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La bibliothèque du TLFQ : un bien patrimonial

Rapport de Jean Bédard (31 oct. 2001),
mis à jour par Myriam Côté (août 2003),
revu par Claude Poirier (avril 2007)

1. Description sommaire de la collection

La bibliothèque du TLFQ a d'abord été constituée dans l'optique de fournir à des chercheurs tous les outils nécessaires afin d'entreprendre la rédaction originale d'un dictionnaire historique du français québécois. En ce sens, elle a indéniablement un caractère tout à fait unique.

D'une part, on recense quelque 8000 ouvrages québécois ou franco-canadiens dits « linguistiques », c'est-à-dire des documents (souvent anciens), tels les Rapports de l'archiviste de la province de Québec ou les Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle- France, des ouvrages littéraires qui vont de L'influence d'un livre de Philippe Aubert de Gaspé fils, de 1837, jusqu'à Dans la foudre et la lumière de Marie-Claire Blais, paru en 2001. Romans, essais, recueils de nouvelles, poésie, théâtre couvrent les rayons de cette partie de la bibliothèque, de nos plus grands écrivains jusqu'à nos plus modestes. De plus, chose importante, nous avons eu le souci, autant que faire se peut, de détenir la première édition de ces ouvrages.

On retiendra aussi que nous possédons des études diverses, des livres d'histoire, des récits de voyages (par ex. Cartier, Champlain, Lahontan, Nicolas Denys, Chrestien Leclercq) et des ouvrages spécialisés regroupés par discipline (faune, flore, alimentation, toponymie, sport, droit, vocabulaire parlementaire, etc.). Ajoutons à cela des journaux, dont les plus anciens sont conservés sous forme de microfilms, des magazines populaires, des catalogues, des revues savantes, bref, une collection d'ouvrages qui touchent les disciplines variées de la société et de la vie quotidienne des francophones du Canada depuis l'époque de la Nouvelle-France jusqu'à nos jours.

Une autre section de la bibliothèque, que nous appelons « métalinguistique », regroupe un inventaire de ce qui s'est écrit à propos des parlers français d'Amérique (ceux du Québec, de l'Acadie, de l'Ontario, de l'Ouest canadien et des États-Unis, notamment de la Louisiane). On y trouve les ouvrages qui constituent les premiers balbutiements dictionnairiques du français utilisé de ce côté-ci de l'Atlantique (par ex. les glossaires de Dunn, de Clapin et de Dionne, le Glossaire du parler français au Canada, le dictionnaire de Bélisle); les manuels correctifs des Tardivel, Blanchard, Buies, Fréchette, Maguire, Manseau, Rinfret, Gingras et autres; des chroniques de langue; différentes publications terminologiques, dont celles de l'Office québécois de la langue française et de Radio-Canada; des thèses et mémoires; des revues de linguistique, des atlas géolinguistiques. En somme, il n'est pas exagéré de croire que sont ici concentrés la plupart des écrits qui traitent directement du fait français sur le nouveau continent.

Et puisqu'il est question de continent, l'ancien n'est pas en reste. La bibliothèque du TLFQ dispose d'une impressionnante collection de dictionnaires publiés en France depuis Estienne 1539 jusqu'au Larousse 2004, en passant par différentes éditions du Dictionnaire de l'Académie française, de Trévoux, de Bescherelle, de Quillet, etc. Les grands noms de la lexicographie y sont: Littré, Robert, Larousse, Furetière, Nicot, Ménage, Cotgrave, Chambeau, Oudin, Dupinay, Corneille, y compris ceux qui se sont intéressés à l'ancienne langue: La Curne, Huguet, Godefroy, Greimas. Nous avons fait aussi une grande place aux recueils et lexiques du français populaire et argotique. Mais ce qui fait l'une de nos fiertés est la quasi complète réunion des différents glossaires des parlers régionaux de France. C'est grâce à eux, de même qu'à un imposant ouvrage écrit en allemand, le Französisches etymologisches Wörterbuch de Walther von Wartburg, que nous pouvons retracer l'origine régionale de nombreux mots du français du Canada, qu'ils soient des héritages de la Normandie, de la Bretagne, du Poitou, de la Saintonge, du Maine ou du Berry. L'ensemble des parlers de l'Hexagone y sont couverts, sans compter les glossaires de la Belgique wallonne et de la Suisse romande. Soulignons aussi que des ouvrages concernant les parlers créoles et les français d'Afrique viennent compléter ce tableau des outils indispensables pour faire la lumière sur les mots qui constituent notre vocabulaire présent et passé et établir les correspondances avec les autres français de la francophonie.

On le sait, le français d'ici a inévitablement subi l'influence de ses voisins anglo-saxons et de son immigration. C'est pourquoi la bibliothèque du TLFQ offre aux chercheurs près de 150 dictionnaires qui font l'inventaire de l'anglais britannique, étasunien, canadien, etc. Elle met également à leur disposition des ouvrages sur les langues amérindiennes puisque certains de nos mots sont des emprunts à ces langues.

Enfin, une dernière section de la bibliothèque du TLFQ se compose de différents ouvrages non canadiens qui traitent d'une manière descriptive et théorique du français de l'ensemble de la francophonie. Ce sont souvent des ouvrages d'érudition sur l'un ou l'autre des aspects de la langue. S'y trouvent également des dictionnaires latins, grecs, espagnols, portugais, etc.

2. Des ouvrages précieux

Au fil des ans, nous avons eu le souci de rechercher le plus possible les premières éditions des ouvrages littéraires. On peut ainsi trouver sur nos étagères plusieurs livres qui sont de véritables perles rares, soit par leur ancienneté (nous avons des dizaines de volumes du 19e siècle, les plus anciens consultables sur microfilms ou microfiches); soit par leur rareté, comme c'est le cas de l'Atlas linguistique de la France ou des Parlers français d'Acadie, de Geneviève Massignon, ou encore du Glossariorum latinorum de Georgivs Goetz. De plus, de nombreux ouvrages portent une dédicace de leur auteur. C'est ainsi que nous avons, par exemple, les signatures du frère Marie-Victorin, d'Yves Thériault, d'Alain Grandbois, de Françoise Gaudet-Smet, de Claire Martin et de Ringuet. En fait, plusieurs de nos ouvrages sont aujourd'hui presque introuvables et certains sont tout simplement hors de prix.

3. Un lieu privilégié pour les chercheurs

Le TLFQ attire et reçoit des visiteurs d'un peu partout au Québec et d'un grand nombre de pays. Son centre de documentation est une des raisons de cet attrait, parce qu'il présente l'énorme avantage de rassembler dans un même lieu toute la documentation nécessaire pour effectuer des recherches sur les français d'Amérique et sur la variation du français dans le monde. Mais il offre aussi d'autres possibilités de recherches : en histoire, en anthropologie, en muséologie, en littérature, etc. Des sources telles que La revue d'histoire de l'Amérique française, la collection Les régions du Québec, Les cahiers de la société historique acadienne, Les cahiers de géographie du Québec, le Dictionnaire biographique du Canada, les Écrits du Canada français ou la revue Recherches amérindiennes au Québec ne sont que quelques exemples de matériaux susceptibles de faciliter la tâche de toute personne s'intéressant à notre patrimoine culturel.

Enfin, mentionnons que les références de la bibliothèque du TLFQ ont été numérisées en grande partie et ont été réunies dans une base de données diffusée sur Internet.