Présentation

Résumé

L’équipe du Trésor de la langue française au Québec (TLFQ) a été constituée dans le but de créer une infrastructure scientifique pour la recherche sur le français québécois. Dans cette perspective, l’équipe a réuni une riche documentation destinée à fonder une entreprise d’explication historique de cette variété de français et a publié de nombreux ouvrages et articles sur cette thématique. La recherche prend en compte également, dans une certaine mesure, les français de l’Acadie, de l’Ontario, de l’Ouest canadien, de la Nouvelle-Angleterre, du Missouri et de la Louisiane.

Parmi les intervenants dans le domaine de la langue au Québec, le TLFQ représente un point de vue original s’inspirant d’une approche anthropologique où la langue est considérée comme un bien culturel. C'est donc la dimension patrimoniale du français québécois qui est mise en évidence dans cette perspective.

Historique

Le projet du TLFQ est l’héritier d’une tradition de recherche sur le français du Québec à l’Université Laval. Mentionnons les travaux de la Société du parler français au Canada, qui ont conduit à la publication du Glossaire du parler français au Canada, ceux de l’équipe de Gaston Dulong et de l’équipe de Thomas Lavoie, qui ont donné lieu à des répertoires des usages traditionnels sur le territoire du Québec et des régions voisines. Par rapport à ces travaux fondateurs, l’entreprise du TLFQ vise un objectif plus large, celui de proposer une synthèse historique du français québécois illustrée principalement à travers son vocabulaire.

L’idée de ce projet ambitieux a été lancée par Marcel Juneau au début des années 1970. Juneau s’est rapidement entouré d’une équipe d’étudiantes et d’étudiants avec lesquels il a exploré la langue des documents anciens. En collaboration avec Micheline Massicotte et Claude Poirier, il entreprend de constituer un fichier lexical représentatif des usages caractéristiques du français au Québec depuis l’époque de la colonisation jusqu’à nos jours. S’ensuit une intense période de dépouillements de journaux, de textes littéraires et scientifiques, de manuscrits de radioromans et de téléromans, d’enregistrements oraux, d’archives notariales, etc. avec l’aide d’une équipe d’auxiliaires de recherche qui ont construit l’essentiel du Fichier lexical du TLFQ entre 1975 et 1990. Ce fichier papier contient aujourd’hui plus de 1 200 000 citations consignées sur autant de fiches.

Au début des années 1980, Claude Poirier prend la relève à la direction de l’entreprise et, sous sa direction, un volume de présentation de l’ouvrage est publié en 1985 par un groupe de professeures, professeurs, collaboratrices et collaborateurs qui s’est constamment renouvelé depuis les années 1970. La conception de l’ouvrage a continué à évoluer et, en 1998, une première édition du Dictionnaire historique du français québécois (DHFQ) était publiée aux Presses de l’Université Laval. L’équipe du TLFQ a, au cours de son cheminement, bénéficié de l’appui de chercheuses et de chercheurs de diverses disciplines et de divers pays.

Dès le début des années 1980, le TLFQ a reconnu la nécessité de diffuser le fruit de ses recherches au-delà du cercle des spécialistes. En mars 1982 était ainsi lancée, dans la revue Québec français, une chronique de langue. Cette ouverture vers le grand public s’est confirmée à travers des émissions de radio et de télévision, des conférences, des interventions publiques et un service de consultation dont ont bénéficié de nombreux organismes et individus.

À partir de la fin des années 1990, le TLFQ a dirigé un important projet de bases de données lexicographiques panfrancophones sur Internet, auquel ont participé des équipes de vingt-deux pays ou régions de la francophonie. Vingt bases actuellement en ligne, dont la BDLP-Québec, constituent le fruit de ce travail original de grande envergure. Signe de la reconnaissance remarquable que ce projet a obtenue dans le domaine de la lexicographie, la BDLP est accessible depuis 2019 sur le site de l’Académie française, comme complément aux dictionnaires de l’Académie.

Au début des années 2000, un projet de seconde édition du Dictionnaire historique du français québécois a été amorcé. Le chantier s’est poursuivi de façon plus ou moins intermittente jusqu’en 2020, où il a été relancé à la faveur d’un nouveau financement. Le prochain ouvrage sera disponible en ligne et constituera une version revue et augmentée du DHFQ paru en 1998. Il tirera profit des possibilités du multimédia.

Le centre de documentation

Depuis les années 1970, l’équipe du TLFQ a créé un laboratoire de recherche sur le français québécois et nord-américain qui abrite une documentation dont on ne trouve nulle part l’équivalent. La documentation papier se compose d’un imposant fichier d’exemples couvrant les usages du français au Québec depuis le XVIe siècle et d’une bibliothèque spécialisée riche de plus de 15 000 titres. Mais le fonds se compose aussi de bases de données qui sont ouvertes à la consultation sur Internet. L’ensemble de ce fonds a valeur de patrimoine linguistique puisqu’il représente une part fondamentale des archives linguistiques du Québec.

Parmi les bases de données, le Fichier lexical informatisé (FLI) et la BDLP-Québec sont celles qui sont les plus fréquentées par les internautes, ce qui confirme la pertinence de la démarche du TLFQ. Ces bases représentent en effet deux étapes de cette démarche. Dans un premier temps, il a fallu construire un vaste réservoir d’exemples qui alimenterait la recherche sur l’histoire du français du Québec, d’où les travaux de dépouillements qui ont abouti à la création du Fichier lexical papier (FTLFQ). Les données du FTLFQ renseignent sur nos usages et permettent de faire le point sur notre identité linguistique.

L’intérêt de la BDLP-Québec, en plus du fait qu’elle livre des explications sur les mots à partir d’une analyse des données du FTLFQ, est qu’elle peut être mise en rapport avec d’autres bases concernant les usages d’autres pays ou régions de la francophonie. Elle permet donc de faire le point sur nos rapports avec les autres francophones. La comparaison des usages permet de constater que la situation du Québec, même si elle est particulière du point de vue politique dans le contexte nord-américain, n’est pas une exception au sein de la francophonie : toutes les communautés francophones possèdent des usages qui leur sont propres. Le fait que le projet de la BDLP ait jusqu’ici attiré des équipes d’une vingtaine de pays ou régions de la francophonie montre bien que la question les concernait également. À mesure qu’elle se développera, la BDLP fera en outre la preuve que les caractéristiques d’une communauté sont souvent partagées avec une ou plusieurs autres. Ainsi, marier au sens d’« épouser » n’est pas limité au Canada : le mot se dit en Belgique, dans une partie de la France et dans tous les pays de l’Afrique francophone. On doit en conclure que cet emploi n’est pas attribuable à l’anglais, malgré tout ce qu’on a écrit à ce sujet au Québec depuis le XIXe siècle. En somme, la BDLP instaure un dialogue entre les Québécois et les autres francophones du monde, et contribue à faire disparaître le mythe du français « langue uniforme et invariable » par rapport auquel les Québécoises et Québécois seraient les seuls à se distinguer.

L’approche du TLFQ

L’équipe a fait le choix de traiter en priorité les emplois caractéristiques plutôt que tout le lexique du français en usage au Québec. Ce choix s’explique par les raisons suivantes :

  • L’urgence d’étudier les mots qui n’avaient jamais fait l’objet d’un article de dictionnaire, cette lacune rendant impossible la vérification par les individus de leur usage personnel par rapport à celui de la communauté et favorisant la prolifération de préjugés.
  • L’absence de consensus concernant la norme du lexique, ce qui invitait à documenter les mots proprement québécois pour être en mesure de les évaluer.

La dimension historique était essentielle également étant donné que le français en Amérique du Nord a connu une évolution distincte : cette histoire devait être documentée comme dans le cas de toute langue normale. Cet argument vaut à plus forte raison dans le cas du français québécois qui est la langue officielle d’une communauté de plus de huit millions de personnes. La variété québécoise est en outre celle qui a connu la plus grande diffusion à l’extérieur du Québec (Ontario, Ouest du Canada, Nouvelle-Angleterre, Floride, Californie). En faveur de l’approche historique, on peut rappeler encore que la plupart des jugements (favorables ou défavorables) qui ont été portés sur le français du Québec reposent sur des arguments liés à la formation de la langue (provenance des emplois, liens avec l’anglais, etc.). Or ces arguments, à défaut de s’appuyer sur un ouvrage de référence rigoureux et complet, risquent d’être mal fondés.

Cette double orientation étant précisée, il restait à déterminer sous quel angle la description du lexique serait réalisée. D’autres équipes ou organismes ont abordé la question de la langue d’un point de vue normatif ou d’un point de vue correctif. Le choix qu’a fait le TLFQ est de se concentrer sur le vocabulaire et de traiter les mots comme étant des objets culturels. Les historiens considèrent que les objets physiques, ceux qu’on place dans des musées, peuvent renseigner sur les pratiques anciennes et, indirectement, sur l’évolution de la société et de ses valeurs. À plus forte raison en est-il des mots dont l’étude peut aider à comprendre comment s’est constituée notre conscience collective et à dégager les caractéristiques fondamentales de notre identité.

L’étude d’ensemble que mène le TLFQ sur ces aspects s’appuie sur des analyses d’évènements anciens (par exemple le remplacement du symbole de la feuille d’érable par celui de la fleur de lis, au milieu du XIXe siècle) et sur l’observation des attitudes actuelles, par exemple les réactions du public aux recommandations des organismes linguistiques. On constate ainsi que le peuple n’est pas opposé à la normalisation de la langue, mais il résiste quand il a le sentiment, à tort ou à raison, qu’on cherche à le dépouiller de son identité.

La langue courante continue de faire vivre une foule de mots, de locutions et d’expressions qui, au-delà de leur utilité actuelle, sont susceptibles de nous renseigner sur le passé et la construction de notre personnalité collective : ce sont des objets culturels vivants qui témoignent mieux de notre identité que les objets inertes, dans la mesure où on sait les interpréter. À cet égard, il faut reconnaître que la langue familière est une source presque inépuisable d’enseignements. On peut faire parler un mot comme godendart, qui se dit aujourd’hui d’une grande scie traditionnelle, mais qui désignait à l’origine une arme de guerre redoutable, ou encore la prononciation galfeter pour calfater, que l’on relève déjà dans les écrits de Jacques Cartier. Dans cette optique, même une expression populaire comme être habillé comme la chienne à Jacques est un objet culturel : elle livre un témoignage éclairant sur nos racines.

Les travaux du TLFQ visent à faire avancer la réflexion sur la dimension sociale de la langue et à diffuser des données bien documentées afin que notre société puisse faire des choix éclairés par les faits et éviter les préjugés. Les principes sur lesquels s’appuie sa démarche concernent la conception qu’on doit se faire du français québécois, la reconnaissance du caractère légitime de notre façon de parler et la nécessité de rendre les Québécois et Québécoises personnellement responsables de leur langue.

Les publications

Depuis les années 1970, l’équipe du TLFQ a créé un laboratoire de recherche sur le français québécois et nord-américain qui abrite une documentation dont on ne trouve nulle part l’équivalent. La documentation papier se compose d’un imposant fichier d’exemples couvrant les usages du français au Québec depuis le XVIe siècle et d’une bibliothèque spécialisée riche de plus de 15 000 titres. Mais le fonds se compose aussi de bases de données qui sont ouvertes à la consultation sur Internet. L’ensemble de ce fonds a valeur de patrimoine linguistique puisqu’il représente une part fondamentale des archives linguistiques du Québec.

Parmi les bases de données, le Fichier lexical informatisé (FLI) et la BDLP-Québec sont celles qui sont les plus fréquentées par les internautes, ce qui confirme la pertinence de la démarche du TLFQ. Ces bases représentent en effet deux étapes de cette démarche. Dans un premier temps, il a fallu construire un vaste réservoir d’exemples qui alimenterait la recherche sur l’histoire du français du Québec, d’où les travaux de dépouillements qui ont abouti à la création du Fichier lexical papier (FTLFQ). Les données du FTLFQ renseignent sur nos usages et permettent de faire le point sur notre identité linguistique.

L’intérêt de la BDLP-Québec, en plus du fait qu’elle livre des explications sur les mots à partir d’une analyse des données du FTLFQ, est qu’elle peut être mise en rapport avec d’autres bases concernant les usages d’autres pays ou régions de la francophonie. Elle permet donc de faire le point sur nos rapports avec les autres francophones. La comparaison des usages permet de constater que la situation du Québec, même si elle est particulière du point de vue politique dans le contexte nord-américain, n’est pas une exception au sein de la francophonie : toutes les communautés francophones possèdent des usages qui leur sont propres. Le fait que le projet de la BDLP ait jusqu’ici attiré des équipes d’une vingtaine de pays ou régions de la francophonie montre bien que la question les concernait également. À mesure qu’elle se développera, la BDLP fera en outre la preuve que les caractéristiques d’une communauté sont souvent partagées avec une ou plusieurs autres. Ainsi, marier au sens d’« épouser » n’est pas limité au Canada : le mot se dit en Belgique, dans une partie de la France et dans tous les pays de l’Afrique francophone. On doit en conclure que cet emploi n’est pas attribuable à l’anglais, malgré tout ce qu’on a écrit à ce sujet au Québec depuis le XIXe siècle. En somme, la BDLP instaure un dialogue entre les Québécois et les autres francophones du monde, et contribue à faire disparaître le mythe du français « langue uniforme et invariable » par rapport auquel les Québécoises et Québécois seraient les seuls à se distinguer.

Le financement

Le projet du TLFQ a véritablement démarré en 1977 grâce à une subvention concertée (Université Laval – Conseil de recherches en sciences humaines du Canada) qui a couvert une période de 20 ans s’étant terminée en juin 1997. Le ministère de l’Éducation du Québec a pris la relève de 1999 à 2004. De 2005 à 2009, le TLFQ a mis l’essentiel de ses énergies dans une opération de numérisation de son Fichier lexical, financée par le Secrétariat à la politique linguistique du gouvernement du Québec. La recherche proprement dite n’a été assurée que par un appui financier de l’Université Laval et, de 2007 à 2010, par une subvention triennale du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada pour la préparation du dictionnaire.

L’Office québécois de la langue française, par l’entremise de son Programme de soutien aux partenariats en francisation, a accordé une subvention à la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Laval, qui a permis la reprogrammation en 2020 du site Web du TLFQ et de ses principales bases de données. Ces travaux ont rendu l’infrastructure informatique du TLFQ plus robuste et sécurisée, en plus d’en améliorer l’ergonomie et l’esthétique.

Le fonds patrimonial réuni au TLFQ

Les fonds documentaires qui ont été constitués peuvent être répartis en quatre catégories : a) fichiers et dossiers de mots (documentation papier); b) autres fonds linguistiques en dépôt au TLFQ; c) bibliothèque; d) bases de données informatisées.

A. Fichiers et dossiers de mots

1. Le Fichier lexical papier du TLFQ (ou FTLFQ) : 33 classeurs (à 5 tiroirs chacun) qui occupent une salle entière. Ce fichier lexical a été constitué à partir du dépouillement de diverses sources : documents d’archives (manuscrits ou imprimés), journaux et autres périodiques non scientifiques, œuvres littéraires, manuscrits de radioromans et de téléromans, études savantes, sources orales (incluant des enregistrements magnétiques), manuscrits et enquêtes sur le terrain. Le FTLFQ contient actuellement plus de 1 200 000 fiches manuscrites comportant chacune un ou plusieurs exemples d’emploi d’un mot; ces exemples couvrent une période qui commence avec les voyages de Jacques Cartier et qui s’étend jusqu’au début du XXIe siècle. C’est sans conteste la principale pièce patrimoniale du TLFQ. Environ le tiers de son contenu est désormais diffusé en ligne (voir FLI).

Pour avoir une idée de la richesse de la documentation réunie dans le FTLFQ, on peut consulter le bilan synthétique des dépouillements ou le bilan détaillé. Voici quatre dossiers de mots qui illustrent la pertinence de cette documentation pour l’étude de la formation du français québécois :

  1. bilan de l’évolution de la nomenclature relative à l’érable depuis le Régime français jusqu’à nos jours, qui constitue un véritable guide de lecture des textes anciens où il est question des diverses espèces d’érable;

  2. bilan de l’évolution de l’usage concernant les mots orateur/speaker/président, en parlant de celui qui dirige les débats à l’Assemblée nationale, où l’on voit le tiraillement des Canadiens français entre leur usage propre et celui qu’ils observent en France;

  3. synthèse de la concurrence historique entre à carreaux et carreauté, laquelle est révélatrice d’un changement social profond au début du Régime anglais;

  4. dossier illustrant les deux sens du mot traversier, désignant une personne de métier, puis un bateau, qui fait voir que le premier sens était encore connu dans la première moitié du XXe siècle – ce que peu de gens savent de nos jours – et qui illustre comment le second s’est formé et s’est imposé dans l’usage.

2. Le fichier de la Société du parler français au Canada (ou FSPFC), meuble à 16 tiroirs du début du XXe siècle dans lequel sont classés des milliers de relevés effectués par des membres de la Société du parler français au Canada dans la première décennie du XXe siècle, de même que les résultats de son enquête géolinguistique (lettres A, B et C, 1904-1907) de la Société. Les relevés figurent sur des cartes de visite (dimension moyenne : 6 cm sur 10 cm) et sont signés de la main des premiers membres de la Société. Les résultats des enquêtes, quant à eux, figurent sur des cartons uniformes (12,5 cm sur 17,5 cm).

3. Un fichier de dossiers de mots établis par l’équipe du TLFQ en vue du dictionnaire. Chacun des mots appelés à figurer dans le dictionnaire a fait (ou fera) l’objet d’une recherche approfondie : histoire (provenance et évolution), répartition sur le territoire, relevé des dictionnaires de France qui en ont fait mention, etc. Ce fichier compte 7 classeurs et réunit actuellement plus de 3000 dossiers. Ces dossiers doivent absolument être conservés puisqu’ils présentent un bilan complet des emplois actuels des mots, de leurs origines, en somme de l’évolution des québécismes d’hier et d’aujourd’hui, incluant leur répartition sur le territoire, la correspondance échangée avec des spécialistes, des archivistes, les copies de documents originaux, les premiers essais d’articles, etc.

B. Autres fonds linguistiques en dépôt au TLFQ

Des collègues de diverses universités du Québec ont déposé au TLFQ une copie de leurs corpus de langue orale sous la forme de documents transcrits. Ces corpus ont été transmis dans un format de concordances (listes alphabétiques d’unités lexicales accompagnées d’un contexte). Il s’agit des corpus suivants :

  • Corpus Bibeau-Dugas, constitué dans les années 1960 par Gilles Bibeau, de l’Université de Montréal, et transformé en une base de données en 1979 par André Dugas, de l’Université du Québec à Montréal;

  • Corpus de l’Estrie, constitué dans les années 1970 sous la direction de Normand Beauchemin et de Pierre Martel, de l’Université de Sherbrooke (environ 125 000 occurrences);

  • Corpus Sankoff-Cedergren, constitué dans les années 1970 sous la direction de David Sankoff et Gillian Sankoff, de l’Université de Montréal, et de Henrietta Cedergren, de l’Université du Québec à Montréal (plus d’un million d’occurrences);

  • Corpus Centre-Sud constitué de 1976 à 1978 sous la direction de Claire Lefebvre, de l’Université du Québec à Montréal (plus de 95 000 occurrences);

  • Corpus Bureau, enquête sur la qualité du français écrit réalisée par Conrad Bureau, de l’Université Laval (environ 2000 pages manuscrites);

  • Corpus Clas, constitué d’environ 20 000 fiches provenant du dépouillement de journaux montréalais dans les années 1970, sous la direction d’André Clas (Université de Montréal).

C. Bibliothèque

Bibliothèque spécialisée sur le français québécois et nord-américain ainsi que sur l’histoire du français et de ses dialectes. Cette bibliothèque contient notamment une bonne partie des sources dépouillées en vue du fichier lexical, des dictionnaires français, anglais ou autres (dont les plus anciens peuvent être sur microfiches), des atlas linguistiques et des dictionnaires des parlers de France, des études linguistiques, des mémoires et des thèses sur le français du Québec, de l’Acadie et de la Louisiane, etc. Parmi les ouvrages que contient la bibliothèque du TLFQ, les deux ouvrages suivants constituent eux-mêmes des corpus de grande valeur :

  • l’atlas linguistique de l’Est du Canada, préparé par Gaston Dulong et Gaston Bergeron, dont les résultats ont été publiés en 1980 sous le titre : Le Parler populaire du Québec et de ses régions voisines (environ 600 000 occurrences);

  • l’enquête linguistique dirigée par Thomas Lavoie, dont les résultats ont été publiés en 1985 sous le titre : Les parlers français de Charlevoix, du Saguenay, du Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, par Thomas Lavoie, Gaston Bergeron et Michelle Côté (plus de 190 000 occurrences).

D. Bases de données informatisées

Le TLFQ a constitué des bases de données informatisées en vue de la recherche et pour la diffusion des résultats, lesquelles sont accessibles par Internet. Ces bases de données représentent le résultat d’une réflexion sur la langue et font désormais partie de notre patrimoine culturel. En voici les plus importantes :

a. Fichier lexical informatisé (FLI);

b. Index lexicologique québécois (ILQ);

c. Base de données lexicographiques panfrancophone (BDLP). Base de données réalisée par le groupe international du Trésor des vocabulaires français qui réunit actuellement des équipes de 22 pays ou régions de la francophonie (20 bases étaient en ligne le 24 octobre 2011). La BDLP vise à regrouper les données portant sur les particularités des diverses variétés géographiques du français dans le monde, incluant les français régionaux de France. La section québécoise de cette base (BDLP-Québec) repose sur les données du Dictionnaire historique du français québécois (1998) et inclut 570 articles supplémentaires. Elle contient en outre des extraits sonores (prononciations de mots et d’expressions) et une centaine d’images (fruit d’un projet de collaboration avec le Musée de la civilisation du Québec). Cette base offre des possibilités de recherche remarquables, autorisant des rapprochements avec les usages des autres pays francophones.