue française sert parfois de seul trait d’union entre les différents groupes ethniques de la Nouvelle-Calédonie.

5 Les langues des populations immigrantes

Hormis les populations mélanésiennes et européennes, la Nouvelle-Calédonie est composée aussi de différentes communautés d'origine polynésienne (wallisienne, futunienne, tahitienne, etc.), vietnamienne, indonésienne (javanaise et malaise), antillaise (martiniquaise et guadeloupéenne), vanuataise ou Ni-Vanuatu, etc. Totalisant plus de 42 000 personnes (21,3 %), ces communautés proviennent de l’immigration à partir des années cinquante et soixante, et constituent ce qu’on appelle les minorités linguistiques et culturelles non territoriales.

Si l’on fait exception du parler d’un certain nombre de descendants de Wallisiens de l’île Ouvéa (faga-uvea) et des parlers polynésiens utilisés dans les centres miniers (tahitien, wallisien, etc.), les langues de la plupart des minorités sont localisées surtout à Nouméa et dans le Grand-Nouméa. Les langues polynésiennes sont principalement le wallisien, le futunien, le tahitien, le tuamotu et le marquisien. Quant aux Vanuatais, ils parlent l’une des nombreuses petites langues mélanésiennes de leur pays d’origine, mais ils utilisent généralement entre eux le bichlamar (ou pidgin bislama). Pour leur part, les groupes asiatiques parlent, selon le cas, le vietnamien, le chinois hakka, le javanais ou le malais. On estime en outre qu’environ 2000 locuteurs parlent aussi un créole, le tayo de Saint-Louis, qui semble en expansion dans la région de Nouméa.

La plupart des Polynésiens ont maintenu des liens culturels et linguistiques avec leurs compatriotes de Tahiti, des Marquises, des Fidji, etc. Leur langue maternelle est donc demeurée vivante. Ce n’est pas le cas des autres immigrants arrivés il y a au moins une génération, notamment les Vietnamiens, les Javanais, les Kabyles d’Algérie, etc. Ces groupes semblent sur la voie de l’assimilation.

Par ailleurs, les communautés ethniques de la Nouvelle-Calédonie, bien assises chacune sur leur identité culturelle, sont toutes demeurées cloisonnées les unes par rapport aux autres. En effet, Européens, Mélanésiens, Polynésiens, Asiatiques, Indonésiens, etc., vivent en s’ignorant les uns les autres. Cette situation n’a pas favorisé l’émergence d’une identité néo-calédonienne transcendant les clivages culturels et ethniques. Ce cloisonnement entre cultures étanches donne une idée des difficultés qu’ont dû surmonter les pouvoirs politiques, lorsqu’il s’est agi de trouver des solutions consensuelles aux nombreux conflits qui ont jalonné la courte histoire politique du pays.

Sur le territoire, aucune communauté n’est vraiment majoritaire, y compris les Caldoches et les Kanaks. Et, bien que le taux de natalité soit deux fois plus élevé chez les Kanaks que chez les Caldoches, il sera difficile pour les autochtones, s’ils deviennent majoritaires un jour, d’imposer leur choix sans tenir compte des autres. Un autre problème a trait à la répartition des richesses au sein des populations d’origine européenne et autochtone, c’est-à-dire entre le Nord et le Sud ou entre les pauvres et les riches. À l’exemple des pays en voie de développement, la Nouvelle-Calédonie souffre des écarts entre, d’une part, un pôle urbain, Nouméa, où sont concentrées les richesses du pays et, d’autre part, des zones rurales et minières dramatiquement pauvres. D’un côté, des maisons confortables, des voitures rutilantes, des bateaux de plaisance, des boutiques de mode, de l’autre, des cases et des bidonvilles. Pour le moment, malgré de réels efforts de la part des gouvernements, la réduction des écarts entre le Nord et le Sud reste encore un voeu pieux.

6 L’anglais en Nouvelle-Calédonie

Il faudrait mentionner quelques mots au sujet de la place de l’anglais en Nouvelle-Calédonie. D’abord, relevons le fait que ce territoire français est situé à plus de 18 000 km de la Métropole et que, par conséquent, l’attraction du français se révèle plus faible que, par exemple, en Corse ou aux Antilles. La Nouvelle-Calédonie, peuplée seulement de 200 000 habitants, fait partie d’un vaste ensemble géopolitique, le Pacifique-Sud, qui compte au moins 25 millions d'anglophones, notamment avec l’Australie (1500 km à l’ouest) et la Nouvelle-Zélande (1700 km au sud-ouest).

De plus, la plupart des États du Pacifique ont l’anglais comme langue officielle: l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Vanuatu (avec le français), les îles Salomon, Nauru, Tonga, Fidji, Tuvalu, Kiribati, les Samoa occidentales, les Samoa américaines, Niue, sans oublier Guam, les États fédérés de Micronésie et Hawaï. Seuls les territoires de la Nouvelle-Calédonie, de Wallis-et-Futuna (2500 km à l’est) et de la Polynésie française (5000 km à l’est) sont officiellement de langue française. À cela s’ajoute le fait que la présence américaine, australienne et néo-zélandaise est très forte dans tout le Pacifique... sauf dans les trois TOM français. Néanmoins, l’accès à certains biens de consommation passe par l’anglais, même en Nouvelle-Calédonie.

De fait, l'anglais est compris et parlé par une certaine partie de la population néo-calédonienne instruite; les Kanaks scolarisés parlent anglais comme les Européens. À ceux-là s’ajoutent certaines communautés kanakes, dont les ancêtres ont été christianisés par les missionnaires protestants, ainsi qu’une couche importante de la population immigrée, surtout les Javanais, les Vanuatais, les Fidjiens, etc. En somme, bien que le français soit la langue officielle, l'anglais reste une langue dont il faut tenir compte en Nouvelle-Calédonie.

Dernière mise à jour: 14 décembre, 2010

Nouvelle-Calédonie

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