Salomon Islands

Îles Salomon

Capitale: Honiara
Population: 581 318 (2008)
Langue officielle: anglais (de facto) 
Groupes «majoritaires»: langues mélanésiennes (94 %)
Groupes minoritaires: langues polynésiennes (4 %), langues papoues (1 %), gilbertais (kiribati) et anglais
Système politique: démocratie parlementaire de type britannique
Articles constitutionnels (langue): art. 10, 20 et 32 de la Constitution de 1978
Lois linguistiques: Code de procédure criminelle (1996); Règlements sur le tribunal de paix (1996); Loi sur l'éducation (1996); Loi sur les établissements bancaires (1996); Loi sur le mariage des insulaires; Loi sur les sociétés.

1 Situation géographique

Les îles Salomon (en angl.: Salomon Islands) constituent un archipel composé d'une double chaîne d'îles de la Mélanésie, à l’est de l'île de la Nouvelle-Guinée (voir la carte du Pacifique-Sud). 


 

L'archipel, dont la superficie totale est de 27 556 km², comprend les îles de Choiseul, Guadalcanal (la plus grande des îles Salomon), Malaita, Makira (San Cristobal), Santa Isabel, Vella Lavella, le groupe de la Nouvelle-Géorgie, l'archipel de Santa Cruz (le plus oriental), les îles Florida, le petit archipel des Russell, l'archipel de Santa Cruz (le plus à l'est) et une multitude d'autres petites îles. Les îles les plus à l'ouest, soit Buka et Bougainville, font partie de l'État de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

2 Données démolinguistiques

Les îles Salomon comptent 290 000 habitants dont 94 % de Mélanésiens, 4 % de Polynésiens, 1 % de Micronésiens. En plus de la population autochtone, on peut compter environ un millier d'Européens d'origine britannique. Tous les citoyens du pays sont des Salomonais ou des Salomoniens.

2.1 Les langues

Sur le plan linguistique, les îles Salomon se distinguent de la plupart des îles du Pacifique, exception faite du Vanuatu. En effet, à l’exemple du Vanuatu, les Salomon sont aux prises avec un très grand nombre de langues autochtones. Selon les estimations, on en compterait entre 71 et 86; six de celles-ci sont considérées comme éteintes ou moribondes: le dororo, le guliguli, le kazukuru, le laghu, le tanema et le vano.

La grande majorité des langues autochtones sont des langues austronésiennes d’origine mélanésienne. Ces langues comptent généralement fort peu de locuteurs, soit entre quelques milliers et quelques centaines d’usagers. Seulement trois langues parlées dans l'île de Malaita atteignent ou dépassent le nombre de 10 000 locuteurs: le kwaio (7000), l'are'are (8800) et le wara'ae (12 400). On ne compte que deux autres langues réunissant chacune un nombre de locuteurs supérieur à 5000. Il existe enfin des langues polynésiennes (cinq langues), des langues papoues (une dizaine) et une langue micronésienne (le kiribati ou gilbertais des îles Gilbert avec 3000 locuteurs). Enfin, la seule langue étrangère comptant un nombre appréciable de locuteurs est le chinois qui est d’ailleurs parlé en plusieurs variétés dialectales.

2.2 Le pidgin: une langue véhiculaire

Devant le grand nombre de langues pour une si petite population (environ une langue par 3000 habitants), les Salomonais utilisent généralement le pidgin des îles Salomon pour communiquer entre eux. Ce pidgin diffère de celui de la Nouvelle-Guinée et du bichlamar du Vanuatu, et il se rapproche davantage de l'anglais que celui des autres langues de type pidgin. C’est pourquoi ceux qui possèdent une certaine connaissance de l'anglais ont fortement tendance à angliciser leur pidgin. Il n'existe pas présentement d'écriture normalisée du pidgin et, bien que des essais aient été entrepris en ce sens, très peu d'écrits ont été publiés dans cette langue. Les agences gouvernementales de Salomon étudient la question afin d'instaurer une certaine politique linguistique pour l'usage du pidgin. Entre-temps, l’absence de statut juridique du pidgin semble devoir vraisemblablement se prolonger, ce qui favorise l'anglais comme langue véhiculaire.

2.3 L'anglais

L'anglais n’est la langue maternelle que d’un millier de locuteurs (pas plus de 1 % à 2 % de la population) et la plupart d’entre eux résident dans les environs de la capitale, Honiara. Néanmoins, cette langue jouit d’un immense prestige en raison de son statut de langue officielle et de langue internationale. C'est aussi la langue d'enseignement dans les écoles.

3 Données historiques

Les îles Salomon ont été peuplées au début du Ier millénaire par des Mélanésiens, mais elles ne furent découvertes qu’en 1568 par l'Espagnol Álvaro de Mendaña de Neyra qui tenta d'y établir une colonie. Deux siècles plus tard, l'archipel reçut les visites successives du navigateur britannique Philip Carteret, de l’explorateur français Louis-Antoine de Bougainville (qui, en 1768, donna son nom à l'île de Bougainville de la Papouasie-Nouvelle-Guinée) et du chevalier d'Entrecasteaux, lesquels rapportèrent de nombreuses informations sur l'archipel.

Finalement, c'est l’Allemagne qui imposa un protectorat aux Salomon septentrionales en 1885, mais le traité de 1899 les rattacha aux Salomon méridionales sur lesquelles les Britanniques avaient établi un protectorat en 1893. En fait, l’ensemble des Salomon devint possession britannique (en 1899) à l’exception des îles Buka et Bougainville qui sont restées allemandes. Ces dernières furent occupées en 1914, au début de la Première Guerre mondiale, par l'Australie, puis placées sous mandat australien en 1921 par la Société des Nations.  

Durant la Deuxième Guerre mondiale, les Japonais occupèrent la majeure partie de l’archipel (en janvier 1942), mais l’île de Guadalcanal fut reprise par les Américains au cours de l’hiver 1942-1943, puis ce fut le tour de l’ensemble de l’archipel en 1943 et en 1944. Après la guerre, les Britanniques reprirent le contrôle d’une partie des îles Salomon.

En 1975, les îles Salomon septentrionales, administrées alors par l’Australie, obtinrent leur indépendance au sein de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Quant aux îles Salomon britanniques, elles accédèrent à l'autonomie interne en 1976, puis à l'indépendance en 1978 dans le cadre du Commonwealth. Étant l'un des pays les plus pauvres du Pacifique, les îles Salomon bénéficient actuellement de l'aide de l'Australie, mais l'essentiel de leur commerce se fait avec le Japon, pays dont l'influence grandit dans cette région du Pacifique.

4 La politique linguistique

La Constitution de 1978 ne contient aucune disposition particulière sur le statut de la langue officielle. L’anglais possède donc ce statut en raison de son utilisation exclusive par les administrations britannique, australienne et américaine.

4.1 La langue de la législation et de la justice

Dans une telle situation, il est normal que les lois soient discutées en samoan, mais adoptées et promulguées en anglais. La justice, pour sa part, se déroule en anglais, mais l’État fournit les services d’un interprète à ceux qui ne connaissent pas l'anglais. D’ailleurs, l’article 10 (par. 2) de la Constitution prévoit ainsi de telles dispositions:

Section 10

2) Every person who is charged with a criminal offence -

[...]

b) shall be informed as soon as reasonably practicable, in detail and in a language that he understands, of the nature of the offence charged;

[...]

f) shall be permitted to have without payment the assistance of an interpreter if he cannot understand the language used at the trial of the charge,

and, except with his own consent, the trial shall not take place in his absence unless he so conducts himself as to render the continuance of the proceedings in his presence impracticable and the court has ordered him to be removed and the trial to proceed in his absence.

Article 10

2) Quiconque est accusé d'un acte criminel:

[...]

b) doit être informé, dès qu'il sera raisonnablement possible de le faire, dans une langue qu'il comprend et en détail, de la nature du crime dont on l'accuse;

[...]

f) doit avoir l'autorisation de recourir gratuitement aux services d'un interprète s'il ne comprend pas la langue employée à son procès.

et, sauf avec son propre consentement, le procès ne doit pas avoir lieu en son absence à moins qu'il ne se conduise ainsi pour rendre inopérante la durée de la procédure en sa présence et que la cour lui ait ordonné d'être écarté et de procéder en son absence.

Le Code de procédure criminelle (1996) précise bien que la langue judiciaire est l'anglais (art. 183), mais l'article 184 prévoit néanmoins qu'un intrprète est mis à la disposition d'un témoin qui ne comprend pas l'anglais: 

Criminal Procedure Code, 1996

Section 152.

Copy of judgment to be given to accused on application

On the application of the accused person a copy of the judgment, or, when he so desires, a translation in his own language, if practicable, shall be given to him without delay. Such a copy shall be given free of cost.

Section 182.

Manner of recording evidence before Magistrate

1)
In inquiries and trials by or before a Magistrate, the evidence of the witnesses shall be recorded in the following manner-

a) the evidence of each witness or so much thereof as the Magistrate deems material shall be taken down in writing in English by the Magistrate, or in his presence and hearing and under his personal direction and superintendence, and shall be signed by the Magistrate, and shall form part of the record;

b) such evidence shall not ordinarily be taken down in the form of question and answer, but in the form of a narrative:

Provided that the Magistrate may, in his discretion, take down cause to be taken down any particular question and answer.

2) If a witness asks that his evidence be read over to him the Magistrate shall cause such evidence to be read over to him in a language which he understands.

Section 183

Language of the court

The language of the court in the case of both the Court and Magistrates' Courts shall be English.

Section 184

Interpretation of evidence to accused

1)
Whenever any evidence is given in a language not understood by the accused, and he is present in person, it shall be interpreted to him in open court in a language which he understands.

2) When documents are put in for the purpose of formal proof it shall be in the discretion of the court to interpret as much thereof as appears necessary.
 

Code de procédure criminelle de 1996

Article 152

Copie d'un jugement à être donné à l'accusé sur demande

Sur demande de l'accusé, une copie du jugement ou, lorsqu'il le désire ainsi, une traduction dans sa propre langue, si c'est possible, doit lui être accordée sans délai. Cet exemplaire est remis sans frais.

Article 182

Façon de consigner un témoignage devant un juge

1)
Dans les enquêtes et les procès devant un juge, la déposition des témoins doit être consignée de la manière suivante:

a) La déposition de chaque témoin, ou si le juge l'estime ainsi, doit être consignée par écrit en anglais par celui-ci, ou en sa présence et lors de l'audience sous sa direction et son contrôle personnel; elle doit être signée par le juge et faire partie du procès-verbal;

(b) Cette déposition ne peut être prise habituellement sous la forme de question et de réponse, mais sous la forme d'un récit :

À condition que le juge, à sa discrétion, puisse prendre la cause à partir de n'importe quelle question et réponse particulière.

2) Si un témoin demande que son témoignage lui soit relue, le juge doit veiller à ce que le témoignage lui soit lu dans une langue qu'il comprend.

Article 183

Langue de la cour

La langue de la cour dans les causes, à la cour et au tribunal de paix, doit être l'anglais. 

Article 184

Interprétation d'un témoignage de la part d'un accusé

1)
Chaque fois qu'un témoignage est donné dans une langue qui n'est pas comprise par l'accusé et qu'il est physiquement présent, celui-ci doit recevoir une traduction du tribunal dans une langue qu'il comprend.

2) Lorsque les documents sont déposés comme preuve formelle, il relève de la discrétion de la cour de les traduire si cela lui paraît nécessaire.

Les Règlements sur la Cour des magistrats (1996) sont plus précis. L'article 4 de l'ordonnance 4 énonce que la langue des tribunaux est l'anglais, mais lorsqu'une partie ou un témoin ne parle pas cette langue, le juge peut traduire lui-même ou recourir aux services d'un interprète aux frais du demandeur:

Magistrates' Court Rules [Cap 20] 1996

Order 4

Miscellaneous Provisions

Section 4

Language and interpretation

1)
The language of every court shall be English, and if in any cause or matter the Magistrate considers that any party thereto or any witness giving evidence therein is incapable of sufficiently understanding the English language he shall, upon payment of the prescribed fee for interpretation, either himself, if he is competent in the language of such party or witness, interpret the proceedings so far as may be necessary, or appoint a fit and proper person to interpret the same.

2) Where the Magistrate himself or any public officer acts as interpreter as aforesaid no remuneration shall be payable in respect of the interpretation, but where a person other than the Magistrate or a public officer is the interpreter that person shall be entitled to payment out of the fee to him as remuneration for his services.

3) The prescribed fee for interpretation shall in all cases be payable in the first place by the plaintiff and shall be taxed as costs in the cause.

(4) Before interpreting at any sessions of the court, the interpreter, not being the trial Magistrate himself shall swear or make affirmation in the following form—

"I swear by Almighty God (or solemnly, sincerely and truly declare and affirm) that I will do my best to interpret and explain truly to the court and witnesses all such matters as I shall be required to interpret and explain. So help me God (omit if affirmation)."

Règlements sur le tribunal de paix [chap. 20], 1996

Ordonnance 4

Dispositions diverses

Article 4

Langue et traduction

1) La langue de chacun des tribunaux est l'anglais et, si dans une cause ou une affaire le juge considère qu'une partie ou un témoin produit une déposition alors qu'il est incapable de comprendre suffisamment l'anglais, le juge doit lui-même, sur paiement des honoraires prescrits pour la traduction, s'il connaît la langue de la partie ou du témoin, traduire la procédure autant que cela paraît nécessaire ou désigner une personne appropriée et adéquate pour traduire ses propos.

2) Lorsque le juge lui-même ou tout autre employé public agit comme l'interprète tel qu'il est susmentionné, aucune rémunération ne doit être payée dans le respect de la traduction, mais si quelqu'un d'autre que le magistrat ou un employé sert d'interprète, cette personne aura droit au paiement d'honoraires pour la rémunération de ses services.

3) Les honoraires prescrits pour la traduction doivent être dans tous les cas assumés en premier lieu par le demandeur et présentés comme des frais dans la cause.

(4) Avant la traduction à toute audience de la cour, l'interprète, qui n'est pas le juge lui-même du procès, doit déclarer sous serment et prononcer la formule suivante:

«Je jure par Dieu tout-puissant (ou sincèrement et solennellement, je déclare et j'affirme) que je ferai de mon mieux pour interpréter et expliquer vraiment à la cour et au témoin les propos tels que je dois les interpréter et les expliquer. Que Dieu me vienne en aide.»

D'ailleurs, l'article 59 de la Loi sur les tribunaux de paix prescrit l'usage de l'anglais comme langue officielle:

Magistrates' Court Act 1996

Section 59

Language of the Magistrates' Courts and interpretation

1)
The language of the Magistrates' Courts shall be English.

2) In any proceedings in any Magistrate's Court in which the language spoken by any witness or party requires to be interpreted into English, the Magistrate having jurisdiction in the proceedings may appoint suitable persons as interpreters.

Loi sur les tribunaux de paix, 1996

Article 59

Langue des tribunaux de paix

1)
L'anglais est la langue des tribunaux de paix.

2) Dans toute procédure dans un tribunal de paix de première instance dans lequel la langue parlée par un témoin ou une partie exige d'être traduite en anglais, le juge ayant juridiction à la procédure peut désigner des personnes appropriées comme interprètes.

Autrement dit, l'anglais est obligatoire et l'interprétariat est un mal nécessaire, ce qui ne constitue pas un droit d'utiliser une autre langue que le juge devrait comprendre.

4.2 La langue de l'Administration

Dans l’Administration, seul l’anglais est utilisé à l’écrit, mais le pidgin est couramment employé à l’oral puisque peu de citoyens savent suffisamment l’anglais pour poursuivre une conversation. Quoi qu’il en soit, les Salomonais préfèrent généralement utiliser le pidgin plutôt que l’anglais. Cependant, celui-ci exerce une grande influence, car pour les insulaires il est perçu comme un moyen d'accéder à la richesse et au pouvoir, actuellement encore aux mains des Britanniques.

Certaines lois prescrivent l'usage de l'anglais dans certains documents des sociétés commerciales faisant affaire aux îles Salomon. Ainsi, l'article 4 de la Loi sur les établissements bancaires exige que l'expression "Commercial Bank" soit obligatoire, sauf si le Ministre consent à recourir à une autre langue:

Banking Act

1996

Section 4.

1) No person other than a licensed commercial bank shall, without the consent of the Minister, use or continue to use in any name under which such person is carrying on business in Solomon Islands the word "Commercial Bank", or any derivative therefrom, or any equivalent in any language other than English of such word or derivative.

Loi sur les établissements bancaires 

1996

Article 4

1) Aucune personne autre qu'une banque commerciale agréée ne doit, sans le consentement du Ministre, utiliser ou continuer d'utiliser dans l'appellation par laquelle cette personne exerce ses activités dans les îles Salomon avec le mot «Banque commerciale», un dérivé ou un équivalent à celui-ci dans une autre langue que l'anglais dans le mot ou le dérivé.

La Loi sur les mariages des insulaires exige aussi l'emploi de l'anglais; c'est en principe le cas dans les avis de mariage. Cependant, il est possible de rédiger l'avis de mariage ne peut être rédigé en anglais, si la personne concernée ne sait pas lire ni écrire, dans une autre langue, il suffit d'inscrire une marque ou une croix en présence de certaines personnes sachant lire et écrire, et qui certifieront la marque ou la croix, selon le cas:

Islanders Marriage Act 1996

Section 5.

Marriage before a minister of religion

1)
(a) Before a marriage may be celebrated by a minister of religion, written notice of the intended marriage, and of the date of such intended marriage, in the language spoken by the parties thereto, and signed by the minister in charge of the church in which such marriage is to be celebrated, shall be posted prominently on a notice board set aside for the purpose in such church. Such notice shall be posted at least three weeks before the date of such intended marriage, and shall remain on the notice board until the celebration of the marriage or until the expiration of three months from the date of the notice, whichever shall first happen.

Marriage before a minister of religion

2)
(b) If the party giving such notice is unable to write or is insufficiently acquainted with the English language it shall be sufficient if he places his mark or cross thereto in the presence of some literate person who shall attest the mark or cross as the case may be. This attestation shall be in the Form B in the First Schedule hereto.

Section 10

Age of parties and consents

4)
If the person required to sign such consent is unable to write or is insufficiently acquainted with the English language, or both, he shall sign such consent by placing his mark or cross thereto, in the presence of a Judge, Magistrate, District Registrar or minister of religion and such signature shall be attested by such person in the Form B in the First Schedule hereto.

Loi sur le mariage des insulaires, 1996

Article 5

Mariage devant un ministre du culte

1) (a) Avant qu'un mariage puisse être célébré par un ministre du culte, l'avis écrit du mariage prévu et de la date du mariage si celle-ci est prévue, dans une langue parlée par les parties et signé par le ministre responsable de l'église dans laquelle ce mariage doit être célébré, doit être placé en évidence sur un panneau d'affichage prévu dans l'église à cet effet. Un tel avis doit être placé au moins trois semaines avant la date du mariage si celle-ci est prévue et doit rester sur le panneau d'affichage jusqu'à la célébration du mariage ou jusqu'à l'expiration des trois mois à partir de la date de l'avis, selon le premier événement qui arrive.

Mariage devant un ministre du culte

2)
(b) Si la partie donnant cet avis de mariage est incapable d'écrire ou est insuffisamment familière avec l'anglais, il suffit d'inscrire une marque ou une croix en présence de certaines personnes sachant lire et écrire, et qui certifieront la marque ou la croix, selon le cas. Cette attestation doit apparaître dans le Formulaire B dans le premier annexe ci-joint.

Article 10

Âge de parties et consentements

4)
Si la personne requise pour signer un tel consentement est incapable d'écrire ou si elle est insuffisamment familière avec l'anglais, ou les deux, elle doit signer son consentement en plaçant une marque ou une croix en présence d'un juge, d'un juge de paix, d'un agent de l'état civil ou d'un ministre du culte et la signature doit être certifiée par cette personne dans la Formulaire B joint au premier annexe.

La Loi sur les sociétés (Companies Act 1996) énonce, pour sa part, que si un document n'est pas rédigé en anglais il doit lui être annexé une traduction certifiée de celui-ci (art. 348.2):

Section 348

2) If any such document as is mentioned in subsection (1) is not written in the English language, there shall be annexed to it a certified translation thereof.

Article 348

2) Si un document mentionné au paragraphe 1 n'est pas rédigé en anglais, il doit lui être annexé à une traduction certifiée de celui-ci.


Ces quelques exemples démontrent toute l'importance à la langue anglaise, ce qui suppose que les langues parlées par la population ne sont pas considérées comme valides au plan légal.

4.3 La langue de l'éducation

L’anglais est resté aussi l’unique langue dans tous les établissements d’enseignement du pays, que ce soit au primaire ou au secondaire ou dans les écoles supérieures. Toutefois, le gouvernement a songé (seulement!) à la possibilité d'introduire un programme d'éducation bilingue et biculturel. De même, il est possible que, dans un avenir plus ou moins rapproché, des programmes visant à l'enseignement d'autres langues prennent place dans les programmes des écoles. L'article 24 de la Loi sur l'éducation de 1996 ne mentionne aucune langue particulière dans l'enseignement. La langue d'enseignement — en l'occurrence l'anglais — est à la discrétion du Ministre:

Education Act 1996

Section 24

Medium of instruction


In all schools the language or languages to be used as the medium of instruction shall be that or those prescribed by the Minister, either generally or specifically.

Loi sur l'éducation de 1996

Article 24

Matière d'enseignement


Dans toutes les écoles, la langue ou les langues qui doivent être employées comme matière d'enseignement sont celles prescrites par le Ministre, de façon générale ou particulière.

4.4 Les médias

Dans les médias, même si l’anglais continue d’occuper encore une place prépondérante, le pidgin se voit de plus en plus offrir une plus large diffusion, principalement à la radio. C'est toutefois la variante urbaine du pidgin que l'on y utilise même si, pour l'ensemble de la population, celle-ci semble très difficile sinon impossible à comprendre.

Bref, le gouvernement des îles Salomon pratique vraiment une politique de non-intervention à l’égard des nombreuses langues en usage. Il se contente d'appliquer la vieille politique des Britanniques qui consistait à utiliser le «tout-anglais», la langue coloniale. Il faut dire que l’État des Salomon semble plus préoccupé à consolider son pouvoir qu'à gérer l'usage de langues qui ne causent apparemment pas de problème. Quoi qu'il en soit, il serait irréaliste de tenir compte du très grand nombre des langues dans la vie publique. 

Dernière mise à jour: 24 juin 2009

Bibliographie

ENCYCLOPÉDIE MICROSOFT ENCARTA, 2004, art. «Salomon», pour la partie historique.

LECLERC, Jacques. Les droits linguistiques dans 129 États du monde, tome II: «Description thématique», Montréal, rapport déposé à l'Office de la langue française, 1992, 402 p.

MOYSE-FAURIE, Claire. «Langues minoritaires et politiques linguistiques: le cas des langues océaniennes», dans Mémoires no 8, Société de Linguistique de Paris, 1999, p. 79-104.

WURM, S.A. «Les îles Salomon» dans Papouasie-Nouvelle-Guinée, sept. 1998,

 

   

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